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dimanche 9 mars 2025

Anxiété

Source – DSD

Blogger dit que la dernière fois que je suis venue par ici c'était en janvier… faut vraiment que je vienne plus souvent. J'aime toujours écrire ici, c'est vrai… Bon, comme d'hab', je ne vais rien raconter de bien joyeux. Forcément, comme je n'ai pas écrit depuis longtemps je dis tout d'un coup et en vrai il y a des jours où ça va bien, déjà quand l'album de Lady Gaga est sorti, pour commencer, et l'autre jour j'ai fait du pilates avant d'aller au travail, c'était chouette. N'empêche que globalement c'est pas la grande forme… avec la psy on a parlé par mal d'auto-sabotage dans ma recherche d'emploi, alors j'essaye de me mettre un grand coup de pied au cul. J'ai fait plusieurs candidatures hier. Des fois, je vais avoir un pic d'enthousiasme pour bosser mes hiéroglyphes, faire du sport, postuler ici et là, et puis ça retombe vite, je m'arrête en plein milieu de la tâche parce que je n'ai plus envie… Hier et aujourd'hui, je fais ça avec Lady Gaga dans les oreilles, parce que le nouvel album est vraiment très, très cool et ça m'aide à ne pas réfléchir, à mener ma tâche jusqu'au bout.

Le mois dernier je suis partie faire une formation de premiers secours en santé mentale. Le premier jour n'a pas été le plus intéressant parce que c'était consacré presque exclusivement à la dépression et bon, vu que j'ai écouté une amie pendant trois ans alors qu'elle faisait une dépression vraiment sévère, et que moi je suis en dépression légère et que j'ai vécu des phases violentes, je ne crois pas avoir vraiment quelque chose à apprendre sur la dépression. Le second jour c'était sur les troubles anxieux et les troubles psychotiques, là j'ai appris davantage de trucs, c'était vraiment intéressant. Depuis, j'ai reçu le manuel de PSSM, j'aimerais le potasser pendant les vacances d'avril. Surtout, ce second jour, je me suis rendue compte que j'ai des troubles anxieux. Enfin… j'ai de petites graines en devenir, des bébés tiges qui poussent si je ne fais pas attention. C'est à base de : "han ! elle ne m'a pas répondu ! c'est parce qu'elle ne me parle plus ?? je l'ai saoulée ??" et de scenarii catastrophe. Ça s'était un peu calmé ces derniers mois, et puis c'est revenu ces dernières semaines, ça m'a tenu éveillée une heure au milieu de la nuit…

En fait, c'est à cause de ce qu'il s'est passé lundi de la semaine dernière. Avec une fille du petit groupe Discord d'écriture où je suis, on s'était vues le samedi d'avant avec d'autres filles du groupe, dont une qu'on sentait un peu en retrait, moins investie, etc. et qui s'était présentée à notre hôtesse (une autrice qui nous a expliqué des trucs sur l'auto-édition de manière très informelle) avec son nom de plume et pas son vrai nom et moi je me disais merde quand même c'est pas cool (je me permets d'en parler parce que j'en ai discuté avec elle, s'était un malentendu donc voilà, je ne règle pas mes comptes sur le blog, je préfère préciser) et donc avec l'autre fille on parlait de ça jusqu'au moment où elle me dit : "en fait le problème ce n'est pas elle, c'est toi" et là on sent tout le truc retenu depuis longtemps, vous voyez. Donc elle me parle de la partie un peu irritable de moi, ma tendance à m'emporter, à me montrer inflexible, râpeuse (tout ça, ce sont mes mots) qui peut censurer (ça, c'est le sien) les autres et que c'est pour ça qu'elles sont pas à l'aise pour parler, parce que je ne suis pas fiable, qu'on peut pas avoir confiance en moi et tout et elle me rementionne un truc que j'avais fait plusieurs semaines avant, pour lequel je m'étais excusée et tout. Donc on discute de ça.

Et je me dis ben… je n'ai pas envie qu'elles se sentent mal à l'aise avec moi, je n'ai pas envie de faire du mal aux autres, si mon molosse intérieur a mordu au mauvais moment c'est pas bien, donc j'ai quitté le serveur. Et là elle m'a dit que c'était pas ce qu'elle me demandait et tout et j'ai dit oui je sais mais c'est ma réponse parce que je ne peux pas changer à court terme et je ne peux pas non plus continuer à vous mettre mal à l'aise. Et elle me dit qu'elle a une autre interprétation de notre discussion. Et là, je ne comprends pas, je lui demande de m'expliquer, elle me dit que je n'ai qu'à relire la conversation sauf que… je vais faire quoi ? relire les mêmes phrases et espérer les comprendre d'une manière différente ? Et là je lui sors l'exemple de mon prof de maths qui répétait tout le temps la même chose et finissait par nous dire : "si vous ne comprenez pas, c'est que vous n'écoutez pas" et elle me dit que c'est passif-agressif et toxique de lui sortir cet exemple-là alors qu'elle est prof, que j'ai "réussi un truc disruptif" et que je peux "revenir sur le Discord, maintenant"... elle n'a jamais cru que je ne faisais pas ma drama queen, mon caca nerveux ; elle n'a jamais cru que c'était plus profond que ça et du coup quand elle me dit pour la énième fois qu'elle a une vie et qu'elle n'a pas que ça à faire que de me parler (entrer dans mon jeu, donc) je m'énerve (parce que aussi ça me renvoie l'impression que, moi, je n'ai pas de vie à part écrire) et je lui dis que je lui ai rien demandé, qu'elle vive sa vie et se fasse passer en premier. Mais du coup, puisqu'elle pensait que je faisais ma drama queen pour avoir de l'attention… j'envoie deux messages contraires… elle m'a dit que j'étais toxique, perverse, et qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec moi.

On n'était pas si proches, je crois, donc ce n'est pas la rupture amicale en elle-même qui m'a ébranlée mais davantage la manière dont ça s'est passé, cette incompréhension. Même quand je lui disais qu'on ne se comprenait pas, que je ne me reconnaissais pas dans les propos quand elle disait : "hier tu as dit ça" et inversement, elle ne le comprenait pas. On ne se comprenait mutuellement pas. C'est plus ça, qui m'a perturbée. J'ai eu l'impression d'une plongée dans une réalité parallèle, en fait… Et bon, maintenant, ça, ça va, je ne crois même pas avoir envie qu'elle revienne me parler si jamais elle se rend compte de la méprise. Je suis échaudée. Mais pour en revenir aux angoisses, eh bien, cette nuit ça tournait autour de ça : et si elle va raconter à d'autres gens que je suis perverse (je sais qu'une des autres filles du groupe ne me parle plus) et que ces personnes-là ne veulent plus me parler non plus ? si je la croise par hasard à une dédicace et qu'elle dit à mes amis que je suis perverse ? si j'auto-publie mes romans (c'est une idée comme ça, mais je ne sais pas si j'ai vraiment envie d'être lue, en fait) et qu'elle me mène la vie dure ? si elle vient me faire chier parce qu'une bénévole de la radio va lire son livre jeunesse à l'antenne et qu'elle le prend pour une provocation si j'identifie la maison d'édition dans une publication sur les réseaux sociaux ? Je sais que c'est irrationnel. Je sais qu'il n'y a aucune raison pour que les filles avec lesquelles je parle sur Instagram ne m'aient pas encore répondu après quelques jours parce qu'elles ne veulent plus me parler. Je sais que ça ne va pas se transformer en harcèlement. Ce sont des angoisses irrationnelles. Je le sais. Et pourtant elles m'ont tenues éveillée.

Ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. Pourtant j'ai déjà parlé de cette affaire avec la psy. On a parlé du rêve que j'ai fait dans la nuit du lundi au mardi, on a parlé du monstre intérieur. Et l'anxiété est toujours là, et elle se répand.

Je me dis que j'aimerais bien essayer de prendre un chien, puis je me dis que qu'est-ce qui se passe si les gens de l'association voient que j'ai pas fait le ménage depuis des semaines dans ma cuisine parce que je n'y arrive pas ? qu'est-ce qui se passe si je n'arrive pas à sortir de chez moi alors que le chien en a besoin ? qu'est-ce qui se passe, aussi, si finalement aux refuges il n'y a aucun chien qui puisse se sentir bien avec moi ? Je me dis des fois que prendre un chien c'est acheter de l'amour, parce que c'est sûr que le chien va t'aimer même si tu le mérites pas.

Hier, j'ai réussi à postuler à des trucs et à faire mes hiéroglyphes. Aujourd'hui j'étais censée sortir mais il fait pas beau, j'ai pas envie d'avoir froid, et puis quand il fait pas beau la lumière dans la forêt est toute grise et j'ai envie de voir des feuilles dorées et des formes sur le sol et d'avoir chaud donc s'il fait beau cet après-midi je sortirais sinon tant pis.

Mais voilà, je me débats avec des angoisses un peu collantes en ce moment. En plus cette nuit ma veilleuse était déchargée (c'est ma meilleure amie qui m'a envoyé une veilleuse et elle a bien fait parce que des fois je me sens oppressée et seule dans le noir alors j'ai besoin d'une présence) alors j'ai dormi dans le noir donc l'endormissement était un peu dur.

