samedi 26 janvier 2019

Je n'ai pas de rêve

Source – Vanil-Noir
Il y a quelques temps je suis tombée sur la première ou la deuxième vidéo d'une série de quatre d'un monsieur dont je n'ai pas imprimé le nom mais qui a l'air assez connu dans le domaine du développement personnel. Il tenait une conférence devant ce qui semblait être des étudiants. Je ne l'ai pas trop aimé... dans son attitude, sa façon de parler, donc j'ai très vite arrêté de regarder cette fameuse vidéo, mais il y a quand même quelque chose qui m'a marquée.

Il a parlé du Dawn Wall, le mur le plus dur à grimper, et de deux mecs qui s'étaient mis dans la tête de l'escalader. Tout le monde disait qu'ils étaient fous. Ils l'ont fait quand même. Alors, comme chacun avait écrit sur une feuille de papier un plan A, l'objectif absolu, et un plan B, "au cas où", il a dit qu'on ne pouvait pas avoir de plan B ; et il a demandé à ce que les personnes présentes, celles qui avaient écrit, déchirent leur plan B et le jettent sur la scène. Pas de plan B. Pas de plan B, pour pouvoir se lancer dans le plan A avec la force du désespoir. Un rêve, et pas de plan B. Jusque-là, pourquoi pas. Mais il est allé plus loin.

Il a dit "il faut avoir un rêve". Je ne me souviens plus de la raison invoquée et elle n'importe pas. "Il faut avoir un rêve". Un Dawn Wall à soi. Un rêve, et pas de plan B. Quitte ou double. Ça passe ou ça casse. Et je ne suis pas d'accord avec ça.

Je n'ai pas de rêve. Il n'y a pas une chose que je voudrais faire. Un truc un peu absolu, un but qui me subjugue, un objectif qui écrase tous les autres. Je veux faire beaucoup de choses. Je veux réussir mon Master actuel pour pouvoir être compétente dans la communication et le journalisme. Mais je ne veux pas en faire mon métier. Je veux devenir préparateur mental et, si ces derniers temps le fait que je me sois concentrée sur la recherche d'un stage et d'une alternance pour l'année prochaine a fait que j'ai commencé à douter, le cours de psychologie du sport que je suis pour une unité d'enseignement facultative m'a confirmé que je trouve ça absolument fabuleux. Mais peut-être que je ne veux pas en faire mon métier ou mon seul métier. J'aimerais aussi devenir conteuse. J'aimerais aussi être bénévole sur des chantiers archéologiques pendant l'été. J'aimerais aussi publier des romans (je vous en reparlerais sans doute). J'aimerais aussi réaliser des films et des séries d'animation, même si ça suppose de rencontrer les bonnes personnes au bon moment étant donné que je ne sais absolument pas dessiner (ce qui peut s'arranger) et que je ne suis absolument pas compétente. J'aimerais aussi partir en voyage à pied, faire Compostelle par exemple. J'aimerais aussi apprendre le piano et pouvoir parler plusieurs langues. Etc., etc., etc.

Bien sûr, je ne peux pas tout faire à la fois. Je dois faire des choix. Si j'ai une alternance l'année prochaine, je ne pourrais pas faire le Diplôme Universitaire sur la performance mentale. Je ne peux pas à la fois mettre beaucoup d'énergie dans la recherche d'un stage et beaucoup d'énergie dans l'apprentissage des langues. Ce sont des choix, que je dois faire. Il y a des choses qui peuvent se chevaucher, je peux par exemple réaliser les podcasts dont j'ai l'idée en même temps que mes études. Mais tout à la fois ce n'est pas possible.

