dimanche 13 janvier 2019

Ce que je cherche

Source – Level-5
Je cherche beaucoup de choses (un stage pour commencer, ça serait pas mal) mais je crois qu'il y a une chose un peu... existentielle, dirons-nous, que je cherche. En fait, je ne suis jamais tombée amoureuse, et donc, à peu près depuis que je suis au lycée, je m'imagine rencontrer quelqu'un, et tomber amoureuse. On est bien d'accord que c'est un peu pitoyable, quand même, et, en fait, ce n'est pas la véritable chose que je cherche. Je me suis rendue compte dernièrement que ce n'est pas ça, que ça, c'est le côté symbolique, et pas la chose réelle.

C'est difficile à expliquer pour moi, parce que même si à l'heure où j'écris cet article le blog n'est pas encore en ligne, je sais qu'il le sera dans pas longtemps, et que des gens vont me lire, et même si ce sont des personnes très gentilles, ce n'est pas vraiment habituel pour moi de me livrer. Mais, dans le fond, ça aussi, ça a un lien avec ce que je cherche ; du coup, si je peux arriver au bout de cet article, je pense que j'aurais fait un pas un peu important, quelque part.

En fait, je me suis rendue compte que, la chose dont j'ai besoin est bien une personne, mais pas un petit-ami. J'ai besoin d'une personne en qui je pourrais avoir confiance, sur qui je pourrais me reposer. Je n'ai jamais eu de relation forte avec personne. On entend des histoires de fratries fusionnelles ; ce n'est pas mon cas. Et ce qui se cache derrière le terme "meilleur ami" m'est inconnu. Déjà en primaire c'était un peu compliqué. Au collège c'était mieux mais guère plus... et au lycée ma Seconde a été catastrophique, donc pas compliqué de dire que les deux années suivantes étaient meilleures, mais quand même, je n'ai jamais tissé de relation forte avec personne, même une fois arrivée à la fac. J'ai même envie de dire que, pour ce genre de choses, plus l'on grandit, et plus c'est dur. Parce que les autres, eux, ils en ont, des "meilleurs amis", des "amis d'enfance", des gens dans les bras de qui ils pleurent et qui sont prêts à les écouter quoi qu'il arrive. Des gens dignes de confiance.

Le fait est que je ne fais confiance à personne. Personne n'est digne de recevoir ma confiance. Et ça ne date pas d'hier... Je me souviens une fois en primaire, dans ma deuxième école, d'une fille avec qui j'étais amie, qui s'amusait à grimper sur les parois en plastique des toilettes pour me regarder d'en haut. Enfin, vu comment je le dis on dirait qu'elle le faisait tout le temps mais je ne me souviens que d'une fois (bien sûr, quand j'ai fait la même chose, elle a peu apprécié). Je me souviens aussi d'une fois où j'ai littéralement failli me noyer parce que mes "amies" m'avaient dit que je pouvais m'éloigner du bord, qu'elles m'aideraient, blablabla, alors moi, naïve comme tout, je les écoute, et évidement, ne savant pas nager, je coule (enfin, je gesticule pour essayer que ça ne soit pas le cas). Et dans mon souvenir ça m'a paru tellement long !... Même si le maître nageur est arrivé dès qu'il a vu. Mais justement, "dès qu'il a vu". Je ne me souviens pas qu'un de mes camarades soit allé le prévenir. Ni que quelqu'un ait essayé de m'aider.

Bien sûr, avec le recul, je me doute que pour des enfants d'école primaire c'est un peu... je ne trouve pas mon mot... choquant ou... déconcertant ? de voir quelqu'un se noyer et qu'ils n'ont pas su comment réagir. Mais le recul maintenant ne change pas ce que ça a fait à la petite fille que j'étais. Donc je ne pouvais pas faire confiance aux autres enfants. Mais je ne pouvais pas non plus faire confiance aux adultes.

Je ne sais plus à quel âge, je suis allée voir un psychologue pour un problème mineur. Je crois que, à la fin des séances, quand le problème a été réglé, le psy a voulu parler à ma mère et j'ai attendu dans la rue. Mais, quand ma mère est sortie, elle m'a expliqué les conclusion du psy. Sous-entendu : le psy a cafté à ma mère tout ce que j'avais pu lui dire. Alors bien sûr, là encore, avec mon grand âge (haha :P) je me doute bien que c'est le principe : les psy caftent aux parents. Mais pour l'enfant que j'étais, je crois que ça a été un peu... pas un choc, ça serait un mot trop fort, et je ne m'en souviens pas comme de quelque chose d'aussi violent, mais en tout cas je pense que ça m'a marquée.

