lundi 29 juin 2020

Journal d'écriture, mois 4

Source – Joyce McCown
Ce mois-ci, j'ai enfin (il y a quelques jours, en fait) franchi "l'arc" que je trouvais hyper compliqué et j'ai pu embrayer (un peu) sur la suite. Mais ces derniers jours, j'ai aussi sauté beaucoup de séances du fait de la fatigue qui a fait que je me levais trop tard pour écrire, ou qu'au contraire je doive me lever tôt pour aller sur Paris. Il y a donc du relâchement et ça ne me plaît pas du tout car j'ai l'impression que si je relâche trop la bride, le cheval va refuser d'avancer et que je me retrouverais à n'écrire plus qu'une fois par semaine comme avant, ou alors de manière très irrégulière. Donc il est plus que temps de corriger tout ça.

Ce qui est bien, en ayant enfin passé le passage qui me bloquait – du fait qu'il y avait beaucoup de personnages à gérer en même temps, une ambiance "d'assemblée" à retranscrire – c'est qu'il ne me restera plus maintenant (en principe) que des choses que je maîtrise relativement, avec peu de personnages à chaque fois, donc ça devrait le faire. Ce qui est moins bien, c'est que mon arc me mettait tellement de bâtons dans les roues que je n'ai pas vraiment pu penser à la suite, et je me retrouve donc un peu en panne sèche. D'autant que maintenant je suis dans une partie un peu plus "molle" niveau action. Donc, "ça devrait le faire" mais pas tant que ça.

J'ai toujours un problème de gestion avec le personnage qui devait être le principal et qui se retrouve un peu bouffé par les autres. En même temps, plusieurs personnages ont à un moment où à un autre un rôle important, et je pense que, compte tenu du fait que l'histoire se déroule dans une ville de taille modeste où plus ou moins tout le monde se connaît, et compte tenu aussi du fait qu'il se passe des changements très graves, s'il n'y avait que deux personnages qui agissaient, ce ne serait sans doute pas très réaliste. Pour le moment je continue dans cette ligne, en me disant que peut-être qu'en relisant – puis en faisant lire – je me rendrais compte que le personnage ne se fait pas "bouffer" mais qu'il prend juste une place différente.

Je me retrouve aussi confrontée à un problème dont je pensais pouvoir me débarrasser en écrivant tous les jours. Avant, au fil de l'écriture, j'inventais des anecdotes à mes personnages, des petits trucs sympa, que je finissais pas oublier puisque je n'écrivais pas pendant longtemps. Je pensais qu'en écrivant tous les jours ça s'améliorerait et que je n'aurais pas à revenir vérifier des choses aux chapitres précédents puisque toutes les informations seraient fraîches dans ma tête. Mais en fait pas du tout ! Déjà parce que, en écrivant tous les jours, j'avance vite, donc beaucoup d'informations entrent dans ma tête. Et puis parce que les personnages que ça concerne on ne les voit pas beaucoup. Et aussi parce que, même si c'est "frais" il y a des choses qui datent d'il y a... quatre mois ! J'essaye de ne pas trop m'inquiéter là-dessus et d'éviter les incohérences. La chance que j'ai c'est que généralement je me souviens bien des passages, ou des passages environnants, et de la manière dont je les ai écrit. Donc je peux faire une recherche dans Word avec un ensemble de mots que je pense avoir utilisés à ce moment-là. Du coup mes vérifications vont très vites !

Il m'arrive aussi de douter pas mal de la qualité de ce que j'écris et de craindre écrire comme mes "juste-comme-ça", les machin-choses que j'écris pour le plaisir sans rien en attendre et où je fais beaucoup moins attention au style puisqu'ils me servent surtout à tester des choses au point de vue "fond" de l'histoire, thématiques développées, etc. Quand je sens que c'est le cas, je continue quand même d'écrire, généralement. Mais ça m'embête parce que, pour un texte sérieux, j'ai besoin d'une base de qualité dès le départ.

Côté temporalité, je pense que je peux avoir fini fin-Août si j'arrête de sauter bêtement des jours et que je presse un peu le pas. Pour ça il faut que j'arrive à régler mes problèmes de sommeil pour être capable de me lever un peu plus tôt pour avoir une plage horaire plus importante dédiée à l'écriture. Paradoxalement, même si je pense qu'il est possible de finir dans deux mois, je ne pense pas que j'y parviendrais. Ça me stresse un peu parce que, si je travaille à Paris à la rentrée, j'aurais pas mal de trajet à faire et donc du temps en moins. Je serais aussi obligée d'écrire le soir, où je serais fatiguée et donc ma production perdra en qualité. Comme on approchera de la fin, et que les fins sont à soigner, ça tomberait vraiment mal... Mais j'essaye de ne pas trop y penser. Il me reste deux mois pour... plus de la moitié et ça fait quatre mois que j'y suis. À part ça, tout va bien !