Ça me fait penser d'ailleurs à ce qu'à dit une amie. Je discutais avec une camarade qui me demandait si je ne voulais pas plutôt travailler cet été plutôt que de partir sur un chantier archéologique. Et je lui disais que je n'avais pas envie de travailler, que de toute façon je ne trouverais pas de travail (c'est vous dire si mon estime de moi sur ce sujet est très élevée), et que j'avais envie de me faire plaisir et d'aller sortir des châteaux de terre. Et cette amie qui était un peu plus loin est intervenue. Je ne me souviens pas de sa phrase exacte (c'est con, parce que je l'ai bien aimée) mais, en gros, elle disait qu'il suffisait juste de savoir ce qu'on veut et elle a pris un exemple. Elle a dit : il y a des personnes qui veulent voyager, une belle voiture et un bel appartement. Pour avoir tout ça il faut travailler beaucoup, et du coup tu n'as plus le temps de voyager. Et, même si tu as ta belle voiture et ton bel appartement, tu n'es pas heureux parce que tu n'as pas le temps de voyager. Eh bien voilà : je veux faire de l'archéologie cet été, même si du coup ça veut dire que je ne gagne pas d'argent pendant ce temps-là.

La chose que je voudrais faire qui s'apparente le plus à un rêve en ceci qu'elle me paraît inaccessible c'est la réalisation de films et de séries d'animations. Mais avec un peu de chance peut-être que je finirais par y arriver. Mais ce n'est pas un rêve dans le sens où je ne vais pas courir après, où je vais faire beaucoup de choses avant. Donc je ne sais pas si c'est un rêve ou pas. C'est un peu vaporeux, incertain, comme un rêve.

Mais je n'ai pas de rêve, pas de chose que je vais poursuivre jusqu'à en perdre le souffle. Et, dans le fond, je trouve ça con de dire qu'il "faut" un rêve. D'où il "faut" un rêve ? D'où il ne "faut" poursuivre qu'une seule chose, ne devenir qu'une seule chose ? Et une fois que votre rêve est accompli, on fait quoi ? On en trouve un autre, puis un autre ? Donc il y en a bien plusieurs, au final ? Moi, je n'ai pas de rêve, rien d'aussi puissant. Des objectifs, des envies, tout au plus. Je n'ai pas de rêve de la même manière que je n'ai pas de passion. Pour toutes les choses qui m'intéressent, le mot "passion" m'a toujours semblé trop fort. Peut-être parce que je me suis coupée de mes émotions.

S'il me "faut" avoir un rêve alors je dirais que mon rêve c'est de réaliser toutes les choses que je veux. C'est de devenir tout ce que je veux devenir. C'est un rêve qui n'appelle pas de plan B. C'est un vrai "tout ou rien". C'est surtout assez large pour ne pas constituer un empêchement. C'est un rêve sur-mesure ! :D

D'ailleurs, je me demande si c'est une bonne chose d'avoir un rêve que l'on poursuit plus que tout. Je me demande si ça ne ferme pas les yeux sur d'autres choses qui peuvent intéresser. Un peu comme quand on est sur l'autoroute et qu'on ne voit pas vraiment le paysage parce qu'on file à toute allure et qu'on ne regarde que la route vers notre destination ; alors qu'à dos d'âne sur un petit chemin de campagne on a tout le temps qu'on veut.

mercredi 16 janvier 2019

Le regard des autres

Source – Michael Nichols / National Geographic / WWF
Aujourd'hui, une camarade et moi attendions devant notre salle de classe, tandis que les autres attendaient plus loin, au bout du couloir, et discutaient tous ensemble. Alors ma camarade me lance "on n'est pas très bien intégrées...". Pas faux. Moi je m'en fiche. De toute façon pour être intégrée il faut aller en soirée (et je songe maintenant que pour être invitée en soirée il faut être intégrée). Elle m'avoue que c'est ce qu'elle pensait aussi au début, mais maintenant... De là on commence à discuter de l'image que l'on peut renvoyer aux autres. Enfin "on"... moi surtout. Et je sais très bien que la mienne n'est pas très reluisante. À partir du moment où personne ne vient vous parler, c'est bien que ce qu'ils pensent de vous n'est pas très positif.