Donc, si je ne peux faire confiance ni à mes pairs, ni aux adultes, il ne reste plus grand-monde. Et comme on n'a jamais eu d'animal de compagnie à qui j'aurais pu me confier (sachant que les chiens, eux, ne caftent pas parce qu'ils sont bien trop honnêtes pour ça ; puis même s'ils voulaient le faire, les humains ne comprendraient pas, donc on ne prend aucun risque), eh bien je ne me confiais pas.

Source – Level-5
L'autre jour je me suis fait la réflexion que si je n'ai jamais été capable de tenir un journal intime c'est peut-être par la peur qu'on le cherche, ou qu'on tombe dessus, et que, comme personne n'est digne de confiance, n'importe qui qui tombera dessus le lira, sans avoir l'honneur, la droite d'esprit, de le reposer dans un coin sans en parcourir les lignes. De ce fait, c'était trop risqué d'écrire un journal. J'ai pourtant voulu recommencer il y a... genre deux ans je crois, pour essayer de me débarrasser d'un problème dont je trouverais peut-être la force de vous parler un jour. Et, pour vous donner une idée, ce petit carnet dans lequel j'ai arrêté d'écrire depuis un moment, je l'ai caché derrière un tableau (ouais, comme dans les films xD) (c'est pas du tout cliché, déjà... :P). C'est un peu pour le même genre de raison que je commence à écrire dans ce blog avant de le mettre en ligne. Pour le faire mien, pour essayer de m'habituer à dire des trucs un peu personnels... pour voir si j'en suis capable, ou si ça va faire "psshit".

Je ne fais confiance à personne. Et c'est un problème. C'est un problème parce que même si je n'aime pas la foule, le monde, le groupe, et que la solitude me va très bien, que j'ai besoin de ma dose et que c'est ce qui m'avait amené à dire à des amies de fac que j'allais manger toute seule le midi parce que j'avais besoin d'être seule ; même si la solitude est nécessaire, je suis un être humain, et donc je suis un animal sociable. Et donc j'ai besoin de pouvoir me reposer sur quelqu'un.

Je crois que c'est à cause de cette recherche que je me suis mise à m'imaginer des scenarii stupides de moi amoureuse et bla bla bla. Parce que pour moi, la figure digne de confiance par excellence, le symbole même de la confiance, ce n'est ni la fratrie, ni les parents, ni le "meilleur ami" : c'est le compagnon (ou la compagne, bien entendu). En partie sans doute parce que je me gave bien trop de shôjo stupides (ceci dit c'est intéressant de voir que les clichés reviennent : vous avez souvent droit à la grande roue, par exemple, enfin bref) ; et en partie aussi (surtout ?) parce que c'est le seul type de personne que je n'ai jamais "expérimentée". N'ayant jamais été en couple, je n'ai jamais expérimenté la "trahison" (avec ou sans guillemets, comme vous préférez ;P) de la personne aimée. Donc c'est un peu mon dernier espoir, si vous voulez.

Mes parents m'ont montré que je ne pouvais pas avoir confiance, mes amis, et même le psy (ce n'était même pas de sa faute, en plus, sur ce coup-là, le pauvre).

Je sais aussi que je ne suis pas une personne pour qui mes amis accepteraient de se "déranger" dans le sens où... un jour à la fac, une amie m'a appelée en me disant qu'elle n'avait pas envie de manger toute seule, et comme j'étais chez moi, je lui ai dit que j'arrivais. Bon, au final d'autres personnes se sont jointes, donc elle n'aurait pas été toute seule. Cette amie m'a remercié, je lui ai dit que c'était normal et qu'elle l'avait fait pour moi, en pensant à un épisode qui s'était passé quelques jours plus tôt. Mais, même si elle n'a pas démenti, j'ai bien compris à sa tête qu'elle ne voyait pas de quoi je parlais et que, si elle c'était trouvé là ce jour-là, c'était du hasard. Je ne lui en veux pas, bien entendu, mais du coup, je pense, enfin, j'ai ce sentiment que je ne suis pas une personne pour qui les amis se dérangent. Donc il ne me reste plus que la figure presque mythique pour moi (ben oui, j'ai vingt-deux ans, et il y en a qui forment leur premier couple à douze, donc je suis légèrement en retard, quand même xD) du petit-ami. Le dernier espoir, vous dis-je !

