vendredi 15 février 2019

Respirer

Source – Paul Nicklen
Depuis quelques temps je me suis rendue compte que je respire mal. Je respire depuis longtemps par le ventre, tout comme il faut, mais ça fait plusieurs mois que je me sens comme.. bloquée. Je m'en suis rendue compte parce que, de temps en temps, on a besoin de reparamétrer sa respiration. Vous savez, ces moments où vous prenez une grande respiration, ou deux, et que ça permet de respirer mieux après ? Un jour, j'ai fait ça, comme on le fait souvent sans le faire exprès, sauf que ma respiration n'est pas repartie comme elle devait repartir, et c'est à partir de là que j'ai pris conscience que je m'étais mise à respirer mal. Et le pire, c'est que c'est peut-être de ma faute...

Hier, j'ai eu ma première séance de sophrologie avec une amie qui est en formation (je suis donc l'une de ses honorées cobayes (parce qu'elle est trop cool)). À la fin de la séance, il faut parler de ce que l'on a ressenti, pensé (même si l'on n'est pas censé penser), pour qu'elle puisse évaluer un peu notre point de départ et, par la suite, notre point d'arrivée. Alors je lui ai dis que je sentais que je respirais mal, que je contractais mes abdos et que du coup je n'inspirais plus, que ça me perturbait, me restait dans la tête, et qu'à chaque fois qu'elle disait "respiration naturelle" je me rendais compte que je respirais affreusement mal – et elle l'a dit souvent !

Je lui ai dit que ça durait depuis un moment et que je m'en étais rendue compte en écoutant une hypnose sur YouTube parce que le monsieur dit au début de prendre deux grandes inspirations. Elle m'a dit que ce n'était pas top parce que ce sont des hypnoses très générales et que donc elles mettaient plus de temps à faire effet et que du coup peut-être que quelque chose était remonté. Puis en plus y a souvent beaucoup d'erreurs dans les hypnoses sur internet (même si celui-là m'avait l'air assez sérieux). Du coup, maintenant, je me retrouve avec un problème de respiration sur les bras, comme si je n'en avais pas déjà assez.

C'est une sensation très étrange. Comme si, quand j'inspire, mes poumons étaient déjà à moitié remplis, et que, du coup, je ne pouvais pas inspirer vraiment à fond. Ou comme si, quand j'expire, ils ne se vidaient pas entièrement. Il arrive aussi que je reste "bloquée" en position d'expiration : j'inspire, mais mon ventre reste rentré. Mais la plupart du temps ma respiration est vraiment irrégulière, comme un peu laborieuse, et je n'arrive pas à la "recaler". Je m'en rends compte surtout le soir, quand je dois m'endormir, et ça me perturbe beaucoup. Je n'ai jamais eu de problèmes avec ma respiration. Quand j'ai appris qu'il fallait respirer avec le bas des poumons et pas le haut, je n'ai eu aucun mal à passer à la respiration abdominale et à y rester.

Sauf que c'est embêtant parce que la respiration c'est un peu la base. En sophrologie, en méditation, en aïkido, aussi, où on expire sur le geste (par exemple sur la coupe avec le bokken)... Et puis la respiration est liée à notre état émotionnel, aussi. Quand on est en colère on ne respire pas de la même manière que quand on est calme, et quand on est malade, ou que l'on a mal, on ne respire pas de la même manière non plus. J'ai voulu aller voir ce que les psychologues avaient écrit sur la respiration, mais l'article qui m'a paru le plus intéressant n'était pas disponible en entier... Mais toujours est-il que la respiration, c'est la base. De la parole, du discours, du chant, du yoga, et de tout un tas de trucs. À commencer par la vie. Donc je suis très embêtée...

samedi 9 février 2019

Je n'écris plus

Source – David Negstad
Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai. J'écris. J'écris toujours des histoires. Mais pas des choses sérieuses. Enfin si, je les écris sérieusement, mais je ne les écris pas pour autre chose que pour moi. Hrm. Pour que tout ça soit clair, il faut que je vous explique les deux catégories principales de ce que j'écris habituellement.

