mercredi 10 juillet 2024

Mes 5 derniers livres lus (n°15)

Je n'ai pas été si lente à lire tous ces livres (quoique…) mais j'ai été lente à en écrire les avis, en revanche. À vrai dire, pour les trois derniers, je l'ai fait au travail pendant que j'étais en direct à la radio et que de la musique passait. Je ne pensais vraiment pas non plus que ça faisait si longtemps que je n'avais pas écrit sur ce blog ! J'espère pouvoir lire les vôtres – enfin ! – ce week-end. J'en ai vraiment envie ! C'est une respiration qui me manque, en fait.


Warbreaker
– Brandon Sanderson

Voici l'histoire de deux sœurs : Siri, une jeune fille rebelle envoyée par son père pour épouser le tyrannique Dieu-Roi, et Vivenna, qui va tenter de la sauver de son sort. C’est aussi l’histoire de Chanteflamme, un autre dieu qui n'aime pas son travail, celle de Vasher, un immortel qui essaie de réparer les erreurs qu'il a commises autrefois, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu et vit dans le panthéon du royaume d'Hallandren. C’est un monde transformé par la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu'on ne récupère définitivement que sur un individu à la fois… Brandon Sanderson prouve une fois encore qu’il excelle dans la création d’un imaginaire avec ses mythes et sa magie propres.

Je suis tombée dessus par hasard, mais maintenant je veux les autres romans indépendants de Sanderson ! (Je n'ai pas envie de me lancer dans une longue saga alors que je n'ai pas encore fini le Cycle des Anciens.) J'ai plongé dessus parce que j'avais un très bon souvenir de Elantris et de L'Âme de l'empereur.

Les personnages sont parfaits, je les ai ai beaucoup aimés.

J'ai beaucoup aimé aussi le pas de côté sur le motif de la jeune femme livrée comme épouse à un dragon/entité/méchant immortel. C'est traité avec de la douceur, j'ai trouvé, et ça m'a plu. Je ne sais pas pourquoi, dès le début j'ai voulu une histoire d'amour pour Siri, donc je suis contente que ce soit arrivé. C'est, encore une fois, l'histoire des prémices d'une guerre, mais traitée d'un point de vue très humain et très intime avec les protagonistes. Il y a, comme dans Elantris, un petit passage macabre.

J'étais presque arrivée au bout de ma lecture sans incohérences – ce qui relève du miracle – quand tout à coup la fille dans les visions de Chanteflamme devient blonde alors qu'il la décrit lui-même avec les cheveux "d'un brun séduisant" au début du roman. Oui, c'est une incohérence minime, mais c'est une incohérence quand même, et j'aimerais bien trouver moins de livres avec des incohérences de ce genre ou plus importantes, parce que ça m'agace prodigieusement.

J'ai aimé la fin, qui faisait pour moi moins précipitée que celle du roman précédent. Elle ne m'a pourtant pas comblée comme m'avait comblée tout le reste de la lecture, mais elle me convient. Ne serait-ce que parce que j'aime les fins qui finissent bien !


La Voix de la vengeance
– Sacha Morage

Vaelle a tout perdu.
Son frère d’abord, égorgé sous ses yeux. Son futur ensuite, puisqu’elle est désormais traquée par le puissant Bureau pour usage illégal de sa Voix.
Il ne lui reste qu’une chose : la vengeance. Elle se le promet : elle tuera Yervain, le membre du Bureau responsable du meurtre de son frère. Quel qu’en soit le prix. Peu importe les conséquences.
Son obsession pour Yervain l’entraîne de plus en plus loin, dans des sacrifices de plus en plus sanglants, et des ténèbres de plus en plus obscures. Jusqu’au point de non-retour.

L'autrice a géré la communication de telle sorte que je m'attendais à une héroïne qui fonce dans le tas, une sorte de grande méchante de série pour ado, et en fait pas du tout. Certes, elle ne regrette nullement ses actions, mais elle culpabilise, se demande plusieurs fois si elle peut reculer, etc., ce qui la rend beaucoup plus humaine et beaucoup moins sombre que ce à quoi je m'étais attendu. J'ai aimé. C'est une enfant perdue, qui m'a plusieurs fois fait l'impression d'un chihuahua aboyant sur un étalon alors qu'il ne peut pas gagner. D'autres fois, elle fait un peu mal au cœur, quand même, cette fille brisée et blessée qui se recroqueville dans la vengeance d'abord pour tenir, ne pas sombrer, je pense, puis ensuite face aux nouvelles injustices qu'elle subit. Plus, d'ailleurs, qu'une révolte contre les injustices, c'est plutôt qu'elle veut être vue, reconnue, considérée à sa juste valeur, alors que tout le monde semble la prendre de haut. Et quand, finalement, quelqu'un la voit enfin… c'est la mauvaise personne, la personne qui empire encore les choses.

La fin est parfaite. Vaelle, encore, fonce tête baissée, fonde des plans sur des informations parcellaires, et finit par se piéger elle-même. Elle est émotive, impulsive. Yervain est calme, maîtrisé. En ça ils sont complètement différents, et à la fois complètement identiques (je m'en suis rendue compte avant que 209 en fasse la remarque à Vaelle). J'ai aimé la fin, tous les reproches et les insultes dont elle noie Yervain, alors que finalement c'est peut-être plus d'elle qu'elle parle. Toute leur relation est, du coup, un immense gâchis. Yervain est adorable (mon p'tit chou <3). Letrez est très sympa aussi, dans un autre genre. Et Vaelle ne voit pas les bonnes choses qui arrivent, toute concentrée sur l'objectif qu'elle s'est auto-persuadée de devoir atteindre coûte que coûte, alors que tout n'est peut-être pas tout noir ou tout blanc dans ce monde – même si l'administration déshumanisée en prend pour son grade.

J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Je pense que c'est un roman que même les lecteurs non-habitués à la fantasy peuvent lire. C'est un roman qui marque. J'ai apprécié ma lecture alors que je déteste habituellement la première personne. Là, c'est juste parfait.

Mes bémols portent juste sur une scène de la fin avec Ennazarelle que j'avais du mal à imaginer dans l'espace, quelques coquilles (corrigées entre le premier et le second tirage) et incohérences (dans les étages vers la fin, notamment).

À part ça, les personnages sont tous très bien menés. Vaelle s'enfonce, et s'enfonce, et se dépatouille d'un problème en s'en créant un autre, ce qui va finir par se refermer sur elle, parce qu'elle est trop impatiente, trop impulsive pour que ça marche. J'ai un peu tiqué à la toute fin, quand Vaelle admet ses véritables désirs, j'ai trouvé ça peut-être un peu brusque, mais en même temps assez logique donc ça n'a pas été un véritable problème. La plume est maîtrisée, aussi, l'univers est intéressant, lourd et capiteux.

C'est un bon roman !