Donc, même si je crée des scenarii stupides et niais dans ma tête, je ne cherche pas à tomber amoureuse, je cherche une personne sur qui je pourrais me reposer quand rien ne va plus, quand il y a trop à gérer, quand j'ai besoin de pleurer mais que je me retiens parce que je ne veux pas qu'on me voit (ou parce que je me suis retenue tellement longtemps que je ne sais plus comment on pleure).

Sauf que pour trouver ce genre de personnes, il faut s'ouvrir. Et que pour s'ouvrir, il faut se rendre vulnérable. Et que pour accepter de se rendre vulnérable il faut avoir confiance.

17 commentaires:

  1. C'est fou comme en lisant tes trois présents articles, je me retrouve projetée quelques années en arrière.

    Pour ma part, j'ai eu des meilleurs amis. A l'école, au collège et au lycée. Entre ceux que je n'ai plus jamais revus une fois le changement d'établissement effectué, celle avec laquelle nous nous sommes mutuellement trahies au même moment, et celle qui a choisi une vie de prime abord aux antipodes de la mienne ... J'ai tout un panel de déceptions à disposition.
    Je sais également que j'ai blessé deux personnes pour lesquelles j'avais beaucoup d'importance (dont une tout récemment) mais qui n'avaient pas la même importance pour moi ... Je m'en veux. Mais c'est comme ça. On apprend autant en étant "victime" qu'en étant "bourreau", il faut croire.

    Je n'ai pas de souvenirs de trahison avec mes parents, cela dit. Mais pour autant, je ne me suis jamais confiée à eux.

    Tes fantasmes de petit-ami sont légitimes. J'avais les mêmes quand, comme toi, je n'étais encore jamais tombée amoureuse, quand je n'osais me confier à personne par manque de confiance (en moi et en les autres) et que, de par le fait, j'étais seule.
    Ca ne m'a pas vraiment servi, je me suis jetée dans les bras du premier inconnu et tu connais la suite. Mais toi, tu es lucide sur le départ de ces fantasmes. C'est une très bonne chose.

    Je crois que la clé, tu la connais, puisque tu l'a évoquée : la vulnérabilité. Il faut accepter d'être vulnérable à un moment T. A ce moment-là, c'est quitte ou double : ça dépendra de la personne en face de toi. C'est mieux d'être vulnérables avec plusieurs personnes. Tu n'aurais vraiment pas de bol si ça se passait mal avec toutes. C'est en acceptant de l'être avec un panel de personnes que ça se décantera, je pense.

    Avec ce blog et ces écrits, c'est ce que tu fais. Franchement, c'est très courageux. Je ne doute pas de la portée de cet acte, ni de la transformation qu'il va permettre d'initier en toi.
    Le fait de plonger dans son intériorité, d'oser écrire ce qui nous gratte, de se regarder honnêtement dans le miroir ... C'est vraiment transformateur.

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    1. Oui, je suis lucide sur ces fantasmes. Ce qui ne m'empêche pas de regarder des shôjo tout en sachant que ce sont de gros clichés x) (d'ailleurs, c'est drôle, les shôjo, parce que tu retrouves un peu les mêmes choses à chaque fois, on est pile dans ce que dénoncent les gens qui parlent de l'uniformisation et de l'industrialisation de la culture...!)

