samedi 29 février 2020

Écrire mon roman tous les jours, mon nouveau défi

Source – dr. shordzi
Il y a à peu près un an, j'avais écrit un long article sur le fait que je n'écrivais plus de roman. Je ne me souvenais pas trop de ce que j'avais mis dedans, alors je suis allée le relire et... wouah ! grosse réflexion de remise en question ! Je pense que, si je ne m'en souvenais pas, ce n'est pas parce que je m'en fiche ou que j'ai menti ou que ça n'a pas d'importance mais parce que mon esprit a ingéré, digéré, tout ce qu'il devait travailler, il a mené la réflexion à son terme dans son for intérieur et donc il n'avait pas besoin de sonner la cloche pour me dire que je devais réfléchir dessus. Mon inconscient a fait le travail tout seul, nourri de tout ce qu'il s'est passé depuis un an, mes réflexions sur les émotions, etc., que je vous ai assez partagées ici pour ne pas avoir à vous faire un résumé lourdingue ;)

Changement d'état d'esprit


Je n'écrivais plus parce que je dépensais mon temps ailleurs, que ma tête était bien trop pleine de trop plein de choses et que surtout je me disais qu'écrire des histoires c'était quand même pour qu'elles soient lues ; ce qui n'était pas mon état d'esprit. Mais, depuis quelques semaines (mois ?) ça y est. Je vais m'y remettre. Vraiment. J'ai un plan d'attaque, je vais tester quelque chose. Déjà, écrire cet article fait partie de mon plan d'attaque : paraît que, quand on s'engage à faire quelque chose auprès de témoins, on le réalise plus souvent (ce serait con de perdre la face). Et puis j'ai aussi fait un vœu à une petite chouette porte-bonheur en pierre fichée dans le mur d'une cathédrale, donc c'est sûr que ça va se réaliser (les petites chouettes magiques sont, comme chacun sait, plus efficaces que les témoins)

Je ne saurais pas trop dire comment ça s'est passé, mais un jour je me suis dit que j'allais profiter de mon déménagement pour mon stage pour me lancer de nouveau dans un roman. Un vrai de vrai, un qui terminera dans les mains des gens. En même temps, profiter d'un déménagement pour impulser quelque chose, je l'ai déjà fait quand j'ai commencé le sport, donc je pense que ça correspond assez bien à ce que je suis et ce dont j'ai besoin.

Une nouvelle méthode


Je n'ai jamais vraiment eu de "méthode" à part laisser décanter mes idées, écrire un chapitre par semaine quand je le sentais bien, écrire quelques trucs comme base (des trucs qui ne changent pas, comme les plans des maisons, les cosmogonies ; la "boîte" de l'histoire) pour pas trop me perdre. Ce n'est pas que je voulais me la jouer à la Victor Hugo à tout écrire d'une traite sans corrections, c'est surtout que les méthodes avec des plans, des fiches de personnage, des fiches de lieux, etc., je ne les ai jamais trop senties. Et comme je fonctionne à l'instinct, et qu'il ne se passe jamais rien de bon quand je ne suis pas mon instinct, alors je ne faisais rien que je ne "sentais" pas.

Imaginez ma surprise quand est né le besoin de faire une frise chronologique pour mon nouveau projet !... D'ailleurs, je m'obstine à dire que c'est une frise chronologique et pas un plan, mais enfin, comme je vais raconter l'histoire dans l'ordre (c'est mieux), toute frise chronologique qu'elle est, elle fera quand même office de plan ! Première incongruité dans ma manière de faire. Figurez-vous que cette frise chronologique est tellement nécessaire, que je l'ai faite rapatrier de chez mes parents où je l'avais oubliée, moi qui ne parle pas avec eux (avec personne, d'ailleurs) d'écriture. Par chance, mon écriture (en pattes de mouches, en plus) est illisible : sauvée !