J'espère que vous allez mieux que moi !

samedi 8 août 2020

Trouver du travail

Source – Kaboompics
Bien que la perspective d'élever des ânes en Dordogne me mette en joie, ce n'est pas vraiment un projet que l'on pourrait qualifier de réaliste à l'heure actuelle et plus encore considérant le fait que je n'ai pas d'apport d'argent, donc la réponse de la banque va être rapide : jeune femme fauchée, tout juste diplômée, sans permis de conduire, sans qualification dans les animaux, sans emploi, se lance dans une entreprise pour laquelle elle n'a même pas encore de business plan : nous fait-elle une blague ? Donc il semble plus approprié de chercher un vrai travail, au moins pour le moment et ne serait-ce que parce que j'ai quand même un projet de Diplôme Universitaire sur le feu et qu'il va bien falloir le financer. Sauf que voilà, je suis jeune diplômée (enfin, techniquement, je le serai au début du mois prochain). Or, rien de nouveau sous le soleil : les jeunes diplômés galèrent grave à trouver du taf, encore plus dans le journalisme, encore plus quand la formation n'est pas agréée journalisme.

Heureusement que je ne cherche pas que dans le journalisme.

Je pense que le plus dur pour moi à entendre c'est le reproche du manque d'expérience. Parce que si personne ne veut m'en donner, de l'expérience, eh bien je n'en aurais jamais. Une radio associative a rejeté ma candidature en partie parce que je ne venais pas de la région, et en partie parce que j'ai plus un profil de journaliste que d'animatrice. Certes. Mais enfin c'est le genre de métier que l'on peut apprendre sur le tas, à mon humble avis, et auquel d'ailleurs les écoles ne préparent pas aux réalités du terrain. Ça vaut aussi pour les écoles de cinéma et les formations de l'audiovisuel : tu apprends à tenir une caméra, à monter, mais les bons réflexes à prendre sur le terrain pour concevoir de A à Z une vidéo, tu les acquiert, ben... sur le terrain, par l'expérience. En plus, je suis d'autant plus frustrée que j'ai prouvé dans mes différentes expériences, que je sais travailler et que je sais m'adapter, et donc je sais que je saurais bosser dans une radio si une radio m'en donnait l'opportunité. Mais je comprends aussi que les entreprises, surtout en ce moment, ne veuillent pas prendre de risques.

Une autre chose que la radio m'a dite et qui me perturbe, c'est qu'ils m'ont reprochée d'avoir été honnête en disant que je ne me souvenais pas avoir candidaté chez eux en Service Civique il y a trois ans (alors qu'eux se souvenaient apparemment très bien de moi). Je suis peut-être très bête, mais pour moi l'honnêteté est essentielle, surtout quand on parle à des gens qui sont nos futurs employeurs potentiels et donc avec qui on sera peut-être amené à travailler tous les jours. Je suis sans doute trop naïve, un peu candide et ahurie, mais c'est ma vision des choses. Je ne me voyais pas retomber sur mes pattes par une pirouette, d'ailleurs je n'y ai même pas songé une seule seconde. Leur remarque me perturbe parce qu'elle rentre en conflit frontal avec les choses en lesquelles je crois, mes valeurs profondes. D'ailleurs ça arrive assez souvent ces derniers jours et ça créée beaucoup d'anxiété.

J'attends actuellement la réponse d'un musée. Je veux ce poste. C'est dans un domaine qui ne rentre pas exactement dans mes attributions car je n'ai pas fait d'études dans l'accueil du public ou la médiation culturelle ; mais mes expériences m'ont permis d'acquérir les qualités qu'il faut, puis bon, j'ai quand même une Licence d'Histoire à laquelle je peux m'accrocher : je ne suis pas sans filets. Les responsables qui m'ont fait passer l'entretien m'ont paru vraiment sympa, et j'ai l'opportunité d'être formée en conservation préventive, ce que je trouve extraordinairement intéressant ! Je veux ce poste.

Mais la réponse se fait attendre parce que la direction est partie en vacances avant de la transmettre. Et je me retrouve à avoir peur que tout ce temps supplémentaire à leur réflexion ne leur fasse réaliser qu'ils feraient mieux de prendre quelqu'un qui a fait des études dans ces domaines, que ça serait le choix de la sécurité pour leur équipe, surtout si la prise de poste est finalement en octobre. Là aussi, ça rentre en conflit avec une grande croyance : que l'on peut toujours apprendre, apprendre dans plein de domaines différents, apprendre sur le tas, apprendre des autres sur le terrain, en transmission directe plutôt que dans un amphi à écouter un prof toute la journée (bien que je n'aie rien contre les profs puisque je souhaite reprendre des études).

En fait, je me rends compte que je cherche un travail qui ait du sens. Médiation culturelle dans un musée, au contact du public, des scolaires, etc., ça a du sens. Un poste dans une radio associative, à faire de l'éducation aux médias, ça a du sens. J'adorerais faire des ateliers avec des jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, ou en milieu carcéral, dans les quartiers populaires, etc.. Élever des ânes, faire des randos contées, faire découvrir une région, ça a du sens, aussi.

Ce qui est bien, dans ma recherche de travail, c'est que même si je suis jeune, à peine diplômée et sans expérience ; que je suis une femme et qu'on peut préférer un homme en supposant que bientôt j'aurais des enfants (ce qui n'est pas le cas) ; au final, il y a plein de choses qui m'intéressent. Je pourrais bosser dans le sport comme dans la culture, dans un Parc Natural régional comme dans les médias. Quoiqu'à la réflexion je me demande si ça ne brouille pas mon profil aux yeux des recruteurs. On m'a demandé si je n'avais pas peur de m'enfermer dans la culture après m'être enfermée dans le milieu de la Défense. J'ai répondu que je ne m'enfermais pas : au contraire je m'ouvre, je m'ouvre à une expertise multiple, riche, qui me permet d'avoir un regard large.

Je trouve que l'on ne nous apprend pas à faire ça. Quand on est au lycée, à la fac, on nous apprend seulement a poursuivre dans la voie où l'on se trouve. Par exemple, lors de mes deux années de formation en journalisme/communication on ne nous parle jamais des radios associatives. En Histoire, je ne me souviens pas avoir entendu parler de la conservation préventive (enfin, un petit peu lorsque nous avons visiter des archives). Au collège, je ne me souviens pas que les filières professionnelles aient été abordée. Toutes les possibilités restent très floues. Les conseillers d'orientations ne servent à rien. Au lycée, c'est la même chose, on ne nous parle pas de tout ce qui est possible, on n'élargit pas les voies en expliquant que, même si tel métier tape un peu à côté de telle formation, ça peut passer si par ailleurs on a telle compétence (acquise en association, par exemple). En fait, on ne nous apprend pas à "ratisser large". Je trouve que c'est dommage, car ça permettrait ensuite de faciliter la recherche d'emploi en permettant aux jeunes de savoir réfléchir à ce qui est possible ou non.

Comme j'ai un peu de mal à terminer cet article, j'abandonne, et je l'arrête comme ça.
Nah !

vendredi 5 juin 2020

Comment je suis devenue écolo

Source – John Cancalosi / National Geographic
C'est une idée d'article qui me trotte dans la tête depuis un moment et cette Journée mondiale de l'Environnement me paraît toute trouvée pour me lancer ! ;)

J'ai toujours aimé les animaux, d'ailleurs je pense que le plus grand manque dans ma vie d'enfant a été de ne pas avoir d'animal de compagnie. Petite, je me gavais de documentaires animaliers, et je continue à regarder avec passion ce que diffuse Arte, France TV, ou Netflix. Ado, j'ai tenu quelques temps un blog sur la maltraitance animale. Je voyais des photos atroces, et je me rappelle avoir vu un documentaire horrifiant que j'ai dû regarder en plusieurs fois pour tenir le choc. La nature m'a toujours intéressée. Je me suis même rêvée garde forestier ou comportementaliste animalier ! Pour moi, prendre soin de la planète serait quelque chose de normal. Cependant, pendant longtemps je n'ai pas vraiment œuvré en ce sens. Déjà parce que j'étais dépendante de mes parents, et ensuite parce que je gardais dans l'idée qu'être écolo était quelque chose de compliqué.

La prise de conscience


Dans le même temps, je suis devenue une lectrice de plus en plus régulière de National Geographic Magazine. Mes premiers numéros doivent dater de 2013, mais je n'étais pas très assidue et j'en ai perdu beaucoup. Puis, peu à peu, je les lisais vraiment et avec un grand intérêt. En juin 2018, ils publiaient un ensemble d'articles sur le plastique. Des chiffres effroyables. Des photos aux scènes dramatiques. Dont celle de la couverture : une cigogne dans une décharge en Espagne, piégée dans un sac plastique – le photographe l'a bien entendu libérée.

C'est ce numéro qui m'a fait réaliser que trop, c'était trop. Trop de gaspillage, trop de trucs aberrant ; trop de plastique. Et tout à coup, j'ai vu autour de moi tout ce plastique non-indispensable (parce que, on ne va pas se mentir, une voiture est indispensable dans notre monde d'aujourd'hui et une voiture sans plastique je ne sais même pas si ce serait possible). Tous ces contenants de produits, brosses à cheveux, emballages... Je ne vais pas vous assommer avec des chiffres parce que je ne les ai pas en tête et que ce n'est pas le but de l'article. Ils sont facilement trouvables sur l'Internet mondial. Et ils sont glaçant.

À partir de là, j'ai décidé de ne plus utiliser de plastique si je pouvais faire autrement. Je zappe dans les grandes-surfaces ces rayons que j'appelle "rayons du plastique". Ceux des gâteaux, biscuits, fromages... les yaourts je les achète dans des pots en verre (ce qui vaut mieux niveau santé, par ailleurs).

