mercredi 12 janvier 2022

(In)sécurité

Source photo – Blue Bird

Tout à l'heure j'ai posé la voiture chez Mondial Pare-brise : lundi, en allant au boulot, j'ai découvert la vitre arrière droite de ma voiture cassée : ça tenait encore mais on voyait toutes les marbrures (et quand, le soir, j'ai eu la mauvaise idée de fermer un peu fort la portière, des bouts de verre ont sauté… ô joie). Ça me saoule parce que, bien sûr, ma voiture est la seule de la rue. Ça me saoule parce que ça s'ajoute à a mésaventure de la semaine dernière lors de laquelle je me suis retrouvée enfermée à l'extérieur de chez moi et, venant à peine de prendre une chambre d'hôtel, l'agent immobilier m'annonce que, finalement, un serrurier est disponible. Et évidemment ma demande de remboursement de la chambre est toujours à l'étude… et évidemment l'assurance ne prend pas en charge le serrurier (j'ai toujours pas la facture). Ça commence donc à faire beaucoup, ajouté au reste. Mais je crois que dans le fond ce qui m'ennuie vraiment c'est que ça met à mal mon sentiment de sécurité : ou plutôt ça l'empêche de se créer vraiment.

Je vous avais déjà parlé du fait que je me sens en insécurité, intérieure surtout. Du coup, quand je ne suis pas en sécurité à l'extérieur non plus, ça entre en résonnance et ça me fout le bourdon. Le fait que je me retrouve avec une voiture cassée (et qui donc le sera peut-être à nouveau) et des dépenses imprévues au moment où j'avais envie de m'acheter (m'offrir, on pourrait presque dire) des choses sur ma liste depuis longtemps (dont la boîte Morphée pour le sommeil, assez central, comme besoin), ça me trouble aussi. Faut dire que j'aime que les choses se déroulent comme prévu, donc l'imprévu, le changement, c'est déjà la panique à bord. Ajouté aux dégradations matérielles et à l'aspect financier, on a un beau cocktail pour me faire dormir quatre heure la nuit… Surtout que mon cerveau a une tendance naturelle au pessimisme et que, même si j'essaye d'apprendre l'optimisme, il suffit que ça s'accumule pour que la membrane optimiste se dissolve comme si elle n'avait jamais existé. Je sais que c'est beaucoup dans la tête, un jeu de perceptions, mais le savoir n'aide pas forcément toujours à en sortir.

Un membre du forum d'écriture que je fréquente et qui lit mon blog (et donc se reconnaîtra : cooouuucooouu :D), bêta-lit aussi Roman 2, donc a ma vraie identité, donc accès à mes réseaux sociaux, et tout le tintouin. C'est très bizarre mais des fois j'ai ce sentiment que c'est trop, que surtout on ne devrait pas se rencontrer en vrai, que je suis en danger dans… je ne sais même pas dans quoi, d'ailleurs. Comme si on avait franchi une limite dans une sorte d'intimité – mais indéterminée parce qu'après tout tout est public ; si ça se trouve des gens de ma famille sont tombés sur mon blog, ont deviné que c'est moi, et le lisent avec avidité pour mieux comprendre cette fille secrète de leur entourage. C'est le danger d'un journal extime. C'est moi qui ai fait le choix d'envoyer mon roman avec mon adresse mail perso. Mais ce sentiment de trop, d'insécurité, arrive par vagues, dans les moments où je ne suis pas forcément bien, où je m'arque-boute derrière une identité numérique qui cache autant qu'elle montre, dans le sens où, ce que je dis ici, je ne pourrais sans doute le dire à personne en face à face. À la fois, ne pas savoir par qui on est lu (et même si on est lu) est libérateur ; d'un autre, si on y pense trop, on réalise que donc peut-être des gens qui ne devraient jamais avoir accès à ces informations se trouvent de l'autre côté de l'écran. C'est juste un jeu de perceptions, et j'ai l'impression d'arriver de moins en moins à trier mes perceptions de mes analyses.

Il est arrivé un truc, ce midi. Il y a quelques jours, une maison d'édition a contacté la radio locale où je travaille pour nous proposer de parler d'un livre. Il se trouve que le livre en question n'est pas extraordinaire (c'est un euphémisme) et que je l'ai dit sur le forum d'écriture (ça, et les résultats de ma petite enquête de routine pour juger du sérieux d'une maison d'édition) et que, bien sûr, la dame qui m'avait contactée, l'a vu. Tant pis, c'est le jeu. N'empêche, elle a envoyé son message sur Facebook et c'est mon chef qui est venu me demander qui était cette personne qui nous envoyait des messages à la suite. Elle cite le forum dans le message. Cette partie du forum est publique. Mon blog est relié à mon profil sur le forum. Vous voyez le cheminement de mon esprit, n'est-ce pas ? Dans un élan de lucidité, j'ai supprimé cette conversation (après avoir répondu à la dame, quand même), parce que je n'ai pas du tout envie que mon chef aille farfouiller. Je ne pense pas qu'il en ait le temps, loin de là, mais enfin vaut mieux prévenir que guérir. Je me suis aussi dit que si l'auteur, que je reçois en interview, a été prévenu, ça va pas aller du tout. J'ai tout cassé ma sécurité, et en plus sans y penser. Je m'étais dit, bien sûr, que les gens de la ME verraient peut-être mes messages (ceci dit je ne cite pas ma radio ni rien – j'ai pas de chance si mon média est le seul contacté à avoir répondu positivement) mais je n'étais pas allée plus loin dans ce que ça signifiait. Et maintenant j'ai peur, toute fébrile, de me retrouver à m'adresser à qui ne devrait jamais lire ce blog, ni les futurs articles, ni même – et encore moins ! – les anciens.

C'était arrivé une fois, je crois que je vous l'avais raconté. Je regarde par-dessus l'épaule de ma mère sur son ordi à sa demande, et je vois le dernier mail reçu : "le blog de ta fille" (une bête erreur de compte Blogger relié à feu Google+, faut-il être stupide : si ma cousine avait trouvé mon blog d'alors, j'aurais bien dû me douter que d'autres tomberaient dessus aussi ! pas vive d'esprit, Énir !). Panique à bord. Panique intersidérale : toutes mes peurs, tous mes secrets révélés, et en plus confirmation ignoble que je ne peux pas avoir confiance dans les membres de ma famille : ils l'ont trouvé, et ils vont le lire au lieu de simplement passer leur chemin. Personne n'est digne de confiance en ce bas-monde (je le sais peut-être même depuis que j'ai failli me noyer mais je continue d'espérer, encore et encore, entre désir et peur de faire confiance). Bref. Je me retrouve en insécurité extérieure et intérieure. Mon cerveau mouline tout seul sur ses scenarii et pendant ce temps-là je garde les yeux grands ouverts dans le noir.