La première est composée des textes que je considère comme des romans, et que je traite comme des romans. Je pars en connaissant la fin, et je commence en me servant d'un proverbe ou d'une citation pour fil-rouge. Je le prends avec plus de sérieux quand j'écris, je fais plus attention à mon style (ou à mon semblant de style). Dans la deuxième, je mets ce que j'appelle les "juste comme ça". Un juste-comme-ça c'est une histoire souvent interminable (quatre-vingt-page et on n'est pas à la moitié, quand mon dernier "roman" s'il mérite de nom avait cent dix pages), où je sais où je vais sans vraiment avoir une fin, où je ne fais pas plus attention que ça à la manière dont j'écris, je ne réfléchis pas trop, il y a souvent beaucoup de dialogues et une histoire d'amour (je n'en mets pas dans les romans parce que je considère qu'en mette une pour en mettre une ça sert à que dalle). Ce sont plus des choses que j'écris pour traiter des sentiments, des émotions, les extérioriser. C'est bourré de clichés et encore plus attendu que quand je suis sur un roman. J'en ai plusieurs à la fois, à des points d'avancée variable, qui pour certains ne bougeront plus avant un long moment, alors que les romans je n'en ai toujours qu'un à la fois. Il arrive aussi que j'arrête un juste-comme-ça parce que je voudrais en faire un roman, parce que finalement y a un vrai truc à faire avec.

Ces derniers temps, il n'y a plus que ça que j'écris. Par manque de temps (ou plutôt parce que je décide de ne pas en prendre), parce que je n'ai pas la place dans mon esprit de penser à ça (ma recherche de stage me prends tellement d'énergie, et je suis tellement dans une période d'auto-flagellation que si je me mets à écrire un roman je ne m'en sortirais jamais), et parce que je me suis rendue compte que je n'écrivais pas avec le bon état d'esprit.

Il y a quelques mois j'ai fini un roman. Je l'ai envoyé à deux amies, qui ne l'ont pas fini, et à ma tante qui, si elle ne l'a pas dit comme ça parce qu'elle est gentille, l'a trouvé mauvais (pour ne pas dire nul). Le fait est qu'il n'y avait pas vraiment d'histoire dans le sens où ça n'évoluait pas trop, mais je suis quand même contente d'avoir réussi à finir quelque chose. Je crois que dans ce récit rien n'était vraiment clair pour l'esprit d'un lecteur extérieur, et que c'est ça le vrai problème.

Depuis que j'ai commencé à écrire je ne cesse de répéter que je n'écris que pour moi, que l'écriture c'est un processus de moi à moi. Je l'ai même écrit sur des forums. Sauf que, au final, je pense que ça ne peut pas fonctionner. Je pense que l'on n'écrit pas de la même manière, on ne s'exprime pas de la même manière, quand on s'exprime à soi et quand on s'exprime aux autres. Quand je me parle toute seule réfléchir (ce que je fais de moins en moins, peut-être parce que j'ai peur que mes colloc' m'entendent, et ça manque), je ne me parle pas pareil que quand je vous écris à vous. Je ne peux pas demander à des lecteurs extérieurs de comprendre ce que j'écris si, à la base, j'ai écrit pour moi.

Et donc, le temps que ça se décante (genre, ça va se faire tout seul), je n'écris plus. Je crois que je dois aussi mieux gérer ce que je mets de moi et ce que je garde pour moi dans un roman. Je dois être plus mesurée. Je peux me servir d'un juste-comme-ça comme d'un psy, pour mettre en scène mes émotions, mes peurs, mes aspirations, mes désirs, mais ça ne peut pas fonctionner avec un roman. Alors je vais bousculer la liste que j'avais (oui, parce qu'en plus, dans ma tête, je savais ce que j'allais écrire plus de trois histoires à l'avance) et je me relancerai sur un récit avec de vraies péripéties, et dont je sais qu'il est bon. D'ailleurs, d'une manière générale, je sais que mes idées sont bonnes mais, comme pour tout le reste, c'est la réalisation qui pêche, et ça me frustre beaucoup, car j'ai l'impression que je pourrais faire plus, faire mieux. C'est l'histoire de ma vie. Mais je ne peux m'en prendre qu'à moi. Je sais que je ne fais pas assez d'efforts, que dans ce cas je ne lis pas assez, je n'écris pas assez... J'ai toujours eu des facilités, donc je ne sais pas travailler. Je dois faire le deuil d'un vieux rêve : le talent. Le talent n'existe pas. Il va falloir que je l'intègre.