Et puis, dans mon plan d'attaque, je me suis dit que j'allais écrire tous les jours. Pas forcément un chapitre complet, mais au moins une phrase, voir ce qui sort quand je n'ai pas passé une semaine à toute retourner dans ma tête. Quand même, je couperai bien mon esprit entre ma journée de boulot et ma séance, avec ce qui peut se rapprocher d'une méditation, juste histoire de scinder les moments et de me rendre plus disponible. Moi qui n'ai jamais été partisane de se forcer à écrire quand on le "sentait" pas, je vais vraiment me mettre devant ma page Word tous les jours. Deuxième incongruité dans ma méthode.

Donc, à partir de demain, premier jour du mois de mars, j'écrirai tous les jours jusqu'à la fin du premier jet (que j'espère boucler dans trois mois même si je ne me mets pas de vraies date limite). Ensuite je laisserais en jachère avant de revenir pour la première correction.

Travailler à partir d'un brouillon


L'autre incongruité de ce nouveau projet c'est que pour la première fois je vais travailler à partir d'un truc dont j'ai déjà rédigé le début. La dernière fois je vous avais parlé des projets que j'appelle les "juste comme ça", qui me servent de défouloirs, en un sens. De temps en temps, ces défouloirs prennent un peu corps dans mon esprit, généralement dès les premières pages, et alors j'arrête tout et je laisse de côté pour en faire un roman. Ça fait plusieurs années que ce projet traîne dans mon ordinateur (j'ai d'ailleurs failli le perdre à la défaveur d'un plantage, imaginez mon angoisse !). C'est la première fois que je vais tenter de reprendre quelque chose de déjà existant. Donc je vais devoir relire ce que j'avais fait il y a peut-être deux ans, voir comment je m'y étais prise, ce que je vais garder et ce que je vais changer. Mais je pense que dans tous les cas je vais ouvrir un nouveau fichier pour commencer sur une page blanche.

Questionnements en perspective


Comme tout ça est assez nouveau pour moi (c'est peu de le dire), je pense que des problématiques et des questionnements vont naître de tout ça, et des doutes, et des frustrations, et peut-être aussi des effets secondaires. Par exemple, est-ce que plus je m'habituerai à écrire tous les jours, plus ça me paraîtra facile de le faire ? Ou au contraire est-ce que le fait de devoir écrire tous les jours va me peser ? Est-ce que d'avoir un plan une frise chronologique (héhé :P) va me porter ou au contraire est-ce que je me sentirais bridée ?

Comme le but n'est pas de me dégoûter de l'écriture, si je n'arrive vraiment, vraiment, vraiment pas à écrire tous les jours, je ne le ferais pas, je relâcherais un peu la pression. Mais il faut quand même que j'attende de faire passer les vingt-et-un premiers jours car une habitude (du point de vue des connexions entre les neurones dans le cerveau) se prend en vingt-et-un jours ! Autant dire que je ne devrai sauter aucun jour, sinon je fous par terre mon test. Parce que dans le fond, il s'agit un peu de ça, un test sur ce que je suis capable de faire ou pas, pour aussi mieux me connaître en me mettant en difficulté au lieu de me laisser vivoter dans ma zone de confort. En gros, c'est un défi. Un défi avec un vrai enjeu, comme je veux présenter ce roman à des maisons d'éditions.

Je ne pense pas que ma frise chronologique me pèsera car je l'ai écrite parce que j'en ressentais le besoin pour que tout soit clair et pas pour sortir de ma zone de confort et changer de méthode pour changer de méthode. En plus, elle n'est pas si détaillée que ça, donc elle laisse quand même de la marge de manœuvre et puis il faut quand même la suivre pour que tout soit clair. C'est plus un fil rouge qu'un plan (à ce stade, le lecteur aura bien compris que je n'aime pas le mot "plan").

