jeudi 7 mai 2026

L'ennui au travail

Aujourd'hui, j'ai terminé tous mes flashs info, jusqu'à 10h, à 8h01. (Je vous écris du boulot, d'ailleurs, mais faut pas le dire à ma patronne.) D'habitude, c'est plutôt 8h30. Même 8h30 c'est trop tôt. Je crois que les collègues enregistrent quelques minutes avant. Alors bien sûr, j'ai une conscience professionnelle : je vais faire une veille et vérifier qu'il n'y a pas des articles importants qui sortent entre-temps, et si ça arrive je réenregistrerais mes flashs pour que l'information importante et nouvelle soit bien diffusée. Ça n'empêche que... que je me retrouve perturbée, du coup. Les collègues n'ont pas l'air d'avoir tout ce temps de latence (là, techniquement, je n'ai plus rien à faire avant 9h10 et la conférence de rédaction, à part enregistrer les trafics et de nouvelles météos). Les collègues n'ont pas l'air de n'avoir rien à faire jusqu'à 12h. Alors je commence à me demander si le problème ne vient pas de moi.

Pourtant je me note des infos pour les jours à venir, avoir un peu d'avance (je n'écris pas les brèves, juste une note pour me souvenir de l'info), je propose des sujets à la rédaction (pas assez, je pense, mais j'ai du mal à trouver de l'intérêt dans la plupart des infos), je fais des interviews. Mais rien de tout ça ne prend beaucoup de temps. Et je me dis... que c'est peut-être moi le problème. OK, je n'aime pas mon travail, mais j'essaye quand même de bien le faire, j'essaye d'appliquer les conseils de mes chefs sur l'écriture des brèves, je m'applique dans les montages des interviews... Il y a eu une période c'est vrai où j'écrivais le minimum de brèves : maintenant j'en écris aussi sur les infos qui ne paraissent pas intéressantes ou spécialement importantes et j'essaye d'organiser les flashs pour les transitions entre les infos soient logiques. Je n'ai pas l'impression de mal faire mon travail. Mais peut-être que si, peut-être que les collègues font des trucs en plus, des trucs que je ne capte pas, je n'en sais rien.

Ce matin j'ai repensé à mon stage de Master 2 à l'armée de Terre. J'étais rédactrice au service communication, en télétravail cause Covid. Tous les matins, nous avions un point sur la journée avec le capitaine. Un jour, avant la réunion, il m'avait envoyé par mail un article à faire. Avant la réunion l'article était écrit et envoyé. Pendant la visio, le capitaine m'a dit : "je l'ai bien reçu ; tu as travaillé vite !" et j'ai pensé "oh lala merde il sous-entend "trop", j'ai dû faire une connerie, pas voir un truc", mais en fait non, il m'a dit qu'il était bien et qu'il ne pensait pas que je "travaillerais aussi vite". Ce qui est une bonne chose, en soi, mais... j'étais en Master, pas au lycée, donc avec la capacité de travail plus élevée, je ne sais pas... Je n'ai pas eu l'impression de travailler "vite" ou "plus vite que la normale". Comme aujourd'hui. Je fais le truc, c'est tout. Et aujourd'hui comme à l'époque je ne peux pas m'empêcher de me demander si je ne rate pas un truc. Je veux dire : si j'avais 160 de QI, OK, je voudrais bien survoler les tâches, performer plus vite que les collègues, mais ce n'est pas le cas (enfin je ne pense pas, en tout cas, je n'ai jamais fait de test de QI, mais franchement je ne me trouve pas particulièrement intelligente, surtout quand je regarde les gens autour de moi (j'ai une paire d'amies) qui ont vraiment un QI élevé). Donc il doit y avoir quelque chose que je dois mal faire. Mais je ne vois pas trop quoi, et je n'ai pas envie d'en parler à mes chefs parce que c'est quand même une demande particulière.

C'est particulier aussi parce que du coup au travail j'ai l'impression que mon cerveau travaille en sous-régime, mais quand j'essaye de me remettre aux hiéroglyphes, de me foutre dans le crâne ma prépa mentale (faut dire j'essaye en fin de journée de travail quand je suis bien, bien fatiguée) ça marche moyennement et je me sens nulle et con et incapable. Ma psy dans les Ardennes m'avait dit qu'elle était contre les tests de QI parce que savoir le chiffre ne change rien à tes besoins et à la manière de les remplir/réaliser/assouvir. Et je trouve ça assez logique. N'empêche que là tout de suite je me dis que quand même savoir le chiffre permettrait de savoir si c'est ça le problème. Et si on m'annonce 98 ben au moins je saurais que je suis juste dans la moyenne et que ce n'est pas ça le problème. Mais c'est cher et j'aurai changé d'avis dans deux heures. Puis quand il y a des espèces d'exercices de logiques (j'en ai fait dans le processus de recrutement de ce poste) du type terminer une suite de carrés de couleurs ou de formes et ce genre de choses, je galère, je trouve ça dur. Donc je n'ai probablement pas un QI plus élevé que la moyenne.

La situation me pèse parce que : je n'ai pas trouvé le Master 2 difficile alors que les profs nous avaient prévenus que ça serait plus dur que le Master 1 (c'est vrai aussi que je ne me suis pas beaucoup arrachée comparée à certains camarades) ; je me suis ennuyée au stage à l'armée de Terre parce que je n'avais rien à faire (je ne pense pas qu'ils avaient besoin d'un stagiaire : réorganiser le travail des deux alternants aurait probablement suffit à absorber le mien) ; je me suis ennuyée dans les Ardennes (objectivement, il y avait beaucoup de choses à faire, mais comme j'étais mal je n'avais pas envie de les faire donc je pense que la même radio ici, je postulerais) ; et je m'ennuie ici. Et ça commence à me saouler. Est-ce qu'il existe quelque part un putain de travail dans lequel je ne m'ennuierais pas ? Qui me permettrait d'apprendre des choses, de me montrer créative, dont certaines tâches me proposeraient un défi à relever, un truc juste au-dessus de mon niveau de compétences mais pas inatteignable ? Un travail qui soit de la nourriture pour mon cerveau, ça existe ? Ou alors, si c'est moi le problème, si c'est moi qui ne fais pas tout bien, est-ce que quelqu'un peut me dire ce que je ne fais pas bien ?

vendredi 24 avril 2026

La crise de larmes

Il est venu, il a vu, et il a vaincu.
En vrai... si, il a vaincu mon angoisse, j'ai bien dormi, j'ai moins serré les dents, j'avais envie de rire tout le temps j'étais joyeuse, je n'avais pas besoin de mes amulettes (mes colliers, bagues, dont je me pare pour sortir pour me sentir un peu protégée) pour aller dehors... Je me suis sentie super bien pendant dix jours. Et paradoxalement, la crise de larmes est aussi un signal positif. Un moment, j'ai versé ma petite larme, et puis tout un tas de trucs s'est engouffré dans la brèche et j'ai pleuré par salves de sanglots d'enfant pendant peut-être une heure au milieu de la nuit avec lui qui essayait de me rassurer le pauvre, mais des fois il disait des trucs gentils et je pleurais encore plus. C'était très bizarre pour moi qui n'ai pas sangloté depuis des années, même quand je sentais que j'en avais besoin, et là tout un tas de trucs est sorti d'un coup – mais je crois qu'il m'en reste. Ça m'a fait du bien, et il a été parfait. Comme tout le temps. Et ça faisait très longtemps que je ne m'étais pas assez sentie en confiance pour pleurer avec quelqu'un (et même toute seule je ne savais pas pleurer comme ça).