Je sais que je peux avoir l'air d'une gamine dans les attitudes que je peux prendre. Ou que je peux avoir l'air froid et méprisant. Parce que j'ai tendance à m'agacer, à maugréer dans mon coin quand quelque chose qui est dit me déplaît, que je trouve ça agaçant ou malhonnête, ou... quelque chose comme ça. Et cette réaction un peu épidermique, je ne la contrôle pas. D'ailleurs, comme je le disais à ma camarade – sa propre histoire pas simple, même si je n'en connais pas les détails, et le fait que nous soyons isolées dans un couloir désert et pas très bien éclairé étant approprié à la confidence –, je me contrôle déjà tellement sur d'autres plans que, si je devais penser à contrôler mes réactions quand j'entends des choses que je trouve être des bêtises je péterais sans doute un câble.

Je l'avais déjà dit dans mon ancien blog, je crois. Ce n'est peut-être pas tant mon corps que je cherche à contrôler – quoique je peux chercher à contrôler mes gestes ou mes postures – que mes pensées, par exemple. Le fameux "il faut que" dont parlait un psychologue dans un article et qu'il faut que (hrm hrm) l'on évite d'utiliser. Il faut que je fasse ceci. Il faut que je pense comme ça. Il faut que je mange moins de ceci. Il faut que je sois plus comme ça. Je dois être ceci. Ou je dois être cela. Et même, dans le même genre, la pensée "tu as le droit". Si-si ! Des fois c'est comme ça que je m'adresse à moi-même. "Tu auras le droit de faire une sieste et de regarder des mangas", que je pense quand j'égraine la liste des choses que je dois faire dans la journée (et dont ne fait pas partie l'écriture de cet article, par ailleurs). Je me contrôle déjà tellement, et je pense déjà tellement "qu'il faut que" j'arrête de me contrôler, que si en plus je devais penser à mes réactions agacées, à les empêcher pour penser à ce qu'elles provoquent chez les gens, je finirais sans doute par péter un plomb. Pas tout de suite, non, non pas tout de suite, mais dans quelques mois ou quelques années, quand mon esprit ne pourra plus en supporter davantage.

En discutant avec cette camarade, j'ai songé à la raison de ce mépris que je peux renvoyer (alors même que je ne le ressens pas le moins du monde, étant je pense quelqu'un d'assez bienveillant et compréhensif, dans le fond). La raison profonde, je veux dire. Le commencement. La genèse. J'ai songé à mon année de Seconde. Je débarquais dans une classe de pas moins de trente-six élèves. Je n'en connaissais véritablement du collège que deux. Et je n'avais "d'amie" qu'une seule. Je mets des guillemets car, au collège, elle s'était retrouvée dans notre groupe après une dispute avec ses amies à elle. Ensuite, par loyauté ou pour ne pas nous vexer, elle est restée avec nous, alors que ça s'était arrangée avec son groupe d'amies. Du coup, au lycée, elle s'est naturellement éloignée de moi et moi, je lui en ai un peu voulu, de me laisser sur la touche et de ne pas m'aider à socialiser. Alors j'ai songé aujourd'hui que c'est pour me protéger que j'ai commencé à penser qu'ils étaient tous cons, de toute façon, et que j'étais bien mieux toute seule.

Et j'ai songé, sentant les sanglots poindre tout au fond mais les retenant parce que quand même ç'aurait été un peu ridicule de pleurer pour ça, que cette année de Seconde m'avait peut-être davantage marquée que ce que je croyais. D'ailleurs, je n'en avais jamais parlé (de toute façon, à qui voulez-vous que j'en parle ? pour se confier il faut avoir une oreille, et pour avoir une oreille il faut se confier... et comme je ne fais pas confiance...).

C'est drôle parce que, même si je sais quelle image je peux renvoyer, l'entendre ça fait un peu bizarre. Dans le fond, on ne parle jamais aux autres de comment on les voyait avant de se parler, ou de comment on les voit aujourd'hui. Par peur de vexer ou par pudeur. Sans doute peut-être plus souvent par pudeur, d'ailleurs, car la manière dont on est vu et dont on voit les autres touche à l'intime, au plus profond de la personnalité de chacun, et je pense que ce n'est pas le genre de sujets que l'on aborde beaucoup.