Pax Elfica : le lanternier
– Pierre Grimbert

Voici sept ans, les elfes sont sortis de leurs forêts du nord pour libérer la cité humaine de Brenhaven. Ils étaient les seuls à pouvoir le faire, les seuls capables de vaincre le Nécromant et son armée de morts-vivants. Malheureusement, après leur victoire, les héros ne sont jamais partis. Ils sont devenus les nouveaux tyrans, imposant une « paix elfique » qui opprime la population sur bien des aspects. Certains citoyens résistent, dans l’ombre, en attendant un soulèvement populaire. Mais la plupart veulent seulement éviter les ennuis. C’est le cas du nain Tolan Dunkar, lanternier de profession, qui aurait préféré ne pas voir cet adolescent humain tomber à ses pieds depuis un arbre interdit…

Au début, en lisant la quatrième de couverture, j'ai eu un peu peur ; je me suis dit : "mais mince, qu'est-ce que Pierre Grimbert fout dans ce genre de roman ?!" et en fait la dernière phrase du résumé m'a rassurée, je me suis dit que ce serait quand même du Pierre Grimbert, un côté intimiste et de super personnages. Et c'est vrai, les personnages sont super, l'histoire sympa… et pourtant, je ne sais pas, je suis mitigée sur ce roman. Ce n'est pas son meilleur, peut-être parce que c'est un roman de commande ? Il manque quelque chose, une étincelle, un truc. Puis, surtout, les incohérences m'ont chaque fois sortie de ma lecture. Untel qui tombe dans l'eau et dont on ne précise jamais s'il se change ou s'il sèche à l'air libre, dont les vêtements mouillés n'ont pas l'air de le gêner ; un gardien de cimetière censé empêcher tout le monde d'entrer, mais un gamin arrive quand même à se faufiler… c'est dommage, vraiment dommage. La fin a été un peu rapide pour moi, aussi, le retournement, la solution autour du jeune héros. Finalement, ce n'est pas un roman qui va me laisser un souvenir indélébile, surtout qu'en plus des incohérences il y a des coquilles, mots pour un autre, etc. Et là c'est l'éditeur que je vise. Est-ce que ce serait possible de soigner la correction ?? C'était une lecture agréable, sympa à livre, avec comme d'habitude de très chouettes personnages pour porter ce roman, ça se lit très bien (c'est Pierre Grimbert, quand même), mais, je ne sais pas, il manque un truc.


Le Chœur des dragons
, tome 2 : Le Nom de toutes choses – Jenn Lyons

Kihrin D’Mon est recherché dans tout l’Empire.
Il croise dans sa fuite le chemin de Janel Theranon, une mystérieuse Jorate qui affirme le connaître.
S’il choisit de la suivre, il devra affronter toutes sortes de dangers : une rébellion secrète, un dragon capable de dévaster une cité en une nuit… et l’ennemi mortel de Kihrin, le magicien Relos Var. Car celui-ci possède l’un des artefacts les plus puissants du monde : la Pierre Angulaire qu’on appelle le Nom de Toutes Choses. Si Janel dit vrai, rien ni personne n’empêchera Var de mettre la main sur ce qu’il recherche.
Et ce qu’il recherche… est Kihrin D’Mon.


Seulement une paire de fautes et une seule incohérence sur 900 pages, c'est un miracle. Je suis un peu froide, mais c'est tellement fatiguant de voir ce genre de problèmes partout...

Il y a... oula, longtemps, j'avais lu le tome 1 de cette saga qui m'avait laissée plus que mitigée, et je ne pensais pas lire le tome 2 tout de suite. Effectivement, il m'a fallu du temps avant de me décider, puis sur un coup de tête je me suis dit que j'avais envie. Je me suis donc lancée. Alors autant vous dire que s'il y a des incohérences inter-tomes ce n'est pas à moi qu'il faut demander parce qu'à part les noms des personnages qui me disaient vaguement quelque chose et quelques souvenir de scènes qui m'avaient marquée, je n'avais aucun souvenir de l'histoire. Du tout. Du coup, j'ai apprécié le rappel en début de tome.

J'ai apprécié ma lecture, j'ai apprécié retrouver Kihrin, découvrir les autres personnages. J'ai eu un peu peur au début parce qu'il y a beaucoup de mentions des problématiques de genre etc. et j'ai eu peur que ça tourne en livre militant où il ne serait finalement plus question que de ça, avec de gros sabots pas fins. Les gros sabots pas fins sont là, mais j'en garde un souvenir moins lourdingue que dans le premier tome. Finalement, l'histoire prend le pas et je garde un meilleur souvenir de ce tome que du précédent. J'ai apprécié les personnages et découvrir le déroulement des événements. Les notes de bas de pages écrites par Senera (en fait, nous lisons le rapport qu'elle écrit à Relos Var, et elle met donc des notes de bas de pages – j'ai aimé cette manière de raconter, avec un mélange de présent et de passé) ne sont pas envahissantes, donc c'est parfait. Elles sont parfois drôles, et apportent souvent du relief. Par contre, c'est dedans que j'ai trouvée l'incohérence. Elle dit avoir demandé une info à la pierre magique et avoir donc la réponse, et un peu plus tard, sur le même sujet, elle dit que la théorie des personnages est intéressante à creuser… alors qu'elle est censée savoir qu'elle est fausse.

J'ai peur par contre de la suite du triangle amoureux qui semble se dessiner entre Kihrin, Janel et Teraeth. Si l'autrice pouvait éviter de nous tourner ça avec de grosses ficelles comme dans une série pour ados ce serait vraiment parfait, car si je n'aime pas la manière dont elle tourne ça, il y a des chances que je n'aille pas au bout de la série, bien que tous les enjeux autour de la lutte entre ceux qui veulent réaliser les prophéties et ceux qui ne le veulent pas, les complots et les manipulations sont intéressants. En tout cas pour l'heure j'ai acheté le tome 3, mais je ne me suis pas aventurée à acquérir déjà les 4 et 5.


Je brûlerai ton armure
– Lotte Sardane

République galactique de l’Holos, 12° millénaire.
Que faire quand on se retrouve accusée de meurtre, coincée sur un vaisseau alien avec une créature très dangereuse, qui a toutes les armées de la galaxie à ses trousses ?
Moi, Rika Srsen, apprentie mécano sur un navire de commerce, je n’aurais jamais imaginé vivre une telle épreuve. Ni que l'ennemi n°1 de l’humanité soit aussi séduisant sous son armure de guerrier...
Mais quel genre de relation est possible entre un être de légende, muni de griffes et de crocs, et une faible humaine ?
Pas sûr que je vive assez longtemps pour le découvrir.

J'ai adoré ! Pourtant, l'autrice partait de loin, parce que je ne lis pas de SF, pas de romance, et très peu de première personne vu que je déteste la narration à la première personne. Et pourtant, j'ai adoré. Un moment, même les coquilles, le mauvais choix de mots, les micro-incohérences, me sortaient à peine de ma lecture : je notais mais je ne passais pas mon temps à râler toute seule dans mon coin. Ce qui est quand même un exploit (même si, franchement, si Rival pouvait faire un effort de ce côté-là, ce ne serait pas du luxe, ainsi que pour l'impression, car la couverture est très jolie, mais la qualité d'impression n'est vraiment pas ouf).

Les personnages sont vraiment sympa, l'obstacle représenté par Mana semble être évacué assez vite et en même temps laisse sa trace durablement sur Rika. C'est bien écrit. Aucune familiarité dans les quelques scènes sexuelles (nan parce que moi les "chattes", "grotte" et "bite" toutes les trois lignes, ce n'est pas possible), et la romance prend doucement sa place, la place qu'il faut, le temps qu'il faut, dans un univers dans lequel j'ai parfois eu du mal à m'imaginer les lieux, surtout les villes, ce qui était un peu perturbant pour moi qui aime les détails. En revanche, l'univers est vraiment fouillé, il y a vraiment une histoire dans ce roman, tout ce qu'il y a autour de la romance n'a rien d'un simple prétexte, et je trouve que cette balance est absolument parfaite ! Ce n'est pas un décor en carton-pâte : c'est un vrai univers !

Vu les descriptions qui en sont faites, je me demande bien comment le panache de Ren ne peut mesurer qu'un mètre dix (c'est la mesure faite par les scientifiques qui l'ont eu inconscient à un moment, donc ils ont eu le temps de mesurer). Parlons-en, de Ren, tiens : il est super ! Je l'ai beaucoup aimé ! J'ai aussi beaucoup aimé Rika ! Ils apprennent tous les deux à réviser leur jugement sur l'autre, et à se comprendre, aussi : pas facile quand à la base on ne parle pas la même langue et qu'on vient de cultures si différentes ! (Et qu'on a du mal à exprimer clairement ses émotions – n'est-ce pas, Ren ?).