Il y a quelques temps j'avais répondu à un appel à textes. La dame m'avait fait beaucoup de critiques (que je n'ai pas trouvées toutes justes) et avait fini par me dire d'aller sur des forums pour progresser. Je suis sur un forum, je squatte la partie Écritoire, sur toutes les questions d'écriture. Mais je réponds, juste. Et je ne veux pas publier mes textes, des chapitres, sur ce forum. Parce que je ne veux pas que les avis influent sur le processus d'écriture. Sur la correction, pourquoi pas. Mais pas sur la gestation.

Et puis je ne pense pas avoir besoin de ça pour progresser. Je sais qu'en disant ça j'ai l'air de la fille un peu méprisante ou imbue d'elle-même, qui pense que les autres sont tous des cons et qu'elle vaut mieux que ça, mais ce n'est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire c'est que, les conseils et tout c'est super, mais ce sont des trucs techniques. Comme le fait de ne pas doubler les termes (par exemple une pierre qui brille d'un éclat jaune, m'voyez ?). Mais ça n'améliore pas intrinsèquement le texte, ce sont des détails. En cours, nous avons rencontré le journaliste Ramsès Kéfi il y a peu. Il nous disait qu'il prenait tous les sujets, parce que ça pouvait lui permettre de progresser, parce que ce sont les sujets qui font progresser. S'il voit par exemple une scène qu'il n'a jamais décrite, et qu'il doit réfléchir à comment la décrire, ça va le faire progresser.

Je pense que, pour l'écriture de fiction, c'est un peu pareil. Il faut prendre du recul sur ce que l'on fait et se laisser aussi guider par son histoire. Si je dois décrire une émotion que je n'ai jamais décrite, je vais forcément apprendre de nouveaux mots, de nouveaux verbes, qui vont me permettre de mieux la décrire, ou même le simple fait de devoir la décrire avec des mots que j'ai. Et puis lire, pour voir comment les autres font, et apprendre des trucs. Par exemple, il y a quelques mois, j'ai lu Jules Verne et j'ai compris la différence entre "!..." et "...!". On dirait un détail dont je parle un peu plus haut, mais en fait, c'est beaucoup plus que ça, ça change tout au ton du personnage ! Il y a aussi quelque chose que j'adorerais savoir faire parce que je trouve ça juste génial. Vous savez, quand un auteur décrit un personnage en une ou deux phrases, sans presque rien dire du physique, mais que vous le voyez bien dans votre tête, physiquement, parce qu'une description de son caractère suffit. Je vous mettrais bien un exemple, mais je n'ai pas le livre sous la main... Mais ça, ce n'est pas sur des forums que l'on apprend à le faire, c'est en essayant.

Pour progresser, j'ai besoin de changer d'état d'esprit, j'ai besoin d'ouvrir un document Word en me disant qu'à la fin ça finira dans les mains d'autres personnes d'un éditeur, que j'écris pour partager et pas pour moi, que je n'enverrais pas à un éditeur par défaut, pour tester, juste pour voir, au cas où. Et quand j'en serai là, je vous pondrai un chef-d'oeuvre ! :) (on y croit !)

lundi 4 février 2019

[Vidéo] Au commencement était la sieste

Je suis frustrée parce que j'ai beaucoup de mal à écrire cet article. Je me suis tellement concentrée sur la vidéo elle-même, le fait de la publier, que je n'ai même pas songé à la manière dont j'allais l'introduire. Et je ne peux pas ne pas l'introduire, parce que juste balancer une vidéo comme ça ce n'est pas très bien, je trouve.

Officiellement, je l'ai faite pour m'entraîner sur le logiciel de montage de la fac, parce que c'est celui que l'on utilise en cours et que je l'ai mis dans mon CV. Ça ferait mauvais genre si, arrivée en stage, on me demande de m'en servir et que je passe mon temps à scruter le site d'aide du développeur pour trouver des choses aussi basiques qu'importer une bande son. Officieusement, je l'ai faite parce que ça m'amusait beaucoup de filmer des canards. Parce qu'en réalité j'aurais pu filmer à peu près n'importe quoi. Mais les canards ça me plaisait bien. Ce sont des animaux que j'apprécie depuis que je suis toute petite, et ceux-là n'étaient vraiment pas loin de chez moi donc ça avait aussi un côté pratique.

