Aujourd'hui, j'ai terminé tous mes flashs info, jusqu'à 10h, à 8h01. (Je vous écris du boulot, d'ailleurs, mais faut pas le dire à ma patronne.) D'habitude, c'est plutôt 8h30. Même 8h30 c'est trop tôt. Je crois que les collègues enregistrent quelques minutes avant. Alors bien sûr, j'ai une conscience professionnelle : je vais faire une veille et vérifier qu'il n'y a pas des articles importants qui sortent entre-temps, et si ça arrive je réenregistrerais mes flashs pour que l'information importante et nouvelle soit bien diffusée. Ça n'empêche que... que je me retrouve perturbée, du coup. Les collègues n'ont pas l'air d'avoir tout ce temps de latence (là, techniquement, je n'ai plus rien à faire avant 9h10 et la conférence de rédaction, à part enregistrer les trafics et de nouvelles météos). Les collègues n'ont pas l'air de n'avoir rien à faire jusqu'à 12h. Alors je commence à me demander si le problème ne vient pas de moi.
Pourtant je me note des infos pour les jours à venir, avoir un peu d'avance (je n'écris pas les brèves, juste une note pour me souvenir de l'info), je propose des sujets à la rédaction (pas assez, je pense, mais j'ai du mal à trouver de l'intérêt dans la plupart des infos), je fais des interviews. Mais rien de tout ça ne prend beaucoup de temps. Et je me dis... que c'est peut-être moi le problème. OK, je n'aime pas mon travail, mais j'essaye quand même de bien le faire, j'essaye d'appliquer les conseils de mes chefs sur l'écriture des brèves, je m'applique dans les montages des interviews... Il y a eu une période c'est vrai où j'écrivais le minimum de brèves : maintenant j'en écris aussi sur les infos qui ne paraissent pas intéressantes ou spécialement importantes et j'essaye d'organiser les flashs pour les transitions entre les infos soient logiques. Je n'ai pas l'impression de mal faire mon travail. Mais peut-être que si, peut-être que les collègues font des trucs en plus, des trucs que je ne capte pas, je n'en sais rien.
Ce matin j'ai repensé à mon stage de Master 2 à l'armée de Terre. J'étais rédactrice au service communication, en télétravail cause Covid. Tous les matins, nous avions un point sur la journée avec le capitaine. Un jour, avant la réunion, il m'avait envoyé par mail un article à faire. Avant la réunion l'article était écrit et envoyé. Pendant la visio, le capitaine m'a dit : "je l'ai bien reçu ; tu as travaillé vite !" et j'ai pensé "oh lala merde il sous-entend "trop", j'ai dû faire une connerie, pas voir un truc", mais en fait non, il m'a dit qu'il était bien et qu'il ne pensait pas que je "travaillerais aussi vite". Ce qui est une bonne chose, en soi, mais... j'étais en Master, pas au lycée, donc avec la capacité de travail plus élevée, je ne sais pas... Je n'ai pas eu l'impression de travailler "vite" ou "plus vite que la normale". Comme aujourd'hui. Je fais le truc, c'est tout. Et aujourd'hui comme à l'époque je ne peux pas m'empêcher de me demander si je ne rate pas un truc. Je veux dire : si j'avais 160 de QI, OK, je voudrais bien survoler les tâches, performer plus vite que les collègues, mais ce n'est pas le cas (enfin je ne pense pas, en tout cas, je n'ai jamais fait de test de QI, mais franchement je ne me trouve pas particulièrement intelligente, surtout quand je regarde les gens autour de moi (j'ai une paire d'amies) qui ont vraiment un QI élevé). Donc il doit y avoir quelque chose que je dois mal faire. Mais je ne vois pas trop quoi, et je n'ai pas envie d'en parler à mes chefs parce que c'est quand même une demande particulière.
C'est particulier aussi parce que du coup au travail j'ai l'impression que mon cerveau travaille en sous-régime, mais quand j'essaye de me remettre aux hiéroglyphes, de me foutre dans le crâne ma prépa mentale (faut dire j'essaye en fin de journée de travail quand je suis bien, bien fatiguée) ça marche moyennement et je me sens nulle et con et incapable. Ma psy dans les Ardennes m'avait dit qu'elle était contre les tests de QI parce que savoir le chiffre ne change rien à tes besoins et à la manière de les remplir/réaliser/assouvir. Et je trouve ça assez logique. N'empêche que là tout de suite je me dis que quand même savoir le chiffre permettrait de savoir si c'est ça le problème. Et si on m'annonce 98 ben au moins je saurais que je suis juste dans la moyenne et que ce n'est pas ça le problème. Mais c'est cher et j'aurai changé d'avis dans deux heures. Puis quand il y a des espèces d'exercices de logiques (j'en ai fait dans le processus de recrutement de ce poste) du type terminer une suite de carrés de couleurs ou de formes et ce genre de choses, je galère, je trouve ça dur. Donc je n'ai probablement pas un QI plus élevé que la moyenne.
La situation me pèse parce que : je n'ai pas trouvé le Master 2 difficile alors que les profs nous avaient prévenus que ça serait plus dur que le Master 1 (c'est vrai aussi que je ne me suis pas beaucoup arrachée comparée à certains camarades) ; je me suis ennuyée au stage à l'armée de Terre parce que je n'avais rien à faire (je ne pense pas qu'ils avaient besoin d'un stagiaire : réorganiser le travail des deux alternants aurait probablement suffit à absorber le mien) ; je me suis ennuyée dans les Ardennes (objectivement, il y avait beaucoup de choses à faire, mais comme j'étais mal je n'avais pas envie de les faire donc je pense que la même radio ici, je postulerais) ; et je m'ennuie ici. Et ça commence à me saouler. Est-ce qu'il existe quelque part un putain de travail dans lequel je ne m'ennuierais pas ? Qui me permettrait d'apprendre des choses, de me montrer créative, dont certaines tâches me proposeraient un défi à relever, un truc juste au-dessus de mon niveau de compétences mais pas inatteignable ? Un travail qui soit de la nourriture pour mon cerveau, ça existe ? Ou alors, si c'est moi le problème, si c'est moi qui ne fais pas tout bien, est-ce que quelqu'un peut me dire ce que je ne fais pas bien ?
Pourquoi tu penses à tout prix que tu fais mal quelque chose ? Tu es peut-être en effet super rapide pour travailler ! Ce n’est pas parce que tu as du temps libre que tu as mal fait ton travail. 😉 et si tu n’as pas de remarques sur ton travail c’est que tu dois le faire bien! Cela me rappelle quand je passais mon bac. Je révisais sans stress et je ne passais pas énormément de tzmps à réviser et faiire des fiches et mes copines m’ont fait paniquer. Elle révisait tous les jours jusqu'à pas d’heure. Je me suis alors dit que je n’aurai pas mon bac puisqu'il était inconcevable pour moi de passer tous mes jours et mes nuits à réviser. Et j’ai eu mon bac!
RépondreSupprimerJ'ai des remarques sur mon travail et j'essaye de les appliquer et là je n'en ai plus eu donc ça a l'air d'aller, mais je me dis je sais pas c'est pas possible de finir le travail de 5h en 3h.
SupprimerFélicitation pour ton bac ! :DD Du coup je vois ce que tu veux dire. Mais j'ai du mal à me dire que c'est le cas pour moi là... je ne sais pas pourquoi.