samedi 12 septembre 2020

Où je termine mon roman

Source – Leah Kelley

Certes, il est très exagéré de dire que ce roman est terminé mais en un sens, comme je viens de mettre le point final au premier jet, eh bien : il l'est. Un peu frustrée parce que je pensais pouvoir arriver aux cent-cinquante mille mots tout rond et en fait... non. Mais d'un autre côté je sais que j'ai mal mal de choses à préciser, rajouter, détailler, donc ce n'est que partie remise.

En chiffres ça donne : 6 mois et 9 jours de travail, plus de 150h d'écriture, 240 pages, 149 554 mots (si proche du 150 !). Ça donne aussi 3 mois de pause pour laisser couler. J'ai gagné deux semaines sur mes prévisions (ou j'en ai perdu deux, en fonction de comment on se place et de quelle prévision on prend ;P) donc je suis assez contente (profitez : vous ne me verrez pas souvent regarder le verre à moitié plein xD).

Pendant mes mois de pause je pense que je vais me mettre sur des textes pas sérieux, ceux qui me permettent de tester des trucs ou de m'approprier du vocabulaire. Je vais aussi essayer de participer à des appels à textes de maisons d'éditions pour des anthologies, même si le fait que mes "nouvelles" soient plus des contes me handicape sans aucun doute pour une publication ce n'est pas grave parce que je cherche surtout à avoir un retour sur ce qui ne va pas pour pouvoir préparer mes corrections en sachant ce que je dois regarder.

Si je devais faire un bilan je dirais que je me suis pas mal pris la tête. Je sais déjà que je vais devoir redécouper une séquence pour lui donner plus de rythme. Je pense aussi que, sans le coronavirus, je n'aurais pas pu le finir "si vite" parce que ma moyenne de nombre de mots par jour, avant que je ne me botte le cul pour en écrire 1 000, c'était 640. En travaillant à Paris, avec la fatigue induite par les heures de trajet et le fait d'aller au bureau pour ne rien faire, je pense que même 600 mots je n'aurais pas réussi. Donc merci le coronavirus, merci le télétravail. Merci aussi le coup de pied au cul pour écrire 1 000 mots par jour ! D'ailleurs, c'est assez drôle parce qu'au tout début j'avais dit que je ne me mettais pas de quota de mots dans la mesure où écrire tous les jours était déjà un objectif plus qu'ardu pour moi, et au final j'ai terminé en m'imposant un quota, donc je suis assez contente de moi pour ne pas dire très !

J'ai déjà fait une demande à quelqu'un que je connais pour être bêta-lectrice (d'ailleurs je suis un peu frustrée parce que pour le moment dans ma liste de personne à qui demander ce service je n'ai que des femmes) et par bonheur cette personne a accepté donc ça me motive vraiment à aller au bout du bout jusqu'au moment où je le soumets aux maisons d'édition (dans... un an à peu près, selon mes estimations qui comprennent les temps de pause, relecture, corrections, bêta-lecture, corrections...). Je suis aussi supra motivée par les journaux éditoriaux des membres du forum dont je suis membre, même si je ne pense pas que je réussirai à caser mon bébé en deux mois ou en un seul envoi comme certains.

Je sais qu'il y a du potentiel dans cette histoire, même si en la racontant à voix haute à ma première bêta-lectrice j'ai trouvé ça tellement nul... mais en vrai je peux en faire quelque chose de vraiment sympa et le fait d'avoir déjà pris des notes sur des choses à corriger autant en forme qu'en fond qu'en cohérence (comment on peut passer, en première page, à plusieurs dizaines d'orphelinats et finir le roman en disant qu'il n'y en a que trois ?!) ne me décourage pas du tout ! J'ai déjà relu certains passages pour reprendre des infos que j'avais oubliées et je sais que c'est... mal écrit, ou disons maladroit. Il y a du boulot ! J'ai trop hâte de m'y mettre, en réalité. Peut-être que ça vient d'un effet "première fois" ou que je suis complètement frappadingue parce qu'en général je crois que les auteurs n'aiment pas trop le passage des corrections.

Pour les corrections, je sais déjà comment je vais m'organiser. Je vais commencer par faire une copie et annoter la copie, et à chaque nouvelle étape je travaillerai sur une nouvelle copie, pour toujours pouvoir revenir à la version d'origine un peu comme en restauration d'art avec son principe de réversibilité. C'est vraiment super important pour moi de toujours pouvoir revenir à la version d'avant ou à la première version. Je pense aussi fonctionner par thématiques de corrections dans mes annotations (fond, forme, description, dialogue, etc.) pour pouvoir m'y retrouver. Mais je pense que je vous ferai un article spécial sur les corrections quand j'aurais fini d'annoter mon texte, donc vers début-janvier. Ça me permettra d'aborder aussi les corrections orthographiques même si je serai loin d'en être là et de faire un article général sur les corrections (pour changer des journaux d'écrire, ahem).

Voilà.

Mais qu'est-ce que je vais faire demain matin ?!

mercredi 2 septembre 2020

Et maintenant ?