J'en ai parlé à la psy, parce que c'était quand même bizarre, comme moment, et avec elle on a parlé de peur du jugement, peur du rejet. Aaaah la blessure de rejet !... y en a des trucs à dire, parce que pour moi les gens finissent toujours pas arrêter de me parler, ce n'est qu'une question de temps, le dernier épisode en date étant la discorde avec l'ancienne copine du serveur Discord, dont je me remets à peu près avec le temps, mais je vais encore avoir besoin d'en parler à la psy, en fait, je m'en suis rendue compte en rendez-vous mercredi. On a parlé des relations aux autres, de la fois où une copine de primaire était partie parce qu'elle avait déménagé, qu'elle avait fait aux autres filles des petits bijoux de perles mais à moi une petite carte postale et de comment je m'étais sentie toute triste et rejetée et moins bien traitée que les autres à l'époque alors qu'aujourd'hui je sais que la carte avait plus de valeur que les bijoux de perle. Donc on a parlé de tout ça, et on a encore plein de trucs à aborder.

Les dix jours étaient vraiment incroyablement super, j'ai vécu plus de trucs que je pensais avoir droit dans ma vie, vraiment. Juste, il est reparti en me laissant sa crève, du coup les quelques jours avant la reprise du boulot ne sont pas extraordinaires, surtout avec les règles par-dessus, puis je dois sortir faire des trucs, aujourd'hui c'était rendez-vous chez le podologue, qui m'a coûté 245 euros donc autant dire que directement en rentrant je me suis occupée de donner la facture à ma mutuelle et puis je me suis dis allons-y pour aussi donner la feuille de soin de la gynéco d'il y a un mois à l'assurance maladie mais du coup sur le site ce n'est pas possible faut se connecter sur l'application donc je télécharge l'application, mais la connexion avec France Connect n'est pas possible mais "mot de passe oublié" ce n'est possible que sur le site donc je retourne sur le site pour changer mon mot de passe, et ensuite je me connecte sur l'appli, mais ça ne marche pas, du coup mon compte est bloqué quinze minutes et du coup j'ai dii fuck ça me fait chier, et je n'ai pas pris non plus rendez-vous pour l'IRM du genou tant pis pour ça aussi.

Il va falloir que je reprenne le travail alors que je n'en ai pas du tout envie. Il va falloir aussi que je renonce à me faire accompagner pour ma reconversion parce que c'est trop dur de mettre de l'argent de côté, et je m'y prends comme un pied quand je calcule vu que mon calcul en début de mois n'est pas du tout conforme à ce qui reste en fin de mois donc je dois faire de la merde. J'ai postulé à un emploi on verra bien mais je n'y crois pas trop. Le rendez-vous chez le podologue m'a déprimée parce que je dois aller chez une osthéo (qui elle n'est pas remboursée) et puis il me dit que je dois remettre ma gouttière de nuit, mais ça fait des mois que je ne l'ai pas mise, je vais douiller sa mère si je la remets et pendant plusieurs jours, ça va me faire comme quand l'orthodontiste resserre le fil, quoi, donc si je peux éviter je préfère autant, sinon j'attendrai que monsieur revienne cet été (j'ai trop hâte ToT c'est trop bizarre quand il n'est pas là, en fait ; je me console en préparant le cadeau d'anniversaire (mais je ne peux pas en parler là au cas où il viendrait lire, ce serait quand même ballot)) parce que je vais avoir besoin de pas être toute seule, ça fait vraiment mal, ce truc, la fois où j'ai ressayé de la mettre après pas l'avoir mise pendant longtemps j'ai vraiment douillé. Du coup ça m'a déprimée. Et comme j'ai cassé il y a plusieurs semaines mes branches de lunettes je vais devoir aller chez l'ophtalmo quand j'aurais géré l'IRM du genou (qui n'est pas un problème de tendon d'attache de bidule mais de ménisque, en fait, selon le podologue). J'en ai marre d'avoir des rendez-vous de partout et de devoir sortir. Et j'en ai marre aussi de ne pas trouver de travail... je serai toujours là dans quinze ans... mais sinon ça va, je prépare doucement le nouveau roman. Hier j'avais envie d'écrire sans savoir quoi écrire alors j'ai commencé un truc au pif.

vendredi 27 mars 2026

Les nouvelles... et l'amour

Chaque fois que je viens je dis que je dois plus lire vos blogs et chaque fois je ne le fais pas... faut dire en ce moment je suis assez fatiguée, je commence à accuser le rythme de se lever à 3h du matin, j'ai arrêté de mettre un réveil le week-end et me suis encore plus déréglée, donc je passe le week-end à larver et à ne rien faire. Le musée de la Marine ? Pas été non plus. Faut que je rentabilise ma carte d'adhérente des Amis du musée, pourtant ! L'autre raison de ma fatigue c'est que, euh... il y a un garçon. Et non, je ne me languis pas de lui toute la nuit en restant éveillée et en soupirant à la lune ; c'est beaucoup plus pratique que ça : il se trouve à plusieurs centaines de kilomètres donc nous ne parlons que par message (plus pour longtemps ! il vient quelques jours !) (là, je dois dire qu'il a autorisation de lire le blog, mais je ne sais pas s'il a commencé ou pas, mais je crois qu'il commence par la fin, donc il ne lira ça que dans loooongtemps – à moins qu'il ait déjà tout fini ?) et comme mes horaires de travail sont assez chiants mais qu'on a très envie de parler ensemble, on se retrouve à veiller tard ou se lever tôt ou les deux et s'épuiser (on dirait des ados, c'est assez terrible). Heureusement, décision prise de se montrer un peu plus raisonnable donc ça devrait aller (normalement (j'y crois moyennement)).