Il n'y a aucun temps mort dans ce roman : il se passe toujours quelque chose, l'arc narratif d'après, les péripéties d'après, et en même temps ça coule tout seul, je n'ai jamais eu l'impression que l'autrice me matraquait d'informations ou d'actions un peu creuses pour masquer quelque chose.

Il y a une suite, et j'espère que l'autrice pourra la faire publier !

vendredi 10 mai 2024

Rater sa vie professionnelle

Source – Yannick B
Ça a commencé en Master, quand j'ai raté un stage dans le Parc naturel régional des boucles de la Seine parce que je n'avais pas le permis, et que je n'ai pas pu candidater à une alternance pour la même raison. Non, en fait, ça a peut-être même commencé quand j'ai essayé après le lycée d'entrée en Licence option journalisme, à Lille, et que j'ai échoué deux années de suite. Ensuite, j'ai échoué à trouver du travail, j'ai tenté d'intégrer le centre de formation de l'ESJ Montpellier, et je n'ai pas eu d'alternance alors que j'étais le coup de cœur de la recruteuse, parce qu'elle a eu peur que je me laisse marcher sur les pieds par le journaliste. Ensuite, j'ai trouvé le travail où je suis actuellement, en sachant que ça allait être compliqué, que je ne voulais pas y rester trop longtemps, et ça s'est révélé plus dur à vivre que ce que je pensais. C'est pas un mauvais travail, pourtant, il y a des avantages, comme le nombre de semaines de vacances, mais je n'aime quand même pas. Pour moi, les inconvénients dépassent les avantages. Alors, j'ai essayé de trouver un autre boulot, l'été dernier, et je ne suis parvenue à rien. Cette année, j'ai pu être acceptée dans une formation, j'ai cherché une alternance, et entre les musées auxquels j'ai candidaté trop tard, ceux qui n'ont jamais répondu, et les recruteurs à côté de la plaque, le rendez-vous annulé une semaine avant faute de budget, je pense que j'ai été servie. Et maintenant voilà, j'en suis là. Une année de plus à la radio, et surtout sans assurance de trouver autre chose. Après tout, si je n'ai pas trouvé l'année dernière, si je n'ai pas trouvé cet hiver pour la rentrée 2024, pourquoi je trouverai l'année prochaine pour la rentrée 2025 ?

J'avais parlé à la dame du Port-musée de Douarnenez qui m'avait dit de revenir vers elle. Je l'ai fait. Pas de réponse. Je vais attendre que passe la nuit des musées pour relancer, je pense.

En parallèle j'ai aidé une copine de fac à refaire sa lettre de motivation, et clairement ça fait carrément mieux ressortir ses compétences comme ça, et soudain je me suis sentie toute petite et toute médiocre et toute nulle et j'ai compris pourquoi moi je ne trouvais pas, même avec une bonne lettre, alors qu'elle sans doute va trouver sans trop de mal, maintenant. Puis, ma mère m'a appelée, aujourd'hui. Donc j'ai appris que ma sœur, non contente de gagner 1 800 euros net par mois, se fait aussi des primes à 1 500. Ma mère a dû sentir que ça me saoulait un peu, vu que moi je suis au SMIC et que quand j'ai le malheur d'avoir une prime moitié moins importante je perds en même temps la moitié de ma prime d'activité sur trois mois ce qui fait que je suis perdante au final, car elle m'a dit : "rien ne t'empêche de faire un BTS Opticien…". Euh, si, ça s'appelle les maths. Ensuite elle m'a dit de me mettre à mon compte. Ah oui ? Et pour proposer quels services ? Je ne suis spécialiste en rien, puis la concurrence est rude, et s'il tu n'as pas le petit truc mieux que les autres pour te démarquer c'est mort d'office, sans compter que l'administratif et moi… "Tu peux embaucher quelqu'un, pour ça". Oui, pour embaucher quelqu'un il faut de l'argent, donc il faut que mon activité tourne, en fait. Puis, elle m'a dit : "tu peux publier un livre". Mais oui bien sûr, comme si c'était si facile. J'ai donc dû lui expliquer les pourcentages de droits d'auteur et tout le reste. Et enfin, le coup de grâce : "il faudrait que tu refasses une formation". Ah bah tiens, c'est pas comme si ça faisait six mois que j'essayais d'en intégrer une ! Mais je la paye comment, ma formation, si je n'ai pas d'alternance ? Alors je sais bien qu'elle essayait de m'aider et pas de m'enfoncer, mais vraiment ce n'était pas le moment de me sortir des idées au hasard, vu que tout tombe en même temps (les feux de la voiture à changer, l'invasion de fourmis dans la salle de bain, la Fnac qui ne me livre pas deux livres que j'attends depuis le 23 mars).

Avant-hier j'ai envoyé le mail à la fac pour dire que j'abandonnais, que je laissais ma place aux personnes de la file d'attente. Je n'aurais pas de réponse avant lundi mais ce n'est pas grave. J'avais jusqu'au 15 mai pour remettre ma lettre de démission. Enfin, je me suis donné jusqu'au 15 mai, pour ne pas mettre mon chef dans la panade. La psy va me dire : "c'est vous qui êtes dans la panade, maintenant". Certes, mais je ne me serais pas sentie bien de partir au dernier moment sans qu'il ait le temps pour le recrutement de la personne suivante. J'en veux un peu au prof, même s'il est très gentil, parce que la première fois que j'ai évoqué ce délais il m'avait dit : "ne vous en faites pas, ensemble on va trouver", mais je n'ai pas eu l'impression qu'il m'aidait plus à chercher que les autres étudiants. Et derrière, ma mère me dit que je dois faire une nouvelle formation. Bah oui mais je fais comment, hein, si personne n'a de fric dans son putain de service culturel pour ouvrir un poste en alternance ?

En plus, j'ai raté un cours de hiéroglyphes, et maintenant je suis vraiment paumée. Et comme c'est tard, je ne comprends rien parce que je suis fatiguée.

En vrai, même si le SMIC c'est vraiment pas beaucoup, et que je suis vraiment dégoûtée quand je pense que je vais gagner ça à peu près toute ma vie, parce que le poste à Douarnenez c'est juste agent d'accueil, c'est pas avec ça que je vais me faire un salaire digne de ce nom, j'aimerais au moins avoir un travail qui me plaît, dans un endroit qui me plaît, pouvoir avoir un appart' sans (trop) de problèmes, et au moins un cadre qui me convient, et tant pis pour le salaire, on peut toujours trouver des solutions, pour ça, du côté des associations, ou je ne sais pas. J'aimerais au moins m'en aller de là. J'aimerais, juste une fois, atterrir dans un appart' correct (un jour je vous raconterais peut-être la longue liste de mes péripéties en ce qui concerne le logement : c'est comme tout le reste, je n'ai jamais eu de chance, j'ai toujours mal choisi).

Et autour de moi, je vois plein de gens, comme ma sœur ou d'autres, qui se reconvertissent, ça se passe bien, et derrière ils trouvent un boulot, et ça se passe bien, et oui c'était dur de se lancer dans la reconversion, de sauter le pas, mais une fois qu'ils y ont été ça a roulé presque tout seul. Moi… "tu ne peux pas faire les choses simplement ?" m'a fait une copine hier pour rire et c'est marrant parce que c'est ce que je me dis tous les jours. Rien n'est simple. Même commander un livre sur internet et le recevoir en boîte aux lettres donne lieu à des rebondissements à n'en plus finir. J'aimerais juste trouver un travail qui me convienne dans un endroit qui me convienne, avec du temps pour écrire. Tant pis pour le salaire, je m'en fous, enfin je crois. Enfin, non, mais je suis prête à faire le sacrifice pour un poste qui me plaît.

dimanche 28 avril 2024

L'apprentissage du choix

SourceSource – James Wheeler

Je pensais vraiment que cette fois je mettrais moins d'un mois à écrire le prochain article et au final… c'est raté ! J'aurais plein de choses à raconter, pourtant. J'ai aussi envie de plus lire vos blogs. Je suis souvent fatiguée la semaine, et le week-end, du coup, j'ai juste envie de lire et écrire. Je vais finir par rattraper tout mon retard, pourtant, promis juré !