La première fois que j'ai monté une vidéo c'était il a quelques années ; j'avais suivi ma soeur en compétition et pour passer le temps j'avais pris des photos et des vidéos avec sa complicité (actrice studio, je voue prie ! ;P), et j'avais monté sur Windows Movie Maker (qui n'existe même plus aujourd'hui, c'est vous dire le coup de vieux que je me suis pris quand je l'ai découvert) (oui, un coup de vieux à vingt-deux ans c'est possible, et c'est violent !). Après ça je n'ai plus jamais fait de vidéo. Pourtant j'adore ça, depuis assez jeune où je jouais à filmer mes figurines et à raconter des histoires.

Donc, j'ai fait une vidéo, parce qu'il fallait bien mettre les mains dans le cambouis. Du coup, maintenant, j'ai une vidéo sur les bras (jolie manière de dire qu'elle ne me sert à absolument rien). Alors je me suis dit, histoire d'avoir un avis extérieur même si c'était surtout un exercice de montage et de prise en main de logiciel, que j'allais vous la montrer et je l'ai mise sur YouTube. Mais comme je tiens à protéger mon estime de moi déjà pas bien élevée j'ai paramétré la vidéo en "non répertoriée", ce qui signifie qu'elle ne se trouve que sur cette page de ce blog et que vous avez l'immense honneur de pouvoir la regarder en exclusivité mondiale et même intergalactique (pour peu que les extraterrestres s'intéressent à ce genre de chose).

Rendez-vous compte de votre chance ! ;)
Elle dure moins de deux minutes, donc vous ne devriez pas avoir le temps de vous ennuyer ! (Normalement...)


Si je voulais ne pas parler de mes échecs je vous dirais que j'ai filmé sur deux matinées mais la réalité vraie est que j'ai filmé sur quatre ou cinq matinées, mais que les images de seules deux étaient exploitables. La première fois, je n'avais pas le bon objectif à portée de main, donc pas de plans serrés, donc la catastrophe. Les deux fois suivantes j'ai eu la très mauvaise idée de vouloir filmer "à main levée" en me disant qu'on ne verrait pas que ça tremblait... on remarquera mon manque de jugeote x') Et donc, ensuite, armée d'un mini trépied et d'un carton pour le réhausser (je plaide coupable de paresse : aller chercher un trépied à la fac c'était loin et un grand trépied pour filmer à ras de terre, c'est pas pratique), je me suis rendue dans un parc et j'ai filmé ces admirables créatures que sont les canards.

Sauf que les canards, eux, ils n'avaient pas très envie que je les filme. Donc ils s'écartaient de mon chemin et ils faisaient demi-tour ! J'ai même tellement effrayé une canne qu'elle ne voulait plus aller manger hors de l'eau et que, quand je m'éloignais, elle n'y allait toujours pas... pauvre petite bichette ! Donc, de guerre lasse (enfin, ayant presque tous les plans dont j'avais besoin (quoi que si je comptais on se rendrait peut-être compte qu'il m'en manque plus de la moitié)), j'ai fini par lâcher l'affaire. Ensuite j'ai monté ! Ce qui m'a mis deux jours.

Enfin trois si on compte la fois où j'ai dû en premier lieu dépouiller toutes les prises de vues et où j'ai dû abandonner le début de montage que j'avais fait parce que le logiciel bugait et que je me suis dit que c'était parce que je n'avais pas réglé sur le bon nombre d'images par secondes. Sauf que ce jour-là je n'avais pas mon appareil photo avec moi donc je n'avais pas pu regarder mes paramètres vidéo... on pardonnera mon manque de jugeote (on a bien compris que la jugeote ne faisait pas partie de mes qualités les plus évidentes, n'est-il pas ! :P)

Mais enfin, je suis quand même arrivée au bout...