En fait, on parle sur Discord depuis plusieurs mois, la fin de l'été, et je lui ai plu sans trop le savoir et il m'a plu sans le savoir et sans que moi-même je le sache parce que identifier les émotions c'est un peu compliqué, encore plus des émotions jamais vécues avant, et puis je me disais que j'avais trop envie de vivre l'amour et que donc j'imaginais tout, mon cerveau imaginait tout et puis en fait non et puis donc voilà. Donc plein de sentiments assez nouveaux et étranges et perturbant et plaisant à la fois. Et je me doute bien que personne, commençant une relation, ne se dit "ce sera finit dans six mois", mais n'empêche que j'ai vraiment l'impression que c'est pour la vie, parce qu'on se correspond bien, se complète bien, et que je ne vois pas comment je pourrais tomber amoureuse de quelqu'un d'autre un jour dans ma vie. L'avantage de bien me connaître même si je n'ai rien vécu de ce côté-là c'est que je connais une partie de mes besoins, de mes limites aussi, et je pense vraiment que j'ai cette chance folle d'avoir rencontré la bonne personne du premier coup.

Pour le reste des nouvelles : ma lapine "découvre" parce qu'elle "est jeune" d'après la véto. Comprendre : elle mange le papier-peint, le tatami, goûte les meubles, a appris à tirer profit de mes nombreux angles-morts, renverse son eau plusieurs fois dans une même journée, mange les granulés de litière alors qu'elle n'est pas censée le faire, se fâche, s'en fout quand je l'engueule... en âge humain elle est censée avoir vingt ans. Je pencherais plutôt sur quatre. Je l'aime beaucoup même si je pense que elle ne m'aime pas, et je l'aime beaucoup malgré ses bêtises. C'est qu'elle a un petit caractère un peu difficile. C'est une petite despote, sans doute parfaitement convaincue que c'est elle la cheffe de la colonie.

Je n'ai toujours pas de nouveau travail, évidemment. Mon chef (des Ardennes, mais je l'appelle toujours "mon chef", et vu comme c'est parti je vais probablement continuer à l'appeler comme ça même quand il sera à la retraite et moi aussi) m'a demandé si je voulais faire le flash info pour la radio (sur mes heures de travail, du coup, puisque ce serait le flash info du matin, mais faut pas le dire) ; finalement ça ne s'est pas fait mais quand j'ai dit "mais quand j'aurai un nouveau travail je ne pourrai plus" il m'a lancé en vocal : "mais te connaissant je suis tranquille pendant deux ans !". Ça... résume assez bien la situation. Je ne sais plus si je vous ai raconté le coup de la médiathèque : je postule dans une médiathèque après avoir appelé pour savoir si c'est gênant que je n'ai pas de diplôme, ce à quoi me voit répondre que pas du tout, elle-même venant d'une reconversion regardera tous les CV ; je me dis que quand même ce serait bien que j'aille à la médiathèque au moins une fois pour, en cas d'entretien, pouvoir répondre sans mentir que "oui-oui, je suis déjà venue" donc j'y vais et surmontant mon trac je me présente et pose quelques questions auxquelles la dame répond très gentiment. Et puis, à la fin, elle me parle du nombre de candidature, me dit que mon CV n'est pas en haut de la pile, et me dit : "je vais vous donner le conseil qu'on m'a donné quand j'ai voulu me reconvertir : devenez bénévole".

Devenir bénévole dans une médiathèque, plusieurs médiathèques, pour montrer ma tête, me faire connaître, apprendre le métier (que donc on ne m'apprendra pas sur le tas en me payant) et puis obtenir un remplacement, puis un autre, et ainsi de suite jusqu'au premier CDI : "Moi, j'ai fait ça, ça m'a pris dix ans !". Ah. Alors première chose je n'ai pas dix ans devant moi ; ensuite, ça t'as pris dix ans il y a dix ans quand le monde du travail n'était pas celui-là ; et enfin, je cherche un travail, pas un hobby. Je crois que ce qui m'a achevée c'est quand même quand elle m'a dit qu'elle venait de la direction de centres de loisirs, qu'elle avait donc des compétences dans l'accueil de public, que ça n'a pas suffi et que moi, avec mes compétences de communication, d'accueil de public, etc. "vous voyez ça ne suffit pas non plus" comme si ce n'était pas elle la décisionnaire !! Du coup, comme "ça fonctionne beaucoup au bénévolat, ici", les médiathèques, je peux oublier. Je peux oublier à peu près tout, en fait. Parce que les emplois dans les collectivités territoriales, mis en ligne par obligation légale alors qu'ils ont déjà recruté quelqu'un en interne, c'est pas mieux.

Je suis (ou je me sens) un peu bloquée parce que ce n'était pas le plan. Le plan c'était que ça devait être plus facile de trouver du travail ici maintenant que je suis sur place. Pas de chance pour moi, j'avais oublié que j'ai la poisse, pour ce genre de choses. Donc je suis un peu bloquée là, dans un travail qui franchement n'est pas super épanouissant. Au moins, les patrons n'ont pas l'air de mettre des logiciels espions dans les PC, parce que l'autre jour alors qu'ils me faisaient quelques remarques sur mon flash pas assez bien fait, l'adjoint a dit qu'ils reconnaissaient "mon implication". Ah, mon implication...! Quand je joue à Pyramot ? quand j'envisage de faire les brèves pour mon ancienne radio ? quand j'écris un article de blog, ou peut-être quand je potasse mon bouquin de préparation mentale (ce que je n'ai pas fait depuis trop longtemps à cause de la fatigue, cf. le premier paragraphe de cet article) ? Cette implication-là, vous voulez dire ? Enfin bref. Au moins, j'ai trouvé une psy.

Ma nouvelle psy est vraiment chouette, pour l'instant je l'aime bien, elle comprend mes problèmes et elle ne fait pas que hocher la tête en souriant, pour me sortir "je ne sais pas" quand j'exprime un besoin : elle a des outils, des solutions, et ça me plaît, et ça c'est bien. J'ai besoin d'elle pour creuser des trucs et puis aussi parce que le moral fait un peu les montagnes russes. Pas d'un jour à l'autre mais disons qu'un micro-événement peut me jeter par terre et me mettre mal quelques heures (au lieu de quelques jours, ce qui est déjà une progression, que je dois à mon amoureux parce qu'il me rend sereine, en fait) et ensuite je remonte quelques jours avant de redescendre parce que je n'arrive pas à faire le ménage et que l'anxiété me paralyse et me fait me sentir nulle et inadaptée. Au moins je me tape moins souvent la tête. J'ai réussi à me retenir ce matin. En fait, je pense que sans mon monsieur j'irais vraiment beaucoup plus mal que ça. Genre, vraiment beaucoup.