Au final, tous mes... "problèmes" sont liés à la même choses : je ne sais pas faire confiance : je me ferme comme une huître : je renvoie une image de froideur ou de mépris : personne ne me parle, je ne parle à personne ; et ainsi de suite. Une bonne petite psychanalyse ne serait sans doute pas de refus... x)

dimanche 13 janvier 2019

Ce que je cherche

Source – Level-5
Je cherche beaucoup de choses (un stage pour commencer, ça serait pas mal) mais je crois qu'il y a une chose un peu... existentielle, dirons-nous, que je cherche. En fait, je ne suis jamais tombée amoureuse, et donc, à peu près depuis que je suis au lycée, je m'imagine rencontrer quelqu'un, et tomber amoureuse. On est bien d'accord que c'est un peu pitoyable, quand même, et, en fait, ce n'est pas la véritable chose que je cherche. Je me suis rendue compte dernièrement que ce n'est pas ça, que ça, c'est le côté symbolique, et pas la chose réelle.

C'est difficile à expliquer pour moi, parce que même si à l'heure où j'écris cet article le blog n'est pas encore en ligne, je sais qu'il le sera dans pas longtemps, et que des gens vont me lire, et même si ce sont des personnes très gentilles, ce n'est pas vraiment habituel pour moi de me livrer. Mais, dans le fond, ça aussi, ça a un lien avec ce que je cherche ; du coup, si je peux arriver au bout de cet article, je pense que j'aurais fait un pas un peu important, quelque part.

En fait, je me suis rendue compte que, la chose dont j'ai besoin est bien une personne, mais pas un petit-ami. J'ai besoin d'une personne en qui je pourrais avoir confiance, sur qui je pourrais me reposer. Je n'ai jamais eu de relation forte avec personne. On entend des histoires de fratries fusionnelles ; ce n'est pas mon cas. Et ce qui se cache derrière le terme "meilleur ami" m'est inconnu. Déjà en primaire c'était un peu compliqué. Au collège c'était mieux mais guère plus... et au lycée ma Seconde a été catastrophique, donc pas compliqué de dire que les deux années suivantes étaient meilleures, mais quand même, je n'ai jamais tissé de relation forte avec personne, même une fois arrivée à la fac. J'ai même envie de dire que, pour ce genre de choses, plus l'on grandit, et plus c'est dur. Parce que les autres, eux, ils en ont, des "meilleurs amis", des "amis d'enfance", des gens dans les bras de qui ils pleurent et qui sont prêts à les écouter quoi qu'il arrive. Des gens dignes de confiance.

Le fait est que je ne fais confiance à personne. Personne n'est digne de recevoir ma confiance. Et ça ne date pas d'hier... Je me souviens une fois en primaire, dans ma deuxième école, d'une fille avec qui j'étais amie, qui s'amusait à grimper sur les parois en plastique des toilettes pour me regarder d'en haut. Enfin, vu comment je le dis on dirait qu'elle le faisait tout le temps mais je ne me souviens que d'une fois (bien sûr, quand j'ai fait la même chose, elle a peu apprécié). Je me souviens aussi d'une fois où j'ai littéralement failli me noyer parce que mes "amies" m'avaient dit que je pouvais m'éloigner du bord, qu'elles m'aideraient, blablabla, alors moi, naïve comme tout, je les écoute, et évidement, ne savant pas nager, je coule (enfin, je gesticule pour essayer que ça ne soit pas le cas). Et dans mon souvenir ça m'a paru tellement long !... Même si le maître nageur est arrivé dès qu'il a vu. Mais justement, "dès qu'il a vu". Je ne me souviens pas qu'un de mes camarades soit allé le prévenir. Ni que quelqu'un ait essayé de m'aider.

Bien sûr, avec le recul, je me doute que pour des enfants d'école primaire c'est un peu... je ne trouve pas mon mot... choquant ou... déconcertant ? de voir quelqu'un se noyer et qu'ils n'ont pas su comment réagir. Mais le recul maintenant ne change pas ce que ça a fait à la petite fille que j'étais. Donc je ne pouvais pas faire confiance aux autres enfants. Mais je ne pouvais pas non plus faire confiance aux adultes.