      Encore plus dur de se rendre vulnérable à un panel de personnes qu'à une seule. C'est comme si je devais faire du saut à l'élastique, monter dans un Grand 8, et d'autres choses à sensations fortes en une seule journée x)
      C'est plus facile sur un blog. D'autant que j'ai écrit ces articles alors que le blog n'était même pas encore en ligne. Et c'est plus facile parce que je suis toute seule devant un écran et que je ne sais pas qui me lit, dans le sens où, même si on se lit mutuellement depuis un moment, on ne s'est jamais vues en vrai et puis ce n'est pas un gros risque dans la mesure où je sais que les personnes qui me laisseront des commentaires seront bienveillantes, et que les autres n'en laisseront vraisemblablement pas. Alors que dans la "vraie vie" la personne à qui tu parles peut difficilement ne rien répondre, et donc tu sens quand elle est "révoltée" ou que ce que tu dis ne lui plaît pas du tout. Ceci dit j'ai passé un papier avec l'adresse du blog à une camarade de classe que je pense pouvoir appeler amie et qui insistait avec beaucoup de gentillesse pour l'avoir. C'est un gros risque pour moi (et un peu paradoxal vu que j'ai arrêté l'autre blog en partie par crainte d'en avoir trop dit (ou n'était-ce qu'un prétexte étant donné que j'en dis encore plus ici et que mes proches pourraient tout-à-fait me reconnaître ?)).

      Je ne sais pas si c'est courageux... Je pense que c'est plutôt l'acte d'une fille désespérée, qui est tellement handicapée socialement qu'il n'y a plus que le numérique comme médium de prise de parole. C'est un peu pitoyable d'en arriver là, quand même...
      En tout cas j'espère que tu as raison sur le côté transformateur !

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    2. Je te trouve dure avec toi-même, et le regard que tu te portes (et que tu portes sur tes actes).

      Ayant fait la même chose avec le blog, je ne me considérais pas comme désespérée. Seulement, les interactions IRL n'étaient pas suffisantes pour moi. Parce que j'étais éloignée de mes amis et que comme tu l'écoques dans un autre commentaires, ils ne sont pas aussi proches de moi que ce qu'ils sont entre eux et ça ... C'est très douloureux, je trouve.
      De fait, on se sent toujours un peu exclu, et coupable de l'être.

      Le blog, le fait de me dévoiler dessus avec autant de vérité, ça m'a vraiment transformée et ... Ca m'a fait comprendre, grâce aux retours des autres, que c'était courageux car eux me disaient qu'ils ne se rendraient jamais aussi vulnérables sur la toile aux yeux de tous, même sous pseudo.

      Les commentaires ont beau venir de personnes qu'on ne connait pas IRL, ils ont impact hyper fort malgré tout (voire plus fort, parce que des gens se permettent de te juger négativement ou positivement juste avec ce que tu leur donnes : si tu leur donne toute ta vérité, c'est violent).
      J'ai été très marquée par les quelques commentaires négatifs que j'ai pu avoir. Mais aussi très marquée par les positifs, qui ont vraiment été thérapeutiques.

      J'ai tenté de tisser des nouvelles relations d'amitié IRL du coup, à chaque fois c'était un échec. Ca l'était même dans la blogosphère : j'ai toujours l'impression d'être hors du coup, que les autres copinent plus entre eux qu'avec moi quand je fais partie du groupe. C'est ... Tiraillant.

      Puis j'ai réussi à comprendre pourquoi. Comment ? Tu vas rire : grâce à mon thème astrologique. Il m'a permis de comprendre, de poser des mots sur comment je suis construite, et comment les gens me voient et me ressentent. Ca a tout de suite fait sens.

      Ca m'aide aujourd'hui à accepter que je ne suis pas facile à aborder, même si je le veux de tout mon coeur, même si je m'ouvre à tout le monde, même si je fais socialement tout ce qu'il faut.
      Ce n'est pas une fatalité pour autant, je dois juste accepter que pour moi les relations sociales mettent plus de temps à s'instaurer et ne ressemblent pas à celle qu'on me vend autour de moi.

      Bon, je viens de te raconter ma vie. Ca ne t'intéresse peut-être pas des masses, mais ce que tu dis fait tellement échos !!!

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    3. Si, si ça m'intéresse ! Ça me donne un peu d'espoir sur mon propre cas ! Si dans quelques années je peux en être où toi tu en es actuellement je pense que je pourrai considérer ça comme une victoire.

      De toutes façons, les relations sociales qu'on nous vend sont celles de la "norme" dans le sens où ce sont celles (ou du moins elles leur ressemblent) que l'on trouve dans les séries TV. Et pour tout ce qui constitue la norme, il y a les personnes extérieures à la norme (à cause de troubles émotionnels, de traumatismes, d'un thème astrologique (héhé :P), ou de tout ce qu'on veut d'autre) et qui ne peuvent pas se couler entièrement dans cette norme.