Pour la musique il me faut mettre les crédits dans le détail donc les voici :
Titre : The Time To Run
Auteur : Dexter Britain
Source : http://www.dexterbritain.co.uk/
Licence : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/deed.fr
Téléchargement (17MB) : https://www.auboutdufil.com/index.php?id=476

samedi 26 janvier 2019

Je n'ai pas de rêve

Source – Vanil-Noir
Il y a quelques temps je suis tombée sur la première ou la deuxième vidéo d'une série de quatre d'un monsieur dont je n'ai pas imprimé le nom mais qui a l'air assez connu dans le domaine du développement personnel. Il tenait une conférence devant ce qui semblait être des étudiants. Je ne l'ai pas trop aimé... dans son attitude, sa façon de parler, donc j'ai très vite arrêté de regarder cette fameuse vidéo, mais il y a quand même quelque chose qui m'a marquée.

Il a parlé du Dawn Wall, le mur le plus dur à grimper, et de deux mecs qui s'étaient mis dans la tête de l'escalader. Tout le monde disait qu'ils étaient fous. Ils l'ont fait quand même. Alors, comme chacun avait écrit sur une feuille de papier un plan A, l'objectif absolu, et un plan B, "au cas où", il a dit qu'on ne pouvait pas avoir de plan B ; et il a demandé à ce que les personnes présentes, celles qui avaient écrit, déchirent leur plan B et le jettent sur la scène. Pas de plan B. Pas de plan B, pour pouvoir se lancer dans le plan A avec la force du désespoir. Un rêve, et pas de plan B. Jusque-là, pourquoi pas. Mais il est allé plus loin.

Il a dit "il faut avoir un rêve". Je ne me souviens plus de la raison invoquée et elle n'importe pas. "Il faut avoir un rêve". Un Dawn Wall à soi. Un rêve, et pas de plan B. Quitte ou double. Ça passe ou ça casse. Et je ne suis pas d'accord avec ça.

Je n'ai pas de rêve. Il n'y a pas une chose que je voudrais faire. Un truc un peu absolu, un but qui me subjugue, un objectif qui écrase tous les autres. Je veux faire beaucoup de choses. Je veux réussir mon Master actuel pour pouvoir être compétente dans la communication et le journalisme. Mais je ne veux pas en faire mon métier. Je veux devenir préparateur mental et, si ces derniers temps le fait que je me sois concentrée sur la recherche d'un stage et d'une alternance pour l'année prochaine a fait que j'ai commencé à douter, le cours de psychologie du sport que je suis pour une unité d'enseignement facultative m'a confirmé que je trouve ça absolument fabuleux. Mais peut-être que je ne veux pas en faire mon métier ou mon seul métier. J'aimerais aussi devenir conteuse. J'aimerais aussi être bénévole sur des chantiers archéologiques pendant l'été. J'aimerais aussi publier des romans (je vous en reparlerais sans doute). J'aimerais aussi réaliser des films et des séries d'animation, même si ça suppose de rencontrer les bonnes personnes au bon moment étant donné que je ne sais absolument pas dessiner (ce qui peut s'arranger) et que je ne suis absolument pas compétente. J'aimerais aussi partir en voyage à pied, faire Compostelle par exemple. J'aimerais aussi apprendre le piano et pouvoir parler plusieurs langues. Etc., etc., etc.

Bien sûr, je ne peux pas tout faire à la fois. Je dois faire des choix. Si j'ai une alternance l'année prochaine, je ne pourrais pas faire le Diplôme Universitaire sur la performance mentale. Je ne peux pas à la fois mettre beaucoup d'énergie dans la recherche d'un stage et beaucoup d'énergie dans l'apprentissage des langues. Ce sont des choix, que je dois faire. Il y a des choses qui peuvent se chevaucher, je peux par exemple réaliser les podcasts dont j'ai l'idée en même temps que mes études. Mais tout à la fois ce n'est pas possible.