Changer les choses à petite échelle


Des fois, on me dit que je ne vais pas changer le monde à moi toute seule, que je ne vais pas sauver la planète. J'en ai parfaitement conscience. Le but, ce n'est pas de changer la planète. Le truc c'est que je pense qu'on n'arrivera jamais à la sauver. Parce que les entreprises ne voudront pas "perdre de l'argent". Parce que la fonte des glaces aux pôles va donner accès à de nouvelles routes maritimes et à des puits de pétroles et autres denrées chères. Très chères. Les pays limitrophes se battent déjà pour savoir qui pourra mettre sa papatte avide sur les centaines de milliers de barils. En fait, sauver la planète, ça n'arrange personne. On préfère imaginer que l'on va trouver une autre planète très très loin pour y vivre avant que tout n'explose, ou que la technologie pourra nous sauver la vie. S'adapter plutôt que sauver.

Ce n'est pas pour sauver la planète, que je le fais. C'est par égoïsme, pour me dire que j'ai fait ma petite part, et que ça fait toujours une brosse à dent de moins qui finit dans la mer.

Dans ma croisade contre le plastique, j'ai commencé par le plus facile : la salle de bain ! La salle de bain, c'est là où il y a le plus de bouteilles, flacons, emballages... et là où on peut le plus facilement trouver des alternatives. Début facile, et donc encourageant !

J'ai donc abandonné les shampoings liquides dans des bouteilles en plastique (adieu mon shampoing préféré de Lush !) pour des savons, shampoings, et dentifrices solides. J'ai testé plusieurs marques. Chez Bélice, j'ai bien aimé le dentifrice, et adoré le déodorant ! Je trouve même qu'il fonctionne mieux que certains déodorants du commerce. Je suis plus mitigée sur le savon et le shampoing. Actuellement, je teste le shampoing Druydes que pour le moment j'apprécie (je pense que ça va durer).

Je n'ai pas été convaincue par les brosses à dents en bambou qui me sont passées entre les mains. Déjà, les poils sont bien souvent en nylon (argh) et ensuite, celle que j'avais s'est usée très vite. Cependant, j'ai mis la main sur une brosse à dent entièrement en bambou ! La marque s'appelle Croll & Denecke. Je n'ai pas encore pu la tester, étant donné que celle que j'ai actuellement n'est pas encore usée. Mais j'ai bon espoir.

Imperfection


Il ne s'agit pas d'être parfait. Je découvre régulièrement de nouveaux produits alternatifs au plastique – comment ça ?! une brosse à vaisselle en bois à tête interchangeable, ça existe ?! – et, même si je vais au marcher et que je n'achète pas de fruits et légumes sous plastique, il y a des choses que je ne fais pas. Par exemple, je n'achète pas en vrac. La seule fois où j'ai essayé, je me suis retrouvée avec une invasion d'insectes. Donc ça sera sans moi.

Depuis que je suis revenue chez mes parents, c'est aussi beaucoup plus compliqué. Eux s'en fichent complètement. Et voilà les salades dans une poche plastique, la viande en barquettes, le fromage dans du plastique, les pots de yaourts en plastique... Moi qui ai réduit ma consommation de viande à... ben rien, en fait (sans gros efforts puisque je n'aime pas particulièrement ça), je me retrouve à en manger. Alors oui, on pourrait me dire qu'il ne tient qu'à moi de refuser, et je le fais dès que possible, mais ce n'est pas toujours aussi facile. Et, encore une fois, il ne s'agit pas d'être parfait. D'ailleurs, être parfait est impossible.

J'achète mes pantalons chez Fantazia. Ils font travailler des artisans, et reversent une partie de l'argent touché pour des constructions d'écoles et ce genre de choses. C'est génial ! Problème : les produits sont faits en Inde ou au Népal, à l'autre bout du monde. L'empreinte carbone est nécessairement élevée. Dans le même genre, j'ai acheté une paire de chaussure chez Perús, qui finance des jours d'école. Mais dans ces chaussures, se trouve du plastique. On ne peut pas tout avoir.

Il y a aussi des choses que je n'ai pas l'occasion de faire actuellement mais que j'aimerais pouvoir faire à terme. Par exemple, avoir un compost, pour réduire mes déchets. Pouvoir acheter plusieurs de mes produits sur un seul site, pour réduire le transport (ce que j'ai fait via Naturitas pour ma dernière commande, mais par exemple ils ne sont pas revendeurs de Bélice (qui par ailleurs a des boutiques mais pas autour de chez moi)). J'aimerais aussi pouvoir faire ma propre lessive et mon liquide vaisselle maison.

De plus en plus, je m'interroge aussi sur mon utilisation d'internet, et j'en viens parfois à culpabiliser d'avoir un blog ou de consommer des vidéos sur internet, parce que ça utilise des serveurs et que ça pollue... quand le moral n'est pas au top, j'ai cette idée que je voudrais aller me perdre au milieu de nulle part.

Je pense qu'il est facile de culpabiliser en se disant que les autres font mieux que nous et que l'on ne fait pas assez. C'est aussi pour ça que je vous parle de mes imperfections dans ma recherche du rejet du plastique, juste pour montrer que l'on peut mettre des choses en place petit à petit, en fonction de ce qui est possible. Le premier pas, c'est d'ouvrir ses mirettes et de se rendre compte qu'on est entouré de plastique qui ne sert à rien du tout et dont on pourrait se passer.

Comment ça se passe de votre côté ? Un petit geste pour la planète ?

jeudi 2 avril 2020

Qui veut ne rien faire trouve une excuse : les rouages de la motivation

Source – Andrea Piacquadio
Le proverbe complet est : qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui veut ne rien faire trouve une excuse. C'est un proverbe arabe que j'aime beaucoup car j'aime la manière qu'il a de dire une chose très vraie. C'est à ce proverbe que j'ai pensé à la lecture de l'article de Pêche & Églantine sur la procrastination, lorsqu'elle parle des excuses faussement valables que l'on se donne pour ne pas commencer quelque chose. Son article a été le second à me décider à me lancer dans la rédaction d'une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Le premier a été celui d'Ingrid du blog Grass for pillow, "se motiver pour écrire". Je trouvais que les conseils qu'elle donnait correspondaient finalement plus à la problématique "atteindre ses objectifs". Mon regard sur la motivation, depuis que j'ai suivi un cours de psychologie du sport, c'est que c'est à la fois une chose très simple et très complexe.

Qui veut ne rien faire trouve une excuse – être motivé pour agir


Tout ce que l'on fait, on le fait car on y est motivé. Même ce devoir à rendre, ce coup de fil à passer, ce ménage à faire, que vous n'avez pas du tout envie de faire, vous le faites parce que vous avez bien voulu le faire. Si-si ! juré !

Il existe deux types de motivation. La motivation intrinsèque, qui vient de l'intérieur, et la motivation extrinsèque, qui vous est externe. Chacune de ces motivations se divise en trois types. Dans la motivation intrinsèque on retrouve la motivation à l'accomplissement (avoir l'impression d'accomplir quelque chose), la motivation à la connaissance (apprendre quelque chose), et la motivation à la sensation (ressentir une sensation sympa quand on fait quelque chose). Dans la motivation extrinsèque on trouve tout ce qui à trait au fait de faire comme quelqu'un ou de faire avec quelqu'un ; tout ce qui va dans le fait de ressentir de la culpabilité si on ne fait pas une action ; et tout ce qui rentre dans la catégorie bâton vs. carotte, autrement dit le système de récompense et la peur de la punition.

Donc ce devoir, que vous n'aviez pas du toooouuut envie de rendre mais que vous rendez quand même, vous étiez sans doute motivé par le spectre de la sanction du 0 qui planait au-dessus de votre tête dans l'éventualité où votre professeur n'aurait pas reçu votre copie à l'heure dite sur son bureau. Vous aviez donc une motivation.

On s'accorde à dire que la motivation extrinsèque est moins bonne et peut même être néfaste à moyen et long-terme sur l'atteinte des objectifs et la performance, puisque les raisons d'agir ne sont pas suffisantes et n'apportent pas de plaisir à la personne. Par contre, une récompense ponctuelle, comme une prime, peut apporter un coup de fouet à une motivation intrinsèque et venir en renfort.

Chaque personne, sur un plan général, a davantage tendance à être sensible à de l'intrinsèque ou à de l'extrinsèque : ça dépend de son éducation, de sa manière de fonctionner, et peut-être même de son ADN puisque de récentes recherches tendent à démontrer qu'une partie de notre personnalité est influencée par notre ADN.

Qui veut faire quelque chose trouve un moyen – le plan d'action


Dans son article, Ingrid parle de gérer ses priorités, son temps, de mettre en place des routines... ce sont tous ces petits conseils qui m'ont plus fait penser au comment qu'au pourquoi. Or, la motivation répond je pense à la question pourquoi.

Je pense que, d'une manière générale, avec une motivation bénéfique, le comment (la routine, le dégagement de nouvelles plages horaires, etc.) découle tout seul de la volonté d'agir. Je vais prendre des exemples personnels parce qu'en principe je me connais bien et que ce sont des cas concrets.

Il y a quelques semaines, j'ai décidé que j'étais prête à reprendre sérieusement l'écriture et que je voulais commencer puis terminer le premier jet de mon premier vrai roman pour ensuite faire toutes les corrections nécessaires et tenter de le soumettre à des maisons d'édition (on y croit). Je pense que, outre la motivation à la sensation qui sous-tend tout ça – puisque j'aime écrire –, je suis surtout poussée par une motivation à l'accomplissement : quand j'aurais terminé mon roman je me sentirai sans nul doute ultra fière de mon travail et j'aurai l'impression d'avoir fait quelque chose de chouette, de bien, et j'aurai mené un projet de bout en bout.