C'est d'autant plus con que, ces derniers jours, j'avais trouvé la parade. J'écoute l'ASMRiste Samuse et dans certaines vidéos elle dit : "tu es en sécurité", et moi j'essayais ça, de me répéter ça la nuit avant de dormir. Mais ça ne marche pas, parce que je ne me sens pas en sécurité. Alors j'ai remplacé "sécurité" par "sûreté" dans le sens du CNRTL (oui, je suis allée vérifier ! ;P) : "ce par quoi quelque chose est rendu sûr". En gros : la porte de l'appartement ferme bien, les volets des fenêtres sont clos, personne peut entrer, tout va bien. C'est pas la sécurité mais c'est toujours ça de pris. Isolée, fragile et vulnérable, mais en sûreté comme un petit poussin dans un coffre-fort, m'voyez ? Sauf que du coup, trouver sa voiture pétée volontairement le lundi matin, ça ne fait pas très "sûreté". Même si je ne dors pas dans ma voiture…

J'aimerais bien savoir ce que ça fait, le sentiment de sécurité. Ça se ressent ? Ou on sait qu'on est en sécurité mais on sent rien de particulier, pas comme la peur, le stress ou la joie ? Comment vous décririez le sentiment de sécurité ?

dimanche 9 janvier 2022

L'écriture me sauve la vie

Source – Mikhail Nilov

Quand je lisais des gens qui disaient que l'ASMR les avait sorti de dépression, ou des trucs comme ça, je comprenais qu'il y avait bien un mécanisme quelque part mais en même temps tout un aspect du truc restait complètement en dehors de ma compréhension. Et maintenant, je comprends.

L'autre jour une amie m'a demandé si ça allait mieux avec le travail et je me suis rendue compte que ça allait si je ne réfléchissais pas trop à savoir si j'y étais bien ou pas. Je me suis arcboutée sur l'écriture. Je me lève les matins de semaine en me disant : "vivement ce soir, que je puisse écrire". J'ai même décidé de commencer à écrire le mardi soir alors que je rentre à 18h30 et que je ne peux me donner à peu près qu'une heure avant de manger et d'aller me coucher (surtout que par-dessus j'ai mes insomnies qui me posent problème donc si je ne me couche pas tôt je suis emmerdée). Et quand, hier, je n'ai pas réussi à vraiment écrire alors que j'avais toute la journée pour le faire, j'étais frustrée et je m'en voulais. Je me suis aussi mise à rêver de gagner au Loto juste pour pouvoir arrêter de travailler et écrire toute la journée – et donc j'ai commencé à jouer au Loto, ce que je n'avais jamais fait avant. Je pense que j'ai une tendance à la dépendance (j'en avais déjà parlé ici ?), du coup je me suis dit que, OK, je joue au Loto, mais pas plus d'une fois par mois. C'est plus de l'ordre de l'échappatoire psychologique que du vrai espoir.

Je voudrais bien plus de vie sociale mais d'un côté je ne sais pas comment rencontrer des gens et d'un autre, avoir une vie sociale, c'est avoir moins de temps pour écrire. C'est aussi prendre plus la voiture parce que dans mon département paumé il faut vite conduire pour rejoindre un lieu. C'est en partie ce qui m'a retenue de proposer du bénévolat à une asso du coin ; je déteste prendre la voiture, et j'ai assez peu de visibilité sur mon temps disponible (et puis je veux du temps pour écrire, c'est ma priorité, alors même si une asso m'intéresse, je ne peux pas diviser mon temps à l'infini). Mais peut-être que je vais la contacter quand même, finalement…

Il y a quelques temps j'avais écrit un article sur l'esprit ample : le mien est monomaniaque. Écriture, écriture, écriture. Je m'arcboute dessus pour faire un truc qui ma plaît, me décharger de mes émotions, échapper à mon travail qui me frustre, à mon patron avec lequel j'ai pas d'atomes crochu, à un poste où j'aurais jamais dû me trouver (je veux dire, ils cherchaient quelqu'un avec une bonne culture musicale : s'ils l'avaient écrit dans l'annonce (j'ai vérifié) je n'aurais jamais postulé !). C'est bizarre d'ailleurs parce que je crois dur comme fer que rien n'arrive jamais par hasard mais je n'arrive pas à l'appliquer là, à me dire que j'ai ce poste pour une raison. Peut-être que mon "mal-être" vient de là : l'impossibilité de ranger un événement dans ma conviction et ma vision du monde. Alors j'écris, ou je lis. Roman 2 est en bêta-lecture, mais j'avance un projet exutoire-exploratoire et j'ai commencé un projet-défi : écrire en 80 000 mots max (soit moitié moins que ce que je fais naturellement), une petite romance fantasy dans un univers dont j'ai pas l'habitude, avec un aspect un peu conte, des personnages archétypaux à manier (pas trop réussi ce côté-là ; l'histoire est en train de m'échapper), et en plus dans un récit au présent (j'ai pas fait exprès). Donc même quand je ne devrais rien avoir à écrire, puisque Roman 2 est en bêta-lecture, je ne reprends pas vraiment la lecture des blogs, ni d'Instagram : j'écris.

Je crois que, si on m'enlevait l'écriture, là, maintenant, mon esprit finirait dans les tréfonds de lui-même. Je pourrais toujours lire, mais lire et écrire ça ne répond pas vraiment aux mêmes besoins psychologiques, je pense. Si on m'enlevait l'écriture, je pourrais toujours fuir dans des séries télé, des dramas ou des animes, mais je n'aurais plus rien pour m'exprimer, et plus rien pour rêver non plus (ce vieux rêve de vivre de mon écriture ou plus précisément de pouvoir passer toutes mes journées à écrire, que ce soit parce que je suis devenue riche ou parce que c'est mon travail). L'intérêt des Titanides pour Roman 1 a relancé mes fantasmes, je crois – ou du moins maintenant ils s'appuient sur quelque chose. Si demain on me disait : "t'as plus le droit d'écrire" peut-être même que je finirais en dépression. Je me demande si je suis pas un peu dans un cercle vicieux : je ne vois personne donc j'écris, mais je ne veux voir personne pour pouvoir écrire. Ce serait une idée à explorer, je pense.

Comme je sais qu'il faut que je sorte (j'ai toujours pas visité le château de ma ville, rendez-vous compte ! xP), je me suis dit que je le ferai quand j'aurais fini mon projet exutoire-exploratoire, avant d'en reprendre un autre. Parce que si j'en reprends un juste après avoir fini celui-là, je vais pas vouloir sortir avant de l'avoir fini. Monomaniaque, je vous dit !

J'ai toujours écrit par besoin. Même quand ça va assez bien, j'ai besoin d'écrire. Cet été j'ai discuté avec une ancienne blogueuse d'à peu près mon âge qui me disait que ça allait super bien dans sa vie actuellement et qu'elle n'écrivait plus trop. Moi, même quand ça va bien, j'écris. D'ailleurs, si je me fie à ma "météo intérieure" que je note chaque jour sur un calendrier – j'ai commencé ça pour voir s'il y a des cycles ou si mes émotions font juste le bordel à l'intérieur – les jours où ça va un peu mieux sont mes jours de congés, où j'ai pu écrire toute la journée, avancer sur mes projets. Je ne sais pas si c'est bon signe d'avoir une seule source de bonne humeur… Donc, j'ai toujours écrit par besoin, mais je crois que, actuellement, l'écriture est le seul truc dans lequel je ne doute pas : je suis sûre que je peux arriver à mener mes projets, à m'améliorer, que je suis à ma place, et que je suis compétente. Même à l'idée de prendre un chat, je doute, je me dis que je sais déjà pas m'occuper de moi – je fais pas le ménage toutes les semaines : j'écris ! – alors d'un autre petit être vivant… et que si ça se trouve il ne m'aimerait pas et qu'il serait pas heureux avec moi et qu'il vaut mieux pas que j'en prenne un. Et pourtant j'ai quand même contacté une asso pour voir si je pouvais pas devenir famille d'accueil. On verra bien… Bref.