Je pense aussi déjà à la manière dont je vais m'organiser pour la relecture. Mon soucis principal est de ne pas modifier le fichier de base, pour toujours avoir une trace de la première version, et pour ne pas truquer les statistiques de temps du fichier. Je pense donc créer une copie du fichier et faire ma relecture (orthographe + fond + forme) dessus. Puis, au moment de faire les corrections pour suivre les retours de mes bêta-lecteurs, je ferai encore un troisième fichier. Surtout, je laisserai reposer, avant première relecture, au moins trois mois. Peut-être que je me lancerais dans le premier-jet du roman suivant, avec le risque que ça se chevauche et que je doive et corriger celui-là, et écrire le deuxième. Pour l'instant, je réfléchis encore dessus, même si je ne devrais sans doute pas. Le fait que j'y pense est surtout un bon indicateur pour montrer que je compte poursuivre le projet jusqu'au bout et l'amener à son terme, puisque je suis capable de me projeter dans l'étape suivante.

Et vous ? avancez-vous dans vos projets ?

vendredi 19 juin 2020

Imposture et compétence

Source – Barn images
Je ne sais pas trop où va partir mon article. Je voudrais parler à la fois du sentiment d'imposture, de l'incompétence et de la comparaison aux autres, parce qu'il y a un lien que je ne suis pas sûre de pouvoir exprimer correctement et que je ne sais pas trop par où commencer ; d'ailleurs je me jette dans la rédaction de cet article sans en avoir déterminé le titre, ce qui est très inhabituel pour moi. Bref.

Je suis membre d'un forum d'écriture. De temps en temps, je vais jeter un œil à la partie où les membres postent leurs textes et je lis un peu en diagonale, par curiosité, sans jamais commenter, et je me dis que c'est vraiment super et que je n'ai rien à redire, aucune critique négative à formuler, et que je suis très loin d'écrire aussi bien et que jamais je n'arriverai à atteindre le niveau qu'ils ont et celui pour être éditée par une maison. Je ne pousse pas le bouchon à vouloir arrêter l'écriture, mais ce cheminement, pour moi qui suis une grande ambitieuse, est déjà assez douloureux pour ne pas en rajouter – c'est surtout aussi que j'aime trop écrire pour ne serait-ce que penser à arrêter.

J'ai lu un article de Héloïse de Visscher sur le sentiment d'incompétence. Elle y explique que ce sentiment peut naître de la différence entre les résultats que l'on obtient, et ceux que nous pensons être capable d'obtenir. Je pense pouvoir être publiée, je découvre que j'en suis loin : ça implique ce fracas silencieux dans lequel je me dis que je n'y arriverais jamais. En ça, les articles de blog que j'ai vu passer sur le fait d'arrêter de se comparer aux autres sont assez justes. Se comparer aux autres, ça fait du mal et ça ne sert à rien. Mais il y aurait quand même à nuancer.

Comme je suis actuellement en stage, je gagne un peu de sous, et j'ai recommencé à acheter des mangas. J'ai donc pu reprendre où je l'avais laissée ma lecture de Sousei no onmyôji de Yoshiaki Sukeno. Pour vous mettre en contexte rapidement : Rokuro, adolescent, est un onmyôji qui conjure les vilains monstres venus d'un monde parallèle. Il veut devenir le plus puissant de sa corporation mais il lui reste un immense chemin à parcourir. Dans le tome onze, il demande à un plus puissant que lui, qui fait partie de l'assemblée des Douze Généraux Célestes (les plus forts parmi les plus forts) de lui expliquer ce qui les sépare. Et donc le type y va, et lui raconte à quel point il n'est pas au niveau, qu'il est un candidat potentiel pour devenir Général Céleste mais que bon, "un candidat reste un candidat". Mais Rokuro, au lieu d'abandonner tous ses rêves, est encore plus résolu que jamais à s'améliorer et souhaite utiliser le tournoi à venir comme moyen d'évaluer ses progrès. Vous pourriez me répondre que ben oui mais bon, Eni, t'es gentille ; s'il abandonne, y a plus d'histoire !

À l'origine, je voulais vous faire un grand article sur le fait de se comparer aux autres, le sentiment d'incompétence, etc., comme je fais de temps en temps. Donc j'ai fait des petites recherches. Et puis finalement je n'ai pas trouvé suffisamment de choses qui me plaisaient bien, donc je fais plus modeste. Mais dans mes recherches j'ai trouvé un article de Lise Friedman qui explique qu'il existe trois type de comparaison sociale. La comparaison latérale : quand on se compare avec des personnes que l'on juge proches de nous ou identiques à nous dans le domaine que l'on vise (typiquement, mes petits camarades du forum d'écriture). La comparaison descendante : quand on se compare à des gens que l'on considère comme plus "faible" que soi. Elle sert à se remonter le moral. Et la comparaison ascendante : quand on se compare à des gens que l'on considère supérieurs à soi. Cette comparaison-là produit l'envie de s'améliorer, parce que l'on pense avoir le potentiel suffisant pour atteindre et dépasser le niveau des personnes à qui l'on se compare. Rokuro n'est donc pas juste motivé pour qu'il y ait une histoire à raconter !

Le truc c'est que ma comparaison avec les autres membres du forum ne me donne pas vraiment envie de m'améliorer. Elle me fout le bourdon. C'est aussi que le sentiment de compétence fait partie des thématiques qui sous-tendent l'estime de soi.