Depuis ma décision de me lancer, le plan s'est plus ou moins déclenché tout seul dans ma tête. Commencer, oui, mais pas n'importe comment. D'abord, j'ai choisi une date de début de projet qui semblait opportune et qui avait du sens pour moi : un début de mois qui correspondait aussi à un emménagement à un nouvel endroit, ce qui est assez symbolique d'un point de vue "renouveau". Ensuite, je me suis dit que j'allais écrire en rentrant du boulot (ce qui n'a pas été sans difficultés dans les faits), qu'après le premier jet que j'espérais boucler en trois mois, je laisserais reposer d'autant pour reprendre les corrections à la rentrée de septembre – autre moment charnière dans une année. Ce plan, ce n'est pas lui qui me motive : il découle de ma motivation.

Je pense que si j'avais fait le chemin inverse, que j'avais décidé d'écrire tous les jours en rentrant du boulot pour avancer un truc dans lequel je croyais moyennement et pour lequel je ne me sentais pas prête, ça m'aurait vite gavée.

Tendance motivation externe


Quand j'ai commencé l'aïkido il y a deux ans, je ratais beaucoup de cours et j'ai commencé à beaucoup m'en vouloir de ne pas y aller car je savais que j'en avais besoin, et puis le prof et les gens étaient sympa, et je me sentais bien à la fin des cours. Je culpabilisais quand je sautais une semaine, et encore plus si je me promettais d'y aller la semaine suivante et qu'en fait, la semaine venue, j'étais vraiment crevée et décidais de ne pas y aller non plus. Je me disais que j'étais vraiment nulle. Aujourd'hui, ça va un peu mieux même si ce genre de pensées réapparaît trop souvent et que je dois régulièrement me botter le cul pour aller à l'aïkido.

Je pense que, d'une manière générale, je suis plutôt dans une tendance à fonctionner à la motivation externe. La difficulté que je ressens à aller à l'aïkido, je ne la ressens pas avec le volley parce qu'en plus d'apprécier le volley (comme j'apprécie l'aïkido) je suis contente de retrouver chaque semaine mes amis du volley et qu'on l'on pratique ensemble.

J'ai beau crier sur tous les toits que j'ai pris mon stage parce que ça m'intéressais (ce qui est vrai), je l'ai aussi pris si tôt dans l'année pour me débarrasser des formalités, parce que j'avais peur de ne pas trouver à temps un stage davantage dans mon projet professionnel.

Pourtant, je sais aussi que ma tendance à être appâtée par de la motivation externe peut se corriger. J'ai réussi à entamer un travail pour changer ma vision de l'aïkido en insistant dans mes pensées sur le fait que ça me fait du bien, que les gens sont gentils, que j'apprends des choses, etc. Je pense qu'un blocage vient du fait que le truc qui doit sortir ne sort pas et aussi que je n'aime toujours pas trop qu'on me touche, ce qui est problématique pour un art martial. Actuellement, le travail est suspendu jusqu'en septembre car j'ai changé de ville et ai décidé finalement de ne pas m'inscrire dans un nouveau club. Comme la philosophie de l'aïkido c'est que l'on travaille ensemble et pas en combattant, je pense que c'est là-dessus que je dois travailler pour ressentir la même chose que pour le volley, tout en l'associant aux bonnes sensations, sinon je resterais dans de la pure motivation externe.

Pour l'apprentissage puis le passage du code de la route, j'étais motivée de manière très négative. Je le passais par obligation et rien ne rentrait dans ma caboche. J'ai opéré un changement d'état d'esprit en me forçant à voir cela comme une manière d'apprendre de nouvelle choses (motivation à la connaissance) et d'atteindre des objectifs plus généraux comme changer de ville et trouver du travail (motivation à l'accomplissement). Presque tout de suite j'ai commencé à retenir beaucoup mieux les leçons, et j'ai réussi le code de la route du premier coup. Tout ça pour dire que si comme moi vous avez plutôt une tendance à la motivation extrinsèque, et que ça bloque pour certaines choses, il est possible de faire évoluer la direction de votre esprit.

mercredi 25 mars 2020

Le rêve et l'insomnie

Source – Berndnaut Smilde
Aristote avait compris que ce qui arrive au corps pendant la nuit peut avoir une influence sur les rêves, comme quand vous rêvez que vous êtes aux toilettes et que vous vous réveillez avec une envie pressante. Mais ça va encore plus loin. Par exemple, des signes de maladie encore non détectables pendant la phase d'éveil, sont perçus par l'esprit pendant la nuit. C'est ainsi qu'une dame racontait à son psychologue qu'elle avait rêvé être en train de manger de la viande crue et avoir du mal à la digérer, pour déclarer une hépatite vingt-quatre heures plus tard.

On sait aussi que les événements récents ont plus d'impact sur les rêves que les événements anciens. Je m'amuse souvent à décortiquer les souvenirs que j'ai de mes rêves pour savoir pourquoi j'ai rêvé de telle ou telle chose. Comme "ah oui, j'ai vu ça dans un documentaire, l'autre jour". Je trouve la mécanique des rêves super intéressante.

Mes rêves à moi sont un peu bizarres (comme tout le monde, j'imagine), dans une ambiance un peu lourde, un peu glauque. Ce sont des histoires décousues assez souvent malsaines. Régulièrement je retourne dans les lieux imaginaires des rêves des jours d'avant, avec une nouvelle histoire ou la suite de la précédente. Ça ne me dérange pas trop, je m'y suis habituée. Pourtant de temps en temps je me demande si ces histoires glauques n'ont pas un effet sur moi. Il y a quelques semaines, je n'avais pas du tout la même impression que d'habitude en me réveillant. J'ai fini par réaliser que le rêve que je venais de faire ne me mettait pas en scène comme responsable des choses qui s'y déroulaient. J'ai oublié ce qu'il se passait dedans, mais je me souviens que je n'étais pas responsable. Du coup, au réveil, je me sentais presque soulagée, apaisée. Et j'ai réalisé qu'habituellement ça n'arrive pas.

Habituellement, j'ai une part de responsabilité dans quelque chose qui arrive. Par exemple, je peux me rendre compte la veille de la rentrée scolaire que j'ai oublié de faire mes devoirs, où le jour d'un contrôle que j'ai malencontreusement oublié de réviser. Ça reste gentillet, mais le reste du temps, dans les aventures plus sérieuses qui arrivent, j'ai toujours une part de responsabilité, exprimée ou pas pendant le rêve.

Ce que je me demande c'est si ces rêves arrivent parce que d'une manière ou d'une autre je les ai "appelés". Ce que je veux dire c'est que, est-ce qu'en me disant "de toute façon je fais des rêves glauques" cette pensée participe à produire des rêves glauques ? Je ne sais pas si on peut vraiment comparer mais par exemple un thérapeute qui demande à son patient de raconter ses rêves obtiendra plus de rêves qu'un thérapeute qui ne le fait pas, même auprès d'une personne qui déclarait auparavant ne pas rêver. Est-ce que si j'étais moins pessimiste, et que j'avais une meilleure estime de moi, je ferais moins de rêves où ce qu'il se passe est de ma faute ? Est-ce que, si j'accordais moins d'importance aux erreurs que je commets dans le quotidien, et que j'arrêtais de répéter que "je ne suis vraiment pas douée", je ferais plus de rêves où ce qu'il se passe n'est pas ma faute ?

D'un autre côté, j'ai été soulagée d'apprendre que les rêves ont plus souvent une tonalité désagréable qu'une tonalité agréable. Je ne suis donc pas un cas désespéré, juste un cas dans la moyenne. Les expériences stressantes amènent le plus souvent à des rêves anxieux et les expériences heureuses à des rêves heureux. Et comme mon petit cerveau tourne tourne tourne et réfléchit à plein de trucs à la fois jusqu'à me rendre le sommeil difficile, il est assez logique que je fasse des rêves un peu glauques.

J'ai souvent du mal à m'endormir, il me faut du temps pour éteindre mon cerveau (même si ça va mieux ces derniers jours). Je me réveille au moins une fois par nuit mais régulièrement plus, avec difficulté de rendormissement parce qu'à partir du moment où le chou-fleur dans la caboche a commencé à mouliner, il lui faut un peu de temps pour s'arrêter. Je pense que paradoxalement le confinement (qui devrait me rendre anxieuse et m'empêcher de dormir) m'aide. Comme je suis en télétravail je réduis mes temps de trajet mais j'ai aussi moins de travail que si j'étais au bureau, donc moins de stress et de questionnements, et je lâche prise plus facilement. Mais j'ai encore du mal avec le maintien du sommeil et je me réveille dans la nuit. Ça fait plusieurs années, donc je m'y suis habituée. Il y a pourtant des périodes plus difficiles que d'autres, en fonction du contexte dans lequel je suis (comme tout le monde : si un truc stressant me tombe sur la tête, je vais avoir plus de ma à dormir qu'à l'habitude, et comme je dors habituellement assez mal, ça ne fait qu'empirer les choses).

Je n'ai pas refait de rêve où je n'étais pas responsable. En tout cas pas dans mon souvenir. C'est bête, parce qu'au réveil je me sentais vraiment bien. Il faudrait que j'essaye de me conditionner pour changer mes rêves. Par exemple, Daniel Pennac disait qu'il écrivait ses rêves tous les jours depuis très longtemps et qu'à force de les écrire il était devenu conscient de ses rêves et se disait, pendant qu'il rêvait, "tiens, il faudra absolument que j'écrive ça, demain !", voire même de les modifier. Je ne suis pas trop pour le fait de modifier les rêves, dans la mesure où je pense que c'est un moyen de comprendre ce que notre inconscient pense. Mais peut-être qu'avoir davantage conscience que je rêve je permettrais peut-être de prendre mes rêves avec plus de recul.