Je crois que, actuellement, l'écriture c'est le seul truc qui me maintient "entière", pour lequel mes pensées ne s'effilochent pas trop. J'arrive même, en écrivant le soir, à rester concentrée sur ma tâche alors qu'au boulot je saute d'un truc à l'autre à longueurs de journées en finissant par : "ah oui, c'est vrai, je faisais ça !". C'est insupportable. Mes pensées sont déjà comme ça, ont déjà tendance à sauter de partout, à s'éparpiller dans des grands arbres et je dois me concentrer, surtout le soir, pour me dire : "mais je pensais à quoi déjà ? à oui, je réfléchissais là-dessus" et forcer mon esprit à se remettre sur les rails, alors mon boulot avec plein de trucs à faire en même temps et mon impossibilité de me cadrer toute seule ne font que renforcer mon sentiment de nullité et d'éparpillement. Parfois, ça me le fait aussi quand j'écris, et j'en suis encore plus frustrée. Parce que si je perds aussi ma capacité à me concentrer sur mon imaginaire, mes personnages, je ne donne pas cher de mon estime de moi (ni de ma productivité, du coup).

Je me raccroche à l'écriture comme je serre mes peluches dans mon lit la nuit. C'est le meilleur résumé que je puisse en faire, je pense.

Longtemps j'ai cru qu'il fallait forcément aller mal, avoir vécu des traumatismes, pour bien écrire. Quand j'étais au collège je m'étais fait cette idée. Au final je pense plutôt qu'il faut vivre des choses pour bien écrire. Je me demande si les dragons de pierre, dans L'Assassin royal de Robin Hobb, ne sont pas un peu une métaphore de ça : Vérité mets des souvenirs et des émotions dans le dragon de pierre qu'il taille pour lui donner vie. Je devrais sans doute sortir pour vivre des trucs, mais quand je sors je rate mon coup et je reviens plus désespérée que je suis partie… Je voudrais aller mieux mais je n'arrive pas à trouver le déclencheur dans le mécanisme. Je sais que je m'arcboute sur l'écriture mais j'ai l'impression que si je la lâche je vais tomber. Je suis un petit peu cassée dedans…

Tout cet article décousu pour dire que je ne publie pas trop sur le blog, et je lis vos blogs d'une manière très irrégulière parce que j'écris !

Et vous, comment allez-vous ?

Et aussi : bonne année ! Que tous vos projets réussissent et que vous soyez bien avec vous-mêmes ! :D

samedi 18 décembre 2021

À côté de mes pompes

Source – Stas Knop
Aujourd'hui, je sais pas ce qui m'a pris, j'ai voulu sortir me balader. L'autre jour au bureau je suis tombée sur les photos d'une vieille abbaye à moitié détruite, très miyazakiesque. Finalement, en cherchant un peu, elle se trouve sur une propriété privée. Je laisse tomber et puis je décide que j'irai peut-être me promener mercredi, plutôt. Puis il fait beau, et j'arrive pas à me mettre à écrire, alors tout à coup, je sais pas, je commence à regarder des balades dans le coin, des courtes parce que le soleil se couche tôt et qu'on est déjà en début d'après-midi alors le temps d'y aller et tout… J'en choisis une, comme ça, au débotté. Pour vous ça a l'air peut-être anodin, mais pour moi c'est comme si une mouche m'avait piquée : normalement, ce que je fais dans une journée est prévu. Avant mes vacances de novembre, je savais que j'allais les consacrer à de la bêta-lecture et à la relecture de mon roman. Là, je sais déjà que je vais passer mes vacances à lire, j'ai aussi programmé une sortie chez le coiffeur et chez l'esthéticienne, et je sais que je profiterai d'aller chez le coiffeur pour aller en boutique changer mon forfait de téléphone et aller faire un tour dans une librairie. Que ce soit les courses, le ménage, regarder le replay d'une émission… ce que je fais dans une journée est au moins prévu de la veille ou du matin. Je ne pars pas, comme ça, sur un coup de tête, me balader. Encore moins si ça demande de prendre la voiture – surtout étant donné mon passif avec la conduite. Donc là, je décide de partir, comme ça, avec mon appareil photo. C'est déjà assez loin de ma zone de confort pour être remarqué. Mais je sentais que j'avais besoin d'air.

Raté.

Déjà, l'adresse exacte pour garer la voiture, y en a pas. Je me dis que le patelin doit pas être bien grand et que je vais me démerder, donc je mets "centre" sur le GPS. Sauf qu'arrivée là… un panneau demande aux visiteurs, sportifs et compagnie d'aller se garer ailleurs, un peu plus loin. Sauf que l'accès à leur prétendu parking, je ne pensais pas pouvoir y passer la voiture… impossible de faire demi-tour (enfin, j'aurais peut-être pu si une voiture était pas arrivée derrière moi) donc je continue, je continue, je continue. Et le temps passe, et le soleil dore le paysage, les arbres et les prairies, et je vois mon "programme" m'échapper, et je me sens perdue, nulle, inefficace, paumée, seule. Je me retrouve à hurler dans la voiture comme une dégénérée, à m'en faire mal à la gorge. Ce qui est bien, c'est que, quand on est enfermé dans une voiture, personne nous entend. C'est la deuxième fois que je fais ça. En moins de deux mois. Je crois qu'il y a plus de rage en moi que ce que je pensais. Le GPS me fait faire demi-tour au patelin d'après. Je reviens au patelin du départ. Il est 15h41, j'aurai dû démarrer ma balade à 15h15. Et là, en passant par la route par laquelle je suis arrivée, je vois en gros "Abbatiale", là où je devais me garer, en lettre de métal sur le bâtiment.

À côté de mes pompes. Je suis passée devant sans le voir, obnubilée par mon GPS, qui lui, ne connaissait pas ce lieu (je crois bien que Waze non plus, en tout cas il connaissait pas l'autre lieu, indiqué sur le panneau pour le parking). Il est presque 16h. La balade ne dure qu'une heure, mais bon, dans une heure le soleil sera couché, j'ai moyen envie de me retrouver dans les bois sombres alors que j'ai même pas de gilet jaune, voyez… Alors je repars. À un moment je me suis demandée si c'était pas juste une excuse pour pas faire cette balade, pour me punir. Ce serait pas la première fois que je me punie avec ce genre de manière.

Je suis à côté de mes pompes. Je me sens à côté de mes pompes. Première fois que je vais à l'aïkido, j'utilise le GPS mais il connaît pas "maison des sports" alors moi, au lieu de mettre Waze par sécurité, je rentre juste le nom de la voie, et je me dis que je me fais confiance et que je me débrouillerais. J'ai pas pu aller à l'aïkido : je suis arrivée à l'heure où commence le cours alors que j'étais censée avoir une demi-heure d'avance. Je me connais toujours pas bien. Quand j'essaye d'avoir confiance en moi, ça foire. Je ne sais pas à quel point c'est mon côté boulet et à quel point c'est la fatigue. Je ne dors toujours pas bien. Ma dernière bonne nuit c'était première semaine d'octobre, j'ai dormi 10h sans interruption. C'est la dernière nuit au bout de laquelle je me suis réveillée reposée. Ça remonte un peu… Je suis à côté de mes pompes.

Ma mère m'a dit que je devrais passer un test pour voir si je suis pas HPI. Je suis allée regarder les critères, symptômes, caractéristiques, appelez ça comme vous voulez, juste pour prouver que c'était pas ça. Mais ça colle assez alors je suis bonne pour passer des tests. Mais comme je suis à côté de mes pompes, je me dis que c'est bien loin des HPI. Vaut mieux que je me fasse pas trop d'illusions. Je me sens pas particulièrement intelligente, quand ma balade pédestre se transforme en une heure et demi de voiture au lieu des quarante minutes aller-retour. Du coup, comme j'ai dépensé l'essence pour deux aller-retours, ben je ne retenterai pas cette balade. Tant pis pour moi après tout. J'avais qu'à ouvrir les mirettes.