Mais du coup, tous ces questionnements, je pense que je serais amenée à vous en parler ! :)


Et vous, dans quels domaines vous êtes-vous lancé des défis ?

mercredi 26 février 2020

[Photos] Chasse à l'écureuil

La dernière fois que j'ai publié des photos, c'était à l'occasion de ma balade pour éteindre le cerveau. Cette fois, j'avais un véritable but : la chasse à l'écureuil ! Hier, en me rendant à un rendez-vous, j'ai traversé le parc à côté duquel j'habitais l'année dernière. De ma fenêtre haut-perchée, je distinguais fort bien les petits équilibristes roux jouant aux funambules tout en haut des arbres et, de temps en temps, j'en apercevais un quand je me promenais. Hier, je me suis dit que j'avais envie de voir un peu de verdure, et j'ai coupé par le parc sans arrière-pensée. Grand bien m'en a pris : j'ai vu cinq écureuils ! Cinq d'un coup ! Adorablement mignons, avec leurs petites touffes sur les oreilles, leur longue queue et leurs sauts gracieux. Alors j'ai décidé d'y retourner aujourd'hui pour les attraper photographiquement. Pour me punir de mon avarice, Mère Nature m'a mis des bâtons dans les roues.


Faut dire aussi que, allez trouver une boule de poiles couleur carotte dans un tas de feuilles mortes, vous ! J'ai scruté, scruté, et, dans mon élan volontaire, me suis laissée abuser par des feuilles mortes poussées par le vent glacial. Je me suis dit que je n'avais quand même particulièrement pas de chance. Il fait froid, il pleut, y a du monde dans le parc : tout pour les convaincre de rester chez eux ! Au lieu d'arpenter leur territoire de long en large pendant leur sieste, j'ai fait un petit tour un peu partout et j'en ai profité pour prendre des photos. J'ai donc vu des fleurs... Fleurs qui d'ailleurs ne tenaient pas en place, bousculées par le vent. Et moi, sans mes gants, je pestais (j'ai mauvais caractère).


Je regardais partout autour de moi, je trépignais d'impatience, je voulais voir un écureuil ! Au lieu de cela, j'ai vu des oiseaux. J'ai attrapé une mésange sous laquelle je me suis retrouvée par hasard (rendu à ce point, le lecteur aura compris que je ne suis pas un chasseur très doué) et un merle, qui se trouvait au milieu de mon chemin et ne voulais pas s'en aller. Ceci dit, il n'approchait pas trop et me regardait avec méfiance. Il n'arrêtait pas de sauter partout, et comme mon objectif n'est pas très réactif, j'ai dû mettre la mise au point manuelle. Je déteste ça car j'ai tendance à trouver nettes des photos qui, une fois en grand sur ordinateur, sont tout ce qu'il y a de plus flou !


Je tournais sur le sentier, désespérant de revoir un petit rongeur, les mains gelées. Soudain, à l'orée de mon champ de vision, un mouvement.
Un écureuil !... Là ! Là ! Un écureuil ! Viiiiiite !
Le corbeau aura été plus rapide. Il l'a attaqué avant que je ne puisse approcher. L'écureuil s'est un peu défendu puis à pris la poudre d'escampette et, comme j'étais trop loin – et qu'ils ont cette fâcheuse manie de tourner autour des troncs quand ils grimpent –, je l'ai perdu.
Satané corbeau !


Je laissais tomber, de guerre lasse, transie de froid, abattue par la malchance qui me poursuivais. Il faut dire que j'ai croisé des promeneurs avec des chiens, et d'autres avec une enceinte vomissant sa musique à fond. Tout ce qu'il faut pour effrayer mon délicat Poil-de-Carotte ! Et alors que je commençais à partir, revenant sur mon serment de ne pas rentrer chez moi tant que je n'aurais pas eu un écureuil, j'ai vu une mignonne petite boule de poils rousse dans l'herbe.

Trop heureuse pour rester calme, j'ai marché sur lui trop vite, et, effarouché par toute cette présence humaine dans le parc, il a bien vite trottiné en sécurité. J'ai donc une photo. Une (deux en fait, mais sur l'autre, il est caché). Au bout d'une heure de recherche. C'est cher payé le cliché !