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  2. [Commentaire trop long, je m'en doutais donc je coupe ^^']

    J'ai l'impression de me lire il y a un peu plus de 10 ans. (Ça y est, bonjour le coup de vieux !) Je me retrouve dans tout, c'est même plutôt effrayant. A croire qu'avec nos vies différentes sur le papier on n'a pris le même chemin chaotique.
    J'ai souvent eu du mal à avoir des amis pendant mon parcours scolaire, et si j'en ai eu, je pense que je ne me suis jamais 100% investie dans ces relations. D'une part j'avais le sentiment de n'être que celle qu'on choisirait qu'en dernier recours (si tous les autres ne sont plus dispos) mais surtout parce que j'étais incapable de me livrer réellement à qui que ce soit. Y'a toujours eu une petite barrière que je dressais moi-même entre ma personne et le reste du monde - ce qui, en conséquence - me donnait l'impression (fatalement) d'être moins proche de mes amis que mes amis entre eux. Le serpent qui se mord la queue xD Pour moi c'était parce que je valais forcément moins qu'on m'appréciais moins mais j'ai réalisé avec le temps que 1) certaines personne m'estimais et étaient attachées à moi bien plus que je ne le pensais, et 2) que c'était moi seule qui créait ce sentiment de mise à l'écart.

    Cette incapacité à se mettre en position de vulnérabilité je la connais par coeur. C'est quelque chose de pesant qui fini par ronger de l'intérieur. Je suis sure qu'il y a eu des moments (peut être très rare) ou tu as eu envie d'être vulnérable pour telle ou telle personne mais que tu en as été incapable. Et finalement, peut être manqué une belle histoire avec cette personne. (Amicale ou amoureuse peu importe) C'est ce qui est le plus dommage finalement. De s'auto priver de quelque chose qui aurait pu nous apporter du bonheur. Mais évidemment rien n'est jamais tout rose, et le bon va de paire avec le mauvais. On est tous humain et donc imparfaits. Tu aurais pu finir par être blessée par cette personne, c'est une possibilité. Mais est ce qu'il faut la rayer de la carte si radicalement en s'enfermant avec soi-même ? De mon vécu je dirais que ce n'est pas non plus la bonne solution. Mais malheureusement je ne vais pas te mentir, quand on a été blessé si profondément dans sa vie au point de perdre confiance et de ne plus savoir se rendre vulnérable c'est un peu irréversible. Ça devient un caractère profond, un instinct de survie.

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    1. Ah oui ! Très long commentaire x)

      Pareil, je me sens toujours moins proche de mes amies que mes amies entre elles (ouais, j'ai pas d'amis garçon), et d'ailleurs des fois c'est pas qu'une impression : elles vont parler de trucs entre elles qu'elles ne me disent pas à moi. Logique : je ne me confie pas, donc je n'ouvre pas l porte, donc on y frappe pas.

      Vouloir être vulnérable et ne pas y arriver ça m'arrive maintenant... mais j'ai passé mon blog a une amie qui le demandait avec gentillesse et intérêt... genre "je suis pas capable de te parler mais viens me lire". Sauf que à long-terme ça peut pas fonctionner. Parce que je vais pas non plus passer mon blog à tout le monde c'est pas le principe d'un blog, sinon autant écrire sur FB xD). Donc ça avance pas trop... puis c'est trop dur d'accepter d'être vulnérable, au-delà même du risque que l'on prend.

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    2. J'avais que des potes filles aussi, à part si l'une du groupe incrustait parfois un mec, voire, son mec.
      Oui forcément, si on est renfermé ça n'aide pas à la communication ^.^ Peut être que ça te viendra plus naturellement avec une personne que tu n'a pas encore rencontré. Ça arrive aussi. Ça a été mon cas avec quelqu'un que j'ai rencontré y'a quelques année et que j'ai revu l'an dernier. J'suis pourtant pas à l'aise avec des inconnu mais ça a toujours été fluide naturellement avec lui. Je ne sais pas l'expliqué, c'est juste comme ça. Un feeling.

      Effectivement, le fait que tu lui ai passé ton blog c'est un super grand pas parce que c'est quelque chose de très intime que tu as décidé de partagé avec elle. Même si tu ne sera pas à ses côtés au moment de sa lecture c'est une personne du réel que tu vas recroiser et elle t'en parlera peut être :-) Après oui, tu peux pas juste balancer ton url comme ça à tout va mdr. Mais chaque chose en son temps. Une personne à la fois j'ai presque envie de dire. Le but ce n'est pas de se rendre vulnérable avec le monde entier du jour au lendemain non plus.
      Dans quel sens c'est dur même au delà du risque que tu prends ?