Et toutes les bourdes au boulot ; ce moment où je ferme mon micro pour qu'on entende pas le bruit de ma gourde quand je bois, mais où j'oublie de le rouvrir avant de reprendre la parole (bonjour le blanc antenne) ; les micro des invités que j'oublie d'ouvrir, etc., etc., etc. Je suis à côté de mes pompes. Je suis toujours un peu tête en l'air, y a trop de choses dans ma tête, mes pensées s'éparpillent, et la plupart du temps il y a du bruit, des chansons qui tournent toutes seules, j'ai du mal à me concentrer et la variété des tâches au boulot n'aide pas parce que je me retrouve à commencer un truc, puis un autre, puis au bout d'une heure je ferme mes onglets et : "ah oui ! c'est vrai, je faisais ça !". Quand le bruit dans ma tête s'arrête c'est comme ça que je sais qu'il y en avait, souvent. Comme quand un ordinateur ronronne au fond d'une pièce et que tout à coup il s'éteint vous vous dites : "ah ! ça fait du bien !". Ben là pareil. Y a du bruit dans ma tête. Tout le temps. Le plus souvent des pensées, puis des trucs en arrière-plan. Ça s'arrête pas souvent. Du coup, en ce moment même pour écrire c'est compliqué. Ajoutez à ça la fatigue et vous avez une fille incapable de rester concentrée deux secondes sur un même truc. J'ai l'impression d'être stupide, trop bête pour mener une tâche jusqu'au bout. Je suis à côté de mes pompes.

Je dérive un peu trop…

Partir en balade au dernier moment, sans préparation ? Plus jamais. Utiliser la voiture pour autre chose qu'aller au travail ? Ha ha. J'ai renoncé à prendre une place au spectacle de Jérémy Ferrarri parce que c'est dans la ville d'à côté, et que je tiens pas particulièrement à conduire après un spectacle de deux heures, en pleine nuit un samedi soir. Je ne conduis pas très bien quand je suis fatiguée. Ni quand je suis énervée ou angoissée, comme tout à l'heure. J'ai fait un peu n'importe quoi. J'aime pas conduire. Je sais même pas pourquoi j'ai cru que j'allais réussir à aller en balade… Je redoutais de me perdre dans la forêt et pas un moment je me suis dit que je ne pourrais même pas garer la voiture… C'est stupide. Je suis à côté de mes pompes. Ce qui est un sentiment assez perturbant pour moi qui suis habituée à plutôt penser avoir une bonne analyse de moi-même et d'être capable de palier mes insuffisances (par exemple en stage quand j'avais 3h de train par jour et que j'étais claquée, je savais que je n'avais plus de cerveau, donc je notais tout sur des post-it, je n'essayais même pas de retenir). Si j'hésitais à aller dans la ville d'à côté pour le film qu'il y a pas dans le cinéma de ma ville, se serait fichu : je vais pas non plus vider tout mon réservoir d'essence, hein.

Je suis à côté de mes pompes.

Ça vous le fait, parfois ?

dimanche 5 décembre 2021

Journal d'écriture, Roman 2, n°4

Source – Anastasia Shuraeva
Je vous avais laissés sur la fin du premier jet, depuis j'ai laissé posé. Puis j'ai fais une relecture-diagnostic, des corrections, un balayage rapide pour enlever les phrases en "que", et une dernière relecture pour vérifier que tout était OK. Tout ça en l'espace d'un mois et d'une semaine.

Début-novembre j'ai eu une semaine de vacances qui m'a permis de relire mes 160 000 mots (en plus d'une bêta-lecture de 60 000 mots que je faisais pour une copinaute) ; autant dire que j'y passais sept heures par jour, mais le pire c'est que je ne voyais même pas le temps passer ! Je prenais le mien vers midi, je relevais la tête à quinze heure parce que j'avais faim, et je repartais pour deux ou trois heures de boulot. À la fin de la journée je n'avais pas vu le temps passer ! Ça m'a permis de relire tout le roman et d'invalider une théorie. Si vous vous souvenez, je m'étais demandé en me donnant pour défi d'écrire mon premier jet en deux fois moins temps qu'avait demandé le premier, si en écrivant plus vite je limiterais mes incohérences (genre un personnage censé être désarmé qui tient une arme dans sa manche, une pièce translaté d'un étage à un autre, etc.). Bon : non xP J'ai eu des pièces translatées, un personnage qui passe d'un pantalon noir à une robe rouge, un autre qui retire une genouillère qu'elle ne porte pas… Par contre, relire en une semaine m'a permis d'en voir plusieurs quand sur le premier roman j'avais dû attendre les relectures post-bêta-lecture pour m'en rendre compte ! Celles que je n'ai pas vues en diagnostic je les ai trouvées en vérif' :)

Ensuite, j'ai laissé reposer trois jours avant le week-end suivant (du 11 novembre, et on faisait le pont le 12) : quatre jours pour abattre les corrections que j'avais repérées ! Puis je me suis lancée dans le balayage pour enlever les phrases en "que". J'ai un peu galéré, c'était assez fastidieux, j'en ai enlevé moins que dans le premier (mais j'en avais aussi écrites 200 de moins !) et ça m'a pris plus de temps que mes estimations. Et ensuite, en l'équivalent de deux fois deux jours (vendredi et samedi après-midi + un dimanche multiplié par deux) j'ai fini ma relecture de vérification. Je l'ai fini aujourd'hui et j'ai envoyé le bébé roman aux très gentils bêta-lecteurs (dont certains passeront peut-être par-ici : coucou ! :D). Deux sont les mêmes que pour Roman 1 et deux sont nouveaux ! Je n'ai pas osé redemander à l'amie d'amie éditrice qui croule sous le travail, je ne voulais pas l'embêter. Mais je gagne deux auteurs donc le garde le côté "retour-technique" (j'ai prévu de faire un article sur la bêta-lecture en général, d'ailleurs !).

J'ai plusieurs problématiques. À la fois je suis contente parce que j'ai vu des incohérences tout de suite, et j'avais aussi moins de pages de corrections sur mon cahier que pour Roman 1 (alors que le roman fait la même taille). Et quand je dis "moins de pages" c'est pas deux : c'est une dizaine ! (Bon, j'ai aussi vu ensuite beaucoup de bêtises que j'avais laissé passer, n'est-ce pas. Et aussi beaucoup de choses où je me suis fait confiance et j'ai corrigé directement au lieu de noter.) Je suis contente aussi d'avoir pu confirmer que ma méthode de corrections où je relis d'abord sans presque corriger et où je note sur une cahier au cas où je change d'avis est la bonne pour moi. Plusieurs fois je n'ai plus été d'accord avec mes corrections (surtout les remarques que je m'étais faites en cours d'écriture). Par contre, je manque beaucoup de recul sur ce roman au contraire du premier parce que, étant donné sa nature dont je vous parlais dans les articles précédents, j'ai mis beaucoup trop de moi dedans pour que ça soit raisonnable. Du coup la conséquence c'est ce manque de recul.

Je commence déjà à réfléchir sérieusement à Roman 3 ! J'ai hâte de m'y mettre, je vais revenir un peu au registre du roman précédent, ça va être cool !

Où en sont vos projets ?

dimanche 21 novembre 2021

Rencontrer des gens

Source – Tomáš Malík
Une amie m'encourage à sortir et rencontrer des gens. Et, l'autre nuit, j'y repensais et tout à coup j'ai réalisé le problème. Outre que j'ai beaucoup de mal à faire confiance, je crois que ma peur du rejet est plus ancrée que ce que je pensais.

