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Source – Ylvers |
La psy l'autre fois m'a dit que probablement que les mouvements de colère de mon père, qui jette des trucs et crie etc., m'ont un peu traumatisées et que du coup c'est pour ça que mes mouvements de colère à moi sont vers l'intérieur (je me tape le front, la cuisse une fois au point que je voulais faire un bleu (c'est dur, de faire un bleu)), que je gère mon anxiété vers l'intérieur (en me mordant la joue, et après je mets du sel et ça change la texture et je peux arrêter de me mordre (ça douille sévère)), mon stress vers l'intérieur, et tout vers l'intérieur sur moi. Peut-être même que les démangeaisons que je me traîne depuis neuf ans, c'est ça aussi. Et tout à l'heure, j'ai réalisé que sans doute le désir et la masturbation que je fais alors que j'en ai pas vraiment envie, c'est ça aussi. De la gestion du stress, de l'angoisse, de la peur. J'ai peur que faire redescendre la tension ne fonctionne que comme ça alors je le fais comme ça parce que j'ai peur d'échouer si je tente un autre truc pour faire redescendre la tension. En gros, mon moyen de faire redescendre l'angoisse, le stress, l'anxiété, la colère, la peur, c'est la douleur. Que la douleur. Alors elle m'a demandé ce que je pouvais faire d'autre et j'ai dit parler et elle a dit qu'il n'y avait pas que ça, elle a dit chanter, danser, jouer de la musique, écrire ses pensées, tout ça, ça fait redescendre les émotions, et même faire du sport.
Honnêtement, je ne sais pas si je vais en être capable. Dans ces moments où je me fais mal, le plus souvent je suis dans un état qui fait que je ne peux pas réfléchir à autre chose, à comment faire. Déjà, j'arrive à utiliser le mantra que j'ai crée avec l'aide de la dame de la médiation animale, j'ai réussi le week-end dernier, dans les moments où j'étais pas très fort en colère. C'est un bon début. Mais quand les émotions sont en surcharge, je ne sais pas si je suis capable de faire autre chose, de penser à faire autre chose.
C'est un peu dur de gérer les émotions parce que ça se mord la queue. T'as peur de la colère alors tu repousses, t'as peur de la peur alors tu repousses, t'as peur de l'angoisse alors tu repousses, et t'as peur de te faire à toi-même un truc dont t'as pas envie alors t'y penses encore plus et du coup ça angoisse encore plus et du coup, bien sûr, ça arrive, puisque c'est le seul moyen connu et usité de faire descendre l'émotion que j'ai moi-même créé à force de penser, de ruminer, de craindre. C'est un peu dur de gérer les émotions de manière fonctionnelle. La psy m'a dit qu'on m'avait pas appris. D'ailleurs maintenant que j'y pense elle m'a dit : "on ne vous a pas appris" et pas "vous n'avez pas appris", et la responsabilité et la faute c'est des trucs dont on parle aussi, et elle n'a pas mis la faute sur moi, et c'est agréable, en fait.
Donc on va dire que je suis en apprentissage de la gestion fonctionnelle et non-violente des émotions. Ben y a du boulot, hein. Déjà quand je parle à une amie, que je lui raconte des trucs, après avoir envoyé le message je me trouve ridicule et bête de chercher à être rassurée et soutenue, mais je peux pas supprimer le message parce que nous discutons sur Whatsapp et ça va afficher que le message a été supprimé. Je ferais mieux de réfléchir avant d'envoyer, plutôt. La pauvre, je crois qu'elle s'en fiche, ou plutôt qu'elle va pas assez bien pour me gérer moi en plus du reste. Je suis un gouffre. Faut juste que je me gère toute seule comme une grande.
C'est un peu dur. Et comme je viens de lire un article de Slowin sur l'auto-handicap et que je me suis un peu reconnue, autant vous dire que ce n'est pas gagné. Va falloir que je me confronte à la peur de l'échec, et que je m'efforce, pour une fois. C'est un peu dur. Surtout quand je pense, à peu près dans tous les domaines, que je ne vais pas y arriver. C'est moins dur de se saboter et de dire ensuite : "j'avais raison, je suis nulle et j'y arrive pas de toute façon" que de s'acharner et de pas réussir quand même et de se dire que t'es tellement nulle que même avec des efforts t'y arrive pas. Vaut mieux croire qu'on s'est pas foulé et que si on y mettait du sien on y arriverait (même si bon, du coup, le potentiel non-utilisé, côté estime de soi ça a quand même des limites).
Et comme en ce moment y a rien qui va, avec mon corps, avec mon avenir professionnel, avec mes relations amicales enfin plutôt j'arrive pas à voir les bonnes choses, ben ça empire encore les choses et ça rajoute encore de l'anxiété qu'il va bien falloir que je gère convenablement pas si je ne veux pas encore plus me détester.
C'est un peu dur, tout ça.
Comment vous gérez vos émotions, vous ?