Côté écriture j'ai fini mon Inktober (enfin !!) et je l'ai foutu sur Wattpad, je peux vous donner le lien si vous êtes intéressés, je crois que normalement il est possible de lire sans créer de compte en se mettant en navigation privée, j'avais fait comme ça il y a un peu plus d'un an, mais ça a peut-être changé depuis. Maintenant je suis en pause (et ça vaut mieux parce qu'avec mon niveau de fatigue je ne serais capable de rien, j'ai déjà du mal à lire alors écrire...) jusqu'à cet été où je commencerai l'écriture d'un nouveau roman ! Je n'ai pas encore trop commencé à réfléchir dessus, je me concentre plutôt sur la rencontre IRL avec mon amoureux, avec toute l'impatience, l'enthousiasme, et le trac que ça suppose.

J'espère que vous allez bien ! :D

vendredi 6 février 2026

La vie sans psy

Au début, je pensais que je pourrais tenir jusqu'à ce que la psy qui n'est pas dispo puisse me recontacter. Je me disais que de toute façon aucun psy ne m'avait tapé dans l'œil sur Doctolib et que je devais attendre, que grâce au manuel de prépa mentale j'ai des trucs pour m'aider. Mais force est de constater que les signes de "pas bien du tout" reviennent… Je me tape le front quand je n'arrive pas à gérer ma frustration ou plutôt ma tension accumulée d'être dans un boulot que j'aime pas et alors il suffit que je rate mon flash ou que le logiciel ne fonctionne pas pour que je pète un câble assez fort pour me niquer les cervicales. J'ai les tocs qui reviennent, aussi, sur si j'ai bien fermé la fenêtre de ma chambre avant de partir travailler et si le réveil est bien activé pour le lendemain, donc je l'éteins, je le rallume, je l'étais, je le rallume, je dis à voix haute que c'est bon, je vais aux toilettes, je reviens pour dormir et finalement je revérifie le réveil encore et encore, je ne peux pas m'en empêcher. Pourtant avec le nouveau câble (celui d'origine ayant été sectionné par une lapine uuuun peu trop curieuse et uuuuun peu trop prompte à tout goûter avec sa bouche remplie d'incisives acérées) quand il tombe il ne se débranche pas (je suis censée pouvoir mettre des piles pour le secours mais ça ne fonctionne pas, bref). Y aura un vrai problème quand j'aurais aussi un toc en m'essuyant après être allée aux toilettes et quand je vérifierai cent fois que la porte de l'appart' est bien fermée ; mais j'aimerais autant ne pas en arriver là.

Du coup j'ai recherché des psy sur Doctolib : une femme (parce qu'il y a des choses que je ne me sens pas de dire à un monsieur) ; méthode intégrative comme ma psy des Ardennes (et les psy qui disent juste dans leur présentation qu'ils offrent un "cadre d'écoute" sans rien d'autre c'est non, je ne veux pas papoter : je veux changer) ; et dont j'aime bien ce qu'ils dégagent sur les photos. J'en ai trouvé une sa présentation m'a fait pleurer. J'ai dit je la prends elle (haha…). Heureusement elle avait un rendez-vous pour mi-février (ensuite la plateforme m'a dit "ah non désolé quelqu'un vient de le réserver" alors j'en ai pris un beaucoup plus tard puis en revérifiant celui de février était toujours dispo donc je l'ai pris) donc ça va arriver vite et depuis je traverse ma journée en me disant : "ça, il faudra que je le dise à la psy, ah tiens ça aussi, puis ça". Y a du boulot, c'est moi qui vous l'dit !

Aujourd'hui ça va parce qu'avec une copine on s'est dit qu'on créerait bien une espèce de "nouveau Hellocoton", un "anti-réseau social" pour reprendre le temps, parce que les blogs c'était bien, quand on prenait le temps de lire les gens, de les écouter, d'écrire des commentaires de plus de trente mots, et qu'on ne s'excusait pas "du pavé" parce qu'un article faisait plus de cent mots. J'aime bien les projets même si ça fait peur, parce que j'aime bien créer. Alors aujourd'hui, ça va. Lundi aussi ça allait parce qu'un ami était dispo pour papoter alors on a beaucoup papoté et je n'ai pas vu le temps passer au travail. Sinon je m'ennuie, mon cerveau tourne en boucle. Y a rien d'intéressant là-dedans. Je ne suis tellement pas impliquée que quand l'autre jour le collègue à dit qu'il n'avait pas eu de réponse des athlètes pour les Jeux Olympiques je n'ai même pas percuté. Déjà je n'ai pas percuté que les Jeux Olympiques arrivaient, je n'ai pas fait de corrélation entre les deux informations, et je ne suis pas intervenue pour dire : "ils ne te répondront pas, les préparateurs mentaux conseillent aux athlètes de ne pas répondre aux journalistes avant les épreuves". Pas parce que je suis étourdie, non. Si j'avais été étourdie j'y aurais pensé dans la même journée. J'y aurais pensé en ouvrant mon bouquin de préparation mentale. J'y aurais pensé hier en lisant une brève sur les JO. Parce que je ne suis pas impliquée. J'y ai pensé ce matin, quand la dame de RTL a lu sa brève à elle, que j'étais dans mon lit, concentrée sur ce que j'écoutais, et j'ai percuté : "ben oui, il n'a pas eu de réponse, forcément !". Mais au travail non. Parce que je ne suis pas impliquée, ça ne m'intéresse pas, je m'en fous. C'est impressionnant de voir que mon cerveau est littéralement débranché. Puis hier un collègue parle d'une asso contre le harcèlement, la cheffe lui fait remarquer que c'est elle qui en a parlé en premier et qu'elle lui a envoyé un mail hier. Moi, j'étais saoulée. Parce que l'asso je leur en ai parlé quand la gamine s'est suicidée sur le RER. J'ai regardé : ça fait trois semaines. J'en ai parlé en conférence de rédaction, ça n'a pas soulevé les foules. Donc bon, puisque j'ai déjà du mal à être présenté psychologiquement et que quand je suis là ce que je dis on s'en fout, ben je vais encore moins faire d'efforts pour être là.

Je sens aussi que j'ai besoin de la psy parce que j'ai du mal à me coucher tôt : je n'ai pas envie d'être au lendemain alors je repousse l'heure du coucher et donc je dors moins bien, donc même après la sieste de début d'après-midi je suis fatiguée, donc pour écrire et avancer sur mon Inktober je dois écrire en prenant le PC dans mon lit, mais du coup je ne passe pas de temps avec mon p'tit lapin et je culpabilise de la laisser toute seule même quand je suis là (parce que je ne veux pas qu'elle aille dans la chambre parce qu'elle coupe le fil du réveil et le réveil je ne peux pas le déplacer, il n'y a pas de prise en hauteur, donc je suis un peu coincée). J'ai aussi mis des jours à lui prendre enfin un rendez-vous chez le véto parce qu'elle secoua la tête (je pense qu'elle a un truc dans l'oreille) alors que je sais que c'est vraiment horrible d'avoir mal à l'oreille ou d'être dérangée par un truc que je ne peux pas atteindre. Les rendez-vous médicaux je traîne toujours pour moi et ce n'est pas grave mais je n'ai pas le droit pour elle, je n'ai pas le droit d'oublier et de laisser traîner, ma pauvre louloutte. Donc elle a véto aujourd'hui (comme ça je parlerai aussi des poils des pieds qu'elle s'arrache, j'espère qu'elle n'a pas de pododermatite). J'aimerais mieux dormir pour pouvoir écrire depuis le bureau dans le salon et être là avec elle. Je recommence aussi à avoir du mal à faire le ménage, dans la cuisine ça s'accumule.