Bon, d'abord, les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la définition du concept d'estime de soi, donc je ne vais pas me lancer là-dedans, on voit tous à peu près, je pense, ce que ça donne. Dans ce grand concept, Christina Doré rappelle que l'on trouve : la valeur accordée à soi-même (jugement favorable ou défavorable), l'acceptation de soi (amour-propre et authenticité envers soi), l'attitude envers soi-même (bienveillance, ou pas), le respect de soi (considération que l'on se porte), et sentiment de compétence, donc. En gros, la confiance en soi n'est qu'une petite partie de l'estime de soi. Et toutes ces parties sont liées entre elles. Et si je devais me lancer dans un résumé du point ou j'en suis je dirais qu'aucune de ces catégories n'est remplie positivement chez moi. Donc, la comparaison blesse. Surtout quand le contexte n'est pas choisi. Comme ce sujet ouvert sur le forum à propos d'écriture inclusive où les grandes argumentations scientifiques des uns et des autres donnent juste envie de se faire tout petit.

Et par-dessus tout ça, l'imposture. Je n'ose pas me revendiquer du syndrome de l'imposteur parce que c'est un concept qui demande à ce que ce soit quand même quelque chose d'un peu constant et invariable, alors que chez moi l'imposture prend plus la forme de vagues.

C'est que, quand mon chef me dit que je fais un gros boulot et que je peux me reposer, je me demande si on parle bien de la même personne. Parce que, très sincèrement, même si je fais plutôt bien mon travail, je n'ai pas l'impression d'abattre un gros taf. D'ailleurs, je n'y passe pas beaucoup d'heures, et moins on m'en donne à faire, moins je veux en faire puisque j'ai pris un mauvais rythme. C'est assez compliqué pour moi à gérer, car j'aime travailler dans l'urgence, relever les challenges, avoir plein de trucs à gérer en même temps, et que je suis capable d'abattre beaucoup de travail dans un temps assez réduit. Là, j'ai plutôt l'impression de glander. Donc, quand mon chef me fait ce compliment à l'écrit, j'ai, l'espace d'une fraction de seconde, cette pensée que peut-être il me dit ça pour me culpabiliser – c'est d'ailleurs là que je vois comme j'ai progressé dans mon rapport à moi-même : avant, cette petite pensée aurait pris toute la place, aujourd'hui j'arrive à la foutre tout derrière la pile des pensées. Et quand il me fait le compliment à l'oral, et que je ne détecte dans le ton aucune hypocrisie, je me dis que c'est du gros n'importe quoi, parce que les autres bossent pendant que je me matte un film sur Netflix. Ce n'est pas que je ne veux pas bosser, c'est que je n'ai pas tant de choses que ça à faire. Mais, je n'ose pas trop le dire.

L'imposture, je ne l'avais jamais vraiment ressentie. C'est assez compliqué à gérer. Je culpabilise à la fois de ne pas bosser, et à la fois de ne pas être capable de faire part de mon problème à mon chef. J'ai l'impression d'usurper des compliments que je ne mérite pas. J'ai déjà du mal avec les compliments quand j'y ai droit, alors quand ce n'est pas le cas... Ça ne m'aide pas non plus à avoir davantage confiance en moi, bien au contraire... niveau estime de moi, tous les curseurs descendent en flèche. Mes recherches m'ont au moins permis de mieux comprendre comment tout ça fonctionne, et de pouvoir déployer des "pensées-médicaments" pour essayer de tout redresser. Ce que j'avais essayé pour me motiver à passer le permis de conduire en trouvant des raisons intrinsèques, et qui avait plutôt fonctionné. C'est à ne pas comprendre pourquoi ils n'ont pas voulu de moi en psychologie du sport ! ;)

L'imposture jaillit aussi, dans une intensité moindre, quand on me dit que je suis intellectuelle, ou que je sais beaucoup de choses, que j'ai toujours un truc à dire dans toutes les conversations, etc. Parce que moi je trouve que je manque beaucoup de vocabulaires et de connaissances. C'est une imposture. Je sais des trucs dans plein de domaines différents mais très peu de choses, juste suffisamment pour intervenir dans une conversation et paraître légitime, pas suffisamment pour la tenir sur le long-terme. Juste assez pour signifier à mon interlocuteur que je suis intéressée, et que s'il est plus expert que moi je boirai ses paroles.

Est-ce que ça vous arrive, parfois ?

vendredi 5 juin 2020

Comment je suis devenue écolo

Source – John Cancalosi / National Geographic
C'est une idée d'article qui me trotte dans la tête depuis un moment et cette Journée mondiale de l'Environnement me paraît toute trouvée pour me lancer ! ;)

J'ai toujours aimé les animaux, d'ailleurs je pense que le plus grand manque dans ma vie d'enfant a été de ne pas avoir d'animal de compagnie. Petite, je me gavais de documentaires animaliers, et je continue à regarder avec passion ce que diffuse Arte, France TV, ou Netflix. Ado, j'ai tenu quelques temps un blog sur la maltraitance animale. Je voyais des photos atroces, et je me rappelle avoir vu un documentaire horrifiant que j'ai dû regarder en plusieurs fois pour tenir le choc. La nature m'a toujours intéressée. Je me suis même rêvée garde forestier ou comportementaliste animalier ! Pour moi, prendre soin de la planète serait quelque chose de normal. Cependant, pendant longtemps je n'ai pas vraiment œuvré en ce sens. Déjà parce que j'étais dépendante de mes parents, et ensuite parce que je gardais dans l'idée qu'être écolo était quelque chose de compliqué.