Je ne sais plus ce que j'avais raconté ou pas. Je suis passée à un cachet par jour au lieu d'un demi depuis mon arrêt inopiné et la remarque de la psy comme quoi du coup mon état était pire que avant. Eh bien en fait, un cachet, c'est parfait. Un demi, parfois, je sentais bien que ce n'était pas suffisant, que je finissais quand même par me morfondre des heures entières. Là, quand il arrive un truc, je suis un peu triste et je passe à autre chose, j'avance. C'est très perturbant, comme sensation, parce que je n'ai pas l'habitude. Au début, plein de fois, je me trouvais un peu perchée. Oh les jolis chants des oiseaux, oh le ciel bleu, oh le chat, oh le canard, ooooh c'est beau cette lumière. Vraiment, je me trouvais un peu perchée, un peu trop joyeuse, et un peu trop capable de passer à autre chose quand je recevais une mauvaise nouvelle. Du coup, je me disais à la fois que c'était peut-être ça l'état normal des gens (on est un peu triste et on rebondit) et à la fois que c'est vraiment bizarre, comme état, un peu comme si rien n'avait d'importance ou que l'on pouvait empêcher des chaînes de nous attraper aux chevilles rien qu'en continuant à marcher. Maintenant ça va, je m'habitue. Il paraît que c'est l'état normal des gens. Je ne suis pas perchée, je suis juste capable de voir du bien au lieu de m'apitoyer sur mon sort. Un peu étrange. Souvent, les ruminations, se morfondre, c'est aussi se rassurer, ça fait moins peur, puisque c'est un schéma connu.

Je me suis rendue compte que je n'avais plus besoin de sauter sur mon téléphone pour raconter des trucs dès qu'ils m'arrivent à ma meilleure amie, alors que bien souvent juste après avoir envoyé le message je n'ai pas besoin d'une réponse, ça va déjà mieux. J'arrive à mieux gérer mes émotions par moi-même (enfin : le cachet gère mes émotions pour moi) et du coup je peux choisir ce que je raconte ou pas. C'est bizarre, ça, comme sensation. De ne pas écrire en réaction, frénétiquement, comme une pulsion, mais d'écrire parce que j'ai envie de raconter quelque chose, de partager quelque chose, d'avoir un avis. Pas demander un avis pour me noyer dans l'avis des autres, me diluer, mais juste parce que j'en ai envie. Être capable de garder mes pensées et mes doutes pour moi si je le souhaite, et de partager si et quand je le souhaite. Du coup, j'ai du mal à savoir, souvent, si je veux raconter parce que j'en ai envie ou si je veux raconter par besoin, comme avant. Comme avec mon problème de masturbation, finalement. Avant, tout le désir était forcément faux, généré par le stress. Là, je peux choisir, je peux le repousser quand il est faux, un peu, et un peu l'appeler quand j'en ai envie. Et des fois, je ne sais pas. Je ne sais pas si l'envie est fausse ou vraie. J'apprends. Il va falloir que j'apprenne la sensation de faim, aussi, parce que souvent je ne sais pas si j'ai encore faim ou pas, quand je termine de manger.

C'est un peu bizarre de me dire que je ne suis presque plus soumise à mon anxiété, que je ne suis plus dans la réaction mais dans l'action. Je crois que c'est pour ça que je doute pas mal, que je me pose pas mal de questions, et que j'ai du mal à me concentrer quand j'écris, enfin en partie en tout cas.

J'ai envie de continuer à explorer le fait de choisir ! Choisir plutôt que subir. Choisir plutôt qu'être une petite marionnette, d'être dans la pulsion. C'est assez libérateur, en fait, sur la confiance en soi, je trouve, un peu, la maîtrise de soi, même si je ne maîtrise pas tout. J'ai juste peur que ça s'arrête quand j'arrêterai les cachets, même en réduisant la dose progressivement, même avec l'aide de la psy.

J'ai envie de vous lire plus souvent et d'écrire ici plus souvent.

Mes 5 derniers livres lus (n°14)

Ça fait vraiment longtemps que je n'avais pas publié mes avis lecture. En même temps, après l'écriture du roman, j'ai eu du mal à me remettre dans la lecture parce que j'étais souvent fatiguée le soir. Mais là, je reprends, des journées entières, et l'article suivant devrait arriver dans peu de temps, enfin je pense.


Contes des marins
– Paul Sébillot

Lorsqu’au XIXe siècle, les marins de Saint-Cast (Côtes-d’Armor) embarquaient pour la longue pêche de Terre-Neuve, ils tuaient le temps en se racontant des histoires. « Parfois ils entraient tellement dans leur sujet qu’ils croyaient aux aventures qu’ils décrivaient », précise Paul Sébillot.
Rapportés avec toute la verve dont faisaient preuve nos navigateurs bretons, ces Contes des marins constituent le dernier des trois volumes des « Contes populaires de la Haute-Bretagne », publiés entre 1880 et 1882 et jamais réédités depuis. Témoignages inestimables d’une culture désormais disparue et véritables monuments de littérature orale, ces textes sont une référence indispensable aux amateurs de traditions populaires et, pour tous, une source de plaisir.

J'adore les contes ; je les ai redécouvert dans mon adolescence et j'adore les comparer, les rapprocher… j'avais tenté une formation de conteuse, un jour, mais j'étais malade le deuxième jour, et le premier avait été tellement éprouvant moralement, de devoir me retrouver à parler devant tout le monde… Enfin bref. J'ai bien aimé ces contes, même si je m'étais attendue à ce que davantage d'entre eux se passent en mer. J'avais aussi acheté le recueil dans l'espoir de trouver un truc pour le roman. Pas trouvé, par contre j'ai pêché quelques termes de marins, c'est toujours bon à prendre !

Certains motifs reviennent d'un conte à l'autre, un très long conte enchaîne plein de motifs connus, c'est intéressant de voir comment le pauvre héros semble ne jamais devoir finir son aventure, un peu comme si le conteur n'avait pas su choisir ses passages préférés et les avait tous rassemblés. Quatre mois après ma lecture, plus ou moins, j'en garde un bon souvenir !


Maîtresse des maîtresses
– Eric Rücker Eddison

Après la mort du roi Mézence, monarque qui maintenait d'une poigne de fer les Trois Royaumes – Rerek, la Meszrie et le Fingiswold –, de nombreux nobles tentent de s'accaparer le pouvoir. Complots et trahisons mènent la danse dans ce qui s'avère un ensemble d'intrigues politiques complexes qui présagent l'éclatement prochain de la Zimiamvie tout entière. Mais Lessingham, homme au tempérament et à l'intelligence hors du commun, entend maintenir la paix entre les différents camps, quoi qu'il en coûte, et compte bien s'armer de ruse pour déjouer les conspirations des plus rebelles.

Comme j'avais beaucoup aimé Le Serpent Ouroboros, je me suis jetée sur ce livre sans vraiment lire la quatrième de couverture ni même ce qu'il y avait de dans (d'habitude, je lis les premières lignes pour me faire une idée), et c'est ainsi que j'ai découvert en l'ayant dans les mains qu'il s'agit en fait du premier tome d'une série. Je veux la suite !