Et vous ? Comment vous rêvez ?

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♦ Jean-Pol Tassin, et Serge Tisseron. Les 100 mots du rêve. Presses Universitaires de France, 2014
♦ Billiard, Michel. « Chapitre 17. Les états de veille et de sommeil et la conscience », Francis Eustache éd., Traité de neuropsychologie clinique. De Boeck Supérieur, 2008, pp. 223-262.

samedi 22 février 2020

Pessimisme

Source – alainalele
Je pense que l'une des choses que l'on remarque le plus vite quand on m'entend un peu parler, c'est mon pessimisme. "Dis dont, t'es super positive, comme fille !" qu'on me fait sur le ton d'une gentille plaisanterie, même quand je n'ai pas l'impression d'avoir dit quelque chose de particulièrement négatif. À croire que c'est tellement ancré que je ne me rends même plus compte de ma vision fataliste des choses. Ce qui m'y a fait penser ce soir, c'est une vidéo de formation sur la PNL dispensée sur Skilleos. Le préparateur mental qui dispense cette formation expliquait que, pour le cerveau, ce qui est imaginé a le même impact qu'un fait réel. Autrement dit, si on veut monter sa boîte mais qu'on ne pense qu'à toutes les mauvaises choses qui peuvent arriver, ça va invoquer de mauvaises émotions que le cerveau va pomper comme une éponge et nous renvoyer en pleine tronche sans autre forme de pourparlers. Ça tombe bien ! C'est tout moi !

Je sais qu'il faut utiliser l'imagerie mentale pour imaginer de bonnes choses, des moments où on avait confiance en nous, où on se sentait forts, invincibles, même, et je le fais. J'imagine une leçon de conduite où ça se passe bien. Un tournage, un partiel, un rendez-vous où ça se passe bien. Mais toujours, au bout de quelques minutes (secondes ?) mon cerveau déraille. Tout à coup, le scénario change de lui-même, sans aucune provocation de ma part, et les images du pire se déroulent dans ma tête. Quand je ne saurai pas répondre à une question, gérer mon stress, ou que je vais me faire percuter par une voiture et ne jamais arriver à destination. Oui-oui, vous avez bien lu : je vous dis : mon cerveau déraille, il part en vrille, les scenarii parfois ahurissants s'entremêlent, et, quand j'essaye de le ramener à la raison, il finit toujours par quitter la voie sur laquelle j'essaye de le mettre. Autant dire que je ne suis quand même pas aidée ! ;')

C'est dingue, parce que je ne me souviens pas de quand j'ai commencé à être aussi pessimiste et à laisser mon cerveau échafauder des histoires dramatiques, à base d'espoirs inassouvis et de frustrations latentes. Pourtant, dans le fond, je sais que je ne suis pas malheureuse, ou en tout cas que j'ai de la chance – relativement – quand j'en ai besoin. Mais c'est plus fort que moi, les premières pensées qui me traversent sont forcément négatives, bouffies d'abattement. Le pire, c'est que c'est tellement habituel pour moi que je n'ai même pas d'exemple précis à vous donner. C'est une routine. Ah si, par exemple, l'autre jour, mon moniteur d'auto-école était en retard. Je me suis dit : "si ça se trouve, il m'a oubliée". Non. Il était juste plus en retard que d'habitude. Permis toujours : imaginez qu'il m'oublie le jour de l'examen de conduite ! C'est dans plus d'un mois et une pensée-catastrophe s'est déjà frayée joyeusement un chemin jusqu'à ma conscience. Si ce n'est pas ridicule...

Penser de manière positive, ça me demande des efforts, de l'énergie. Comment font tous ces gens pour qui c'est tellement facile ! Ils laissent glisser. Ils prennent le positif parce qu'ils prennent le présent, je pense, et ne sont pas bloqués dans des images déformées et branlantes d'un futur qui n'existe pas puisque, par définition, il n'est pas encore là. Il y a des gens bloqués dans le passé, moi je dirais que je suis bloquée dans le futur, dans l'un des futurs possibles, ou plutôt dans la multitude de futurs imaginables. Et mon petit vélo interne tourne, tourne, tourne, tourne parfois au point que je ne trouve pas le sommeil avant un moment. Parce que je suis pessimiste. Et les mises en garde contre les risques de la pensée positive à tout prix (la culpabilité, pour faire vite) n'ont fait que me persuader un peu plus que se forcer à penser de manière positive, c'est dur.

lundi 20 janvier 2020

Fais des efforts

Source – Gerard Borel
Une copine du volley nous a parlé des "drivers", les messages contraignants identifiés par un psychologues et qui guident nos manières de réagir. Il y en a cinq, et elle nous disait combien il était intéressant de connaître ceux des autres parce que ça permet un meilleur management des équipes. Les cinq sont : sois parfait, sois fort, dépêche-toi, fais des efforts, et fais plaisir. On est guidé généralement par un ou deux messages contraignants. Alors moi, j'ai trouvé un test pour savoir lequel ou lesquels me dirigeaient. J'en ai trois forts, un moyen, et un faible. Les trois forts dans l'ordre d'importance : sois forte, sois parfaite, fais des efforts. C'est assez logique que les deux derniers aillent ensemble. C'est aussi logique que mon principal soit "sois forte" vu que je rechigne à demander de l'aide et que je refoule mes émotions. Ce qui m'a le plus surpris c'est ce "fais des efforts". Dans la vraie vie, je n'en fais pas, des efforts. Disons rarement.

La dernière fois que j'ai fait un effort ? Le bac. Histoire. Je voulais vraiment une bonne note. J'ai travaillé ; j'ai eu dix-sept. J'ai eu mon bac mention Assez Bien. J'ai l'habitude de dire que je ne me suis pas foulée, quand même. D'ailleurs, je me foule rarement... En troisième année de Licence j'ai aussi fait un effort pour l'Histoire du livre et l'Histoire des femmes. J'ai eu dix-huit. Le reste ? C'est passé tranquillement, ni bien, ni nul. J'ai l'habitude de penser que je ne me suis pas foulée. Et je culpabilise. Je culpabilise de ne pas faire d'efforts. De ne pas donner plus. De ne pas travailler plus. De me reposer sur ce que j'ai compris en cours, sur mes capacités, sans vraiment jamais les pousser, pour faire mieux. Pas mieux que les autres : mieux que moi-même.

Je nourrie une tension tout à fait paradoxale. D'un côté, je ne fais pas d'efforts, je ne travaille pas dur, je me "laisse vivre". De l'autre, j'ai la hantise d'être médiocre ; je voudrais être bonne, douée quelque part, forte, exceptionnelle, même. Je ne sais pas trop identifier pourquoi je vivote dans ce paradoxe, alors que je pourrais juste faire des efforts, exploiter mon potentiel, devenir plus forte, meilleure, plus capable. Peut-être qu'il y a une peur de l'échec. Peut-être que c'est la peur du rejet. Après tout, même en faisant des efforts, je n'ai pas l'assurance d'obtenir de la reconnaissance. Alors je continue de vivoter. Peut-être aussi que c'est parce que ce qui m'entoure ne m'intéresse pas assez. Je ne me jette pas dedans à corps perdu parce que ce n'est pas ma passion. D'ailleurs, on a une passion quand on a des émotions fortes. Comme je me suis coupée de mes émotions, je n'ai pas de passion. Il y a des choses que j'aime, qui m'intéressent, mais rien qui me fait vibrer. Alors je me foule pas. Et quand ça m'intéresse vraiment, je me jette dedans. Si c'est ça, en entrant en psychologie du sport, je devrais être capable de faire des efforts, de travailler vraiment. De toute façon je serais tellement en retard du point de vue des connaissances que je n'aurais pas vraiment le choix. Mais je pense que c'est une piste parce que... en volley par exemple, je veux vraiment réussir, et j'ai progressé.

C'est bizarre parce que le fait de ne pas faire d'efforts me fait culpabiliser. Je me dis que, quand même, je devrais travailler plus, que je fous pas grand-chose, que c'est facile d'atteindre le résultat que j'atteins, que j'écrirais mieux, je monterais de meilleures vidéos, je ferais des meilleurs trucs, si je faisais des efforts. Mais du coup, ça atteint aussi mon sentiment de légitimité. Par exemple, si on prend ma formation actuelle, je serais normalement bientôt diplômée, mais j'ai l'impression que je ne serai pas légitime à postuler dans les postes de mon domaine. Parce que finalement, j'ai encore beaucoup de progrès à faire en radio, comme on n'en a pas fait beaucoup. En rédaction, comme on n'en a pas fait beaucoup. En photo, comme on n'en a pas fait beaucoup. Et en vidéo, comme les contraintes de montage m'agacent par rapport à la facilité d'un montage audio. J'ai l'impression que je n'ai pas assez appris, pas de manière assez concrète, et que je ne serais pas capable de travailler pour de vrai, dans une vraie entreprise. Sentiment renforcé par le silence que la plupart de mes candidatures de stage ont laissé derrière elles. Sentiment renforcé par la difficulté des étudiants des promotions précédentes à trouver du travail, aussi... Mais du coup, arguments objectifs et subjectifs se mélangent et me renvoient une impression d'incapacité crasse à faire.