La prise de conscience


Dans le même temps, je suis devenue une lectrice de plus en plus régulière de National Geographic Magazine. Mes premiers numéros doivent dater de 2013, mais je n'étais pas très assidue et j'en ai perdu beaucoup. Puis, peu à peu, je les lisais vraiment et avec un grand intérêt. En juin 2018, ils publiaient un ensemble d'articles sur le plastique. Des chiffres effroyables. Des photos aux scènes dramatiques. Dont celle de la couverture : une cigogne dans une décharge en Espagne, piégée dans un sac plastique – le photographe l'a bien entendu libérée.

C'est ce numéro qui m'a fait réaliser que trop, c'était trop. Trop de gaspillage, trop de trucs aberrant ; trop de plastique. Et tout à coup, j'ai vu autour de moi tout ce plastique non-indispensable (parce que, on ne va pas se mentir, une voiture est indispensable dans notre monde d'aujourd'hui et une voiture sans plastique je ne sais même pas si ce serait possible). Tous ces contenants de produits, brosses à cheveux, emballages... Je ne vais pas vous assommer avec des chiffres parce que je ne les ai pas en tête et que ce n'est pas le but de l'article. Ils sont facilement trouvables sur l'Internet mondial. Et ils sont glaçant.

À partir de là, j'ai décidé de ne plus utiliser de plastique si je pouvais faire autrement. Je zappe dans les grandes-surfaces ces rayons que j'appelle "rayons du plastique". Ceux des gâteaux, biscuits, fromages... les yaourts je les achète dans des pots en verre (ce qui vaut mieux niveau santé, par ailleurs).

Changer les choses à petite échelle


Des fois, on me dit que je ne vais pas changer le monde à moi toute seule, que je ne vais pas sauver la planète. J'en ai parfaitement conscience. Le but, ce n'est pas de changer la planète. Le truc c'est que je pense qu'on n'arrivera jamais à la sauver. Parce que les entreprises ne voudront pas "perdre de l'argent". Parce que la fonte des glaces aux pôles va donner accès à de nouvelles routes maritimes et à des puits de pétroles et autres denrées chères. Très chères. Les pays limitrophes se battent déjà pour savoir qui pourra mettre sa papatte avide sur les centaines de milliers de barils. En fait, sauver la planète, ça n'arrange personne. On préfère imaginer que l'on va trouver une autre planète très très loin pour y vivre avant que tout n'explose, ou que la technologie pourra nous sauver la vie. S'adapter plutôt que sauver.

Ce n'est pas pour sauver la planète, que je le fais. C'est par égoïsme, pour me dire que j'ai fait ma petite part, et que ça fait toujours une brosse à dent de moins qui finit dans la mer.

Dans ma croisade contre le plastique, j'ai commencé par le plus facile : la salle de bain ! La salle de bain, c'est là où il y a le plus de bouteilles, flacons, emballages... et là où on peut le plus facilement trouver des alternatives. Début facile, et donc encourageant !

J'ai donc abandonné les shampoings liquides dans des bouteilles en plastique (adieu mon shampoing préféré de Lush !) pour des savons, shampoings, et dentifrices solides. J'ai testé plusieurs marques. Chez Bélice, j'ai bien aimé le dentifrice, et adoré le déodorant ! Je trouve même qu'il fonctionne mieux que certains déodorants du commerce. Je suis plus mitigée sur le savon et le shampoing. Actuellement, je teste le shampoing Druydes que pour le moment j'apprécie (je pense que ça va durer).

Je n'ai pas été convaincue par les brosses à dents en bambou qui me sont passées entre les mains. Déjà, les poils sont bien souvent en nylon (argh) et ensuite, celle que j'avais s'est usée très vite. Cependant, j'ai mis la main sur une brosse à dent entièrement en bambou ! La marque s'appelle Croll & Denecke. Je n'ai pas encore pu la tester, étant donné que celle que j'ai actuellement n'est pas encore usée. Mais j'ai bon espoir.

Imperfection


Il ne s'agit pas d'être parfait. Je découvre régulièrement de nouveaux produits alternatifs au plastique – comment ça ?! une brosse à vaisselle en bois à tête interchangeable, ça existe ?! – et, même si je vais au marcher et que je n'achète pas de fruits et légumes sous plastique, il y a des choses que je ne fais pas. Par exemple, je n'achète pas en vrac. La seule fois où j'ai essayé, je me suis retrouvée avec une invasion d'insectes. Donc ça sera sans moi.

Depuis que je suis revenue chez mes parents, c'est aussi beaucoup plus compliqué. Eux s'en fichent complètement. Et voilà les salades dans une poche plastique, la viande en barquettes, le fromage dans du plastique, les pots de yaourts en plastique... Moi qui ai réduit ma consommation de viande à... ben rien, en fait (sans gros efforts puisque je n'aime pas particulièrement ça), je me retrouve à en manger. Alors oui, on pourrait me dire qu'il ne tient qu'à moi de refuser, et je le fais dès que possible, mais ce n'est pas toujours aussi facile. Et, encore une fois, il ne s'agit pas d'être parfait. D'ailleurs, être parfait est impossible.