Je n'ai jamais eu trop de chance avec les relations humaines. En primaire, c'était un peu compliqué, déjà. J'ai passé des cours de récré entières à errer en chantant des chansons inventées. Je vous passe les histoires de "t'es plus ma copine" et de "je peux rejoindre votre groupe ?" et puis finalement non tu reviens dans le groupe d'avant (ou c'est pas mieux mais c'est moins pire). Puis il y a eu la fois où j'ai failli me noyer (je vous l'avais déjà raconté), alors forcément…

Puis après il y a eu le collège. Comme toujours, je m'accrochais très vite aux personnes. Je devais être un peu jalouse des filles qui avaient des "meilleure amie" et du coup je m'imaginais très vite que mon attachement à mes copines était réciproque. Et bien sûr, c'était une illusion. Du coup, les premières années, chaque fois que je proposais une sortie à une "copine", presque chaque semaine, en fait, elle me répondait que non, qu'elle avait déjà un truc de prévu avec une autre amie, toujours la même. Je ne me souviens plus si j'ai fini par comprendre qu'elle ne dirait jamais oui, mais je crois avoir par contre bien compris que passer du temps avec moi à ce moment-là ne l'intéressait pas et qu'elle aurait toujours une bonne excuse. Une année, je me suis retrouvée invitée à son anniversaire. Je crois que c'était plus par obligation qu'autre chose… Au moment de monter dans les voitures (il y en avait deux parce qu'on était nombreux entre les cousins et les amis) je me suis retrouvée toute seule dans l'une d'elle avec la mère de ma "copine" qui conduisait, à regarder les autres s'amuser en s'installant dans l'autre sans un regard pour moi (ou un "désolé" de politesse, peut-être). C'est la mère, d'ailleurs, qui a demandé à la cantonade si quelqu'un voulait pas monter avec moi. Puis ensuite, au bowling, je me suis retrouvée dans l'équipe des cousins, que je ne connaissais pas du tout et qui n'en avaient rien à faire de moi. Par chance, j'étais malade, j'avais un peu de fièvre, et c'est comme ça que j'ai pu m'échapper de cet enfer.

Une année aussi, je vois la même "copine" quelques jours avant la rentrée, je crois. Alors on se raconte nos vacances, etc. et je dis que c'était mon anniversaire. Elle m'a mis dans les mains une poignée de coquillages en prétendant les avoir achetés pour moi (ahem, personne n'est dupe, mais bref). Puis ensuite, à la rentrée (de la même année, dans mon souvenir mais peut-être pas), elle me met dans les mains une peluche assez bof en lâchant un truc du genre "tiens, joyeux anniversaire en retard" et ensuite elle m'oublie totalement pour s'occuper de la nuée de filles qui lui demandaient des nouvelles (enfin, dans mon souvenir c'est une nuée mais elles étaient sans doute beaucoup moins xD). Ma mère repérera des fils qui dépassent et une odeur de grenier : conclusion : ce n'est ni neuf, ni acheté pour moi.

Il y a eu aussi cet ami, années collège, qui commence à me parler par SMS. Vous savez, les fameuses conversations en "salut, ça va ? — oui et toi ? — oui". Il me demande ce que je fais ; je réponds et lui retourne la question. Il me dit : "je m'ennuie".
Ah.
D'accord.
Bon.
C'est très commun de commencer à parler à quelqu'un parce qu'on sait pas quoi faire à un arrêt de bus (ça fait des années que je le fais plus, j'ai arrêté de chercher à prendre des nouvelles des autres à partir du moment où j'ai compris qu'ils en avaient rien à faire de moi). Mais on ne le dit pas. J'ai vécu ça comme une grande violence, en fait. Je n'ai plus jamais parlé de la même manière à cet ami et chaque fois que, de temps en temps, les années suivantes, il commençait une conversation, j'y participais avec beaucoup de retenue parce que dans ma tête une petite lumière rouge s'allumait.

Je vous passe ma première année de lycée dans un bahut pourrave avec un entre-soi de gens de la classe moyenne-supérieure à moitié racistes et stupides. Je vous passe aussi les deux autres années lycée où je savais tellement pas nouer des liens qu'un jour en sortant de l'établissement je me mets à la hauteur d'un camarade de classe en espérant que ça crée quelque chose (spoil : non (évidemment xP)). Il y a aussi eu ma bêtise de jeter un coup d'œil à mon blog de l'époque en cours d'informatique. Pas de chance, je mentionnais des camarades de classe dans mon dernier article. Début de harcèlement mais bon, comme je suis une grande gueule ça s'est pas fini en suicide… Et même si j'appréciais beaucoup mes amies, l'année suivante, j'avais toujours conscience de n'être qu'une camarade, une espèce de bouche-trou, parce qu'elles rigolaient mieux avec les autres, parlaient mieux avec les autres…

À la fac, c'était guère mieux. J'ai mis la moitié d'une année à me faire une copine (que j'ai toujours aujourd'hui, je sais pas comment elle fait…!) et encore ! Par hasard… Je l'avais repérée, bien sûr (j'ai l'instinct pour savoir avec qui je vais bien m'entendre) mais j'avais jamais fait le premier pas – vu le passif, en même temps, c'est pas étonnant. On s'est retrouvées à côté en cours (me serais-je assise là exprès ? me souviens pas) à regarder le livret de textes pour en choisir un sur lequel faire un exposé. On s'est intéressées au même. Moi, dans ma tête, j'étais déjà à en chercher un autre au cas où le prof lui demanderait avant. Puis elle m'a demandé si je voulais qu'on bosse ensemble. Voilà, c'est tout. Mais là encore, elle avait déjà des copines, des filles qu'elle connaissait d'avant, des filles plus proches, et moi, comme je sais pas me rapprocher des gens, on reste à la case départ.

Ça a pas été mieux en Master. J'ai eu le malheur de faire une première intervention assez vindicative et du coup j'ai réussi à être détestée de toute la promo pendant un an… puis encore à la moitié de l'année suivante x) C'est quand on a commencé à avoir beaucoup de travail et à passer des journées entières tours seuls dans la salle de montage vidéo que ça s'est amélioré.

Parallèlement à ça, il y a mes rencontres en club d'aïkido : jamais réussi à me faire des amis. Je sais que certains se voient en dehors, que des couples se forment, etc. Mais moi jamais. Enfin si, avec une très gentille dame, mais ça n'a pas résisté à mon changement de région… Jamais réussi, je vous dit. En Service Civique, je m'entendais bien avec les jeunes de l'autre asso, mais pareil, petit pincement quand j'ai réalisé que certains se voyaient à l'extérieur.

Faut dire aussi que j'ai pas mal de fantasmes un peu gamins… Par exemple il y a quelques semaines je suis sortie en soirée pour suivre la visite extérieure d'un château fort au flambeau. Ça devait servir pour mon roman (ça, ça a réussi), et me faire voir des gens (ça, ça a raté). Sauf que les gens, ils sortent pas tout seuls comme moi : les gens ils sortent en famille ou entre amis. Donc ils vont pas commencer à parler à une meuf toute seule. Bref.

En vrai, je veux bien rencontrer des gens (j'ai vu que les gens de la radio depuis que je suis ici), mais je ne sais pas faire. Même si j'allais au bar, je serais là avec mon verre, mon livre ou à regarder les gens par la fenêtre, et il y aurait sur ma tronche cette fermeture caractéristique des gens que t'approche pas parce que tu sens bien que tu vas les déranger. Donc personne viendrait me parler. Et moi je parlerais pas aux autres parce que je ne sais pas faire. Je ne sais pas aborder les gens. Sous quel prétexte ? Pareil si j'allais dans une salle de sport. Personne viendrait me parler, à part peut-être l'employé pour venir me dire que je tiens mal mes haltères.