C'est indéniablement une lecture exigeante, tant par le vocabulaire que les tournures, les idées, les concepts, et la manière dont les temporalités se mélangent et parfois je ne savais pas si c'était vrai ou un rêve ou quand est-ce que j'avais basculé dans le rêve. Et pourtant j'ai adoré ! Les personnages, d'abord, dont Lessingham, qui par certains aspects a un petit côté héros de Jules Verne, beau, grand gaillard, honnête, remarquable en tous points… C'est un roman très dense, et pourtant l'histoire avance toujours, jusqu'aux prémices d'une guerre extérieure une fois les braises de la guerre civile éteintes. Pour la suite, il faudra attendre le tombe d'après !

J'ai été très impressionnée de la manière de E.-R. Eddison de gérer les descriptions. Je me retrouvais à lire des descriptions sans savoir quand elles avaient commencées, et où se trouvait la frontière avec l'action, tout coule tout seul, est super fluide, et j'adorerais savoir faire ça !!
Roman beaucoup moins étrange que le précédent, et pourtant tout aussi agréable à lire, avec un côté onirique, et une belle langue. J'ai adoré !


Murtagh
– Christopher Paolini

En Alagaësia, des mois se sont écoulés depuis la chute du tyran Galbatorix. Murtagh le Dragonnier et son dragon Thorn sont toujours considérés comme des traîtres et des meurtriers, car le royaume ignore l’aide qu’ils ont apportée à Eragon et Nasuada. Ils vivent en parias, à l’abri des regards. Mais la rumeur d’étranges évènements, aux confins de l’Alagaësia, ravivent de douloureux souvenirs pour Murtagh et Thorn. Et nul ne peut se soustraire à son destin. Commence alors pour nos héros un voyage épique à travers des terres à la fois familières et inexplorées. Confrontés à des ennemis aussi terrifiants qu’imprévisibles, ils auront besoin de courage et d’espérance. Car une mystérieuse puissance œuvre dans l’ombre…

J'ai eu beau avoir adoré Maîtresse des maîtresses, il reste exigeant et j'avais besoin d'enchaîner sur quelque chose de plus simple. L'écart a été tellement brusque que j'ai eu du mal à m'adapter sur toutes les premières pages, et puis finalement je suis entrée dans l'histoire, dans les pas de Murtagh et Thorn et, indéniablement, ce sont eux deux qui sauvent ce roman.

Murtagh, c'est la suite de L'Héritage commencé avec Eragon il y a... très longtemps. J'étais ado. Autant dire que je ne me souvenais de rien, même si les noms propres m'évoquaient quelque chose, un souvenir lointain, une musique sur la langue que j'avais déjà entendue, je serais quand même bien incapable de vous faire un résumé de l'histoire là où elle s'était arrêtée. Heureusement, ce nouveau tome, qui commence environ un an (enfin, je pense ?) après la fin des événements précédents, rappelle ce qui est nécessaire, donc je n'ai pas été perdue.

Le roman suit donc Murtagh, dragonnier détesté car connu de tous pour sa traîtrise, et son dragon Thorn, tous deux traumatisés des événements des années précédentes, de leur enfermement, des abus, etc., jetés dans une enquête sur les traces des vilains, et dans une quête vers un peu plus de paix intérieure. Et si je dis que ce sont eux qui sauvent le roman, c'est parce que je les ai trouvés vraiment très attachants, tous les deux, et que leur histoire traite des sujets vraiment très importants, qui peuvent parler à plein de gens, qui m'ont parlée, en tout cas. Pour eux, je lirai la suite avec plaisir.

Pour le reste… bon. Entre les quelques incohérences (du type : elle est censée porter une armure d'homme mais en fait c'est une jupe mais en fait c'est un pantalon ; ils sont en armure noire, puis en pagne mais en fait bien en armure noire), les comparaisons qui tombent un peu à côté ("l'eau [de la rivière] était comme de la glace liquide" : euh, oui, c'est un peu le principe, la fonte des glaciers l'été, tout ça, était solide, état liquide, état gazeux donc euh bah oui en fait hein l'eau de la rivière est de la glace liquide), les séquences dont on sent bien qu'elles sont là pour impulser quelque chose mais qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe (la caisse noire), ça peut devenir assez pénible à lire. Surtout si on ajoute à ces problèmes de l'auteur la bonne vingtaine de fautes, coquilles, mots manquant… c'est simple, en huit cents pages il doit y en avoir une vingtaine. "Sourdre" conjugué au passé simple alors que c'est normalement impossible, deux phrases avec des "que" et "qui" qui manquent, rendant la compréhension difficiles, des erreurs dans les accords… franchement, de la part d'une grosse maison d'édition comme Bayard, je trouve ça très peu sérieux et très peu professionnel. J'espère que la traduction de la suite – car Christopher Paolini évoque lui-même une suite – sera un peu mieux réalisée de la part de Bayard.


Le Château Solitaire dans le Miroir
– Mizuki Tsujimura

Un beau jour, le miroir dans la chambre de Kokoro se met à scintiller. À peine la jeune fille l’a-t-elle effleuré qu’elle se retrouve dans un formidable château digne d’un conte de fées. Là, une mystérieuse fillette affublée d’un masque de loup lui expose la raison de sa présence : elle dispose d’une année pour accomplir une quête fantastique qui lui permettra de réaliser un seul et unique souhait. Seulement Kokoro n’est pas seule : six autres adolescents ont le même objectif qu’elle.

Je l'ai pris sur un coup de tête, parce que je passais devant le rayon, que j'en avais entendu parler, que je payais avec mes chèques cadeau Culture, qu'il me tentait et je me suis dit allez zou, j'embarque. J'ai bien fait ! J'ai beaucoup aimé (même si je me suis malencontreusement divulgâché une partie de la résolution en jetant un œil à la mauvaise paaaaage ToT Ne faites pas ça, vraiment, parce qu'il y a un retournement, une astuce, bref : ne faites pas ça). Pourtant, ça partait un peu mal parce que moi, le récit à la première personne, j'ai vraiment du mal. Mais l'histoire est vraiment intéressante, alors je suis entrée dedans.

Le roman aborde le harcèlement scolaire et surtout ses conséquences. Mais pas que. Certains des jeunes de l'histoire ne sont pas des victimes, c'est plutôt qu'ils ont du mal à s'exprimer auprès des autres, alors ce qu'ils pensent peuvent être mal interprété, ou pas interprété du tout s'ils se taisent. Un moment, il y a une métaphore sur le suicide, le désir de ne pas retourner affronter le vrai monde, trop dur et trop moche. Plein de choses m'ont parlé, plein de choses sont profondes. Quelques répétitions m'ont toutefois gênée parfois.

C'est un super roman, une super histoire, et si on creuse un peu la fin, les implications, ça devient tout de suite assez abyssal (oui parce que, bien sûr, on finit par savoir ce qu'est ce château, si c'est un rêve, la réalité, une autre dimension, un délire psychotique, un film…, mais je ne peux rien dire !)


Les Prodiges de l'empire
, tome I : Darien – C.-F. Iggulden

La cité de Darien arrive au terme de son âge d’or. Douze familles y maintiennent l’ordre grâce à leurs soldats, leurs artefacts, leurs espions et leurs souvenirs, se cramponnant à une paix qui menace de s’effondrer. La population subit ce qu’elle ne peut changer.
Parmi ces vieilles querelles, un complot est ourdi pour éliminer un roi. Des étrangers à la ville seront contraints de s’y rendre : Elias Post, un chasseur ; Tellius, un vieux bretteur banni de chez lui ; Arthur, un garçon qui ne peut parler ; Daw Threefold, joueur et arnaqueur ; Vic Deeds, qui n’éprouve jamais la moindre culpabilité ; et Nancy, une jeune femme dont le pouvoir pourrait les perdre tous.
Au coucher du soleil, leur entrée dans la ville va provoquer une succession d’événements explosifs. Avant le lever du jour, six destinées auront été bâties – ou détruites – à Darien.