J'achète mes pantalons chez Fantazia. Ils font travailler des artisans, et reversent une partie de l'argent touché pour des constructions d'écoles et ce genre de choses. C'est génial ! Problème : les produits sont faits en Inde ou au Népal, à l'autre bout du monde. L'empreinte carbone est nécessairement élevée. Dans le même genre, j'ai acheté une paire de chaussure chez Perús, qui finance des jours d'école. Mais dans ces chaussures, se trouve du plastique. On ne peut pas tout avoir.

Il y a aussi des choses que je n'ai pas l'occasion de faire actuellement mais que j'aimerais pouvoir faire à terme. Par exemple, avoir un compost, pour réduire mes déchets. Pouvoir acheter plusieurs de mes produits sur un seul site, pour réduire le transport (ce que j'ai fait via Naturitas pour ma dernière commande, mais par exemple ils ne sont pas revendeurs de Bélice (qui par ailleurs a des boutiques mais pas autour de chez moi)). J'aimerais aussi pouvoir faire ma propre lessive et mon liquide vaisselle maison.

De plus en plus, je m'interroge aussi sur mon utilisation d'internet, et j'en viens parfois à culpabiliser d'avoir un blog ou de consommer des vidéos sur internet, parce que ça utilise des serveurs et que ça pollue... quand le moral n'est pas au top, j'ai cette idée que je voudrais aller me perdre au milieu de nulle part.

Je pense qu'il est facile de culpabiliser en se disant que les autres font mieux que nous et que l'on ne fait pas assez. C'est aussi pour ça que je vous parle de mes imperfections dans ma recherche du rejet du plastique, juste pour montrer que l'on peut mettre des choses en place petit à petit, en fonction de ce qui est possible. Le premier pas, c'est d'ouvrir ses mirettes et de se rendre compte qu'on est entouré de plastique qui ne sert à rien du tout et dont on pourrait se passer.

Comment ça se passe de votre côté ? Un petit geste pour la planète ?

samedi 30 mai 2020

Non, je ne veux pas d'enfant

Source – Brett Sayles
Affirmation qui peut être ardue à justifier dans un monde où d'une part notre condition animale nous pousse à vouloir nous reproduire pour perpétrer l'espèce et où, d'autre part, les normes de genre ont rapidement réduit les femmes à leur place de mère. Non seulement je ne veux pas d'enfant, mais en plus, je l'assume.

Plutôt que de dire que je ne veux pas être mère, il serait d'ailleurs plus juste de dire que je veux ne pas être mère. Subtile nuance. Mais dans laquelle tout se joue.

"Tu changeras d'avis !"


La réaction que j'affronte le plus est dite avec une insolente assurance. Tu vas changer d'avis. Tu vas changer d'avis quand tu auras un mec. Tu vas changer d'avis quand tu vas grandir. "Tu changeras d'avis", que l'on me glisse avec un petit sourire narquois et des yeux rieurs, comme si la boule de cristal de mon interlocuteur avait scellé à jamais ce destin. D'ailleurs, d'après les recherches de la sociologue Charlotte Debest, c'est la phrase que l'on dit plus aux femmes qui ne veulent pas d'enfants quand elles ont autour de vingt-cinq ans.

C'est la réaction qui m'agace le plus. Elle nie ma possibilité à prendre une décision par moi-même. Elle sous-entend que, parce que je vais me mettre en couple et que les années vont passer, l'horloge biologique va se réveiller et sonner l'heure pour moi de me plier à mon devoir de femme : enfanter. Incapables de comprendre ce qui se joue en moi, mes interlocuteurs me disent que je changerai d'avis, comme si mon refus d'avoir des enfants relevait de l'immaturité adolescente. Comme si je ne voulais pas d'enfant simplement parce que je n'ai pas rencontré l'amour et que je ne suis pas installée.

Je déteste que l'on me dise que je vais changer d'avis. Parce que je ressens au plus profond de moi que ça ne sera pas le cas, et que cette phrase entre en profond conflit avec ma vision du monde, de ce qu'est un individu. Je n'ai moi-même pas encore identifié tous les fils que tire cette unique phrase, mais je sais qu'elle est l'antithèse de ce que je suis, et cela pas seulement sur le plan de la parentalité mais sur tous les autres plans de la vie. "Tu changeras d'avis" revient à me nier la prise de décision.

Or, pour moi, le refus de faire un enfant va plus loin qu'une décision réfléchie, posée et raisonnée. Comme beaucoup de personnes, je le ressens au plus profond de moi.

Refus viscéral


Quand j'ai besoin de le justifier, je dis que vu l'état de la planète, ce n'est franchement pas raisonnable. Je dis que des enfants sans parents, sur la Terre, il y en a des tas, alors ce n'est pas la peine d'en fabriquer un. Pour fuir, quand la situation m'y oblige, je lâche un : "de toute façon, je n'ai pas de mec". Fin de la discussion en forme de non-recevoir. Va voir ailleurs si j'y suis. Oui, parce que, pour faire un enfant tout bien dans les normes, il faut être deux : un homme et une femme ; et il faut avoir une situation économique stable. Je n'ai ni l'un ni l'autre, alors la discussion des enfants ne devrait même pas avoir lieu.

