vendredi 27 novembre 2020

Mes 5 derniers livres lus (n°2)

La dernière fois je vous avez dit que j'avais bien envie de revenir à des articles un peu plus légers alors me voici ! En vrai, j'ai un peu triché parce que je n'ai pas vraiment pris mes cinq derniers livres lus ; j'ai plutôt pioché parmi les cinq derniers dans la longue liste de ce que j'ai lu depuis quelques mois. Mais on s'en fiche parce que c'est mon article, je fais ce que je veux, puis je voulais aussi faire de l'unité entre les articles et donc garder le "cinq derniers". Bref. J'ai des trucs sympa :)


Pérismer – Franck Dive

Ils sont cinq. Cinq adolescents qui vivent depuis leur plus jeune âge dans un monastère isolé du monde extérieur. Par une nuit tragique, ils échappent de justesse à l’agression de ténébreuses créatures et, pour survivre, doivent se résoudre à l’exil.

Un long périple les attend, au cours duquel ils n’auront pas d’autre choix que d’apprendre à s’entraider et à dépasser leurs différences, car face à eux se dresse la Reine des noctères, un fléau qui les considère déjà comme ses pires ennemis.

C'est ma première triche : je ne vais pas vous parler que du premier tome mais de la trilogie (sans rien divulguer, évidemment ;P). C'est assez facile parce qu'il y a une grande unité dans cette trilogie, à la fois dans le bon et dans le moins bon.

Je dois dire que cette trilogie m'a énormément frustrée. À tel point que je vais commencer par les points négatifs et finir sur le positif, parce qu'on se souvient toujours mieux de ce que l'on a lu ou vu ou entendu en dernier et que ça m'embête que vous vous souveniez du "mauvais" (oui, l'autrice de ce blog vient d'admettre chercher à manipuler ses lecteurs, à part ça tout va bien ! xP).

En fait, pour résumer le moins bon, j'ai trouvé que ça manquait d'écriture. J'ai eu beaucoup de mal à imaginer les lieux des actions car les descriptions succinctes n'étaient pas toujours claires, par exemple. Ce n'est pas grave quand ça n'importe pas à la scène, mais quand le lieu est central c'est déjà beaucoup plus embâtant. J'ai aussi trouvé que ça allait souvent un peu trop vite, presque comme si l'on sautait d'une action à l'autre. Parfois, des choses semblent sorties du chapeau ; soit que l'on n'a pas été préparés soit que l'on a été mal préparés. On reçoit donc des vérités ou des actions auxquels on doit dire "oui, d'accord" alors que ça semble venu de nulle part, là parce que l'auteur en a eu besoin. C'est vraiment dommage parce qu'en réalité l'univers est vraiment travaillé, donc ces vérités sorties de nulle part font sans doute réellement partie de la construction de l'histoire.

Le dernier tome est celui qui a le moins ce problème de manque d'écriture mais d'un autre côté il comporte quelques incohérences qui, même si elles ne sont pas méchantes, font tiquer et sortent de la lecture comme par exemple quand à une page on vous dit que le dragon tient un soldat dans une patte et que trois pages plus tard c'est deux. Par contre, bon point pour le tic de langage du tome un ("avoisiner" utilisé tout le temps) qui disparaît.

Ce manque d'écriture m'a beaucoup frustrée parce que, derrière ça, l'histoire est géniale ! Assez sombre (digne de la dark fantasy, je dois dire) mais traitée d'une manière idéale pour un livre classé Jeunesse. Le point de départ est la lutte contre le Mal, rien de bien original mais ça marche ! L'univers est sympa, bien construit, le scénario fonctionne, et les personnages !... Les personnages, principaux comme secondaires, sont vraiment, vraiment bien construits, ils ont des personnalité à eux sans tomber dans la caricature, leur développement est parfait et le traitement de leur vraie nature (pas tout à fait humain) est très bien traitée que ça soit du point de vue du scénario ou de l'évolution psychologique des ado. C'est vraiment une très jolie histoire avec une fin parfaite (qui moi m'a mise par terre mais je suis fragile xD). Et du coup, toutes ces qualités de fond portées par une écriture qui manque un peu, n'est pas tout à fait à la hauteur, m'a beaucoup frustrée !