La morale de toute cette histoire c'est un peu celle de la soupe au caillou : je n'ai pas vraiment eu ce pourquoi j'étais venue, mais j'ai eu plein d'autres choses !

samedi 22 février 2020

Pessimisme

Source – alainalele
Je pense que l'une des choses que l'on remarque le plus vite quand on m'entend un peu parler, c'est mon pessimisme. "Dis dont, t'es super positive, comme fille !" qu'on me fait sur le ton d'une gentille plaisanterie, même quand je n'ai pas l'impression d'avoir dit quelque chose de particulièrement négatif. À croire que c'est tellement ancré que je ne me rends même plus compte de ma vision fataliste des choses. Ce qui m'y a fait penser ce soir, c'est une vidéo de formation sur la PNL dispensée sur Skilleos. Le préparateur mental qui dispense cette formation expliquait que, pour le cerveau, ce qui est imaginé a le même impact qu'un fait réel. Autrement dit, si on veut monter sa boîte mais qu'on ne pense qu'à toutes les mauvaises choses qui peuvent arriver, ça va invoquer de mauvaises émotions que le cerveau va pomper comme une éponge et nous renvoyer en pleine tronche sans autre forme de pourparlers. Ça tombe bien ! C'est tout moi !

Je sais qu'il faut utiliser l'imagerie mentale pour imaginer de bonnes choses, des moments où on avait confiance en nous, où on se sentait forts, invincibles, même, et je le fais. J'imagine une leçon de conduite où ça se passe bien. Un tournage, un partiel, un rendez-vous où ça se passe bien. Mais toujours, au bout de quelques minutes (secondes ?) mon cerveau déraille. Tout à coup, le scénario change de lui-même, sans aucune provocation de ma part, et les images du pire se déroulent dans ma tête. Quand je ne saurai pas répondre à une question, gérer mon stress, ou que je vais me faire percuter par une voiture et ne jamais arriver à destination. Oui-oui, vous avez bien lu : je vous dis : mon cerveau déraille, il part en vrille, les scenarii parfois ahurissants s'entremêlent, et, quand j'essaye de le ramener à la raison, il finit toujours par quitter la voie sur laquelle j'essaye de le mettre. Autant dire que je ne suis quand même pas aidée ! ;')

C'est dingue, parce que je ne me souviens pas de quand j'ai commencé à être aussi pessimiste et à laisser mon cerveau échafauder des histoires dramatiques, à base d'espoirs inassouvis et de frustrations latentes. Pourtant, dans le fond, je sais que je ne suis pas malheureuse, ou en tout cas que j'ai de la chance – relativement – quand j'en ai besoin. Mais c'est plus fort que moi, les premières pensées qui me traversent sont forcément négatives, bouffies d'abattement. Le pire, c'est que c'est tellement habituel pour moi que je n'ai même pas d'exemple précis à vous donner. C'est une routine. Ah si, par exemple, l'autre jour, mon moniteur d'auto-école était en retard. Je me suis dit : "si ça se trouve, il m'a oubliée". Non. Il était juste plus en retard que d'habitude. Permis toujours : imaginez qu'il m'oublie le jour de l'examen de conduite ! C'est dans plus d'un mois et une pensée-catastrophe s'est déjà frayée joyeusement un chemin jusqu'à ma conscience. Si ce n'est pas ridicule...

Penser de manière positive, ça me demande des efforts, de l'énergie. Comment font tous ces gens pour qui c'est tellement facile ! Ils laissent glisser. Ils prennent le positif parce qu'ils prennent le présent, je pense, et ne sont pas bloqués dans des images déformées et branlantes d'un futur qui n'existe pas puisque, par définition, il n'est pas encore là. Il y a des gens bloqués dans le passé, moi je dirais que je suis bloquée dans le futur, dans l'un des futurs possibles, ou plutôt dans la multitude de futurs imaginables. Et mon petit vélo interne tourne, tourne, tourne, tourne parfois au point que je ne trouve pas le sommeil avant un moment. Parce que je suis pessimiste. Et les mises en garde contre les risques de la pensée positive à tout prix (la culpabilité, pour faire vite) n'ont fait que me persuader un peu plus que se forcer à penser de manière positive, c'est dur.