Je ne sais plus à quel âge, je suis allée voir un psychologue pour un problème mineur. Je crois que, à la fin des séances, quand le problème a été réglé, le psy a voulu parler à ma mère et j'ai attendu dans la rue. Mais, quand ma mère est sortie, elle m'a expliqué les conclusion du psy. Sous-entendu : le psy a cafté à ma mère tout ce que j'avais pu lui dire. Alors bien sûr, là encore, avec mon grand âge (haha :P) je me doute bien que c'est le principe : les psy caftent aux parents. Mais pour l'enfant que j'étais, je crois que ça a été un peu... pas un choc, ça serait un mot trop fort, et je ne m'en souviens pas comme de quelque chose d'aussi violent, mais en tout cas je pense que ça m'a marquée.

Donc, si je ne peux faire confiance ni à mes pairs, ni aux adultes, il ne reste plus grand-monde. Et comme on n'a jamais eu d'animal de compagnie à qui j'aurais pu me confier (sachant que les chiens, eux, ne caftent pas parce qu'ils sont bien trop honnêtes pour ça ; puis même s'ils voulaient le faire, les humains ne comprendraient pas, donc on ne prend aucun risque), eh bien je ne me confiais pas.

Source – Level-5
L'autre jour je me suis fait la réflexion que si je n'ai jamais été capable de tenir un journal intime c'est peut-être par la peur qu'on le cherche, ou qu'on tombe dessus, et que, comme personne n'est digne de confiance, n'importe qui qui tombera dessus le lira, sans avoir l'honneur, la droite d'esprit, de le reposer dans un coin sans en parcourir les lignes. De ce fait, c'était trop risqué d'écrire un journal. J'ai pourtant voulu recommencer il y a... genre deux ans je crois, pour essayer de me débarrasser d'un problème dont je trouverais peut-être la force de vous parler un jour. Et, pour vous donner une idée, ce petit carnet dans lequel j'ai arrêté d'écrire depuis un moment, je l'ai caché derrière un tableau (ouais, comme dans les films xD) (c'est pas du tout cliché, déjà... :P). C'est un peu pour le même genre de raison que je commence à écrire dans ce blog avant de le mettre en ligne. Pour le faire mien, pour essayer de m'habituer à dire des trucs un peu personnels... pour voir si j'en suis capable, ou si ça va faire "psshit".

Je ne fais confiance à personne. Et c'est un problème. C'est un problème parce que même si je n'aime pas la foule, le monde, le groupe, et que la solitude me va très bien, que j'ai besoin de ma dose et que c'est ce qui m'avait amené à dire à des amies de fac que j'allais manger toute seule le midi parce que j'avais besoin d'être seule ; même si la solitude est nécessaire, je suis un être humain, et donc je suis un animal sociable. Et donc j'ai besoin de pouvoir me reposer sur quelqu'un.

Je crois que c'est à cause de cette recherche que je me suis mise à m'imaginer des scenarii stupides de moi amoureuse et bla bla bla. Parce que pour moi, la figure digne de confiance par excellence, le symbole même de la confiance, ce n'est ni la fratrie, ni les parents, ni le "meilleur ami" : c'est le compagnon (ou la compagne, bien entendu). En partie sans doute parce que je me gave bien trop de shôjo stupides (ceci dit c'est intéressant de voir que les clichés reviennent : vous avez souvent droit à la grande roue, par exemple, enfin bref) ; et en partie aussi (surtout ?) parce que c'est le seul type de personne que je n'ai jamais "expérimentée". N'ayant jamais été en couple, je n'ai jamais expérimenté la "trahison" (avec ou sans guillemets, comme vous préférez ;P) de la personne aimée. Donc c'est un peu mon dernier espoir, si vous voulez.

Mes parents m'ont montré que je ne pouvais pas avoir confiance, mes amis, et même le psy (ce n'était même pas de sa faute, en plus, sur ce coup-là, le pauvre).