J'ai passé un moment très sympa et je vous le conseille pour quand on ne veut pas se prendre la tête ! Et puis les personnages sont vraiment attachants, c'est difficile d'avoir son préféré (même si moi Erian me tape un peu sur le système, mais bon, justement ça démontre qu'il est bien construit parce qu'il a ses qualités mais ses défauts sont bien dosés et me saoulent). Je pense qu'il est facile de pardonner le "manque d'écriture" face à la très jolie histoire !


Le Charognard
– K.-J. Parker

Un homme se réveille au milieu de nulle part, parmi des corps éparpillés, sous le regard inquisiteur des corbeaux. Il ne sait plus qui il est, ou comment il est arrivé là. Le seul lien le rattachant à son existence ultérieure est son don naturel pour manier l’épée, et les rêves fragmentaires qui hantent son sommeil.

Perdu dans un monde hostile, il erre de village en village, jouant au dieu pour trouver le gîte et le couvert. Mais l’ombre de son passé ne cesse de le poursuivre. Elle lui évoque un mystère bien plus grand qu’il ne l’aurait imaginé, une vérité qu’il préférerait sans doute ne pas croire.

Je vous présente encore une trilogie. J'ai lu récemment le tome deux, mais je me suis dit que pour vous présenter la saga, il valait mieux mettre ici la quatrième de couverture du premier tome. Je dois dire avant de commencer que cette trilogie n'est pas complète en français. Bragelonne n'a publié que les deux premiers tomes, je pense qu'ils ont renoncé au dernier devant le peu de ventes. Et pourtant !...

Je suis actuellement en train de lire le tome trois en anglais en livre numérique. Autant dire que je fais des aller-retours avec un dictionnaire et qu'encore plein de petits détails m'échappent, mais je comprends suffisamment pour savoir ce qu'il se passe. C'est ça, ou ne jamais savoir du tout, ce qui serait bien pire côté frustration !

Ce que je vais dire est un peu méchant : je comprends que des lecteurs, après la lecture du premier tome, n'aient pas voulu lire le deuxième et que ceux qui sont allés au deuxième aient voulu abandonner. C'est que c'est un peu mou, on a l'impression qu'il ne se passe rien en presque six cents page à chaque tome. En réalité, c'est une mollesse et un rythme parfaitement maîtrisés, qui installent un univers, une ambiance, et un déroulement parfaitement maîtrisés. En fait, c'est un bonbon. Chaque pièce se positionne, et on lit en se disant "oh non... la vache !". Surtout dans le dernier livre où tout va se résoudre.

En fait, je comprends que la plupart des lecteurs aient abandonnés et que Bragelonne n'ait pas pris le risque de publier la suite : ça tient à la construction de la trilogie. Normalement, une trilogie commence par un tome qui installe le truc ; puis le tome du milieu fait avancer l'histoire, les actions, monte en puissance ; et enfin le dernier tome résout tout. Là, ce n'est pas ce qu'a choisi de faire l'auteur. Il a fait un premier tome qui installe les enjeux, et un deuxième qui sert de pivot. Pour le coup, c'est un tome de révélations sur Poldarn et en terme d'actions il ne se passe réellement que deux grosses choses. Je comprends que ça puisse dérouter. Mais en réalité il est hyper bien construit et permet de se poser pour donner au lecteur comme au personnage les infos dont il a besoin pour la suite. Et, de fait, dès le début du dernier tome, l'auteur met son personnage – et donc le lecteur – en position d'apprendre des tas de trucs sur lui. L'histoire se déroule aussi un peu plus vite que dans les autres tomes. Mais toujours dans une sorte de lenteur qui correspond bien à l'ambiance.

En gros, même si je comprends les critiques du point de vue du lecteur, l'autrice en moi a vu comment les romans sont construits et vraiment, cette trilogie est un bijou extrêmement bien réussi ! Après, c'est aussi une question d'attirances personnelle : si on n'aime pas quand c'est mou, on n'aime pas quand c'est mou ! De mon côté je suis hyper admirative de la manière dont c'est construit !


Un Long voyage – Claire Duvivier

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.

Ce livre m'a été conseillé par FeyGirl sur Twitter tandis que j'étais à la recherche d'un one-shot de fantasy de préférence francophone. Pas trop exigeante, la fille ! Et encore, j'avais pas précisé que j'aime pas les récits à la premières personnes ! C'est heureux parce que précisément ce livre est rédigé à la première personne, et du coup on ne me l'aurait pas conseillé, et du coup je ne l'aurais pas lu. Ça aurait quand même été dommage. J'ai adoré.

