vendredi 6 février 2026

La vie sans psy

Au début, je pensais que je pourrais tenir jusqu'à ce que la psy qui n'est pas dispo puisse me recontacter. Je me disais que de toute façon aucun psy ne m'avait tapé dans l'œil sur Doctolib et que je devais attendre, que grâce au manuel de prépa mentale j'ai des trucs pour m'aider. Mais force est de constater que les signes de "pas bien du tout" reviennent… Je me tape le front quand je n'arrive pas à gérer ma frustration ou plutôt ma tension accumulée d'être dans un boulot que j'aime pas et alors il suffit que je rate mon flash ou que le logiciel ne fonctionne pas pour que je pète un câble assez fort pour me niquer les cervicales. J'ai les tocs qui reviennent, aussi, sur si j'ai bien fermé la fenêtre de ma chambre avant de partir travailler et si le réveil est bien activé pour le lendemain, donc je l'éteins, je le rallume, je l'étais, je le rallume, je dis à voix haute que c'est bon, je vais aux toilettes, je reviens pour dormir et finalement je revérifie le réveil encore et encore, je ne peux pas m'en empêcher. Pourtant avec le nouveau câble (celui d'origine ayant été sectionné par une lapine uuuun peu trop curieuse et uuuuun peu trop prompte à tout goûter avec sa bouche remplie d'incisives acérées) quand il tombe il ne se débranche pas (je suis censée pouvoir mettre des piles pour le secours mais ça ne fonctionne pas, bref). Y aura un vrai problème quand j'aurais aussi un toc en m'essuyant après être allée aux toilettes et quand je vérifierai cent fois que la porte de l'appart' est bien fermée ; mais j'aimerais autant ne pas en arriver là.

Du coup j'ai recherché des psy sur Doctolib : une femme (parce qu'il y a des choses que je ne me sens pas de dire à un monsieur) ; méthode intégrative comme ma psy des Ardennes (et les psy qui disent juste dans leur présentation qu'ils offrent un "cadre d'écoute" sans rien d'autre c'est non, je ne veux pas papoter : je veux changer) ; et dont j'aime bien ce qu'ils dégagent sur les photos. J'en ai trouvé une sa présentation m'a fait pleurer. J'ai dit je la prends elle (haha…). Heureusement elle avait un rendez-vous pour mi-février (ensuite la plateforme m'a dit "ah non désolé quelqu'un vient de le réserver" alors j'en ai pris un beaucoup plus tard puis en revérifiant celui de février était toujours dispo donc je l'ai pris) donc ça va arriver vite et depuis je traverse ma journée en me disant : "ça, il faudra que je le dise à la psy, ah tiens ça aussi, puis ça". Y a du boulot, c'est moi qui vous l'dit !

Aujourd'hui ça va parce qu'avec une copine on s'est dit qu'on créerait bien une espèce de "nouveau Hellocoton", un "anti-réseau social" pour reprendre le temps, parce que les blogs c'était bien, quand on prenait le temps de lire les gens, de les écouter, d'écrire des commentaires de plus de trente mots, et qu'on ne s'excusait pas "du pavé" parce qu'un article faisait plus de cent mots. J'aime bien les projets même si ça fait peur, parce que j'aime bien créer. Alors aujourd'hui, ça va. Lundi aussi ça allait parce qu'un ami était dispo pour papoter alors on a beaucoup papoté et je n'ai pas vu le temps passer au travail. Sinon je m'ennuie, mon cerveau tourne en boucle. Y a rien d'intéressant là-dedans. Je ne suis tellement pas impliquée que quand l'autre jour le collègue à dit qu'il n'avait pas eu de réponse des athlètes pour les Jeux Olympiques je n'ai même pas percuté. Déjà je n'ai pas percuté que les Jeux Olympiques arrivaient, je n'ai pas fait de corrélation entre les deux informations, et je ne suis pas intervenue pour dire : "ils ne te répondront pas, les préparateurs mentaux conseillent aux athlètes de ne pas répondre aux journalistes avant les épreuves". Pas parce que je suis étourdie, non. Si j'avais été étourdie j'y aurais pensé dans la même journée. J'y aurais pensé en ouvrant mon bouquin de préparation mentale. J'y aurais pensé hier en lisant une brève sur les JO. Parce que je ne suis pas impliquée. J'y ai pensé ce matin, quand la dame de RTL a lu sa brève à elle, que j'étais dans mon lit, concentrée sur ce que j'écoutais, et j'ai percuté : "ben oui, il n'a pas eu de réponse, forcément !". Mais au travail non. Parce que je ne suis pas impliquée, ça ne m'intéresse pas, je m'en fous. C'est impressionnant de voir que mon cerveau est littéralement débranché. Puis hier un collègue parle d'une asso contre le harcèlement, la cheffe lui fait remarquer que c'est elle qui en a parlé en premier et qu'elle lui a envoyé un mail hier. Moi, j'étais saoulée. Parce que l'asso je leur en ai parlé quand la gamine s'est suicidée sur le RER. J'ai regardé : ça fait trois semaines. J'en ai parlé en conférence de rédaction, ça n'a pas soulevé les foules. Donc bon, puisque j'ai déjà du mal à être présenté psychologiquement et que quand je suis là ce que je dis on s'en fout, ben je vais encore moins faire d'efforts pour être là.

Je sens aussi que j'ai besoin de la psy parce que j'ai du mal à me coucher tôt : je n'ai pas envie d'être au lendemain alors je repousse l'heure du coucher et donc je dors moins bien, donc même après la sieste de début d'après-midi je suis fatiguée, donc pour écrire et avancer sur mon Inktober je dois écrire en prenant le PC dans mon lit, mais du coup je ne passe pas de temps avec mon p'tit lapin et je culpabilise de la laisser toute seule même quand je suis là (parce que je ne veux pas qu'elle aille dans la chambre parce qu'elle coupe le fil du réveil et le réveil je ne peux pas le déplacer, il n'y a pas de prise en hauteur, donc je suis un peu coincée). J'ai aussi mis des jours à lui prendre enfin un rendez-vous chez le véto parce qu'elle secoua la tête (je pense qu'elle a un truc dans l'oreille) alors que je sais que c'est vraiment horrible d'avoir mal à l'oreille ou d'être dérangée par un truc que je ne peux pas atteindre. Les rendez-vous médicaux je traîne toujours pour moi et ce n'est pas grave mais je n'ai pas le droit pour elle, je n'ai pas le droit d'oublier et de laisser traîner, ma pauvre louloutte. Donc elle a véto aujourd'hui (comme ça je parlerai aussi des poils des pieds qu'elle s'arrache, j'espère qu'elle n'a pas de pododermatite). J'aimerais mieux dormir pour pouvoir écrire depuis le bureau dans le salon et être là avec elle. Je recommence aussi à avoir du mal à faire le ménage, dans la cuisine ça s'accumule.

En fait, j'attends beaucoup de ce rendez-vous chez la psy, j'espère vraiment que cette fois c'est la bonne car je ne sais pas trop comment je vais faire sinon. Je ne sais pas non plus si je dois reprendre mes cachets ou pas, mais façon quand je me dis que ce serait bien je finis par oublier au bout de deux jours. J'aimerais vraiment retrouver une psy comme ma psy des Ardennes, qui me cadre et me guide sans que je m'en rende compte et qui pose les questions qui grattent. C'est ce que je dirais à la psy mercredi, si j'ose.