J'étais tombée dessus à la librairie il y a plusieurs mois alors que je cherchais parfaitement autre chose, et j'ai embarqué parce que ça me plaisait. Et comme, souvent, je ne rate pas trop mon coup dans mes choix, j'ai aimé !

D'abord, j'ai aimé tous les personnages ! J'ai eu peur au début que Vic Deeds soit un peu caricatural, ou que Daw et Vic se ressemblent trop, mais en fait pas du tout, tout est parfait ! Dans les qualités comme les défauts, j'ai trouvé ces personnages parfaits ! J'ai beaucoup aimé la plume aussi, la manière dont les choses sont menées. La fin se fait à un rythme bon aussi, alors que souvent j'ai l'impression dans ce type d'histoires où la fin explose, que l'auteur est allé à fond la caisse parce qu'il n'avait plus de pages pour prendre son temps. Là, non, c'est bien géré ! Et j'ai aimé la fin centrée sur Vic et Elias (oui, bon, j'aime Vic Deeds, j'avoue !).

En revanche, je trouve que le résumé n'est pas tout à fait juste, car une partie des personnages se trouve déjà à Darien. L'autre chose c'est que tous ne survivent pas (je ne divulgâche rien, c'est dans le résumé) et j'ai trouvé ça teeeeeeellement dommage parce que bon déjà je les aime tous donc forcément je suis triste mais surtout j'ai eu l'impression que l'auteur tuait un peu… disons "bon, je n'ai plus besoin de toi, donc tu sors" et peut-être qu'il y avait quelque chose d'autre à faire, je ne sais pas. J'étais triste, et jusqu'à la fin je me suis demandée si un pouvoir n'allait pas se révéler pour provoquer un retour de la mort et… non. Mort vraiment mort. En même temps, mort cohérente, mais quand même je garde cette impression de : "je n'ai plus besoin de toi" et ça me gêne un peu.

L'autre chose qui m'a dérangée, c'est que l'auteur fait référence à César, ou à la Bible, sans que le lien avec notre monde réel soit clair ou même établi autrement que par ces mentions, ce qui laisse une impression un peu étrange. C'est sans doute voulu, mais ça m'a un peu perturbée, tandis que, chez E.-R. Eddison, aucune de ce genre de mention du monde réel n'est dérangeante parce que dès le début il est établi qu'un lien existe, même si non explicité, et du coup les incursions de références du réel paraissent plus justes, plus à leur place.

Ce qui n'empêche que j'ai passé un bon moment, avec un auteur qui fait comme moi : qui saute les points de vue à l'intérieur d'une scène, et ça passe crème, c'est donc que la solution existe pour que ça marche (donc ça me fait plaisir, parce que je veux bien apprendre à mieux gérer les points de vue, mais j'aime bien aussi pouvoir en changer et ça me fait plaisir de savoir que mon naturel n'est pas forcément une erreur et peut marcher, bref).

J'ai aimé aussi le traitement des sentiments amoureux, avec beaucoup de subtilité, et en fait à la fin du roman je me suis dit que ça m'avait fait du bien de lire des amoureux que l'on devine sans que ce soit dit avec les gros sabots et qu'on en fasse tout un plat.

J'ai aimé ! La suite sort en juin, le troisième tome sans doute dans un an (en poche, en tout cas, car tout existe déjà chez Bragelonne), et j'ai bien hâte de savoir comment tout cela va se finir !

vendredi 29 mars 2024

Bloquée

Source – Tom Fisk
C'est sans doute comme ça que ça va finir. Bloquée ici encore un an. J'ai fait une bonne dizaine de candidatures auprès de musées, et on me répond toujours la même chose – quand on me répond – : non. Pas de poste à pourvoir, désolés. Il me reste environ un mois ; c'est la date que je m'impose, parce que sinon, pour assurer la transition avec mon successeur à la radio, serait trop compliqué. La psy dit que, si je n'avais pas abruptement arrêté les cachets (je suis arrivée au bout de la boîte et je me sentais bien alors je pensais que je pourrais gérer et en fait… ne jamais arrêter des antidépresseurs du jour au lendemain, mais je ne savais pas, et je n'ai pas osé dire à la psy, quand elle m'a demandé si je me souvenais de la courbe, qu'elle ne me l'avait jamais montrée) j'aurais réagi autrement. Je n'en suis pas sûre. Même si je culpabilise moins de partir même si on me dit que je fais du bon travail, j'ai quand même de l'empathie pour les gens autour de moi et je ne me vois pas mettre mon chef dans la merde. Sans alternance, il me restera une option pour la rentrée 2025 : recontacter le Port-musée de Douarnenez pour dire que je suis toujours disponible, pour leur remplacement de départ en retraite. Mais d'ici-là, il peut se passer plein de choses, et je pense qu'à la fin le poste ne sera pas pour moi. C'est un peu désespérant, en fait, de voir que rien ne bouge. Les autres autour trouvent des stages, achètent des maisons, rencontrent l'amour, adoptent des animaux ; il y a au moins un domaine où ça va et, moi, aucun. La santé, bof ; les animaux bon bah le chat en bas de ma rue ne supporte pas les espaces clos, je n'ai même pas réussi à l'amener chez le véto, et la chienne vue par hasard à adopter dans le Vaucluse (je regardais juste comme ça, je ne voulais pas vraiment adopter, mais je suis tombée amoureuse de son regard) était finalement déjà réservée, a-t-on répondu à mon mail (puis la veille j'avais vu une publication sur Facebook pour lire qu'ils cherchaient un adoptant exclusivement dans le Vaucluse pour des raisons administratives) ; l'amour bon ben n'étant pas bien avec moi-même et vivant dans ma grotte ça va être compliqué… Je vais envoyer des candidatures ce week-end, encore, mais je crois que dans le fond je me suis déjà résignée à faire une année de plus.

Avec mon chef, nous commençons à avoir des conversations qui partent un peu plus en sucette ; je pense que c'est depuis que j'ai dit que je m'en vais, il devient plus cool et relâche un peu la casquette "directeur" ce qui n'a pas que de bons côtés parce que des fois quand on rigole il va avoir un mouvement de la main vers moi, épaule ou bras, et moi je n'aime pas qu'on me touche, mais je ne sais pas comment le dire, parce que je vois bien que ce n'est pas exprès enfin dans le sens où il est plus tactile que moi, puis c'est vraiment hyper bref, juste un geste rapide, donc bon bref.

La psy dit que, d'avoir arrêté les cachets, je suis descendue à pire que ce que j'étais avant et que c'est pour ça que j'ai essayé de me scarifier (j'ai essayé une fois et réussi la fois d'après), mais finalement la scarification ce n'est pas trop pour moi, ce n'est pas la douleur qui me convient, puis il n'y a presque pas de sang. Puis je me sentais mal comme avant un malaise, parce que moi tout le truc un peu médical les tuyaux et tout ça me file des malaises et à voir la peau coupée droit ça m'a un peu fait ça. Je me suis fait un bleu, à la place. Ma meilleure amie le trouve énorme, moi je trouve que ça va. Elle m'a forcé à appeler le médecin, mais ça a raccroché et j'ai abandonné, mais pas elle et elle m'a dégoté un rendez-vous pour demain. C'est un peu bizarre d'être prise en main comme ça. Personne n'a pris rendez-vous à ma place depuis que je suis en âge de prendre rendez-vous toute seule. Ça m'a fait plaisir et en même temps je me suis dit la pauvre elle a pris du temps pour moi, puis en plus elle est au Canada, heureusement elle m'a dit ça ne lui avait rien coûté d'appeler en France. Elle m'a dit : "si tu ne peux pas je peux annuler", mais bon c'est pas cool pour le médecin, puis avec tout le temps qu'elle y a passé ce n'est pas cool pour elle non plus donc je vais y aller, chercher mes cachets (je vais en profiter pour les gouttes pour les yeux, aussi).