Mais la réalité vraie, c'est que c'est un sentiment qui est en moi depuis plusieurs années. Petite, je ne jouais pas aux poupons, ou du moins je ne m'en souviens pas, ce qui dans le fond ne change pas grand-chose. Je ne me suis jamais imaginée mère. Et pourtant mon esprit m'a plongée dans bien des lieux et des situations différents !... De la vie de couple à comment je réagirais en cas d'attentat, en passant par me projeter dans des emplois divers et des villes variées. Mais jamais avec des enfants. Jamais. Quand j'essaye de m'imaginer enceinte, un être grandissant dans mon corps, je ne parviens qu'à provoquer un sentiment d'aversion et de malaise. Presque, ça me dégoûte. Dans le même genre de réaction viscérales, physiologiques, les pleurs des bébés me cognent sur le système. J'ai envie de les attraper par les pieds et de les fracasser contre un mur. Je ne sais pas si c'est lié à mon rapport compliqué avec mon corps, ou si ça entre en résonance avec d'autres mécanismes de mon esprit. Toujours est-il que je ne veux pas d'enfants. D'ailleurs l'éventualité même que je puisse vouloir des enfants un jour m'effraie. Hors de question que je ponde des gosses.

Quand je m'imagine avec des enfants, ce ne sont pas des enfants. Ce sont des ados. Je ne suis pas leur mère : je suis famille d'accueil pour la Protection Judiciaire ou la Protection de l'Enfance. Je n'assouvie pas mon besoin d'être mère : je viens en aide à des gamins paumés. C'est une œuvre humanitaire.

Pour le moment, la question est simple, car je suis et ai toujours été célibataire. Mais quand je serai en couple (c'est pas gagné...) ce sera peut-être une autre paire de manches. Dans un article, Émilie Gilmer, explique que les couples qui restent ensemble lorsque l'un veut un enfant et l'autre pas, sont ceux où le partenaire qui ne veut pas d'enfant accepte et reconnaît chez l'autre le deuil de l'enfant qui ne sera jamais là, et que le couple fait de la qualité de sa relation une sorte d'enfant symbolique.

Je ne me vois pas être en couple avec un homme qui veut des enfants. Je pense que j'aurais toujours peur qu'il finisse par me le reprocher, que quelque part dans son esprit subsistera cette idée que je lui vole quelque chose. C'est peut-être une projection de mon propre sentiment par rapport à ça. Ce que je veux dire c'est que, au-delà de cette peur, je m'en voudrais d'être l'obstacle à son choix de vie. Peut-être que ça changera lorsque j'aurais une relation effective, mais pour le moment je me dis que si je tombe sur un homme qui veut des enfants je le "libérerais". De la même manière que je ne peux pas accepter l'idée qu'on m'en impose, je ne peux pas accepter celle d'imposer mon choix à quelqu'un d'autre.

Les stéréotypes ont la vie dure


Une remarque qu'une amie m'a faite il y a peu, sans méchanceté ni malveillance, était tournée sous forme de question : "tu n'as pas peur de ressentir un vide ?".

Je ne savais pas que l'on faisait des enfants pour remplir un vide. Je serai, je l'espère, une femme occupée, je n'ai pas que ça à faire que de m'occuper d'enfants. J'ignorais que l'on faisait des enfants pour ne pas s'ennuyer. Et puis, en faisant des recherches sur le sujet des sans-enfant volontaires, j'ai fait le lien avec une autre notion.

Ce n'est sans doute pas une question de remplir sa vie avec des activités. Ou pas que. Peut-être que ce qui sous-tend cette question se rapproche aussi un peu des normes de genre. Peut-être que ce qui se joue ici c'est la transgression de cette idée qu'une femme n'est pas femme accomplie, épanouie et entière si elle n'est pas mère. Or, la notion d'entièreté suppose qu'il y a le fait de n'être pas entier. Qu'il manque donc quelque chose ; qu'il faut remplir. Avec un enfant.

D'ailleurs, ce qui ressort de ce que j'ai lu, c'est que, quand l'entourage accepte l'idée que la femme ne veut pas d'enfant et n'en aura pas, il y a un attendu sur sa carrière, qui doit être remarquable. Je n'y échappe pas trop car j'ai répondu à mon amie que j'avais plein de projets, de création de contenus, et un métier qui m'occupera, et une activité sportive, et que donc je n'aurais pas le temps.

Les femmes font les enfants. Et, comme le rappelle Catherine Vacher-Vitasse citant Michelle Perrot et Françoise Héritier, pendant longtemps, les enfants ont fait la femme – puisque pour être une vraie femme il fallait être mère.

Le mariage grec et le mariage chrétien n'avaient que pour but la procréation. Chez les Romains, l'épouse devait fournir trois enfants vivants. Ensuite, elle devenait une "matrone" et pouvait se soustraire aux rapports sexuels si elle le souhaitait.

Mais tout ça, c'est aussi une question de construction sociale. Un jour je discutais avec des amies et l'une d'elle, étudiante en médecine, nous expliquait que si les petits garçons jouaient avec des poupons plus fréquemment, ils développeraient leur attention du bébé et ils voudraient davantage s'occuper d'eux une fois adultes avec un vrai bébé dans les mains. Ça permettrait sans doute aussi de faire disparaître cette idée selon laquelle un bébé est un projet de couple, et que ce n'est pas l'homme qui fait ce choix.

