Quand je suis au boulot et que je n'ai rien à faire ou que je n'ai pas envie de travailler et que mes tâches ne pressent pas (ou, plus précisément, que j'ai décidé que ça pouvait attendre), je lis un manuel de préparation mentale. Hier j'ai commencé le chapitre sur le stress de sous-pression qui est en fait la démotivation (bonjour-c'est-moi). Pas de chance, d'après le bouquin je suis au stade 2, au stade où il est conseillé d'avoir un professionnel de la santé mentale et où les étapes proposées dans le livre ne sont pas suffisantes. Mais là où c'est bien c'est que je ne suis pas au stade 2 dans tous les domaines (par exemple je ne suis pas du tout démotivée dans l'écriture de mes trucs, au contraire, j'y prend beaucoup de plaisir et c'est un truc fort dans la liste de ce qu'ils appellent les "raisons d'être". Dans les étapes pour solutionner le stade 1 de la démotivation (où du coup la perte des raisons d'être (un travail, par exemple) peut avoir des effets négatifs sur les émotions, puis l'estime de soi, puis l'énergie et ensuite bim cercle vicieux, ils disent de se détacher de ses objectifs précédents pour en créer de nouveau, de se détacher de raisons d'être peut-être passées pour en construire de nouvelles. Là où c'est bien, c'est que j'ai l'écriture, donc un bon point pour moi (mais ils disent que quand il y a "peu" de raisons d'être faut en trouver d'autre, sauf que moi je suis une "obsédée" de l'écriture, d'après ma cousine xD).
Dans les chapitres précédents ils parlent des objectifs et de c'est quoi un peu un objectif bien fait et en fait après en rentrant chez moi je me suis dit que "changer de travail" n'a rien d'un objectif bien fait, dans le sens où c'est pas daté, c'est flou, tout ça, du coup c'est dur à atteindre, du coup t'échoues, du coup tu te trouves nul. Sauf que sur le changement de travail je ne peux pas franchement me dire "je vais trouver un travail canon d'ici 3 mois" parce que OK c'est daté et mesurable et tout ce qu'on veut, mais ça ne dépend pas de moi, en fait. Et en fait, un objectif clair et précis peut-être que j'en avais déjà un, puisque j'ai décidé d'économiser pour m'offrir l'accompagnement de reconversion d'Audrey de Slowin au printemps. Ça c'est daté, mesurable et atteignable et au lieu de le voir comme une bouée de sauvetage pour m'emmener vers un objectif plus grand je peux le voir comment un objectif à part entière. Après je me suis dit, j'ai ma lapine, aussi. Elle fait partie de mes raisons d'être. Je ne peux clairement pas tomber dans une dépression sévère et me suicider, parce que le temps qu'on trouve mon corps elle aurait le temps de mourir d'un arrêt de transit et ce serait horrible (et je ne peux pas non plus lui tordre le cou avant de me suicider, ce serait vraiment atroce et je pense que j'en serais incapable de toute façon) donc tout scénario qui se termine par la mort de Doudounette est hors de question, en fait : donc Doudounette est une raison d'être (et c'est quand même une raison d'être trop choupi-choupa avec ses grands yeux et ses immenses oreilles et ses bêtises aussi : son truc c'est d'aller piquer le pain dur dans le bac des biodéchets et de l'emporter dans son "terrier" pour pas que je lui reprenne).
Puis j'ai peut-être eu une idée de reconversion. Je me suis dit je pourrais me former via divers Diplômes universitaires pour à terme pouvoir accompagner des ados en difficultés (type PJJ, Aide sociale à l'enfance, classes SEGPA en collège, centres sociaux, tout ça) en faisant un partenariat avec les villes pour avoir accès aux médiathèques et leur faire faire un peu de radio aussi pour favoriser l'expression et tout. Je pourrais me former comme animatrice d'ateliers d'écriture, aussi, et en programmation neuro-linguistique, pour avoir tout plein d'outils pour les gamins. Je ne sais pas encore si c'est une lubie ou un truc sérieux, mais au moins pour une fois l'une de mes idées me semble atteignable et je ne me dis pas "je ne peux pas parce que la formation est trop longue alors je ne peux pas vivre si longtemps sur mes économies" ou "je ne peux pas parce que je suis trop vieille pour l'alternance" ou "je ne peux pas parce qu'il n'y aura pas de travail au bout". Pour une fois je me dis "je peux". C'est possible. À la condition que je change de travail, de préférence dans une médiathèque ou une librairie, ou un truc pour une commune qui me donne déjà accès aux bonnes personnes pour parler de mon projet de reconversion et pouvoir négocier certains trucs sur mes jours de congés (pour me permettre de suivre les DU qui sont sur deux jours par semaine).