En fait, j'attends beaucoup de ce rendez-vous chez la psy, j'espère vraiment que cette fois c'est la bonne car je ne sais pas trop comment je vais faire sinon. Je ne sais pas non plus si je dois reprendre mes cachets ou pas, mais façon quand je me dis que ce serait bien je finis par oublier au bout de deux jours. J'aimerais vraiment retrouver une psy comme ma psy des Ardennes, qui me cadre et me guide sans que je m'en rende compte et qui pose les questions qui grattent. C'est ce que je dirais à la psy mercredi, si j'ose.

samedi 31 janvier 2026

Les objectifs

Quand je suis au boulot et que je n'ai rien à faire ou que je n'ai pas envie de travailler et que mes tâches ne pressent pas (ou, plus précisément, que j'ai décidé que ça pouvait attendre), je lis un manuel de préparation mentale. Hier j'ai commencé le chapitre sur le stress de sous-pression qui est en fait la démotivation (bonjour-c'est-moi). Pas de chance, d'après le bouquin je suis au stade 2, au stade où il est conseillé d'avoir un professionnel de la santé mentale et où les étapes proposées dans le livre ne sont pas suffisantes. Mais là où c'est bien c'est que je ne suis pas au stade 2 dans tous les domaines (par exemple je ne suis pas du tout démotivée dans l'écriture de mes trucs, au contraire, j'y prend beaucoup de plaisir et c'est un truc fort dans la liste de ce qu'ils appellent les "raisons d'être". Dans les étapes pour solutionner le stade 1 de la démotivation (où du coup la perte des raisons d'être (un travail, par exemple) peut avoir des effets négatifs sur les émotions, puis l'estime de soi, puis l'énergie et ensuite bim cercle vicieux, ils disent de se détacher de ses objectifs précédents pour en créer de nouveau, de se détacher de raisons d'être peut-être passées pour en construire de nouvelles. Là où c'est bien, c'est que j'ai l'écriture, donc un bon point pour moi (mais ils disent que quand il y a "peu" de raisons d'être faut en trouver d'autre, sauf que moi je suis une "obsédée" de l'écriture, d'après ma cousine xD).

Dans les chapitres précédents ils parlent des objectifs et de c'est quoi un peu un objectif bien fait et en fait après en rentrant chez moi je me suis dit que "changer de travail" n'a rien d'un objectif bien fait, dans le sens où c'est pas daté, c'est flou, tout ça, du coup c'est dur à atteindre, du coup t'échoues, du coup tu te trouves nul. Sauf que sur le changement de travail je ne peux pas franchement me dire "je vais trouver un travail canon d'ici 3 mois" parce que OK c'est daté et mesurable et tout ce qu'on veut, mais ça ne dépend pas de moi, en fait. Et en fait, un objectif clair et précis peut-être que j'en avais déjà un, puisque j'ai décidé d'économiser pour m'offrir l'accompagnement de reconversion d'Audrey de Slowin au printemps. Ça c'est daté, mesurable et atteignable et au lieu de le voir comme une bouée de sauvetage pour m'emmener vers un objectif plus grand je peux le voir comment un objectif à part entière. Après je me suis dit, j'ai ma lapine, aussi. Elle fait partie de mes raisons d'être. Je ne peux clairement pas tomber dans une dépression sévère et me suicider, parce que le temps qu'on trouve mon corps elle aurait le temps de mourir d'un arrêt de transit et ce serait horrible (et je ne peux pas non plus lui tordre le cou avant de me suicider, ce serait vraiment atroce et je pense que j'en serais incapable de toute façon) donc tout scénario qui se termine par la mort de Doudounette est hors de question, en fait : donc Doudounette est une raison d'être (et c'est quand même une raison d'être trop choupi-choupa avec ses grands yeux et ses immenses oreilles et ses bêtises aussi : son truc c'est d'aller piquer le pain dur dans le bac des biodéchets et de l'emporter dans son "terrier" pour pas que je lui reprenne).

Puis j'ai peut-être eu une idée de reconversion. Je me suis dit je pourrais me former via divers Diplômes universitaires pour à terme pouvoir accompagner des ados en difficultés (type PJJ, Aide sociale à l'enfance, classes SEGPA en collège, centres sociaux, tout ça) en faisant un partenariat avec les villes pour avoir accès aux médiathèques et leur faire faire un peu de radio aussi pour favoriser l'expression et tout. Je pourrais me former comme animatrice d'ateliers d'écriture, aussi, et en programmation neuro-linguistique, pour avoir tout plein d'outils pour les gamins. Je ne sais pas encore si c'est une lubie ou un truc sérieux, mais au moins pour une fois l'une de mes idées me semble atteignable et je ne me dis pas "je ne peux pas parce que la formation est trop longue alors je ne peux pas vivre si longtemps sur mes économies" ou "je ne peux pas parce que je suis trop vieille pour l'alternance" ou "je ne peux pas parce qu'il n'y aura pas de travail au bout". Pour une fois je me dis "je peux". C'est possible. À la condition que je change de travail, de préférence dans une médiathèque ou une librairie, ou un truc pour une commune qui me donne déjà accès aux bonnes personnes pour parler de mon projet de reconversion et pouvoir négocier certains trucs sur mes jours de congés (pour me permettre de suivre les DU qui sont sur deux jours par semaine).

Puis j'ai toujours des romans à écrire.

Et je me dis que tout ça mis ensemble, si j'arrive à me concentrer dessus plutôt que sur les trucs qui ne vont pas, me rendra le travail un peu plus supportable quand même. Hier j'étais tendue pendant que je faisais quelques courses, et comme j'ai eu la poisse et les déconvenues s'enchaînaient ça me tendait plus encore et peut-être que je serais tendue moins vite si j'arrivais à mieux me concentrer sur des objectifs positifs au quotidien et avoir l'impression d'avancer plutôt que de stagner et d'être bloquée. Mais ça, c'est facile à dire quand je suis reposée, que je viens de faire du pilates et que je suis détendue, et moins quand je dois me lever pour aller au travail alors que ça me saoule, que je n'ai pas envie, que ça ne m'intéresse pas, que...

