mardi 29 décembre 2020

Journal d'écriture, mois 10

Source – cottonbro

Quand j'ai recompté pour savoir quel nombre de mois je devais mettre dans le titre (oui, j'ai compté avec mes doigts, comme les enfants :'P) et que je me suis rendue compte que ça fait presque un an que je travaille sur ce premier roman, j'ai trouvé que le temps avait passé bien vite ! La dernière fois je vous avais laissé sur la fin de l'écriture de mon premier jet. Ce mois-ci, après une pause pour laisser décanter, j'ai repris mon texte et j'ai terminé la première phase de corrections ! Comme ma méthode pour corriger ne va pas intéresser tout le monde, j'ai décidé de vous faire un article spécial que les personnes non-intéressées pourront simplement ne pas lire, et me concentrer ici sur mes ressentis, comme dans tous les autres journaux d'écriture précédents :)

Au début, j'ai un tout petit peu déchantée parce que je pensais pouvoir relire une quarantaine de pages par jour et finir donc ma relecture et mon diagnostique des corrections à faire en une semaine. Haha ! c'te bonne blague ! Pas du tout. Je tournais à cinq pages par heure, autant dire que ma cadence de travail s'est stabilisé à quinze pages par jour, soit trois heures tous les matins. J'ai donc été plus lente que ma première estimation. Je me suis aussi accordée une pause de trois jours pour lire Les Gardiens de Ji qui me draguaient depuis ma table de nuit depuis des jours ! Mais au final, je ne suis pas trop mécontente de mon rythme et surtout du fait que j'ai réussi à me discipliner pour tenir !

Une chose qui me faisait peur c'était de ne pas apprécier ce moment de corrections, qui est redouté par beaucoup d'auteurs dont je lis les témoignages ici et là. Finalement, j'ai bien apprécié me relire, trouver mes tics de langage, etc. J'avais aussi très peur de me rendre compte que toute cette histoire est toute pourrie, ou pas bien écrite (même si le premier jet n'est que rarement parfait) et de me dire qu'il n'y avait plus rien à faire et d'abandonner. Bon, au final c'est surtout que c'est très, très hétérogène. Il y a des passages qui n'ont quasiment pas besoin de correction, et d'autres (que j'ai bien galéré à écrire) qui frôlent la catastrophe. Mais en fin de compte je suis assez contente de mon histoire, je pense que mon scénario n'est pas mauvais ; j'ai surtout très peu qu'une mauvaise écriture le desserve.

Je suis tombée sur bien trois ou quatre phrases qui n'avaient pas de fin et ne voulait rien dire... Et même sur une phrase qui n'avait tellement pas de sens que j'ai été incapable de retrouver ce que j'avais voulu dire ! x) Maintenant ça me fait bien rire, je me demande ce qui me passait par la tête, mais sur le coup ça m'a grave énervée ! x)

J'ai aussi remarqué que mes problèmes de cohérence étaient plus nombreux vers la fin, ce qui est somme toute assez normal puisque le plus dur ce n'est pas de jeter les lignes à la mer, c'est de les remonter dans le bon ordre et avec le bon rythme ! D'ailleurs, le rythme est je pense mon problème principal – ce qui est vraiment pas de pot quand on sait que le scénario en lui-même n'est pas la grande aventure avec plein de rebondissements, du coup si le rythme qui porte cette histoire pas très énergique n'est pas le bon, ça risque encore plus de tout ficher par terre. Mais d'un autre côté vouloir faire un rythme nerveux pour une histoire qui ne l'est pas ne fera que des dégâts. Je pense que le plus gros danger pour moi pour la suite c'est de corriger des trucs qui n'ont pas besoin de l'être, de me mettre la pression parce que les nombreux auteurs que j'ai lu pendant ma boulimie livresque sont excellents et que je dois faire pareil ! Sauf que : chacun son style, chacun ses mots, et chacun sa manière de travailler. Si je corrige trop, je vais perdre en spontanéité et en naturel. Pareil si je corrige en me rapprochant trop du style d'Untel ou d'Untel. Je pense que je vais devoir me concentrer à faire le tri entre les corrections que je veux faire "pour faire bien" et celles qu'il faut que je fasse "pour le bien du roman".