Le truc c'est que comme c'est écrit comme des mémoires, le fait que ce soit à la première personne ne m'a pas du tout dérangé, au contraire c'est passé tout seul !

J'ai trouvé que c'était un récit très tendre, bien écrit. Il aborde plein de sujets importants, comme la tolérance, par exemple, d'une manière très délicate sans avoir trop l'air d'en toucher. Je l'ai par contre trouvé très triste. En vrai, il m'a mise par terre (mais je suis fragile).

C'est bête, mais je ne sais pas trop quoi dire d'autre. Ah, si ! Même si vous ne lisez pas de fantasy habituellement, vous pouvez y aller en fermant les yeux, parce que finalement le côté fantasy ne ressort pas trop. On se trouve dans un Empire imaginaire qui ma foi pourrait tout autant être une puissance du passé. La magie à laquelle on est confronté, on l'est de manière indirecte. Pas de dragons, pas de sorciers, pas de guerres interminables, de complots... c'est tout doux et convient parfaitement à quelqu'un qui n'aime pas la fantasy. Alors foncez :)


Des Sorciers et des Hommes
– Thomas Geha

Sur la Grande Ile de Colme, quand on sait mettre toute morale de côté, la vie offre de nombreuses opportunités. Boire, voler, rudoyer ou tuer, tel est le quotidien de Hent Guer, un guerrier redoutable, et de Pic Caram, un sorcier aux rubans. Toutefois, leurs plans se trouvent contrariés lorsqu'un matin de gueule de bois, Hent constate, impuissant, la disparition de Pic. Sur la Grande Ile de Colme comme ailleurs, les talents d'un sorcier aux rubans attirent bien des convoitises ! Pour le guerrier, pas question d'abandonner son partenaire de crime : spolier son prochain est beaucoup plus drôle avec l'aide d'un sorcier à la morale légère.

Bon. Il y en a des trucs à dire. En un mot ? Frustrée. Mais pas frustrée ascendant contente comme Pérismer. Frustrée ascendant déçue, voire quel-gâchis. Et pourtant ça commençait tellement bien !

Pour commencer, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture : Hent retrouve Pic dès le premier épisode, donc circulez, y a rien à voir. L'intrigue générale ne tourne pas autour de ça mais bien davantage autour de vengeance. Sauf que cette vengeance a du mal à passer. Je m'explique : le roman est construit avec des épisodes, qui se suivent sans que l'on sache toujours très bien combien de temps passe entre chacun et ce n'est pas grave. On suit donc les aventures de nos deux salauds plus intéressés par le fric que par le fait d'aider des gens. Pas de problème : les anti-héros, c'est cool aussi. Et puis, à la moitié du roman, rien ne va plus. Exit les épisodes relativement courts : c'est désormais un seul et long épisode qui couvre la seconde moitié du livre, comme un roman classique. Sauf que, sauf que.

Dans cette seconde moitié, on ne suit plus Hent et Pic mais un groupe de personnes qu'ils ont arnaqué chacun de leurs côtés et qui se réunissent pour les attraper et se venger. Soit. Sauf que du coup on les suit eux, et plus du tout les deux anti-héros dont on n'aura plus jamais le point de vue. Drôle de choix de la narration. Ensuite, ça va à toute vitesse ! On aurait dit que vite-vite, il fallait finir pour ne pas dépasser un nombre de pages prédéfini et tout faire entrer dedans ! On saute de personnages en semaines, on est un peu perdu parce que la ligne de temps repart en arrière, fort heureusement des balises nous permettent de nous repérer plus ou moins. Mais ça va vite, tellement vite !...

Ces personnages sont réunis par une sorcière très méchante et très puissante dont on a entendu parler dans un épisode de la première moitié du livre et pourtant elle m'a donné l'impression d'être sortie d'un chapeau. On se retrouve pris dans une vengeance de personnages manipulés par elle, en suivant leur point de vue mais sans jamais vraiment aller au fond des choses. Ça galope, ça galope jusqu'à une fin un peu sortie de nulle part, mal amenée. Et décevante. Je n'ai pas envie de la divulgâcher donc je vais tâcher de la faire comprendre : en gros, Hent et Pic sont punis de manière à ne plus jamais faire de mal à personne mais restent en vie pour bien profiter de la merde éternelle dans laquelle ils sont. C'est une fin en mode "le méchant perd toujours" alors que jusque-là ils trouvaient toujours un moyen de s'en sortir. Presque, je n'ai pas trouvé ça crédible. Ou trop facile.