Dans le fond, j'ai envie de tisser des liens avec des gens. Je suis assez envieuse des gens qui ont des amis très proches depuis très longtemps. Même si je suis le cliché de l'introvertie de base, j'ai quand même besoin de ma dose de relations sociales, même si elle est toooouuute petite par rapport à la dose d'une personne normale extravertie. Sauf que j'ai profondément intégré, par expérience, que je ne peux intéresser personne à moins d'un miracle (comme la copine qui m'encourage à sortir : on a commencé à parler par MP sur le forum d'écriture dont je suis membre et on a accroché, mais ça, c'est grâce à un internet : dans la vraie vie ça n'aurait jamais été aussi rapide !).

Je ne sais pas si c'est bon signe que je commence à arrêter de me dire : "elle doit plus m'aimer/me supporter" quand quelqu'un met un peu de temps à répondre à un message. D'un côté, on pourrait se dire que ça signifie que j'ai plus confiance en moi, que je m'estime plus. Mais de l'autre, c'est peut-être juste que je suis blasée, découragée, et que je sais qu'on me parle que juste comme ça… Je veux dire… cet été une ancienne blogueuse d'à peu près mon âge avec qui je m'entendais plutôt bien a relancé un échange de mail qui datait de plus d'un an. Elle s'est excusée, sincèrement je pense, et on a recommencé à parler ; mais depuis la rentrée et la reprise de son travail, j'attends encore une réponse… Si elle s'intéressait vraiment à moi, elle trouverait deux secondes pour me répondre, je pense… Et c'est comme ça tout le temps. Je crois que je suis juste, je ne sais pas, désespérée.

Je suis trop fragile, trop blessée pour tenter de nouer des liens avec des gens. Si ça se fait, ça se fait. Si ça se fait pas, c'est comme ça. Alors bien sûr, si je sors jamais de mon bureau et que je passe mes jours sur mon roman, je risque pas de voir grand monde, donc ça se fera jamais. Mais si je sors, ça ne se fera pas non plus, et j'aurais eu tellement d'espoirs déçus que je reviendrais déprimée de ma sortie. Je ne pense pas que, psychologiquement, je puisse encore me permettre de prendre le risque de parler à quelqu'un et d'être rejetée parce qu'on me trouvera pas intéressante, perchée, bizarre… Il y a trop de changements en moi actuellement, qui me fragilisent encore plus (et par-dessus ça un questionnement est venu se rajouter, j'en reparlerais !), pour que je prenne ce risque. En sachant déjà le résultat. Donc je vais attendre encore un peu, et me contenter de prendre les discussions basiques. De toute façon, on sait bien que, sociologiquement, on se fait rarement des amis une fois qu'on a commencé à travailler. On a des collègues, etc. mais les amis sont ceux de la scolarité, plutôt. (Oui, je me cache derrière la sociologie et les statistiques, c'est moche, hein ?)

Donc, pour le moment, je crois que je vais rester un peu dans mes fantasmes, ceux qui à la fois me cautérisent, et à la fois creusent encore plus le manque et l'envie. C'est un peu comme creuser un trou pour en boucher un autre. Mais c'est à peu près le seul truc qui fait "tenir" la digue. Et comme j'ai toujours pas de psy (parce que je veux celle que j'ai repérée et pas une autre parce que je marche à l'instinct et que c'est elle que je "sens" bien (de toute façon il est fort à parier que vue l'état de mon département pour ce qui est du médical, les autres psy me mettent sur liste d'attente aussi)) il faut bien que je fasse tenir la digue.

Comment on fait pour rencontrer des gens ?

mardi 16 novembre 2021

Corps en chantier

Source – Engin Akyurt
J'emprunte mon titre à une exposition sur le sculpteur Ipoustéguy. Je trouvais que ça collait plutôt bien à mes problématiques du moment autour de mon corps.

Il y a très longtemps à l'échelle d'un blog, j'avais fait un article sur le rapport que j'entretenais avec mon corps. J'ai la sensation que beaucoup de choses sont en train de changer, actuellement. Par exemple, je suis un peu moins mal à l'aise d'être nue hors de la salle de bain. Depuis quelques semaines/mois je dors sans pyjama, juste en culotte, alors que j'ai toujours détesté ça. Ça m'a prit un peu d'un coup : c'était pendant mon année de chômage, à moitié confinée avec ma famille, tout à coup je n'ai plus supporté la sensation de mes vêtements sur ma peau. Ça me le faisait même en journée. J'ai commencé à dormir sans, pour n'avoir que la couette sur moi et ma propre peau. Je pensais que ça me passerait, mais en fait non. C'est très bizarre parce que ce sont des changements qui se sont fait de manière très brusque.

Il y a aussi mon regard sur mon corps, qui fait toujours la bascule. De loin, dans le reflet déformé d'une vitre, j'aime à peu près la silhouette et puis, en sous-vêtements dans le miroir, avec la graisse, la peau, etc. rien ne va plus et je trouve ça presque dégoûtant… Puis à un autre moment je vais me dire que ça va. Puis la seconde d'après, de puis près ou sous un autre angle ça n'ira plus du tout. J'imagine que ça fait ça à un peu tout le monde, mais j'ai l'impression que chez moi c'est toujours sans demi-mesure : soit je me trouve presque sexy, soit le complet inverse.

Avec ma difficulté à m'adapter à la reprise du boulot, j'ai aussi récupéré des manifestations de stress. En fait, je ressens assez peu mon stress ou disons qu'il faut que je sois très stressée pour le reconnaître. Je sais que je suis stressée quand je commence à reprendre certains tics. Par exemple, j'ai recommencé à triturer ma peau à la base du pouce. Il y a quelques années je le faisais tellement souvent que de la cale s'était formée ; c'est un peu en train de revenir. Je recommence aussi à me mordre l'intérieur de la joue au sang.

Ce qui m'embête vraiment, avec ça, c'est que ma bonne résolution de 2021 c'était de prendre soin de mon corps. C'est complètement raté. Les mois ont défilé à la vitesse de l'éclair et je n'ai progressé sur rien. Pire, j'ai même régressé sur un certain nombre de choses. Heureusement, je vais reprendre l'aïkido demain, ça devrait m'aider à reprendre un peu possession de mon corps, de ses limites (j'entends par-là ses limites dans l'espace, le volume qu'il prend quand il se déplace, ses frontières). D'ailleurs peut-être que c'est une histoire de frontière du corps qui explique que je ne supporte plus mon pyjama ?

J'ai aussi de plus en plus conscience de mon envie (besoin ?) d'être touchée, de toucher les autres et plus précisément de savoir ce que ça fait de toucher la peau de quelqu'un avec sa propre peau. Le truc c'est que je ne suis vraiment pas tactile. Je déteste qu'on me touche. Au collège, j'avais commencé à refuser de faire la bise à mes amies. Quand ma sœur essaye de me faire un câlin par surprise, je suis vraiment très mal à l'aise. À l'aïkido ça va parce que l'on se se touche pas n'importe comment. En gros, ça s'arrête aux bras (parfois la tête) et c'est normé. Chez le médecin ça passe aussi, à peu près. C'est un peu… comme un conditionnement, comme si je m'étais "dressée" (je ne sais pas comment expliquer autrement) : je sais qu'on va (potentiellement) me toucher donc je suis préparée. Mais sinon, tout ce qui relève du "toucher social" (les accolades, les mains sur le bras et compagnie), c'est très difficile. Du coup, je peux bien avoir envie ou besoin d'un "peau à peau", c'est pas demain la veille que je vais l'avoir (sans même compter que pour ça il faut avoir des gens avec qui le faire, m'voyez, et que j'ai toujours du mal à faire confiance aux gens).