Toujours des problèmes avec mon matelas et ma voiture. J'attends la canicule pour tout traiter. C'est un peu long. Si je dois changer de matelas, celui que je veux, comme il doit être un minimum écologique et éthique, va dans les neuf cents euros, ça fait quand même une somme. Vous m'direz, je ne compte pas déménager cet été, donc bon, ça va, je peux piocher un peu dans mes économies. Je ne compte pas non plus aller au Canada, enfin j'aimerais bien mais je ne pense pas que ce sera mon tour, je pense que d'autres gens voudront voir mon amie, et elle ne pourra pas gérer du monde qui se succède chez elle trop longtemps, puis je pense aussi que je serais trop déçue pour avoir envie de voyager vraiment. J'irais peut-être voir la mer, en Bretagne (chouette, un voyage là où je veux vivre alors que je suis bloquée à l'autre bout de la France !).

J'ai du mal à me coucher tôt, en ce moment. Je me retrouve au lit à 22h, à m'endormir seulement une heure plus tard, du coup je suis fatiguée le matin, parce qu'il y a des trous dans la nuit, en plus. Une semaine à ce rythme, et ce matin je n'ai pas pris de petit-déjeuner (j'ai acheté un truc en route), je ne me suis lavée que les dents, habillée et je suis partie (enfin, habillée puis lavée), et je suis arrivée pile à l'heure comme j'ai traîné au lit avant de me lever. Le week-end de trois jours va faire du bien, si j'arrive à dormir. Je devrais faire les fiches de vocabulaire de mon égyptien, là, mais écrire m'a pris sur un coup de tête, je pense que je les ferai demain, si je m'y mets maintenant je vais faire ça par-dessus la jambe et ça n'avancera à rien. J'aimerais écrire beaucoup et lire beaucoup pendant ce week-end. J'ai hâte des vacances. J'ai hâte des JO. Et comme je me couche tard, que je suis fatiguée, je ne peux pas prendre le temps de lire, parce que je suis trop crevée (et j'ai du mal à lire vos blogs, aussi, parce que le week-end je veux juste lire et écrire, mais j'arrive, je vais récupérer mon retard, c'est promis !).

En ce moment, je ne sais pas, je crois que j'ai un truc avec les chiens. Des fois, ils viennent tout seuls vers moi dans la rue, même ceux dont le surnom est "Snobinard" parce qu'ils jugent les gens ; et quand je suis derrière sur le trottoir ils passent leur temps à se retourner pour me regarder ; ça l'a encore fait tout à l'heure. Je pense que c'est en partie un truc auto-nourri : je m'intéresse à eux, ils le sentent, et du coup ils sont curieux, mais il ne doit pas y avoir que ça, j'imagine, enfin je ne sais pas. Ça me fait plaisir, en tout cas.

Ce soir je vais enregistrer des petits trucs d'ASMR, pour essayer. Je mettrais peut-être sur Spotify, si ça me dit encore à la fin de l'enregistrement. Faut bien trouver des sources de bien-être autres que la douleur (oui parce que, quand vous avez mal, en fait le cerveau pour vous protéger vous envoie des hormones de bien-être, c'est pour ça qu'après un accident de voiture les gens qui ont des fractures ouvertes n'ont pas mal).

J'espère que ça va mieux chez vous que chez moi.

mercredi 28 février 2024

La poisse

À la base je voulais écrire un article sur le chat en bas de ma rue, celui pour lequel j'ai contacté l'association de la ville, que je devais amener chez le véto parce qu'il éternue (potipoussin) et qui n'était pas là le jour dit (eeeeeh oui, les humains avaient pris des dispositions pour lui mais…) et que je voudrais essayer d'adopter pendant les vacances, la semaine prochaine, voir s'il se sent bien chez moi. C'est toute une difficulté dans le dedans de moi, parce que je n'ai pas d'extérieur dans l'appartement, donc j'hésite, je tournicote, je me dis le pauvre potichat s'il veut sortir, je me dis s'il n'est pas bien chez moi, je m'entraîne à travailler à laisser les portes ouvertes, à me désangoisser de ça, à pouvoir rester concentrée même quand une porte est ouverte, pour que le chat puisse aller partout quand il veut (je me suis dit OK c'est pas différent de quand t'es dans un studio et que t'as pas d'espaces bien séparés, et d'autres trucs), je me renseigne sur internet, je me prépare, je monte des plans : je veux qu'il me suive jusqu'à l'appart, pas le faire entrer dans une boîte de transport, parce que je me dis que comme ça j'aurais peut-être moins l'impression d'un alien entré chez moi ; j'en ai parlé à la dame de la médiation animale, à la psy… Pour plein de gens adopter un chat est super simple, et moi je me dis il ne va pas m'aimer, ou il va m'aimer juste parce que je le nourris, ou comment je sais qu'il m'aime bien moi ou juste parce que je fais des papouilles dans la rue et que un autre humain ce serait pareil ? Je voulais parler de tout ça, en long, en large, et en travers. Mais en fait, j'ai eu une nouvelle, alors je vais parler de ça, plutôt (heureusement que je vois la psy demain, vraiment ce rendez-vous tombe parfaitement bien).

Je ne vais pas au Louvre.
Ce n'est pas que j'ai raté l'entretien. C'est qu'il n'y aura pas d'entretien.
La gentille madame m'a dit qu'elle avait demandé au DHR un budget pour l'apprentissage et qu'elle avait eu un refus ferme et définitif, donc pas la peine que je vienne. Heureusement que j'ai pris les billets tôt et qu'ils étaient remboursables sans frais. C'est toujours ça de gagné.

Ça m'saoule.

Pourquoi rien ne peut jamais être simple ? Plein de gens qui se réorientent trouvent leur formation, la suivent, et la réussissent, et trouvent un travail. Voilà. Aussi simple que ça. Moi, je tente Transition Pro, mais je ne suis pas éligible. Je contacte un DUT, mais j'ai déjà un Master et c'est un problème. J'envoie plusieurs CV à des musées, et ils ne recrutent pas en alternance. Et quand, enfin, j'ai la chance d'intéresser quelqu'un, qu'on me rappelle en quelques jours pour me dire oui, eh bien en fait ça ne marche quand même pas. Rien ne fonctionne jamais simplement. Que ce soit trouver une formation, me réorienter, l'administration ; c'que vous voulez ! Rien ne fonctionne jamais simplement. Même pour mon problème de voiture, il a fallu faire des pérégrinations de ci de là, parce que le premier garage ne savait pas, et il reste encore de l'eau qui ne pourra partir que cet été, et donc j'ai encore des moisissures. Pour mon problème de matelas, pareil. Rien n'est jamais simple, il y a toujours une étape après celle déjà passée. Je prends sur moi de prendre rendez-vous pour l'écho pour mon ventre, et ça ne suffit pas, faut une IRM derrière. Ça me saoule. Je voudrais bien quelque chose de simple au moins une fois, juste UNE putain de fois.

J'avais reçu un appel sans message sur la boîte vocale, je crois que c'était elle, mais j'ai rappelé entre midi et deux et je pense qu'elle était en pause. Heureusement que je ne l'ai pas eu au téléphone, en fait, parce que j'aurais pleuré, et j'étais encore en direct à l'antenne : la reprise après la pause musicale aurait été très compliquée… J'ai répondu au mail de la dame en lui disant que j'aurais aimé travailler avec elle, parce que je l'ai bien aimée quand je l'ai eu au téléphone, c'est vrai ; je crois qu'elle est comme moi : elle parle en même temps qu'elle réfléchit.