Paradoxalement, je sais que je suis capable de gérer la charge de travail. Quand les autres disent qu'on est très chargé, qu'on est dans le dur, je réfléchis et je me dis qu'en fait, ça passe. Oh peut-être pas large, mais ça passe, tranquille. Si on traîne, on sera dans le dur. Mais pour le moment, ça se gère. Je sais combien de temps je vais mettre pour faire un travail. C'est peut-être aussi pour ça que je ne me foule pas. Le calendrier dans ma tête est clair, tout s'imbrique bien dans le temps qu'il nous reste et je me dis qu'avec une bonne répartition des ressources et une bonne organisation, on a quand même le temps de faire ce qui nous est demandé. Pas besoin de trimer, donc.

Au final, je me dis que je ne suis pas légitime. Pas assez bien. Pas méritante. D'ailleurs, dans mon discours intérieur, la pensée punitive "tu ne le mérites pas", reviens beaucoup. Tu ne mérites pas de prendre un goûter. Tu ne mérites pas d'aller au sport. Tu ne mérite pas d'allumer le chauffage (oui, on en est vraiment là, je suis un peu tarée, quand même) (je vous rassure, je finis par allumer le chauffage). Tu ne mérites pas.

Cet article est un peu confus et se répète beaucoup... j'espère que ça ne vous a pas trop ennuyé.
Quel est votre message contraignant ?

vendredi 10 janvier 2020

Théâtral

Source – H.B. Kang
Parfois, j'ai l'impression de ne pas être moi-même. Ce qui suppose que l'on puisse ne pas être ce que l'on est. Mais je pense que vous m'avez comprise, même sans entrer dans des considérations philosophiques. En fait, des fois, j'endosse un rôle de gamine. Je parle comme un enfant et je me fais passer pour plus bête que je ne suis. Je ne sais pas quand j'ai commencé. Mais toujours est-il que parfois ça m'échappe. Je prends cet air sans vraiment le vouloir, comme un réflexe pour me cacher, et je me dis en mon fort intérieur que là, précisément à cet instant-M, je n'en ai pas besoin et que "tu es trop conne, ma pauvre fille" (ou cette bienveillance que j'ai à mon égard !). En même temps, il y a aussi mon manque de spontanéité.

J'ai déjà beaucoup parlé ici de contrôle, à tel point que je devrais peut-être mettre sur le blog le petit widget de recherche dans me blog, comme ça vous pourrez vous amuser à voir le nombre d'articles dans lequel j'en ai parlé x) Je contrôle – ou plutôt j'entretiens l'illusion que je contrôle – mes pensées, mes gestes... et jusqu'aux situations. Des fois, j'imagine dans ma tête la manière dont je vais annoncer, dire, apprendre, quelque chose à quelqu'un, j'extrapole sa réponse, et de là j'imagine toute la situation. Je la met en scène, je la théâtralise. Bien sûr, on fait sans doute tous un peu ça, ne serait-ce que pour ne pas blesser, ne pas braquer, et faire passer en douceur ce qu'on a à dire. Mais ça, ça s'appelle de la diplomatie. Je pense que ce que je fais moi dépasse ce cadre, j'ai l'impression régulièrement que ça ressemble bien plus à de la manipulation. Et j'ai surtout l'impression que je m'enferme là-dedans. J'ai l'habitude de me dire que je suis en représentation. Et donc, si je joue un rôle, je ne suis pas moi-même.

Évidemment, tout ça suppose que l'on puisse être tout à fait soi-même, sachant que l'on ne se comporte pas pareil avec ses amis, sa famille, ses collègues, son patron (mention spéciale à un camarade drôle comme tout et avec de la répartie qui s'était mis sur la retenue alors que sa patronne d'alternance se trouvait dans le coin), ses parents, les gens qu'on apprécie et ceux dont on se passerait bien... Mais je pense que tout ça c'est être un peu soi-même – mon camarade est aussi capable d'être sérieux, la preuve ! Alors on pourrait dire que le rôle que je prends, c'est aussi moi. Une coquille un peu caricaturale que je revêts par-dessus la coque de noix. Mais moi, j'ai l'impression que ce rôle m'empêche d'être moi. On n'est jamais vraiment tout à fait soi-même et à la fois toujours un peu. Du coup, à force de toujours prévoir ce que je vais dire à l'avance, de me mettre en scène, quand je parle sérieusement, sans faire la gamine et en spontanéité, il m'arrive régulièrement de chercher le mot que je veux, d'employer faussement un synonyme ; j'admire les gens qui ont de la répartie. Mais il y a aussi des situations où on est entièrement soi-même, parce que les barrières ne tiennent plus.

Par exemple, je pense que le sport révèle les gens. Ceux qui pressent les autres, qui rejettent la faute sur eux ; les gens positifs, persévérants, drôles ; les gens qui veulent gagner à tout prix, quitte à mettre une boîte au volley face à une équipe constituée de grands débutants qui ne pourront pas arrêter la balle et alors que le cours vise surtout à nous améliorer et non à battre les autres ; les gens un peu imbus, qui ne supportent pas de s'être retrouvés avec ou contre des personnes vraiment moins bonnes qu'eux, ou au contraire ceux qui prendront sur eux parce que la prof a voulu tenter un truc en composant les équipes ; les gens qui donnent des conseils aux autres et les encouragent ; les gens dépités de ne pas réussir ; ceux qui viennent avec leurs problèmes de coordination (moi, donc...) ; les gens qui veulent progresser, et ceux qui sont là un peu comme ça, juste pour être avec leurs amis, et qui ne font pas vraiment d'efforts.

Je pense que les personnes de l'aïkido et du volley (moins de l'escalade parce que j'y vais depuis moins longtemps, je m'y rends moins souvent, et surtout, du fait que je n'accroche pas avec les personnes, je suis beaucoup plus sur la retenue, puis j'ai peur de faire des conneries (ils doivent donc s'être rendue compte que je suis une flipette, comme mon moniteur de conduite, d'ailleurs)) me connaissent plus que les autres. Les situations sont plus riches et variées au volley, alors je dirais que les personnes du volley me connaissent encore mieux. Mon manque de confiance en moi ressort, ma peur de mal faire, le fait que j'encourage les autres sans être capable de me traiter de la même manière, la frustration quand je ne parviens pas à faire ce que je veux. Je crois que la phrase que je répète le plus c'est "oui, je sais, j'ai compris la la théorie ; mais dans la pratique c'est pas pareil". Quand je suis perdue parce que j'ai pas compris, à l'aïkido, surtout. Quand j'essaye de bien faire mais que ça fonctionne pas... La persévérance, un peu quand même, sinon je ne me serais pas améliorée à ce point (non, sans blague, je touche les balles, vous savez !).

Je pense que le sport révèle les gens. On ne peut pas mentir quand on fait du sport. Un jour, on rentrait avec les personnes avec qui je joue le plus souvent, et le garçon a dit qu'un jour on lui avait dit qu'il était froid. Lui ? "Froid" ? C'est une plaisanterie ?! Il est enjoué, joyeux, drôle, positif, avec cette facilité à aller vers les autres que j'envie toujours. Qui pourrait le trouver froid, sérieusement ? Alors j'avais répondu que moi on m'avait dit un jour que j'étais hautaine, méprisante. Ils ont été aussi surpris que nous l'avions été à sa déclaration. Comme quoi...

lundi 2 décembre 2019

Balade pour éteindre le cerveau


En ce moment j'ai beaucoup de mal à éteindre mon cerveau et les méditations que je mets le soir pour m'endormir n'y parviennent qu'à grand peine.

Je pense à plein de choses à la fois ; aux histoires que j'écris, aux projets de cours que j'ai toujours dû mal à m'approprier et pour lesquels j'ai l'impression de ne pas faire grand-chose en comparaison de mes camarades, simplement parce que ça ne m'intéresse pas tant que ça, à ce que je vais faire l'année prochaine – serais-je prise en psycho ??? –, aux papiers pour mon stage, à ma recherche de logement à Paris (même si ça semble en bonne voie), dernièrement à mes règles qui ne venaient pas, me plongeant dans l'angoisse qu'elles débarquent au mauvais moment (ou quand tu portes un pantalon beige...). Je pense au fait que je n'aime pas trop les gens de ma promo, ou quand tout cas on ne sera jamais amis, qu'ils m'emmerdent à toujours vouloir organiser des trucs de groupes alors que moi je suis pas sociable et que je veux juste aller au sport le soir... Faut dire aussi que pour eux c'est la dernière ligne droite, la dernière année de fac, alors que moi je voudrais encore faire deux nouvelles années derrière : on n'est pas sur la même longueur d'onde.

Je vois tous les problèmes systémiques de ma formation (une bonne partie, en tout cas) (ou quand on te demande de traiter journalistiquement une commande de communication...) que les profs ne semblent même pas remarquer ou pour lesquels ils font comme si de rien n'était... Je pense tellement que, même le week-end, quand j'ai du temps devant moi, j'angoisse et je culpabilise en me disant que j'aurais sans doute quelque chose de mieux à faire, comme travailler, alors qu'en réalité tout ce qu'il y a à faire c'est d'attendre le jour du tournage de tel ou tel projet, ou le prochain cours...

Je pense, je pense, je pense, ça tourne dans ma tête et même la balade au parc ne m'a pas vraiment vidé l'esprit. Mais j'ai quand même découvert un endroit assez sympa, que je n'ai pas pu explorer de fond en combles et où je retournerai sans doute.


Ce que j'ai bien aimé dans ce parc c'est qu'il est très grand et qu'il y a des paysages assez différents. Il y a des vergers, des endroits avec des espèces de buissons, et d'autres davantage en sous-bois, c'est très varié et très agréable. Comme il est en hauteur, il y a de très jolis panoramas ! C'est tellement grand que je me suis perdue (contre mon gré), ce qui était un peu gênant car j'avais un rendez-vous après et donc absolument pas le temps (c'est quand même un comble quand on sort se balader pour éteindre son cerveau). Je dirais donc que la mission a échoué, puisque mon cerveau est resté branché tout du long. En même temps c'est une drôle d'idée de partir se balader quand on a un rendez-vous à l'autre bout de la ville...