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  3. [Suite..]

    Alors aussi paradoxale que ça puisse être, je suis toujours autant incapable de me rendre vulnérable et je suis mariée. Le comment du pourquoi je ne l'ai pas mais c'est ma vie. Ca passe par des choses que je ne suis pas cabale de dire ou de faire, comme les démonstration affectives. Je ne dis pas "je t'aime" même si monsieur me le dit. Je ne sais pas venir de moi même pour un câlin, un bisou... ou que très rarement. Je suis mariée depuis 7 ans et j'ai l'impression de toujours être en apprentissage x) Mais c'est un réflexe de défense. Il faut y travailler mais je crois qu'il faut aussi composer avec.
    Du coup je me demande parfois si je me retiens pas d'aimer mon mari (tu vois je suis un cas pathétique moi aussi lol) et c'est dans des moments ou quelqu'un s'en prend à lui que je ressens vraiment mon attachement finalement. Des sursauts qui me prennent aux tripes et qui me donne envie de sauter à la gorge de la personne qui lui fait du mal. Une sensation particulière que je ne connaissais pas. C'est sans doute pas une manière classique de vivre sa vie de couple mais ça existe. Ne te formalise pas avec le reste du monde. Va à ton rythme et avec tes mécanismes à toi.
    On peut certes travailler sur ses défauts, ses peurs et traumatismes mais on n'est pas un ordinateur qui peut se rebooter totalement et repartir de zéro comme une machine neuve sans historique. Ça ne marche pas comme ça. A chacun son handicap j'ai envie de dire !
    Il va falloir t'ouvrir fatalement mais ça ne veut pas dire abandonner toutes ses défenses non plus. De la vulnérabilité modérée.

    Enfin bref. Je n'ai pas de solution miracle, le hasard de la vie a joué aussi son tour. J'ai fais comme toi d'ailleurs, je suis passée par internet pour vider mon sac et essayer de "faire quelque chose" plutôt que d'avoir l'impression de m'enterrer peu à peu irl. Et c'est comme ça que j'ai "rencontré" mon mari x') *la boucle est bouclée*

    TADAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

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    1. Je pense que, quand ça vient de "traumatismes" (je mets des guillemets parce que moi, les expériences desquelles ça vient, c'était pas non plus la fin du monde, objectivement) vécus dans l'enfance, on peut, comme tu dis, composer avec, parce qu'y travailler je pense que ça peut fonctionner mais ça a ses limites...

      Tant que c'est qu'une envie de sauter à la gorge et que tu passes pas à l'acte... x') Ceci dit, ça, typiquement, c'est le genre de truc que j'ai jamais ressenti pour personne, et aussi je n'ai jamais ressenti le manque de personne (fille sans émotions bonjooouuur !)

      J'aime bien cette expression de vulnérabilité modérée !

      CLAP CLAP CLAP

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    2. Bah si ça t'as tant marqué et "formaté" dans ta façon d'être vis à vis des gens c'est que ce n'était pas un petit rien non plus. Faudrait pas minimiser.
      (Oui pour mon histoire perso c'est plus de l'ordre du traumatisme, j'ai eu une vie compliquée qui a mal démarrée. Mais c'est pas de moi qu'il s'agit :D)

      Bah il m'a fallut être plus vieille que toi actuellement pour ressentir ça pour la première fois. Une sensation qui m'a surprise moi même et qui m'a mise mal à l'aise d'ailleurs. Je crois que ça m'a perturbé xD
      Le manque je fonctionne comme toi ptdr. A peu de chose près personne ne me manque. J'ai fais un peu plus de chemin que toi aujourd'hui mais c'était la même chose à une époque de mon côté. Je ne crois pas que ça soit une question de ne pas avoir d'émotion. Je pense que c'est encore une façon de se protéger de la vulnérabilité que ça engendre aussi.

      *copyright Darkrevette :D*

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    3. Ben... ce que je voulais dire c'était que, objectivement, c'était pas des trucs bien graves mais, subjectivement, ça a eu un impact sur la construction de l'enfant que j'étais.