Peut-être que je ne suis pas dans un vrai stade 2 de la démotivation, ou peut-être que je suis un peu forte mentalement quand même, parce qu'au début du bouquin quand il parle d'imageries et tout et parle de certains exercices en fait il y a des trucs que je fais déjà (sauf que moi je le fais dans les émotions négatives haha...) donc mon cerveau est assez fort, faut juste le faire aller dans le bon sens, mais comme ça fait des années (des années, vraiment) qu'il s'entraîne dans le sens négatif c'est assez compliqué de changer des connexions neuronales, quand même;

Et heureusement que je ne suis pas dans un vrai stade 2 de la démotivation, route toute tracée vers la dépression, parce que je n'ai plus de psy.

Je ne sais plus si je vous avais raconté la première psy que je suis allée voir. Elle ouvre la porte et ce qu'elle dégageait en IRL était complètement différent de ce qu'elle dégageait sur sa photo de profil, puis je venais de perdre 2 000 balles dans l'arnaque bancaire et j'avais besoin de réponses sur le pourquoi mais elle ne faisait que me dire "mais outre cette fraude qui vous préoccupe en ce moment, parlez-moi de vous" et OK c'est normal en première séance qu'elle veuille savoir qui je suis mais là tout de suite c'est pas le moment en fait y a plus urgent : j'ai besoin de réponses. Du coup, je suis allée voir une autre psy. Qui elle m'a donné des réponses et m'a dit à la fin de l'heure comme ma psy des Ardennes : "on s'arrête là pour aujourd'hui ?" et voilà et elle est trop belle, trop bienveillante, avec une voix géniale : j'adore cette psy ! Mais les fois d'après elle finissait sur "on s'arrête là ?" (ce que ma psy des Ardennes m'a dit en toute dernière séance avant que je déménage, elle) et elle ne faisait que m'écouter mais sans m'aider, sans me poser les questions qui grattent, qui obligent à réfléchir. Et la dernière fois je lui parle du fait que j'ai du mal à faire des efforts et elle me pose quelques questions et elle me dit des trucs comme "il faudrait peut-être des objectifs plus précis ?" oui mais même des objectifs précis ça marche pas, "et si vous essayez ça ?" etc. et elle me dit "alors vous avez besoin d'un élément extérieur pour faire des efforts" (un truc comme ça) et je me dis ah tiens, motivation extrinsèque, elle a mis le doigt sur un truc, alors je demande comment je fais pour ne plus avoir besoin de cadre extérieur et elle me répond en souriant "je ne sais pas...!" comme si je ne m'adressais pas à la bonne personne, comme si ce n'était pas son rôle de m'aider... alors j'ai parlé de banalités pour combler l'heure et à la fin j'ai dit que je reprendrai rendez-vous plus tard, et j'ai contacté la psy qui travaille dans le même cabinet que ma médecin traitante, sauf que pas de chance elle a une urgence familiale, a reporté ses rendez-vous, et reviendra vers moi quand elle pourra, donc pour le moment je n'ai pas de psy. C'est assez embêtant vu que je suis tendue et que je recommence à me taper la tête... Mais bon, je vais attendre comme ça, en appliquant quelques exercices de préparation mentale en attendant.

Voilà.

(Et bonne année !!
Nous sommes le 31 janvier j'ai encore le droit !!)

vendredi 26 décembre 2025

La déception

L'autre jour je suis tombée sur une publication sur Instagram de Mr. Skelly (le compte c'est 1924us et c'est tout en poésie et très chouette) qui demandait de résumer l'année 2025 en un mot. Et mon mot à moi c'est "décevante". Décevante parce que les étoiles avaient dit que ça devait être une année faste et vous savez on dit qu'il faut envoyer à l'univers de bonnes ondes pour qu'il nous le rende et qu'il faut être optimiste pour son karma, tout ça, que c'est pas en pensant que rien de bien va se passer que de bonnes choses vont se passer, qu'il faut y croire vraiment. Et j'y ai cru. Je me suis raccrochée aux prédictions des étoiles parce que ça me donnait quelque chose sur lequel appuyer un optimisme qui sinon m'aurait paru un peu… déplacé, un peu vain. Alors vraiment j'y ai cru. Et du coup, cette année me semble encore plus décevante. Au final, même quand j'y crois, il ne se passe rien.

Vous allez me dire que j'exagère, parce que quand même j'ai réussi à déménager dans la ville que je voulais et ça c'est quand même une sacrée victoire et c'est vrai. Quant au reste… j'ai une promesse de contrat d'édition mais pour le moment je n'ai rien signé alors d'ici à ce que l'éditrice change d'avis, tout est possible, ce ne serait quand même pas la première fois ; je n'aime pas mon travail ; j'ai perdu beaucoup d'argent dans une arnaque bancaire ; une de mes lapines est morte suite à sa stérilisation il y a quinze jours ; je ne trouve pas de nouveau travail et pire quand je crois avoir la chance de postuler sur le fil à une offre que je découvre tout juste la personne qui reçoit mon mail m'apprend qu'en fait sous l'avalanche de candidatures intéressantes les soumissions ont été fermées une semaine plus tôt. Quant à rencontrer l'amour (oui, parce que l'année faste c'était vraiment faste sur tous les plans) on n'en parle même pas : j'ai mal au genou (rendez-vous pour une écho le 2 février, je crois (je n'ai pas noté…)) donc je n'ai pas repris l'aïkido donc je n'ai rencontré personne. Au final j'ai tellement la poisse qu'en guise d'année faste les étoiles ont mis toute leur énergie à me faire déménager et qu'il ne restait plus de jus pour le reste.

En parlant d'amour ça me fait penser que je suis allée voir Zootopie 2 au cinéma (si vous ne l'avez pas fait, faites-le, il est super !) et la première fois la scène à la fin où Nick et Judy se disent ce qu'ils ont sur le cœur m'a rendue triste parce que moi je n'ai personne qui soit "la personne la plus importante de ma vie", personne dont je sois vraiment proche, en fait, ce serait même plutôt tout le contraire : à chaque fois je crois être proche de quelqu'un, que je suis importante pour cette personne autant qu'elle l'est pour moi et à chaque fois je finis par découvrir que ce n'est pas le cas, que je ne suis pas la confidente, pas celle avec laquelle on parle, tout juste la bonne copine, on rigole un peu, on s'apprécie, on se parle de nos vies et puis c'est tout. On se parle de nos vies, parfois de sujets personnels un peu sensibles, mais pour ces personnes ça ne signifie rien et à la fin, du jour au lendemain, elles peuvent arrêter de me parler sans même ouvrir mes messages, sans que je comprenne le pourquoi du comment (je veux dire, OK, y a des gens vraiment occupés, mais ces personnes ont quand même du temps pour les gens qui leur importe donc elle a bon dos l'excuse du manque de temps, à un certain moment c'est juste que si on arrête de me parler on ne trouve pas de temps pour moi parce qu'il y a toujours mieux à faire, parce que je ne suis pas prioritaire, et dans le fond ce n'est pas grave mais est-ce qu'on pourrait avoir l'honnêteté de dire : "je ne souhaite pas parler avec toi" plutôt que "je n'ai pas le temps" ?).