Je sais aussi que je ne suis pas une personne pour qui mes amis accepteraient de se "déranger" dans le sens où... un jour à la fac, une amie m'a appelée en me disant qu'elle n'avait pas envie de manger toute seule, et comme j'étais chez moi, je lui ai dit que j'arrivais. Bon, au final d'autres personnes se sont jointes, donc elle n'aurait pas été toute seule. Cette amie m'a remercié, je lui ai dit que c'était normal et qu'elle l'avait fait pour moi, en pensant à un épisode qui s'était passé quelques jours plus tôt. Mais, même si elle n'a pas démenti, j'ai bien compris à sa tête qu'elle ne voyait pas de quoi je parlais et que, si elle c'était trouvé là ce jour-là, c'était du hasard. Je ne lui en veux pas, bien entendu, mais du coup, je pense, enfin, j'ai ce sentiment que je ne suis pas une personne pour qui les amis se dérangent. Donc il ne me reste plus que la figure presque mythique pour moi (ben oui, j'ai vingt-deux ans, et il y en a qui forment leur premier couple à douze, donc je suis légèrement en retard, quand même xD) du petit-ami. Le dernier espoir, vous dis-je !

Donc, même si je crée des scenarii stupides et niais dans ma tête, je ne cherche pas à tomber amoureuse, je cherche une personne sur qui je pourrais me reposer quand rien ne va plus, quand il y a trop à gérer, quand j'ai besoin de pleurer mais que je me retiens parce que je ne veux pas qu'on me voit (ou parce que je me suis retenue tellement longtemps que je ne sais plus comment on pleure).

Sauf que pour trouver ce genre de personnes, il faut s'ouvrir. Et que pour s'ouvrir, il faut se rendre vulnérable. Et que pour accepter de se rendre vulnérable il faut avoir confiance.

jeudi 3 janvier 2019

Changer de tête

Hier j'ai coupé mes cheveux. J'ai bien dû faire enlever vingt centimètres. J'en avais besoin autant du point de vue de mes cheveux eux-mêmes, qui étaient abîmés, que d'un point de vue psychologique. C'est fou comme une coupe de cheveux peut tout changer ! Je me sens bien mieux comme ça, plus jolie, et plus confiante. Il faut dire aussi qu'en ce moment, mes cheveux, je les perds. Une fine mèche à chaque shampoing. Je n'en avais déjà pas énormément, mais maintenant c'est encore pire. Les couper permets de le cacher un peu, le fait que j'en ai peu. C'est bête parce que je ne crois pas être trop du genre à complexer, et je ne tiens pas tant que ça à mes cheveux, à les porter longs comme les princesses.

La dernière fois que j'avais coupé autant – et même plus ! – j'étais au lycée. J'avais tout coupé sous les oreilles, radicale. J'étais en Seconde, et ça ne se passait pas très bien à ce moment-là. L'"amie" que je connaissais du collège m'a plus ou moins laissée tomber, ou disons qu'on s'est naturellement éloignées parce que l'amie commune qui nous maintenait ensemble n'était plus là, et j'avais beaucoup de mal à socialiser. Faut dire que mes camarades de classe n'étaient pas des plus intéressants non plus (ou l'art de rejeter la faute sur les autres :P). Je ne comprenais pas non plus les cours, j'étais mauvaise. Mais je le vivais je crois plus comme une fatalité que comme un échec. Et j'ai fini par couper mes cheveux. Il paraît que j'avais l'air ridicule et que ça ne m'allait pas du tout. Mais je ne l'avais pas fait pour que ça m'aille.

C'est connu, le fait que les femmes changent de coupe quand il y a un important changement d'état d'esprit ou d'état d'âme, mais ça me surprend à chaque fois. C'est fou la portée symbolique qu'il y a dans des cheveux. La seule chose qui m'embête avec le fait d'avoir coupé, c'est que je ne pourrais plus me faire de queue de cheval vraiment haute lorsque j'irai au sport. Or, pour moi, une queue de cheval n'est vraiment belle que lorsqu'elle est bien haute. Peut-être parce que ça me permet de prétendre que j'ai confiance en moi, de renvoyer une image de confiance plus grande que la réalité.