Ça me fait penser d'ailleurs à ce qu'à dit une amie. Je discutais avec une camarade qui me demandait si je ne voulais pas plutôt travailler cet été plutôt que de partir sur un chantier archéologique. Et je lui disais que je n'avais pas envie de travailler, que de toute façon je ne trouverais pas de travail (c'est vous dire si mon estime de moi sur ce sujet est très élevée), et que j'avais envie de me faire plaisir et d'aller sortir des châteaux de terre. Et cette amie qui était un peu plus loin est intervenue. Je ne me souviens pas de sa phrase exacte (c'est con, parce que je l'ai bien aimée) mais, en gros, elle disait qu'il suffisait juste de savoir ce qu'on veut et elle a pris un exemple. Elle a dit : il y a des personnes qui veulent voyager, une belle voiture et un bel appartement. Pour avoir tout ça il faut travailler beaucoup, et du coup tu n'as plus le temps de voyager. Et, même si tu as ta belle voiture et ton bel appartement, tu n'es pas heureux parce que tu n'as pas le temps de voyager. Eh bien voilà : je veux faire de l'archéologie cet été, même si du coup ça veut dire que je ne gagne pas d'argent pendant ce temps-là.

La chose que je voudrais faire qui s'apparente le plus à un rêve en ceci qu'elle me paraît inaccessible c'est la réalisation de films et de séries d'animations. Mais avec un peu de chance peut-être que je finirais par y arriver. Mais ce n'est pas un rêve dans le sens où je ne vais pas courir après, où je vais faire beaucoup de choses avant. Donc je ne sais pas si c'est un rêve ou pas. C'est un peu vaporeux, incertain, comme un rêve.

Mais je n'ai pas de rêve, pas de chose que je vais poursuivre jusqu'à en perdre le souffle. Et, dans le fond, je trouve ça con de dire qu'il "faut" un rêve. D'où il "faut" un rêve ? D'où il ne "faut" poursuivre qu'une seule chose, ne devenir qu'une seule chose ? Et une fois que votre rêve est accompli, on fait quoi ? On en trouve un autre, puis un autre ? Donc il y en a bien plusieurs, au final ? Moi, je n'ai pas de rêve, rien d'aussi puissant. Des objectifs, des envies, tout au plus. Je n'ai pas de rêve de la même manière que je n'ai pas de passion. Pour toutes les choses qui m'intéressent, le mot "passion" m'a toujours semblé trop fort. Peut-être parce que je me suis coupée de mes émotions.

S'il me "faut" avoir un rêve alors je dirais que mon rêve c'est de réaliser toutes les choses que je veux. C'est de devenir tout ce que je veux devenir. C'est un rêve qui n'appelle pas de plan B. C'est un vrai "tout ou rien". C'est surtout assez large pour ne pas constituer un empêchement. C'est un rêve sur-mesure ! :D

D'ailleurs, je me demande si c'est une bonne chose d'avoir un rêve que l'on poursuit plus que tout. Je me demande si ça ne ferme pas les yeux sur d'autres choses qui peuvent intéresser. Un peu comme quand on est sur l'autoroute et qu'on ne voit pas vraiment le paysage parce qu'on file à toute allure et qu'on ne regarde que la route vers notre destination ; alors qu'à dos d'âne sur un petit chemin de campagne on a tout le temps qu'on veut.

mercredi 16 janvier 2019

Le regard des autres

Source – Michael Nichols / National Geographic / WWF
Aujourd'hui, une camarade et moi attendions devant notre salle de classe, tandis que les autres attendaient plus loin, au bout du couloir, et discutaient tous ensemble. Alors ma camarade me lance "on n'est pas très bien intégrées...". Pas faux. Moi je m'en fiche. De toute façon pour être intégrée il faut aller en soirée (et je songe maintenant que pour être invitée en soirée il faut être intégrée). Elle m'avoue que c'est ce qu'elle pensait aussi au début, mais maintenant... De là on commence à discuter de l'image que l'on peut renvoyer aux autres. Enfin "on"... moi surtout. Et je sais très bien que la mienne n'est pas très reluisante. À partir du moment où personne ne vient vous parler, c'est bien que ce qu'ils pensent de vous n'est pas très positif.