Et en prévisualisant l'article je regarde le nombre d'articles publiés cette année, et l'année dernière, et l'année d'avant, et ça va en diminuant et me rappelle que j'abandonne ce blog alors que j'aime bien parler ici, et lire vos blogs, j'en ai perdu l'habitude, je ne sais plus quand j'ai basculé dans une faille temporelle. Pourtant les blogs sauveront l'humanité. Sans déconner. Sur les réseaux sociaux tout va vite : nombre de caractères limité, nombre de secondes dans une vidéo limité, il faut tout faire vite, allez à l'essentiel, on ne prend pas le temps d'écrire et on ne prend pas non plus le temps de lire, de chercher à se comprendre, se reconnaître, et il faut préserver ces espaces où on peut écrire des pages et des pages et des pages et où les lecteurs viennent se poser et prendre le temps de lire. J'ai hâte que les blogs redeviennent à la mode, que les gens se souviennent comme ça fait du bien aussi de juste se poser pour lire d'autres personnes, papoter tranquillement, prendre le temps de comprendre les vies des gens, leurs arguments, leurs positions et leurs valeurs et vraiment rencontrer au lieu de passer vite fait sur une publication rapide. Enfin bref. Je vais essayer d'écrire plus souvent ici. Je délaisse aussi mon cahier des émotions alors je dois avoir un problème avec l'écriture personnelle, en ce moment, le fait de m'écrire moi. Je ne sais pas pourquoi. Parce que c'est un peu vain, peut-être, parce que je ne vois pas bien qui ça pourrait intéresser dans un monde rapide et bancal, tout noir ou tout blanc, où quand tu prends le temps d'expliquer des gens arrivent encore à te répondre sur trois lignes qu'ils ont lu en diagonales (je fais référence à un vieux souvenir d'il y a quelques années, quand Twitter s'appelait encore Twitter, j'avais écrit un article sur je-ne-sais-plus-quoi, les relecteurs de romans qui traquent les discriminations et mauvaises représentations, je crois, et j'avais mis le lien sur Twitter : une personne a commencé à me répondre, tout en disant qu'elle n'avait pas lu l'article : eh bien, lis ma pensée de bout en bout avant de l'ouvrir, enfin… je ne sais pas. Bref.).

J'ai repris mes cachets mais un jour je les prends, un jour je les oublis, un jour j'y pense et un jour non… ce n'est pas trop la fête. J'ai du mal à être optimiste. Une amie m'a dit, quand je lui ai parlé de ce poste aux candidatures fermées plus tôt, que c'est simplement que je ne devais pas être là, que ce n'était pas le moment pour moi. Quand j'étais lycéenne, je me rassurais beaucoup avec ce genre de paroles. "Si je n'ai pas eu ce stage c'est qu'il y a mieux pour moi ailleurs.", "Je l'aurais la prochaine fois." etc. Aujourd'hui j'ai beaucoup de mal à accepter. Parce que ça fait presque quinze ans. Quinze ans que ma seule échappatoire pour me remonter le moral, c'est ça. "Ce n'était pas le bon moment, la prochaine sera la bonne." Sauf que la prochaine n'est jamais la bonne. Je quitte un boulot où je m'ennuie pour un autre boulot où je m'ennuie. J'essaye de rencontrer des gens et ça ne marche quand même pas. Je me doute bien qu'une partie du problème vient de moi, mais je n'ai pas trop identifié quoi, encore. Alors je me dis qu'il n'y a pas de place pour moi. Même dans une ville qui me plaît il n'y a pas de place pour moi. Même quand je rencontre des gens, que je me fais une bande de copines, au final ça explose et la réponse c'est : "il faut tourner la page". Ah bon. Comme ça. Comme si ça n'avait pas existé, en fait, comme si on n'avait jamais été copines ? Mais peut-être que ces filles n'ont jamais été mes copines, tout juste des "potes", des camarades et puis voilà, un cercle de circonstance et que personne ne s'illusionnait dedans. Sauf moi. Parce que je cherche une place, et qu'il n'y en a pas. Il n'y en a jamais. Ce n'est jamais mon tour de trouver la bonne opportunité professionnelle, jamais mon tour de gagner les concours d'écriture, jamais mon tour de rencontrer des gens qui deviennent des amis super proches…

Quand il y a eu cette scène, entre Nick et Judy, je me suis dit qu'en fait, ce que je recherche, ce n'est pas un amoureux, que l'amoureux c'est le symbole mais qu'en fait je recherche de la complicité. Quand tu devines ce que l'autre pense juste avec un regard, quand la personne peut dire de toi "elle me connaît bien" et vice-versa. Mais ça, ça marche pas dans les relations à distance parce que la complicité se tisse dans la proximité physique, aussi, dans le fait de faire des trucs ensemble, de partager des moments "bêtes" comme juste marcher en ville, aller boire un verre, etc. Alors j'ai des super amis que j'ai rencontré en ligne ou gardés de la fac, mais les messages à distance c'est différent. C'est un lien différent. Et au final je n'ai pas de personne "plus importante de ma vie" et je ne suis la personne la plus importante de personne, et je trouve ça un peu triste, à presque trente ans. Au collège y avait des gens qui se connaissaient depuis des années, au lycée, aussi ou bien qui ont été proches assez vite, et moi j'ai regardé tout ça passer… Alors c'est forcément un peu ma faute, avec mon sale caractère je ne suis quand même pas très engageante quand je râle et tout… mais j'aimerais bien des fois que quelqu'un puisse voir ce qu'il y a derrière aussi, et qu'il m'arrive de montrer aussi.