Bon. Le problème c'est que lundi mon chef a dit au chef du dessus que je réfléchissais à partir. Heureusement que je lui avais dit d'être prudent en attente de la réponse du Louvre. Parce que là… C'est vraiment la merde. Je vais faire d'autres candidatures, beaucoup plein, même dans des musées qui ne m'intéressent a priori pas tant que ça. Je vais contacter Paris Musées, et puis surtout ben… je vais répondre aux offres qui me seront envoyées par les administrateurs de la fac, même si ça n'a rien à voir avec les musées. La dame du musée de la Marine m'a dit qu'elle avait transféré aux RH mais je leur avais déjà envoyé, sans réponse, donc c'est mort de ce côté. Donc maintenant je m'en fous de où j'atterris, il me faut juste une entreprise et merde. Après, je me casse en Bretagne. Et je prends des cours de théâtre, je me paye une formation de doublage, et j'essaye de faire des voix de dessins animés. J'adorerais faire ça. (Oui, je cherche vraiment à me reconvertir dans les musées en sachant que derrière je veux encore faire autre chose.)

J'en ai marre. Je suis triste mais je suis en colère aussi, parce que rien n'est jamais simple, y a toujours des étapes supplémentaires, jamais d'autoroutes, alors que plein d'autres gens ont des autoroutes : diplôme, premier entretien d'embauche, premier poste qui leur plaît, et point. Ce n'est pas juste. Moi, que ce soit dans le professionnel, dans le personnel, dans le médical, rien n'est jamais simple, rien ne se fait jamais dans l'ordre, sans accroc. Je dois avoir un problème, ou la poisse. La vie c'est de la merde. Et comme j'écris cet article à la place d'écrire une histoire comme je voulais, je vais finir encore plus frustrée, parce que je suis trop fatiguée pour enchaîner derrière, je vois des étoiles. Je suis trop conne.

vendredi 26 janvier 2024

Impulsion

Source – Andrew
À la base, c'était censé être un article un peu joyeux, mais au final il n'aura sans doute pas cette gueule-là. En même temps, comme m'a fait remarquer la psy, je n'aime toujours pas mon travail, donc dans ces conditions comment les angoisses pourraient-elles s'en aller ? Du coup, j'ai toujours du mal à dormir, et je laisse même mon téléphone allumé ces derniers jours pour consulter WhatsApp au cas où mon amie expatriée au Canada m'aurait répondu, donc j'écris à trois heures du matin avant de me rendormir (enfin, d'essayer…). J'ai une petite boule de colère en moi, qui pousse-pousse-pousse, ça sent la vieille colère dans une cocotte-minute ; je pourrai me taper sur le front même si j'essaye de me retenir, je crie contre mon ordi qui ne fonctionne pas, ou quand je n'arrive pas à faire quelque chose, je rumine pas mal sur le fait que de toute façon personne ne m'aime et je ne suis pas assez bien pour être aimée, etc. La psy dit : "selon qui ?" – ben, selon moi – "donc ce que vous pensez s'applique aux autres, comme une loi universelle ?" – euh… Donc quand j'ai une pensé, et qu'à la question "selon qui ?" la réponse est "ben, selon moi", je dois la remplacer. Pas gagné. Hier j'étais énervée toute la journée, remontée comme une pendule. C'était après la psy, je crois que des choses travaillaient en arrière-plan. Je suis une petite boule de colère et d'anxiété. Ça s'est renforcé quand mon amie m'a parlé de trucs, qui ont fait vibrer ma blessure de rejet, et j'ai du mal à contenir les fantasmes négatifs de rejet, maintenant, depuis quelques jours. Pas top. Et pourtant, malgré tout ça, il y a en même temps une vraie impulsion à faire des trucs

J'ai recommencé à faire mes exercices de moyen-égyptien, ce que je n'avais pas fait depuis des mois, parce qu'à chaque fois que j'ouvrais la page des exercices et que je lisais les phrases à traduire les larmes me montaient et je me disais mais oh mon Dieu je ne peux pas traduire ça, je ne comprends pas… J'ai créé un serveur Discord, et j'ai demandé au secrétariat de l'institut de l'envoyer aux étudiants de ma promo, idée d'un ami que je n'aurais jamais réalisée il y a de cela quelques semaines, et là je l'ai fait sans trop penser au rejet ; je me suis juste dit que ça pourrait être sympa de papoter. J'aimerais reprendre sérieusement l'aïkido, et rajouter des vidéos de renforcement musculaire d'une états-unienne que mon amie au Canada m'avait passé cet été ; je ferai ça le jeudi et le samedi, je pense, à partir de février. J'écris beaucoup, aussi. J'aimerais lire plus régulièrement vos blogs et en découvrir de nouveaux (si vous en avez que vous aimez, dites-moi !).

Je suis un peu perdue, d'en même temps aller très mal, me mordre la joue et foutre du sang partout, me masturber par stress, de ne pas dormir, angoisser ; et en même temps avoir de la motivation à faire des trucs, une impulsion vers l'avant, un peu comme deux extrémités d'une même chaîne, enfin si on veut. C'est un peu bizarre. Ça fait vraiment longtemps que je n'ai pas eu d'impulsion pour de vrai. À voir comment ça va durer. En plus, je me débats avec des problèmes de moisissures sur mon futon – et comme je suis très con, j'ai mis trop d'eau au cristaux de soude la dernière fois que j'ai voulu tenter un truc pour nettoyer, et maintenant l'eau s'écoule d'un côté ou de l'autre, attirée par la gravité ; il va me falloir des jours pour tout sécher, c'est un enfer. Au moins, les fuites d'eau dans la voiture sont réparées, c'est déjà ça de pris. Un pas à la fois. En plus je veux vraiment le poste au Louvre l'année prochaine, alors je n'ai jamais de fantasmes négatifs dessus, tellement je veux ce poste. Je serais vraiment triste et dégoûtée de ne pas l'avoir. Surtout s'ils me disent que finalement ils prennent un étudiant en Master ; là je me dirais que comme d'habitude la fatalité est contre moi. La semaine prochaine je vais relancer la dame pour avoir les informations pour les accès parce qu'un mois avant l'entretien ça ne me paraît pas trop tôt avant, je pense (?).

Mercredi j'ai décidé de couper les fantasmes amoureux avec le garçon imaginaire. Pas les fantasmes sexuels, parce que c'est sain d'en avoir et que j'aurais peur, en les coupant, de ne plus pouvoir en avoir plus tard. J'arrive assez bien à conditionner mon cerveau quand je l'ai décidé, mais du coup si je ne peux pas le déconditionner ce serait un problème. Puis en vrai je n'ai aucun problème avec l'usage de mes fantasmes sexuels, au contraire de mes fantasmes amoureux, qui prennent de la place même en pleine journée et sont la réponse à à peu près toutes les situations d'anxiété. Pas très sain. Donc j'ai tout coupé. À part quelques tentatives d'incursions, pour le moment ils me laissent tranquilles. Je me dis que ce sera la première semaine le cap le plus dur à passer.

Ce week-end j'ai un texte à corriger, un roman-sans-faire-exprès vu qu'à l'origine ça devait être une novella, et ensuite je vais pouvoir utiliser mon mois de février à lire, ce qui me fait vraiment super plaisir (en plus, me plonger des heures entières dans des bouquins, devrait m'aider à tenir les fantasmes à distance).

J'en fous vraiment pas une au boulot. Lundi, après un week-end de trois jours (voiture au garage vendredi) je n'en ai vraiment pas taffé une. Si j'avais été absente ça aurait été quasiment tout pareil, et le pire c'est que le chef ne se rend compte de rien. J'ai du mal à travailler. Un moment, c'était parce qu'il n'y avait trop rien à faire, mais maintenant même avec des choses à faire je n'ai juste pas envie de les faire. Quand je peux, je mets de l'ASMR pour me forcer à me concentrer, sinon ce n'est même pas la peine d'essayer… et nous ne sommes encore qu'en janvier. Je dois aller jusqu'à fin-juillet, comme ça. J'espère vraiment que je ne ferai pas encore une année à la rentrée prochaine.