Source – Joshua Welch

Ce matin je me faisais la réflexion que cette année est la première où je n'ai rien à faire à la rentrée ; où la rentrée, pour moi, ne veut rien dire. Je me suis dis que ce n'était sans doute pas étranger à mon état un peu amorphe, en ce moment et bien que je me sois dit qu'en Septembre j'allais prendre des bonnes résolutions (pour m'améliorer en langues, par exemple). Puis je suis passée à autre chose. Jusqu'à ce que ça soit l'heure de mon rendez-vous avec une psy du travail de Pôle Emploi. La conseillère me l'avait proposé à notre premier entretien. J'avais dit oui un peu comme ça sans rien en attendre vraiment. Finalement je ne regrette pas parce que j'ai trouvé ça intéressant. Sans en avoir l'air, elle m'a fait me rendre compte qu'en fait, depuis plusieurs années, je monte des stratagèmes, des plans, des combinaisons et des assemblages pour essayer de devenir préparateur mental en passant par la fenêtre entrouverte puisque je ne peux plus passer par la porte. Sans réfléchir.

Sur son conseil, j'ai envoyé un mail au responsable du Master de préparation mentale que je visais en demandant si, avec un Diplôme Universitaire je pouvais espérer entrer. Réponse diplomatique et cordiale mais claire néanmoins : non. En vrai, ça ne m'a rien fait de particulier. C'est peut-être d'ailleurs la preuve que la psychologue avait raison et qu'en fait je cherche à faire des études pour fuir le moment d'entrer pour du vrai dans le monde du travail. Ce qui est assez paradoxal car je n'ai vraiment pas l'impression de fuir (pour une fois). J'ai bien aimé faire un Service Civique et des stages, être utile, travailler. Mais peut-être que la psychologue a raison. Ou bien peut-être que, comme je n'ai pas trouvé ce que je veux vraiment faire (à part élever des ânes, et encore – est-ce que c'est une fuite, ça aussi ?) je monte des stratégies pour continuer à faire ce que je sais faire : des études, apprendre, m'asseoir sur une chaise et écouter.

Sauf que, maintenant, qu'est-ce que je fais ? Je cherche du travail, bien sûr, mais je me retrouve un peu sans perspective. Et pour moi qui aime les plans, les projets, c'est assez compliqué à gérer. Bon, en vrai, je vais reprendre le sport et j'aimerais aussi commencer à prendre des cours de théâtre. Toutes ces activités devraient m'occuper tous les soirs de la semaine, ce qui est bien. J'aimerais aussi reprendre une activité en radio associative. Tout ça, c'est très bien pour mon développement personnel, mais on ne peut pas vraiment dire que ça remplisse le compte en banque. Ce qui est bien, c'est que j'aurais aussi le temps de gérer mon roman (même si ça non plus, ça ne remplit pas le compte en banque).

Le truc, c'est qu'en fait je trouve que la vie ne sert à rien. Je ne suis pas suicidaire, je vous rassure (promis-juré !), mais dans le fond, si on réfléchit un petit peu, on vient à la vie sans savoir pourquoi, on va jusqu'à la mort sans que rien de ce qu'il se passe au milieu n'ait la moindre importance. Des tas de planètes n'ont pas donné la vie et ne s'en portent pas plus mal. La Vie, dans le fond, n'amène rien. Du coup, sans projet pour garder la tête dans le guidon et faire semblant d'avoir un objectif à atteindre pour remplir la vie, c'est compliqué. Quand on y réfléchit vraiment, la Vie, c'est absurde. Ce n'est pas d'être suicidaire de le dire, c'est remarquer un fait. Bref. Du coup, pour la première fois de ma vie, je n'ai rien à faire à la rentrée quand tout le monde s'agite dans tous les sens. Et ça me donne encore plus envie d'aller vivre en ermite dans la forêt, à cueillir des framboise pour survivre en attendant que ça passe. Cette pensée est assez triste, quand on y pense... Elle dénote surtout d'une grande solitude, vous ne trouvez pas ? N'importe qui se dirait "heureusement, j'ai des amis sur qui compter pour rendre ce passage de la vie agréable". Bref.

En allant voir cette psy du travail je ne pensais pas que ça me conduirait à ça et que ça serait vraiment prolifique. Comme quoi, les préjugés, c'est mal. Je la revois à la fin du mois. Le temps de digérer plus que celui qu'il faut pour prendre des contacts, etc. Quand je l'ai quittée en me disant que j'allais envoyer ce mail au responsable de cette formation je me disais que ça serait mieux, plus simple, que la réponse soit non. Je m'étais préparée, ou bien les réflexions amenées par la psychologue avaient fait leur chemin et je savais d'instinct que ses intuitions à elle sur mon propos étaient justes (même si on peut toujours reconstruire a posteriori).

En fait, cette course pour remplir le mois de Septembre est une idiotie. Ce serait plutôt le temps de profiter de ce moment pour prendre le temps. Faire du sport, écrire, faire du théâtre, régler mes problèmes d'estime de moi et d'affirmation de soi... Pour me pauser. Peut-être que c'est bien là d'ailleurs tout ce dont j'ai besoin, que c'est ce que révèle mon inaction profonde actuelle, ce besoin de faire une pause.