Je réfléchissais tout à l'heure et je me demande à quel point les changements dans ma psychologie, les barrières qui tombent, ne se font pas encore plus vite depuis que je me suis retrouvée sur liste d'attente de la psy. Dans le sens où je me demande si c'est possible que ça ait "tenu" jusqu'à ce que j'emménage et que je sois en mesure de prendre rendez-vous, mais que maintenant que la date est repoussée à un instant inconnu et sur lequel je n'ai ni contrôle ni maîtrise, tout lâche. Je ne sais pas si c'est possible. Mais ce que je sais c'est que je me retrouve à verser ma petite larme pour tout et n'importe quoi. Un reportage à la radio, un dessin animé… ce qui est aussi très nouveau avec ma relation avec mon corps, vu que j'ai passé des années, depuis le collège, pendant lesquelles je m'empêchais de pleurer (à ne pas faire, c'est mauvais pour la santé !). Je n'en suis pas encore à sangloter et pourtant il faudrait…

Du coup, je me demande dans quelle proportion mon sentiment d'être un peu perdue vient de mon corps que je perds un peu dans le sens où à la fois tout est pareil (je n'ai pas pris ou perdu beaucoup de poids ou de muscle, par exemple) et à la fois tout est différent (dans mon regard, dans ce que je peux faire ou pas (je n'ai pas fait de sport pendant un an et demi donc j'ai reperdu tout ce que j'avais gagné en terme de souffle, par exemple), dans ses frontières). Et en même temps, même si les changements ont été brusques, rien n'est différent du tout au tout. Ce sont des changements suffisamment marqués pour être sentis, et en même temps pas spectaculaires non plus. Ce qui est encore plus troublant, pour moi, je crois. Je me demande aussi dans quelle mesure le fait que je n'aide pas mon corps à être en accord avec l'état où il serait mieux avec lui-même, plus en accord (j'ai les cheveux un peu longs, par exemple, mais pour le moment j'ai d'autres priorités que d'aller chez le coiffeur), ne rajoute pas une toute petite goutte, juste suffisante pour troubler un peu plus l'état des choses. Et dans quelle mesure le fait que je ne respecte pas les promesses que je me suis faite (prendre soin de moi, aller me faire masser, aller chez le coiffeur, faire mes exercices pour me tenir plus droite, les étirements du dos, etc.) n'altère pas encore un peu plus la relation entre corps et esprit. En gros, c'est un peu le bordel.

dimanche 10 octobre 2021

Indépendance

Source photo – Amar Preciado
Il y a une semaine, j'ai commencé mon nouveau boulot. Mon premier, en fait, qui ne soit pas un stage. J'avais continué à chercher du travail en radio associative en parallèle de ma recherche d'alternance. Je crois que je dois bien être la seule de ma "promo" à ne pas avoir trouvé d'alternance, d'ailleurs, puisque la dame de l'organisme de formation finissait par m'appeler directement pour me demander si telle ou telle offre pouvait m'intéresser alors que la période de recherches avait commencé avec des mails groupés. En postulant à l'offre de mon travail actuel, j'avais dit que le poste m'intéressait tellement que, si je l'avais, je ne serais pas trop fâchée de ne pas avoir trouvé d'alternance. Et c'est vrai. (Mais n'empêche j'ai quand même acheté un livre pour me former de mon côté au journalisme pur.)

Mais en même temps je découvre à quel point les budgets sont serrés ce qui fait que je vais avoir du mal à partir en reportage, ce qui est très frustrant, sans même parler du temps qui manque pour tout faire, et de la problématique qui se met encore par-dessus : je conduis une boîte automatique : donc je ne peux pas emprunter de voiture à ma structure, donc la structure doit me rembourser les frais kilométriques, donc ça plombe les budgets. Puis j'ai eu le malheur de dire à mon patron que je n'étais pas très musique et il m'a dit franco que je n'aurais sans doute pas eu le poste si je l'avais dit en entretien (en même temps, il a jamais demandé si j'avais une bonne culture musicale, donc il avait qu'à poser les bonnes questions). Par-dessus ça, je me révèle particulièrement pas douée avec la technique (console d'enregistrement, etc.). J'ai aussi dit que je n'étais pas trop bonne conductrice et que j'étais infoutue de conduire une boîte manuelle. Ça commence à faire beaucoup, je suis un peu sur la sellette, je crois.

Le gars m'a dit qu'il avait hésité entre moi et un ancien Service Civique devenu bénévole à la radio, autonome en technique et que finalement il m'avait prise parce qu'il avait pensé que j'intellectualisais les choses et que j'avais de la réflexion. À vrai dire ça m'a même pas fait plaisir parce que je ne sais pas ce qui, dans ce que j'ai dit à l'entretien, a pu montrer ça. Mais ça n'empêche qu'avec toutes les problématiques autour de mon embauche, il n'a pas vraiment de raisons de me garder… On verra bien ! En attendant, j'évite de trop décorer l'appartement, et j'ai décidé d'attendre avant d'acheter un canapé… On sait jamais ! Ceci dit si je ne vais pas au bout de ma période d'essai je ne pense pas que je retournerais chez mes parents tout de suite ; je vais d'abord essayer de trouver un job alimentaire dans le coin pour garder ma toute nouvelle indépendance si laborieusement acquise.

J'ai pris un trois pièces pour pouvoir avoir un salon, une chambre, et un bureau. J'ai la chance d'être dans une région pas très chère au niveau des loyers. Après trois ans (enfin, une fois dix mois et deux fois six mois, plutôt) de studios, j'avais besoin d'espace. Je pense que le Covid est aussi un peu passé par-là. Sans le Covid, sans le confinement et sans l'année de chômage passée chez mes parents avec un père au chômage puis ma sœur et ma mère en vacances d'été, etc. je pense que j'aurais pu me contenter d'un deux pièces. Mais là, j'avais besoin de tout cloisonner : on travaille dans le bureau, on dort dans la chambre, etc. Une pièce, une fonction. (Même si dans les faits je mange dans le salon devant la télé (pas bien).) Pour ma concentration, c'est mieux aussi. Une fois que la porte de la chambre est fermée, j'ai l'impression que j'ai plus de facilités à couper des activités que je peux avoir dans le bureau, par exemple. Je suis du genre à ressasser et ruminer, donc ça ne se coupe pas d'un coup, mais j'ai l'impression que c'est plus facile de le repousser. C'est aussi plus facile de dire "je suis dans le bureau, je travaille".

Vivre de nouveau seule, c'est le pied ! Je suis à mon rythme, je ne suis obligée de parler à personne au petit-déjeuner ou quand je rentre, je mange à l'heure que je veux, je mets de la musique si je veux, je parle toute seule si je veux – je ne dérange personne –, et je dors mieux ! En attendant la livraison de mon futon je dors sur un matelas par terre et je dors mieux que dans mon lit chez mes parents (un creux avait fini par se faire dans le matelas, un désastre !). Les volets ne laissent passer aucune lumière, je n'entends personne ronfler ou descendre les escaliers à grands pas… et je n'ai pas à subir les sautes d'humeur de mon père. Ça faisait longtemps que je n'avais pas si bien dormi !