Je sais que je peux avoir l'air d'une gamine dans les attitudes que je peux prendre. Ou que je peux avoir l'air froid et méprisant. Parce que j'ai tendance à m'agacer, à maugréer dans mon coin quand quelque chose qui est dit me déplaît, que je trouve ça agaçant ou malhonnête, ou... quelque chose comme ça. Et cette réaction un peu épidermique, je ne la contrôle pas. D'ailleurs, comme je le disais à ma camarade – sa propre histoire pas simple, même si je n'en connais pas les détails, et le fait que nous soyons isolées dans un couloir désert et pas très bien éclairé étant approprié à la confidence –, je me contrôle déjà tellement sur d'autres plans que, si je devais penser à contrôler mes réactions quand j'entends des choses que je trouve être des bêtises je péterais sans doute un câble.

Je l'avais déjà dit dans mon ancien blog, je crois. Ce n'est peut-être pas tant mon corps que je cherche à contrôler – quoique je peux chercher à contrôler mes gestes ou mes postures – que mes pensées, par exemple. Le fameux "il faut que" dont parlait un psychologue dans un article et qu'il faut que (hrm hrm) l'on évite d'utiliser. Il faut que je fasse ceci. Il faut que je pense comme ça. Il faut que je mange moins de ceci. Il faut que je sois plus comme ça. Je dois être ceci. Ou je dois être cela. Et même, dans le même genre, la pensée "tu as le droit". Si-si ! Des fois c'est comme ça que je m'adresse à moi-même. "Tu auras le droit de faire une sieste et de regarder des mangas", que je pense quand j'égraine la liste des choses que je dois faire dans la journée (et dont ne fait pas partie l'écriture de cet article, par ailleurs). Je me contrôle déjà tellement, et je pense déjà tellement "qu'il faut que" j'arrête de me contrôler, que si en plus je devais penser à mes réactions agacées, à les empêcher pour penser à ce qu'elles provoquent chez les gens, je finirais sans doute par péter un plomb. Pas tout de suite, non, non pas tout de suite, mais dans quelques mois ou quelques années, quand mon esprit ne pourra plus en supporter davantage.

En discutant avec cette camarade, j'ai songé à la raison de ce mépris que je peux renvoyer (alors même que je ne le ressens pas le moins du monde, étant je pense quelqu'un d'assez bienveillant et compréhensif, dans le fond). La raison profonde, je veux dire. Le commencement. La genèse. J'ai songé à mon année de Seconde. Je débarquais dans une classe de pas moins de trente-six élèves. Je n'en connaissais véritablement du collège que deux. Et je n'avais "d'amie" qu'une seule. Je mets des guillemets car, au collège, elle s'était retrouvée dans notre groupe après une dispute avec ses amies à elle. Ensuite, par loyauté ou pour ne pas nous vexer, elle est restée avec nous, alors que ça s'était arrangée avec son groupe d'amies. Du coup, au lycée, elle s'est naturellement éloignée de moi et moi, je lui en ai un peu voulu, de me laisser sur la touche et de ne pas m'aider à socialiser. Alors j'ai songé aujourd'hui que c'est pour me protéger que j'ai commencé à penser qu'ils étaient tous cons, de toute façon, et que j'étais bien mieux toute seule.

Et j'ai songé, sentant les sanglots poindre tout au fond mais les retenant parce que quand même ç'aurait été un peu ridicule de pleurer pour ça, que cette année de Seconde m'avait peut-être davantage marquée que ce que je croyais. D'ailleurs, je n'en avais jamais parlé (de toute façon, à qui voulez-vous que j'en parle ? pour se confier il faut avoir une oreille, et pour avoir une oreille il faut se confier... et comme je ne fais pas confiance...).

C'est drôle parce que, même si je sais quelle image je peux renvoyer, l'entendre ça fait un peu bizarre. Dans le fond, on ne parle jamais aux autres de comment on les voyait avant de se parler, ou de comment on les voit aujourd'hui. Par peur de vexer ou par pudeur. Sans doute peut-être plus souvent par pudeur, d'ailleurs, car la manière dont on est vu et dont on voit les autres touche à l'intime, au plus profond de la personnalité de chacun, et je pense que ce n'est pas le genre de sujets que l'on aborde beaucoup.

Au final, tous mes... "problèmes" sont liés à la même choses : je ne sais pas faire confiance : je me ferme comme une huître : je renvoie une image de froideur ou de mépris : personne ne me parle, je ne parle à personne ; et ainsi de suite. Une bonne petite psychanalyse ne serait sans doute pas de refus... x)