Avec les amis


Je n'en veux pas à mon entourage de me faire sans cesse des remarques. D'autant moins maintenant que je sais que nous sommes seulement environ 5% dans la population française à rejeter la parentalité. Ce qui signifie que je suis entourée de 95% de personnes qui seront nécessairement surprises, heurtées, choquées, ou atterrée de m'entendre dire que je ne veux pas d'enfant. D'ailleurs, ça se ressent dans mon entourage. Je ne connais que deux personnes qui ne veulent pas d'enfants : une amie qui ne les apprécie pas et veut qu'on laisse son utérus en paix ; et une autre qui adoptera car elle a des problèmes de santé qu'elle ne veut pas transmettre à ses enfants. Toutes les autres personnes à qui j'ai parlé de mon non-désir d'enfant m'ont fait des yeux ronds. C'est reposant de parler avec ces amies. Parce que je ne sens pas de déséquilibre dans la discussion (la fille qui a tors vs. celle qui sait qu'elle changera d'avis et se lèche les babines d'avance à l'idée de pouvoir lancer "je te l'avais bien dit !").

D'après les recherches sociologiques, autour de trente ans, les groupes sociaux et amicaux de recomposent. Les amies qui ont des enfants demeurent amies, et celles qui ne veulent pas d'enfant s'en séparent et, peu à peu, ne sont plus entourées que de personnes qui n'ont, elles non plus, pas d'enfants.

J'espère que ça ne m'arrivera pas, car j'aime mes amies et que je voudrais bien les garder. Ce qui aide, c'est que j'aime les enfants. Je n'ai aucune dent contre les enfants. Mais à petite dose. En garder une paire un week-end pour soulager les femmes de mon entourage, oui. Travailler auprès d'enfants, leur apprendre des choses, d'accord. En avoir à moi qui braillent et m'empêchent de faire ce que je veux : non.

Pour conclure, je dirais qu'avoir ou pas des enfants devrait toujours être un choix personnel et circonscrit au couple. Les parents, les amis, les proches, n'ont pas à mettre leur nez là-dedans. Ça regarde chaque homme et chaque femme d'un point de vue individuel. C'est un désir ou un non-désir qui ne devrait pas attirer le jugement. Il n'y a aucun bon choix, ni aucun mauvais choix.

Biblio

♣ Catherine Vacher-Vitasse. « Chapitre V. Des désirs et des techniques », Énigmes du corps féminin et désir d’enfant. sous la direction de Vacher-Vitasse Catherine. Champ social, 2018, pp. 91-112.
♣ Émilie Gilmer. « Un choix qui dérange », L'école des parents, vol. 618, no. 1, 2016, pp. 44-47.
♣ Charlotte Debest. « Carrières déviantes. Stratégies et conséquences du choix d’une vie sans enfant », Mouvements, vol. 82, no. 2, 2015, pp. 116-122.
♣Charlotte Debest. « Quand les « sans-enfant volontaires » questionnent les rôles parentaux contemporains », Annales de démographie historique, vol. 125, no. 1, 2013, pp. 119-139.
♣ Charlotte Debest. « Chapitre 5. Le refus de maternité : entre émancipation des assignations patriarcales et idéalisation du rôle de mère », Yvonne Knibiehler éd., La maternité à l'épreuve du genre. Métamorphoses et permanences de la maternité dans l'aire méditerranéenne. Presses de l’EHESP, 2012, pp. 43-50.
♣ Charlotte Debest. Le choix d'une vie sans enfant. Nouvelle édition. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2014.

vendredi 29 mai 2020

Journal d'écriture, mois 3

Source – Alina Vilchenko
J'avais prévu de ne faire mon prochain journal d'écriture que le mois prochain. Mais, comme vous avez pu le lire dans mon article sur la manière dont je construis mes personnages, j'ai récupéré mes notes plus tôt que ce qui était prévu. Ça fait maintenant environ deux semaines que je les ai et même si ça n'a pas changé grand-chose du point de vue de l'histoire elle-même, je suis très soulagée et je sens vraiment une différence par rapport à avant sur le plan psychologique.

En réalité, en quinze jours, je n'ai toujours pas dépassé le point critique, la dernière borne de scénario dont je me souvenais. De ce point de vue-là avoir mes notes ne m'a donc pas débloquée. Par contre, j'avais effectivement fait quelques erreurs dans l'histoire, et j'avais notamment oublié un point-clef. Ce qui fait que, en plus des corrections "lambda" (je me suis trompée sur les attributions d'un dieu, quand même... alors que c'est moi qui ai créé ce dieu... xP) j'ai dû insérer un nouveau chapitre en plein milieu de ce que j'avais déjà écrit ! Ça a été assez perturbant pour moi car je n'ai pas l'habitude d'oublier des choses en cours d'écriture, en tout cas pas de cette manière – ça se joue plutôt à la marge, sur une réplique que je n'ai pas mise, par exemple. Cependant toutes ces corrections ne m'ont pas prises beaucoup plus d'une heure, donc elles étaient assez minimes en fin de compte, et le chapitre a ajouter a plus rôle de clef pour faire tourner l'histoire que pour la faire avancer, il tient sur deux pages et n'a donc pas été très long à écrire.