En fait, non, je vais m'expliquer mieux ça. L'idée c'est que, quand on a une bonne technique d'écriture on peut écrire à peu faire avaler à peu près n'importe quoi au lecteur sans qu'il bronche. La fin de Des Sorciers et des Hommes n'est pas mauvaise en soi. Le choix de punir de la sorte les deux anti-héros en mode "le Mal perd toujours" se défend, dans le fond. Mais là, c'est mal amené. Trop rapide, on survole tout ce qu'il se passe, et surtout j'ai du mal à comprendre ce choix de ne plus jamais faire appel au point de vue de Hent et Pic pendant la séquence vengeance.

Si je dois adoucir un peu ma critique, je dirais que tout ça tient en la construction du roman et son origine. Il me semble avoir lu dans les pages annexes que ce roman à épisodes était né de nouvelles. Sauf qu'on n'écrit pas une nouvelle ou un épisode comme on écrit un roman. Du coup, la première moitié du roman, avec les épisodes, correspond à ce que l'auteur maîtrisait pour ces personnages et cet univers. Ensuite, la seconde moitié est plus comme un roman classique, sur le long-terme, et du coup ça ne fonctionne plus.


La Mésopotamie
– Bertrand Lafont et al.

Entre désert aride et riches vallées fluviales, se sont développés des civilisations brillantes et ouvertes. Au tout début du IIIe millénaire avant notre ère, les Sumériens y ont inventé l'écriture cunéiforme, l'agriculture céréalière irriguée, la civilisation urbaine autour de vastes palais ainsi que les premières formes de l'État. Par la suite, alors que les caravanes des marchands allant de l'Anatolie jusqu'à la vallée de l'Indus dessinent les routes commerciales et transportent métaux et produits précieux, les rois font mettre par écrit la législation, établir les règles de la comptabilité publique et de la diplomatie... Au tournant du Ier millénaire, la Mésopotamie est le centre de gravité de grands empires : assyrien, babylonien, puis perse achéménide. Leurs capitales ont laissé des vestiges impressionnants et l'activité de leurs scribes nous a transmis l'essentiel de leur tradition écrite, associant les Annales royales assyriennes, l'Épopée de Gilgamesh ou l'astrologie mésopotamienne…

C'est de la triche parce qu'il ne fait pas partie des cinq derniers. En vrai, le précédent de tout ce que je vous ai présenté ici, je ne m'en souviens pas, j'en ai lu tellement trop vite par rapport à mon habitude que mon cerveau a buggé. On s'en fiche. Ça me fait plaisir de vous présenter ce manuel, et c'est bien tout ce qui compte !

Je l'ai lu – oui, le millier de pages en tout entier :P – parce que ces périodes de l'Histoire et ces zones étaient assez mystérieuses pour moi, et aussi que je voulais m'en inspirer pour mon prochain roman. Piocher des trucs dedans. Et j'ai bien fait parce qu'il est très bien !

Déjà, il est bien écrit. Ça peut paraître bête de le signaler, mais dans les livres d'Histoire et compagnie, les auteurs n'ont pas toujours une plume très agréable à lire pour la raison toute bête que ce n'est pas du tout ce qu'on leur demande : on leur demande de la science, pas un truc à lire pour se détendre dans un transat à l'heure de la sieste. Mais là, c'est bien écrit. C'est bien.

Évidemment, on brosse quelque trois mille ans d'Histoire en un peu moins d'un millier de pages, donc on se concentre sur l'essentiel, mais j'ai trouvé que c'était bien fait et bien expliqué. On apprend plein de choses et c'est cool !


Voilà ! En avez-vous lu dans cette liste ? qu'en avez-vous pensé ? Avez-vous envie d'en lire ?
Je lis trop de trucs tristes en ce moment, donc si vous avez du joyeux et du gentil où tout est bien qui fini bien, en fantasy, avec même une romance en guise de cerise sur le gâteau, je prends vos conseils ! ;)

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