Malgré tous ces problèmes et ces quelques doutes, mon moral, ma motivation et mon optimisme sont toujours assez élevés, ce qui est un petit miracle quand on sait que je suis plutôt pessimiste de nature ! Je pense bien que ce roman, et l'écriture en général, doit être la seule chose pour laquelle je me sens compétente (c'est vous dire si la chute sera rude au moment de l'échec).

D'ailleurs, j'ai très peur de la réaction de mes bêta-lecteurs. J'en ai quatre, plus une amie qui va lire par curiosité et me donner un avis général ; et les deux à qui j'ai pitché l'histoire de manière un peu complète avaient l'air super emballées ; du coup elles ont forcément une idée de ce que ça peut donner, et j'ai peur que ça termine mal... J'ai aussi pitché à un membre du forum d'écriture sur lequel je suis, qui m'a dit que ça avait l'air d'un truc avec un univers "bien gratiné", ce qui me fait très plaisir mais me terrorise parce que moi je n'ai pas l'impression que mon univers soit très gratiné... C'est quand même pas la grande aventure, les révélations tombent pas comme des coups de tonnerres, au contraire je dirais plus que ça "coule". Y a pas trop de moments d'action, non plus, j'ai l'impression. Du coup j'ai peur de ne pas avoir réussi à valoriser mon scénario. Ce qui me frustre vraiment parce que je sais que mes scenarii sont bons, je n'ai jamais douté de mes scenarii, mais il n'y a rien de pire qu'un livre avec une bonne histoire et pas de mots pour la raconter... Pour le moment j'essaye de ne pas trop y penser, après tout le manuscrit n'est pas encore prêt à être envoyé en bêta-lecture, donc on verra plus tard (politique de l'autruche, donc).

C'est l'ensemble de toutes ces terreurs et de ces doutes qui me fait hésiter à commencer le second roman par chevauchement. J'avais prévu de commencer à rédiger en janvier, mais je pense que finalement, comme c'est mon premier coup, je vais attendre de voir comment je me débrouille et d'avoir vraiment tout, tout fini pour commencer le second. Avec ces problèmes d'homogénéité entre le début et la fin, j'ai aussi décidé que j'essaierai de rédiger le premier jet de ce deuxième roman en trois mois au lieu de six, ce qui est largement faisable et me posera sans doute moins de problèmes au moment des corrections ! (ou alors plus parce que j'aurais écrit n'importe quoi...).

Actuellement, avant d'envoyer en bêta-lecture, il me reste une dernière relecture avec correction au fur et à mesure. Pendant ma première relecture, j'avais juste corrigé les trucs qui crevaient vraiment les yeux et pour lesquels je savais comment rectifier le tir ; j'ai juste annoté les autres pour les corriger plus tard. Là, j'ai fini ces corrections annotées. Le risque, c'est que comme j'ai butiné de correction en correction et malgré mes notes, je me retrouve avec un truc "rafistolé" plutôt qu'un bloc qui tient bien. Donc je vais relire une seconde fois, pour repasser et vérifier que tout se goupille comme il faut, faire aussi bien attention aux tournures, etc. (qui n'étaient pas ce que je cherchais en priorité lors de la première relecture). Ce qui va aussi me permettre de vérifier ces histoires d'homogénéité, parce que si ça se trouve j'affabule complet ! Mais comme il y a des expressions qui apparaissent et disparaissent... d'un autre côté c'est pas grave si j'utilise une expression qu'une seule fois dans le roman... je devrais être libre de faire ce que je veux ! Donc je suis pas mal tiraillée entre ce que je veux et mes présupposés sur "ce qui doit être".

Ce qui est assez ironique en un sens parce que quand je réponds aux questions d'autres auteurs en herbe sur les forums et autres réseaux je réponds souvent "fais ce que tu veux !". L'hôpital qui se fout de la charité, donc... (je savais que je n'aurais pas dû lire autant pendant ma phase de correction, c'était une très mauvaise idée !)

Donc j'ai peur que ce ne soit pas assez bien.
Mais d'un autre côté j'ai peur aussi que la partie de moi qui trouve ça bien, trouve ça bien parce que je connais l'histoire, je sais ce qu'elle doit être, et donc en fait je trouve bien mon intention, et pas ma manière de la réaliser. C'est le bourbier, cette histoire !

De votre côté, où en êtes-vous dans vos projets ?

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