Pour le reste, avancer est beaucoup plus facile, parce que je peux consulter ma frise chronologique et toujours vérifier la borne que je dois atteindre ensuite. Je me rends compte aussi que ma peur initiale de me "bloquer" en m'imposant un déroulé de l'histoire et en bloquant mon imagination était infondée. À la lecture de certaines bornes, au lieu de me dire "OK, et ensuite ?", je me dis plutôt : "mais comment Diable vais-je arriver là ?!". Sans compter les passages à ajouter pour donner les bonnes informations aux bons personnages... Ce qui me fait le plus peur du point de vue du scénario c'est que j'ai l'impression qu'un passage, qui était censé être une immense révélation, change l'ambiance de l'histoire, ce dont je ne veux absolument pas ! Je dois donc doser avec prudence.

La première moitié de mon mois de mai a été similaire à ce que je disais dans mon dernier journal d'écriture : je galérais à écrire, à avancer, et ne faisais des séances que de quinze minutes. Pas top. Aujourd'hui je suis revenue à des séances beaucoup plus longues (une heure trente hier). Comme j'ai changé de routine, je ne sais pas si ça vient de la confiance que j'ai retrouvée en même temps que mon carnet qui contient tout ce dont j'ai besoin, ou si c'est parce que ma nouvelle routine me convient mieux. Je pense que c'est un mélange des deux, d'autant que ladite routine n'est pas encore véritablement installée.

Si vous me suivez depuis le début vous vous souvenez peut-être que j'écrivais le soir, après manger. Mais un jour, je me suis réveillée tôt un matin, il y avait du soleil, j'ai regardé par la fenêtre et je me suis dit que j'avais furieusement envie d'écrire. C'est ce qui m'a motivé à me lever un peu plus tôt le matin pour écrire avant le petit-déjeuner. C'est un succès améliorable ! Un succès parce que je suis du matin, donc ça ne me demande pas véritablement d'efforts. Un succès aussi parce que je trouve qu'il est plus facile de couper de tout ce que j'ai à faire le matin avant le petit-déjeuner que le soir. Pour moi, le petit-déjeuner lance la journée, donc écrire avant c'est comme "voler" un moment privilégié. D'ailleurs c'est assez drôle parce que, quand j'écris le matin, souvent le soir je ne me souviens plus que j'ai écrit, ou je me demande si je l'ai fait, comme si ça n'avait pas existé.

Succès améliorable parce que j'ai pris de mauvaises habitudes de sommeil ces dernières semaines, et que rétablir de bonnes choses en accord avec mon rythme naturel n'est pas toujours hyper simple, ce qui fait que je me retrouve le matin avec un temps limité pour écrire ("pour être prête, il faut que j'aille manger à telle heure, donc il me reste une heure dix"), ce qui me stresse. Hier, j'ai commencé à écrire vers six heure, ce qui me laissait environ deux heures. Comme mon maximum rarement atteint est deux heures trente, et que quand ça va bien je tourne plutôt autour d'une heure ou une heure et demie, avoir une grande plage avec du rabe me permet de me sentir beaucoup plus libre et sans pression. Je vais donc travailler à rester sur ce rythme.

J'ai aussi remarqué que j'avais beaucoup plus de recul sur la qualité de ce que j'écris en phase même d'écriture. Je suis capable de dire que ce que je suis en train d'écrire est "vraiment mauvais", ne correspond pas à ce que je veux faire, et que je devrais corriger, voire supprimer. Ça m'a d'ailleurs poussée à supprimer, à la louche, trois milles des quatre milles derniers mots que j'avais écrit, pour faire quelque chose d'un peu plus... cohérent vis à vis de l'ambiance que je veux dans l'histoire, dans la ville où elle se déroule, et pour les personnages. Sans aller jusque-là, je sais parfois qu'un passage de quelques lignes ne correspond pas tout à fait à ce que je veux faire.

Je ne sais pas si c'est le fait d'écrire tous les jours et donc d'être beaucoup plongée dans mon scénario que je ne l'étais que j'écrivais une fois par semaine, voire une fois toutes les deux ou trois semaines ; ou si ça vient du temps que je passe à lire les questions de méthode et de style des uns et des autres sur un forum d'écrivains que je fréquente ; ou si c'est simplement qu'avec le temps on est tous capable de savoir si ce qu'on écrit est mauvais ou pas. Ou si je me fourvoie complètement et que tous ces passages (que je n'ai marqué par rien du tout, d'ailleurs), ne me sauteront pas aux yeux au moment de la relecture.

Côté statistiques, même si je n'ai pas d'objectifs chiffrés, parce qu'écrire tous les jours est déjà en soi un objectif, je suis quand même assez fière de mon avancée. J'ai atteint la page cent de mon document, et dépassé la barre des soixante milles mots. En calculant (pas de tête, haha :P) ça me fait en moyenne du six-cent-soixante-dix mots par séances. Soit un peu plus d'une page Word. Au final, c'est assez peu, mais ma période "quinze minutes par jour" fait beaucoup descendre cette moyenne. Quoi qu'il en soit, je suis contente de voir que j'avance !

Et vous ? Où en êtes-vous dans vos projets ?