En parlant de saute d'humeur, la veille du déménagement, tous les deux stressés et fatigués, on finit par s'engueuler. Il me crie dessus en me disant qu'il me parle et je lui fais remarquer que ce n'est pas ça, parler. Il me sort, très calmement, sur un ton entre le raisonnable et le mielleux, comme quand on veut calmer un enfant déraisonnable, un peu : "Et puis si je m'énerve c'est à cause de toi, c'est parce que tu m'empêches de parler". Ça m'a choquée. Il aurait dit ça en hurlant, ça aurait juste été dans la ligne des remontrances beuglées. Mais là, calme, ça montre juste qu'il le pensait vraiment, que c'était vraiment comme ça qu'il voyait la situation. Pas comme un mec stressé, qui se sent acculé parce que des problèmes lui tombent sur la tête, et qui explose contre une pauvre fille tout aussi fatiguée et aculée psychologiquement pour plein de raisons, mais comme un pauvre homme qu'on ne laisse pas parler.

Cette phrase, la tournure, la manière de la dire… tout, absolument résume le bonhomme : un mec avec un complexe d'infériorité manifesté en supériorité qui, à l'écouter, n'est jamais responsable de rien parce que tout est toujours de la faute des autres qui ne l'écoutent pas, ne le comprennent pas, et le persécutent. Je le savais déjà ; lors d'une autre explosion, contre ma mère, ma sœur et moi, il avait lâché : "Moi je fais tout pour vous" un truc du genre, avant de nous insulter de salopes. Je pense qu'il nous voit comme ça. Comme des espèces de sorcières qui complotent contre lui et ne lui rendent pas son amour et son affection. Il ne se rend même pas compte qu'il est toujours sur son téléphone et ne parle jamais, ou n'écoute pas quand on lui parle, ne retient pas ce qu'on lui dit, s'énerve pour rien (un jour il a quitté la table juste parce que le plat était pas assez salé, en disant qu'il en avait marre de manger des trucs pas bons). Bref. Tout ça pour dire que ça ne me manque pas. Le coup de "c'est à cause de toi, c'est parce que tu m'empêches de parler" ça m'a achevée. Je ne veux pas avoir à lui parler ni à lui demander quoi que ce soit. Il m'épuise. En même temps c'est pas plus mal, ça va me permettre de me démontrer à moi-même que je suis capable de me débrouiller toute seule plutôt que de toujours demander de l'aide à papa-maman (au point où quand ma mère m'a demandé de lui envoyé une photo du collier de serrage pour le tuyau de la machine à laver, ça m'a irritée…) Enfin, au moins ça me fera un truc à dire au psy. (Je dis ça mais même sans ça j'ai des tas de trucs à dire au psy.)

Psy pour lequel je n'ai toujours pas pris rendez-vous alors que ça fait des mois que je dis que, quand j'aurais ma nouvelle vie, je sauterais sur un psy. Oui, mais voilà : je suis dans une région où c'est un peu le désert. J'ai contacté une psy que je sentais bien, mais malheureusement elle m'a proposé de me mettre sur liste d'attente. J'ai demandé combien de temps ça pouvait prendre et si c'est plus de trois mois j'essayerais d'en contacter une autre. Je dis une autre parce qu'en ce moment mes digues intérieures cèdent, je pleure de plus en plus, certaines choses commencent à me travailler sérieusement, et sincèrement je ne me vois pas dire à un psy homme que j'ai envie d'être touchée par un homme, que j'ai envie de découvrir ce que ça fait d'avoir un amoureux, etc. Trop gênant. Déjà dire ce genre de choses à quelqu'un en particulier plutôt qu'à personne comme sur mon blog c'est difficile, mais alors à voix haute et à un homme… jamais j'y arrive. Du coup, ça réduit pas mal les possibilités aussi. De la même manière je n'ai toujours pas dégoté un médecin parce que j'ai des démangeaisons à un endroit un peu intime, que je me suis déshabillée devant peut-être une dizaine de médecins, et qu'il me faut une femme. Sauf que des femmes, dans ma ville, y en n'a pas des masses.

Histoire que cet article ne ressemble pas à un bureau des plaintes je dois quand même dire que je conduis tous les jours pour aller au boulot, qu'aujourd'hui j'ai conduis jusqu'à la ville d'à côté, et que pour le moment, tout va bien. Sauf quand je perds une demi-heure parce que je suis infoutue de tourner à l'endroit que me dis le GPS… Et je ne sais pas me garer, non plus. Mais j'arrive à déplacer la voiture sans être un danger public, ce qui est déjà un bon point !

Je regarde la date et je me rends compte que ça fait presque un mois que je n'ai pas écrit, depuis que j'ai fini le premier jet de Roman 2. J'ai prévu de reprendre un texte exutoire ce soir, que j'ai relu hier pour me le remettre en mémoire. Je me suis troublée moi-même… je n'avais pas réalisé à quel point j'avais mis des sentiments compliqués dedans.

Je pense aussi prendre un potichat. Je pense que je vais attendre janvier, histoire de mieux y voir question budget et aussi d'avoir trouvé un vrai rythme avec le travail car j'ai des horaires annualisés qui peuvent bouger et que je vais devoir trouver un équilibre pour ne pas laisser le travail bouffer ma vie privée. J'ai décidé que la priorité c'était l'écriture. Reprendre l'aïkido (en novembre, je pense) rentre dedans car se vider la tête, rencontrer des gens, et apprendre des trucs sur la baston (l'aïkido ce n'est pas vraiment de la baston, mais n'empêche que ça m'a bien servi pour les romans !), c'est toujours utile. Mais je dois ne pas me disperser, et renoncer à mes idées de bénévolat dans d'autres médias, pour ne pas m'éparpiller. L'écriture, l'écriture, l'écriture. J'en ai envie, j'en ai besoin. L'écriture et le potichat. J'en ai besoin aussi. J'en rêve depuis que je suis toute gamine. (Et du coup dans les mauvais jours je me dis que c'est égoïste, que le chat, lui, n'aura rien demandé et que si ça se trouve il ne va pas m'aimer, ou que comme je me suis jamais occupé d'un chat je sais sans doute pas faire…, etc.)

En gros, ce début de nouvelle vie ne commence pas aussi bien que je l'avais prévu, surtout dans ma vie psychique. Je me trouve pas mal de signe de stress, des tics qui reviennent et une tendance à vouloir beaucoup parler à une copine de Twitter, avec ce sentiment de trop m'accrocher comme si, si je n'avais personne à qui parler, je tombais dans une sorte de vrille – je ne sais pas trop comment expliquer –, une tendance aussi à ne pas pouvoir ne pas manger devant la télé, pour avoir du bruit et ne pas me retrouver "seule avec moi-même". Même le soir, je mets des méditations ou trucs du genre sur mon téléphone, ça m'évite de trop ruminer (mais à long-terme ça ne fait que bloquer mon cerveau alors qu'il devrait traiter des tas de trucs). Mais paradoxalement je dors assez bien. Avant le déménagement, il fallait le préparer, donc j'avais tout le temps des sollicitations de mes parents, etc. trop de sollicitations, trop de stimuli pour mon cerveau d'introvertie, et je pense que je paye un peu le contre-coup, d'une certaine manière. Je n'ai toujours pas eu une journée où je ne parle à personne, et paradoxalement je suis sortie aujourd'hui parce que j'avais besoin de voir d'autres gens que mon patron (non pas que je ne l'apprécie pas, mais quand je côtoie trop longtemps quelqu'un ou que je bingewatch une série je me retrouve avec les voix et les façon de parler des gens dans la tête, ce qui est assez déplaisant quand c'est pas Tao Ren de Shaman King ;P).

Voilà pour les nouvelles ! Ce n'est pas terrible, mais ça pourrait être pire !
Comment allez-vous ?