Mes photos ne sont pas extraordinaires mais ce n'était pas le but, le but c'était de se détendre ! C'est terrible parce que j'ai l'impression que je régresse, que j'angoisse encore plus qu'avant, alors que je sais qu'il y a des choses pour lesquelles j'angoisse contre lesquelles je ne peux rien, je ne peux pas agir et simplement attendre que les choses se passent. Mais c'est plus fort que moi, le petit vélo tourne dans ma tête.


La météo avait dit qu'il ferait beau... tu parles ! Plus ça allait et plus le ciel se couvrait. J'ai dû prier pour pas me prendre de l'eau sur la tronche. C'était moins pour moi que pour mon appareil photo, que je ne voulais pas avoir à ranger dans la précipitation vu que je n'avais pas mon parapluie. De toute façon je n'aurais sans doute pas pu l'utiliser vu l'étroitesse des chemins par lesquels je suis passée.


Le problème, avec ma formation, c'est que je me sens un peu piégée... Elle est organisée de telle sorte qu'on ne peut pas travailler à côté, ou difficilement, et quand vous dites aux profs que vous voulez faire du bénévolat à côté des heures de cours on vous donne un avis défavorable parce que, vous comprenez, vous n'allez pas être investi pareil dans les travaux de groupes. Mais personnellement je pense que je serais plus investie si j'étais mieux dans ma tête et que je ne me sentais pas obligée de ne penser qu'au master, si je ne culpabilisais pas de faire autre chose et que ma vie ne tourne pas autour de cette formation qui, en plus, quand on regarde où sont les anciens étudiants, n'en vaut pas la peine. Me dire que ce n'était qu'une étape de mon chemin m'a un peu soulagée, même si je ne sais pas si je serais en mesure de passer à l'étape suivante, vu que ce n'est pas vraiment entre mes mains. Mais en même temps il paraît que la loi de l'attraction fonctionne : donc j'ai plutôt intérêt à envoyer de bonnes ondes à l'Univers (au lieu d'essayer de négocier).

Et vous ? tout roule ?

jeudi 24 octobre 2019

J'ai testé les serviettes lavables et autres considérations sur les règles


Titre long mais en même temps je ne me voyais pas juste parler des serviettes lavables et que vous arriviez sur un article hyper long par surprise. Mais comme je sais que les articles longs ne sont pas très bien sur internet parce que personne ne lit, j'ai décidé de vous simplifier la tâche en vous faisant un sommaire cliquable, comme ça vous pouvez aller sur les parties que vous voulez, dans l'ordre que vous voulez, ou même en zapper carrément certaines (je ne serai pas vexée, promis-juré-craché !).

Pour tout vous dire, à la base, je voulais seulement parler de serviettes lavables. Mais une pensée est née dans ma caboche – pas du même genre que celle de 4h du mat' quand je me demande si, en proportion, les girafes fabriquent autant de sang que nous dans une journée (véridique xP). Je me souviens, quand j'étais en Licence, avoir demandé à mon professeur d'Histoire moderne comment les femmes faisaient quand elles avaient leurs règles. Réponse : des chiffons. Donc, en songeant aux serviettes lavables, je me suis fait la réflexion que, avec ce genre de protection, nous revenions à ce que l'on faisait avant. Et, de là, j'ai mené des recherches. Et, de là, je me suis éloignée de mon sujet principal. Et, de là, je me retrouve obligée de vous faire un sommaire cliquable... ahem. [Edit : il ne fonctionne pas, je travaille dessus].

♦ Peur des règles, tabous modernes, et super-pouvoirs
     • Crainte ancestrale...
     • ...tabous d'aujourd'hui
♦ Les protections hygiéniques avant les serviettes jetables
♦ J'ai testé les serviettes lavables
     • Mes règles et moi
     • Mon expérience avec les serviettes lavables
♦ Biblio

Donc, en résumé : j'ai cherché comment on faisait avant, puis de fil en aiguille je suis tombée sur des recherches de scientifiques sur la considération des règles. Si ça ne vous intéresse pas, vous pouvez sauter ces parties (je ne vous en tiendrai pas rigueur, promis-juré-craché !). Comme d'habitude dans ce genre d'article, ma bibliographie sera à la fin (si vous n'avez pas accès à certains articles sur Cairn, je pourrais vous filer un coup de main, mais en principe tout est accessible).


Peur des règles, tabous modernes, et super-pouvoirs


Crainte ancestrale...


Dans beaucoup de cultures et beaucoup d'époques un petit peu partout autour de la planète, le sang des règles n'était pas bien vu. Je me souviens en Licence qu'une prof d'Histoire contemporaine (prof géniale, soit dit en passant) nous avait expliqué que les hommes versent le sang en combat ou à la chasse et que ça fait d'eux des guerriers et grosso modo les protecteurs de la communauté. Tandis que les femmes versent du sang toutes seules et que c'est ce qui contribue à les placer toujours dans la famille, la maison, le soin des autres, etc.

À Babylone, par exemple, on pense que les femmes réglées contaminent et détruisent tout ce qu'elles touchent, et dans la loi d'Hammourabi les rapports sexuels avec une femme en période de menstruation coûtaient la vie. Au Moyen-âge il est considéré comme un pêché de rentrer dans une église quand on a ses règles. On pense que les vapeurs du sang sont la cause de lésions mentales telles les amnésies ou la stupidité. On pense aussi qu'il peut faire tomber malade voire tuer (si on se baigne dedans, par exemple – ce qui est quand même une drôle d'idée). Mais le sang des menstruations n'est pas le seul à être vu comme un poison à cette époque : c'est aussi le cas du sang des hommes roux et des lépreux.

Que le sang menstruel puisse tuer si on se baigne dedans ou faire faner les fleurs, ce sont de drôles de croyances mais, quand même, ma préférée, c'est quelque chose qui est rapporté par Pline l'Ancien (†79) : "les averses de grêles, les tornades de vent s'écartent si le fluide menstruel est exposé à un éclair et les tempêtes ne s'approchent pas. Si la menstruation coïncide avec une éclipse de lune ou de soleil, les dégâts sont irrémédiables". Personnellement, je sais pas vous, mais j'ignorais que j'avais ce genre de pouvoirs magiques...

Cette peur viendrait du fait que l'on ne savait pas ce qui causait les règles – même si les hindous savaient déjà que ça venait de l'utérus – mais aussi du fait que les religions sont passées par-là (on y vient) (je tease pour vous tenir en allène ! :P)

...tabous d'aujourd'hui


On a beau dire que les règles ne sont pas sales, ce n'est pas toujours aussi simple, et ce leitmotiv n'est pas aussi vieux qu'on pourrait le croire. Par exemple, il y a quelques jours, j'étais sur le stand d'un festival et une jeune femme est venue nous demander, gênée et à voix basse de crainte d'être entendue par la gent masculine, si nous n'avions pas des serviettes. Alors que bon, dans les faits, on s'en fiche s'ils entendent, après tout si leur mère n'avait pas eu ses règles ils ne seraient pas nés... mais en fait ben... ce n'est pas si facile.

Aurélia Mardon s'est penchée sur les premières règles des adolescentes. J'émets une petite réserve sur certaines choses qu'elle dit mais sa recherche est intéressante. Ce qui ressort des enquêtes c'est que les adolescentes qui n'avaient pas été informées des règles au préalable vivent très mal leur apparition et les considèrent comme de la saleté (j'imagine sans mal les problèmes que ça cause dans la construction de son identité et du rapport à son corps). Ce qui ressort aussi c'est que c'est une marque de maturité, de féminité, mais que cette conception ne fait pas oublier l'aspect négatif et notamment le fait qu'il faille se dissimuler.

C'est un peu là que je ne suis pas tout à fait d'accord dans la mesure où, oui, on dissimule ses règles – enfin moi en tout cas je n'aime pas quand on sait que je les ai – mais je pense que ce n'est pas que une question de souillure ou de quoi que ce soit dans le genre : c'est aussi que c'est intime et que le monde entier n'a pas à savoir que je me vide de mon sang tel ou tel jour de l'année...

Dans les traités éducatifs sur l'adolescence on remarque qu'il est toujours demandé de cacher ses règles, éviter les traces et les odeurs, et de laisser traîner ses protections, cela par "savoir-vivre" et "respect vis-à-vis d'autrui". Une mère disait dans un entretien qu'elle répétait à sa fille de ne pas laisser de trace de son passage dans la salle de bain parce que "en plus il y a son frère" : les règles doivent être dissimulées aux hommes. Et c'est ainsi que l'on peut répondre à une remarque faite par commentaire sur le dernier article de Yatuu et qui s'étonnait : "ca ne devrait meme pas etre un sujet tabou car quad t adulte genre ben tu sais que les femmes les ont". Oui, on sait. Mais ça reste mystérieux, un "truc de gonzesse" dont on ne sait rien à part qu'elles sont là. Et j'en veux pour preuve que, à la télé, les règles sont bleues ! Drôle d'idée !...