Puis j'ai toujours des romans à écrire.
Et je me dis que tout ça mis ensemble, si j'arrive à me concentrer dessus plutôt que sur les trucs qui ne vont pas, me rendra le travail un peu plus supportable quand même. Hier j'étais tendue pendant que je faisais quelques courses, et comme j'ai eu la poisse et les déconvenues s'enchaînaient ça me tendait plus encore et peut-être que je serais tendue moins vite si j'arrivais à mieux me concentrer sur des objectifs positifs au quotidien et avoir l'impression d'avancer plutôt que de stagner et d'être bloquée. Mais ça, c'est facile à dire quand je suis reposée, que je viens de faire du pilates et que je suis détendue, et moins quand je dois me lever pour aller au travail alors que ça me saoule, que je n'ai pas envie, que ça ne m'intéresse pas, que...
Peut-être que je ne suis pas dans un vrai stade 2 de la démotivation, ou peut-être que je suis un peu forte mentalement quand même, parce qu'au début du bouquin quand il parle d'imageries et tout et parle de certains exercices en fait il y a des trucs que je fais déjà (sauf que moi je le fais dans les émotions négatives haha...) donc mon cerveau est assez fort, faut juste le faire aller dans le bon sens, mais comme ça fait des années (des années, vraiment) qu'il s'entraîne dans le sens négatif c'est assez compliqué de changer des connexions neuronales, quand même;
Et heureusement que je ne suis pas dans un vrai stade 2 de la démotivation, route toute tracée vers la dépression, parce que je n'ai plus de psy.
Je ne sais plus si je vous avais raconté la première psy que je suis allée voir. Elle ouvre la porte et ce qu'elle dégageait en IRL était complètement différent de ce qu'elle dégageait sur sa photo de profil, puis je venais de perdre 2 000 balles dans l'arnaque bancaire et j'avais besoin de réponses sur le pourquoi mais elle ne faisait que me dire "mais outre cette fraude qui vous préoccupe en ce moment, parlez-moi de vous" et OK c'est normal en première séance qu'elle veuille savoir qui je suis mais là tout de suite c'est pas le moment en fait y a plus urgent : j'ai besoin de réponses. Du coup, je suis allée voir une autre psy. Qui elle m'a donné des réponses et m'a dit à la fin de l'heure comme ma psy des Ardennes : "on s'arrête là pour aujourd'hui ?" et voilà et elle est trop belle, trop bienveillante, avec une voix géniale : j'adore cette psy ! Mais les fois d'après elle finissait sur "on s'arrête là ?" (ce que ma psy des Ardennes m'a dit en toute dernière séance avant que je déménage, elle) et elle ne faisait que m'écouter mais sans m'aider, sans me poser les questions qui grattent, qui obligent à réfléchir. Et la dernière fois je lui parle du fait que j'ai du mal à faire des efforts et elle me pose quelques questions et elle me dit des trucs comme "il faudrait peut-être des objectifs plus précis ?" oui mais même des objectifs précis ça marche pas, "et si vous essayez ça ?" etc. et elle me dit "alors vous avez besoin d'un élément extérieur pour faire des efforts" (un truc comme ça) et je me dis ah tiens, motivation extrinsèque, elle a mis le doigt sur un truc, alors je demande comment je fais pour ne plus avoir besoin de cadre extérieur et elle me répond en souriant "je ne sais pas...!" comme si je ne m'adressais pas à la bonne personne, comme si ce n'était pas son rôle de m'aider... alors j'ai parlé de banalités pour combler l'heure et à la fin j'ai dit que je reprendrai rendez-vous plus tard, et j'ai contacté la psy qui travaille dans le même cabinet que ma médecin traitante, sauf que pas de chance elle a une urgence familiale, a reporté ses rendez-vous, et reviendra vers moi quand elle pourra, donc pour le moment je n'ai pas de psy. C'est assez embêtant vu que je suis tendue et que je recommence à me taper la tête... Mais bon, je vais attendre comme ça, en appliquant quelques exercices de préparation mentale en attendant.
Voilà.
(Et bonne année !!
Nous sommes le 31 janvier j'ai encore le droit !!)