      Haha tu m'étonnes ! Ça doit être vraiment bizarre de ressentir un truc que t'as jamais ressenti avant.
      Oui, tout est lié à la vulnérabilité. C'est assez fou d'ailleurs de voir tout ce sur quoi ça a un impact.

      Haha x'P

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  4. Ce genre d'articles est vraiment mon genre d'article préféré. Très plaisant à lire. Je me retrouve bcp dans ce que tu écris. Je n'ai pas confiance en grand monde non plus, et je n'ai pas d'amis à qui me confier, ça me manque.

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    1. Je pense que c'est normal que ça manque, vu qu'on est censé être des animaux sociaux ! :)

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  5. Je me retrouve beaucoup dans tout ce que tu dis.
    Mon enfance a été jalonnée de trahisons diverses et variées, autant de la part de mes camarades, y compris mes supposées "meilleures amies", que des adultes, y compris certains de mes très proches parents. Je sais à quel point c'est difficile de refaire confiance après ça. Aujourd'hui, je me retrouve avec une seule amie sur laquelle je suis certaine de pouvoir compter quoi qu'il arrive... mais qui vit à 800 bornes de chez moi, donc il lui faudrait un peu de temps pour arriver, et réciproquement XD
    Et sinon, mon mari, que j'ai mis 28 ans à trouver (bon, les 20 premières années je ne l'ai pas vraiment cherché hein, mais arrivée à 28 ans, tout le monde désespérait un peu pour mon cas ^^). Il est la seule autre personne (bon, il y a ma mère aussi, hein) sur laquelle je sais pouvoir compter quoi qu'il arrive, à toute heure, en toutes circonstances.
    C'est clair que ça fait du bien, d'avoir ce type de personne. Pouvoir se dire qu'on n'est quand-même pas si pourri, parce qu'il y a quand-même une personne qui a choisi de devenir ta moitié, qui a confiance en toi et en qui tu as confiance.
    Bref, je te souhaite sincèrement de trouver cette personne, qu'elle soit ton petit-ami ou un-e simple ami-e. C'est dur de s'ouvrir mais une fois fait, c'est chouette. :)

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    1. Haha comment ça ? Vous n'avez pas encore la téléportation ? :P
      Je pense que si j'ai toujours personne à 28 ans ça va être compliqué vis à vis de mes proches, surtout mes parents qui voudraient des petit-enfants ! Mais bon, être célibataire c'est une bonne excuse pour pas faire de gosses, en même temps !

      Merci :) Oui j'imagine que c'est très chouette !

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  6. JE T'ENVOIE BEAUCOUP D'AMOUR.
    Sinon je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit. Mais j'annonce, l'amour c'est pas beaucoup mieux, même, si ce n'est pire.
    Pour ma part j'ai dû apprendre à m'ouvrir un peu plus aux gens, mais surtout j'ai dû apprendre à qui j'accordais ma confiance, comme je suis un peu un pigeon des émotions, qui donne beaucoup pour des personnes qui n'en valent pas forcément la peine. C'est un exercice long et complexe, mais ça se fait. C'est comme un champ, faut cultiver. Du coup maintenant ça va beaucoup mieux, j'ai pas 158 amis, je ne fais pas partie de groupes X ou Y, mais j'ai 3/4 personnes que j'estime beaucoup et qui m'estiment beaucoup.

    En tout cas, sache que pour moi, tu as été une très belle rencontre, et que je te considère comme une très bonne copine, très intéressante, même si on se parle peu.

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    1. MERCI ! <3 :D MOI AUSSI JE T'ENVOIS BEAUCOUP D'AMOUR !
      Boarf, tu sais, 3-4, c'est plus ou moins le max qu'on peut avoir. J'avais vu un sujet sur FranceinfoTV de deux psy qui expliquaient pourquoi on ne pouvait avoir que 5 vrais amis : c'est parce que se souvenir de ce qu'ils aiment, de leurs anniversaires, etc., ça prend de l'énergie à la caboche. Donc t'es presque au max de la jauge, bien joué ! ;)

      Oh lala c'est trop gentil c'est trop mignon ! C'est pareil pour moi (et je dis pas ça pour renvoyer l'ascenseur, hein, je dis ça parce que c'est la vérité vraie de la vérité) ! :D

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