Je n'ai jamais fait de bilan de fin d'année parce que j'ai toujours vécu mes années en année scolaires de septembre à août et du coup j'ai toujours eu du mal à prendre l'unité "année civile" pour en tirer quelque chose. Cette année, parce que j'avais beaucoup d'attentes, je pense, et aussi parce que peut-être j'ai pris un nouveau travail alors que la rentrée scolaire était passée, je ne sais pas, mais surtout parce que ça devrait être une "année faste" alors j'ai été attentive, j'arrive à voir 2025, l'année civile, et je suis déçue. Je n'aurai pas dû m'attendre à quoi que ce soit, ça m'aurait permis d'être vraiment contente d'avoir déménagé et de me dire "une marche après l'autre, maintenant que je suis là je peux trouver autre chose" et ce genre de conneries, comme la meuf d'une publi Insta que j'ai vue avant de commencer l'article (mais je l'avais entendu ailleurs avant) qui disait : "tu as vécu une année dure mais tu es encore debout, tu as réussi à passer les difficultés" et blablabla c'est creux, vide, et sans intérêt. Ouais, je suis toujours debout dans ma médiocrité et dans mes échecs, enfin non, même pas des échecs, parce que "échec" ça suppose d'avoir essayé alors que moi, de toute façon, que j'essaye ou pas, que j'y crois ou pas, il ne se passera jamais rien. Je devrais probablement laisser tomber et accepter de juste traverser le truc comme ça sans chercher à changer ce qui ne me plaît pas, mais je n'y arrive pas, j'espère quand même, j'essaye quand même des trucs, de postuler, d'y croire, tout ça. Mais bon. Hein.

Donc 2025 était comme elle était, morne. Et 2026 sera probablement pareille. Comme toutes les prochaines années à venir. Je vais partir sur 2026 sans regarder l'astrologie, ça m'évitera d'avoir des attentes démesurées pour ma personne. Les filles comme moi n'ont pas "d'années fastes" où tout se passe bien et plein de trucs se débloquent. On va laisser ça aux gens cool. Je vais juste, pour 2026, essayer de me démerder comme je peux et de traverser le truc un peu comme ça et on verra où ça mène. Et je sais que franchement, y a pire dans la vie (sans même parler des guerres, etc.) et que c'est un peu déplacé de me plaindre, mais tant pis, c'est mon sentiment du moment… ça passera probablement à un moment où à un autre, ou plutôt ça va être un peu enterré par autre chose mais sous-jacent et puis voilà.

Vous avez des attentes en 2026, vous ?

lundi 10 novembre 2025

Et c'est r'parti pour un tour !

Source – Nikolett Emmert

Voilà. Je vais attaquer aujourd'hui ma deuxième semaine de boulot, avec des heures différentes parce que deux collègues sont absentes pour deuil donc on a dû réorganiser la rédaction, et je me fais déjà chier. Le boulot m'emmerde, ça m'intéresse pas, y a pas de challenge, pas de créativité, rien de ce qui me plaît et en plus si j'ai pas d'interview/point presse à faire ben en fin de journée (qui est entre 10h et midi, pour moi) je me fais chier comme un rat mort. Donc j'ai recommencé à chercher du travail vendredi. J'ai pris comme un signe une offre à la médiathèque qui se terminait le jour même et une autre dans une librairie à quelques kilomètres publiés la veille. Mais bon y a eu tellement de "signes" dans mes recherches d'emplois que je devrais juste arrêter de raisonner comme ça. J'ai fait ce que j'ai pu dans ma candidature, j'ai expliqué pourquoi je partais déjà de la radio, on verra bien. J'ai pas trop d'espoirs, en vrai. Puis alors compter sur l'année faste, tu parles ! La banque me dit merde, je vais essayer de les rappeler mais bon… pas ne nouvelles non plus de la caution de mon ancien appart' donc je vais devoir appeler aussi. Ça me fait un peu chier.

En fait, ce matin je me suis demandée si, dans le cas où j'arriverais à changer de travail, s'il ne me convient toujours pas et que je m'ennuie, je ne devrais pas juste accepter le fait que je m'ennuierai dans tous mes boulots. En Master 2 ils nous avaient dit : "vous allez voir, cette année ça va être dur", j'ai traversé le truc sans me sentir surchargée (bon, faut dire, j'ai pas branlé grand-chose non plus) ; en stage à l'armée de Terre, pareil, j'avais rien à faire : je pense que clairement ils n'avaient pas besoin d'un stagiaire, il leur aurait suffit de réorganiser le travail des deux alternants, et ils ne pensaient pas que je travaillerais "si vite" donc je me suis vite retrouvée avec rien ; dans les Ardennes j'ai fini par m'ennuyer aussi ; et ici ça fait une semaine et je me fais déjà chier comme un rat mort, ascendant ça-me-pète-les-couilles, donc bon c'est peut-être juste qu'un boulot où on ne se fait pas chier, où je ne me ferais pas chier, ça n'existe pas. D'un côté je me dis que mon cerveau peut faire beaucoup plus, d'un autre côté je n'ai toujours pas repris mes leçons de hiéroglyphes et de préparation mentale. J'écris, et je lis, et je regarde des anime. Je n'arrive pas à faire des efforts. (J'ai peur de réussir ?) C'est de ça dont je devrais parler à la psy la prochaine fois (c'est jeudi). Jeudi j'amène aussi les mim's chez le véto. Je crois pas que y ait d'abcès dentaire : c'est juste la petite qui fait sa puberté et croque dans tout ce qui lui passe sous la main. La grande la poursuit pas mal, preuve que les ados font tout le temps chier tout le monde x) vivement la stérilisation, c'est moi qui vous le dit !

J'ai du mal à reprendre le pilates, aussi. Ce matin en me brossant les dents je me suis dit que je me ferais bien une séance mais j'ai renoncé parce que quand j'essaye alors que je suis triste, je me braque quand je n'y arrive pas, j'arrête la séance au milieu et je me sens encore plus nulle qu'avant la séance, donc j'ai décidé de me prémunir de ça.

J'accepte (enfin, le processus est en cours) que les ponts soient coupés avec certaines personnes, et que ce ne soit la faute de personne, juste un mélange de quiproquo et de traumas perso des deux côtés et puis c'est comme ça et puis c'est pas grave. Y a d'autres gens  sur Terre (c'est assez cruel de dire ça, si ces personnes passent par-là c'est pas gentil pour elles, mais à la fois c'est vrai dans le sens où ça ne sert à rien de s'accrocher à quelqu'un qui ne veut plus vous parler).

Donc voilà, je cherche du travail. Médiathèques, librairies, musées, j'en sais rien. Radio asso si c'est un poste dédié à la culture et aux partenariats, je pense que ça pourrait me plaire. Mais sinon… Va peut-être falloir que je considère sérieusement d'intégrer un Master de conservation en musées ou de préparation mentale et de vivre sur mes économies un ou deux ans. Mais ça fait de l'argent en moins pour acheter un appart' et c'est stressant, parce que rien ne dit que je trouve un boulot à l'autre bout. Bon, façon les inscriptions ne sont qu'en avril donc il me reste du temps pour réfléchir à la question. Mais bon… On verra. Je me dis si j'intègre une librairie les moments où je me fais chier je peux lire et prétendre que je travaille, c'est pratique xD