Mais surtout, c'est oublier qu'encore aujourd'hui, par exemple au Népal, des femmes sont rejetées dans des granges lors de leurs règles, car elles sont alors considérées comme impures. National Geographic y avait consacré un article dans un numéro il y a quelques années


Les protections hygiéniques avant les serviettes jetables



À Babylone, en Égypte, et en Grèce antique on insérait des protections hygiéniques dans le vagin. Tout cela a été arrêté par les grandes religions qui considéraient cela comme un pêché. De là, la réponse de mon prof d'Histoire moderne sur le fait que l'on utilisait des chiffons. La journaliste Renée Greusard a écrit un article sur le sujet pour le Nouvel Obs et raconte que la grand-mère d'une de ses amies utilisait des linges cuits dans des grandes marmites pour les laver et étendus à la vue de tous. Pas terrible pour l'intimité, quand même.

Vers la fin du XIXème on passe à des choses un peu plus pratique : un linge tenu par une ceinture en caoutchouc (qui a quand même un peu des allures d'instrument de torture). En 1929 on commence à inventer le tampon, mais il ne rencontre pas de succès. En 1920 la première serviette hygiénique lavable est inventée. Il faut attendre 1963 pour que les premières versions jetables soient commercialisées en France. Dix ans plus tard apparaît la bande adhésive sur ces serviettes, et les rabats en 1991 seulement !

J'ai beaucoup résumé mes recherches, donc je vous invite à farfouiller dans ma bibliographie et notamment la deuxième entrée ! ;)


J'ai testé les serviettes lavables


Mes règles et moi


Bon, d'abord, mes règles et moi, on n'a pas toujours été sur la même longueur d'onde, c'est le moins qu'on puisse dire. Ça a mal commencé : je déteste les avoir. Je n'ai aucun souvenir de mes premières règles à part une image vague d'un crachotement à la couleur incertaine, et aucune idée de ce que j'ai pu penser ou ressentir à ce moment-là. Je déteste avoir mes règles et pourtant j'aime le sang, joli paradoxe que celui-là. Je déteste avoir mes règles, alors même qu'elle ne sont ni particulièrement abondantes, ni particulièrement douloureuses. Leur seul vrai défaut est qu'elles ne tombent jamais le même jour et toujours sans prévenir (merci bien). Donc mon sentiment un peu négatif a été renforcé par le fait que c'était à chaque fois une surprise, mauvaise et regrettable.

Les serviettes, ça m'a vite saoulée, déjà ça coûte son prix, en plus maintenant ils mettent du parfum, c'est affreux (merci Vania qui ne le fait pas sur tous ses modèles) et surtout stupide... qui mettrait du parfum sur une partie du corps aussi sensible ?! Puis on n'en a franchement pas besoin... Bref. À un moment donné je suis passée à la coupe menstruelle. Modèle pas adapté ou nullité de ma part, je n'ai jamais réussi à la mettre correctement sans que ça finisse par me faire mal, en dépit de toute ma bonne volonté et de mes contorsions dans les diverses positions conseillées pour l'insérer. J'ai fini par en avoir mare, j'ai dit merde et j'ai repris mes serviettes jetables. Sauf que.

Sauf que moi, depuis un numéro assez récent de National Geographic sur le plastique, j'ai décidé de réduire drastiquement ma consommation de plastique. Or, les serviettes jetable, c'est bien gentil, mais ça fait beaucoup de déchets sur Terre pour une seule personne. Donc j'ai commencé à m'intéresser aux serviettes lavables.

Mon expérience avec les serviettes lavables


Je me suis tournée vers la marque Hannahpad, à l'instinct et en profitant d'une offre découverte : vous achetez une serviette et les frais de port sont offerts. J'ai tenté le coup avec un peu d'appréhension vu qu'elles sont quand même assez chères et que j'avais un peu peur que la qualité ne soit pas au rendez-vous. Appréhension balayée à l'ouverture du paquet.

C'est un très beau produit. Je trouve que ce n'est pas forcément dit dans les articles de blogueuses que j'ai pu lire, mais c'est un très beau produit. Par exemple les petits machins qui servent à ce que les serviettes adhèrent à la culotte sont disposées en forme de petites fleurs. Alors oui, en vrai, on s'en tamponne carrément, parce que de toute façon personne ne le voit, mais dans les faits ça participe à cette impression de beau produit, fignolé et bien foutu. Je ne sais pas quelle marge se fait Hannahpad, s'ils pourraient nous les vendre sept euros et gagner leur vie, et s'ils nous arnaquent sur le prix, mais en tout cas je n'ai pas été déçue d'avoir mis ce prix-là (18 euros) quand j'ai ouvert le paquet.

Non-déception qui s'est confirmée à l'usage : ça ne bouge pas ! du tout ! Les petites fleurs adhérantes et les rabats avec bouton-pression suffisent à ce que ça tienne. Mon test étant concluant j'ai pris un coffret et j'ai donc pu tester sur la longueur, dont la nuit. Il faut savoir que je bouge pas mal dans mon sommeil et que les jambes sont la partie que je bouge le plus. Du coup j'avais l'habitude de serviettes qui se décrochent, se plient, et à me retrouver le matin à en avoir foutu partout. Le miracle s'est produit : les serviettes Hannahpad tiennent pendant mes nuits. Donc, pas de problèmes de ce côté-là. Je suis un peu frustrée de ne pas avoir pu les tester pendant mes séances de sport, mon emploi du temps universitaire actuel ne me l'ayant pas permis (merci les réunions à 20h...).

Mon premier passage aux toilettes après avoir portée ma serviette de test pendant quelques temps a été un peu surprenant. Déjà, ça sent le sang. Normal, me direz-vous, puisque c'est juste du coton et pas des produits chimiques et du parfum, mais je ne m'étais pas fait la réflexion. Cependant ça ne me dérange pas du tout. Mon problème principal a été de savoir combien de temps je pouvais en porter une avant de devoir en changer. Je n'ai pas vraiment répondu à cette question, je fais à l'intuition et ça marche très bien comme ça.

Je sais que certaines femmes ont un peu peur de l'étape du lavage et c'est vrai que ça ressemble un peu à la scène d'un film où le meurtrier nettoie ses vêtements imbibés dans le lavabo de la salle de bain de l'hôtel tout pourri où il s'est planqué... Personnellement ça ne me pose pas du tout de problème, et il faut voir aussi que le sang part bien et assez facilement, donc ça ne dure pas très longtemps. J'ai pris l'habitude de faire couler l'eau dessus en même temps que je frotte avec un vrai savon de Marseille. J'ai un peu peur de les abîmer à chaque fois que je fais ça et de déformer les coutures, mais ça a l'air d'aller et puis à un moment donné il faut bien frotter !

Hannahpad vous livre votre colis avec un détachant naturel que je n'ai à ce jour pas testé. Certes, il reste quelques traces sur les serviettes après lavage mais très sincèrement c'est presque rien et ça ne me dérange pas. Après tout ce sont les miennes, je ne vais ni les montrer ni les prêter, je ne pense donc pas nécessaire de détacher à chaque fois. Je pense que je le ferais tous les quatre, cinq, six mois peut-être, ou si je remarque à l'usage qu'elles sont plus rouges que blanches mais pour le moment le nettoyage avec le savon seul me convient.

La marque met en garde sur le fait de bien les sécher, près d'un radiateur ou au soleil, et d'expérience j'insiste. Il faut savoir que je vis dans un appartement aussi mal fichu que mal exposé, avec un radiateur électrique sur lequel je ne peux rien poser et à un endroit où il n'est pas facile de faire sécher quelque chose devant. Du coup, le séchage, ce n'est pas une mince à faire. Les serviettes doivent être lavées avant utilisation. Je l'avais donc fait en recevant mon coffret. Les pensant sèches, je les avais pliées et rangées. Pas de chance, l'une d'elle était apparemment encore un peu humide et des tâches de moisissures sont apparues (que ni le vinaigre, ni le dentifrice, ni le bicarbonate de soude, ni le savon de Marseille, ne sont parvenus à faire partir donc si vous avez des idées, je prends !). Du coup... faites mieux que moi ! Parce qu'à ce prix-là, en plus, il vaut mieux pas que ça arrive à chaque fois.

Le coffret que j'ai choisi contenait cinq serviettes. En faisant bien sécher (j'ai mis en place toute une installation hyper pratique (tu parles...) pour ce faire) on peut tourner sur quatre, je pense. Elles sèchent assez vite, je trouve, mais du coup attendez-vous quand même à avoir une ligne d'étendoir rempli de serviettes à diverses étapes de séchage.

Dans tous les cas j'en suis très contente et je pense que vous pouvez y aller sans crainte, que ça soit pour des raisons de santé, des raisons économiques, ou des raisons écologiques ! Je pense avoir tout dit mais si vous avez des questions, foncez ! ;)

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♦ Aurélia Mardon, « Honte et dégoût dans la fabrication du féminin. L'apparition des menstrues », Ethnologie française, vol. vol. 41, no. 1, 2011, pp. 33-40 (a priori dispo sans connexion).
♦ Renée Greusard, « Ceinture en caoutchouc, chiffons : l'histoire méconnue des règles », Nouvel Obs/Rue89.
♦Gisèle Harrus-Révidi, « Bleu comme les règles ou de l'obsession aristotélicienne », Champ psychosomatique, vol. no 40, no. 4, 2005, pp. 7-10 (a priori dispo sans connexion).
♦ Marie-Claire Célérier, « Le sang menstruel », Champ psychosomatique, vol. no 40, no. 4, 2005, pp. 25-37 (a priori dispo sans connexion).
♦ Franck Collard, « Le poison et le sang dans la culture médiévale », Médiévales, 60 | 2011, 129-155 (accès en libre lecture).
♦ Anne Xaillé, « Petite histoire des règles et des protections périodiques », Le Journal des femmes.

En bonus si ça vous intéresse :
♦ Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti, « Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle Époque », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 14 | 2001, 14 | 2001, 207-229.