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Source – A_Peach |
Plus ça va et plus je découvre que mes "nœuds" psychologiques (pour ne pas dire problèmes) sont tout enchevêtrés (ce qui ne devrait pas me surprendre). Par exemple, il y a quelques temps je vous disais que je m'imaginais de temps en temps ce que ça ferait d'avoir un petit ami, parce que finalement c'est la seule relation que je n'ai pas expérimentée et que donc il n'y a que la figure du "petit-ami" qui n'ait pas encore trahi ma confiance. Mais sans doute est-ce aussi parce que je suis en situation de détresse affective.
J'ai entendu une fois que les personnes distraites pouvaient être en détresse affective. Et il est peu dire que je suis distraite. Je me rends dans une pièce pour faire quelque chose, je suis interpellée par autre chose et je retourne dans la première pièce sans avoir fait la chose pour laquelle je l'avais quittée. Je décide de faire de la pâtisserie, je dois sortir la farine et les œufs, je sors la farine, je relis ce que je dois sortir, je sors le sucre, et finalement il s'en sera fallu de peu pour que la pâte ait été achevée sans les œufs. Je manque de ranger dans le frigo des choses qui n'ont rien à y faire. Etc., etc., etc. Bizarrement, quand j'ai entendu que les personnes distraites pouvaient être en détresse affective, ça m'a refait penser à un article que j'avais lu sur ce que nos positions de dormir peuvent dire de nous. Donc je suis allée jeter un œil de nouveau.
Tous les articles ne disent pas la même chose, du coup c'est difficile de savoir quel crédit leur donner, mais ils s'accordent pourtant sur quelques éléments. Les positions que l'on adopte pour dormir traduisent notre état d'esprit émotionnel (Olga Ciesco). Par exemple, le fait de mettre ses mains sous l'oreiller, c'est pour se rassurer ou parce que l'on a besoin d'affection. Ou la position fœtale pour la protection.
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Source – Mrs Airwolfhound |
Bien sûr, si j'y prête de l'attention, c'est aussi parce que je sens en moi que je ne suis pas satisfaite de ma vie affective, et que ces choses-là ne font que corroborer une intuition. Dans le fond ce n'est pas très étonnant que je souffre de détresse affective, dans la mesure où je n'ai confiance en personne et où je me suis coupée de mes émotions.
Une fois, j'avais invité une psychothérapeute à une émission radio, et, à la fin, je lui avais demandé les raisons pour lesquelles on pouvait ne pas avoir beaucoup de souvenirs de son enfance. Elle m'a dit que ça pouvait être dû à un traumatisme (ce qui n'est pas mon cas), ou qu'on pouvait avoir vécu une enfance sans grand intérêt, ennuyeuse, qui ne permettait pas forcément le souvenir (ce qui n'est pas vraiment mon cas non plus dans la mesure où mes parents nous ont quasiment toujours amenés en vacances et qu'on faisait quand même pas mal de choses). Elle m'a donnée une troisième raison que j'ai oubliée, puis on s'est saluées et elle est partie. Et, un peu plus tard, elle m'a recontactée pour me dire qu'elle avait oublié quelque chose : on peut ne pas avoir beaucoup de souvenirs de son enfance quand on s'est coupé de ses émotions.
Alors, quand on est coupée de ses émotions, qu'on a peu de souvenirs de son enfance, qu'on ne fait pas confiance aux autres, que personne ne nous manque et que l'on s'inquiète peu pour les autres, ce n'est pas vraiment étonnant que la détresse affective suive, je pense. Pour avoir une relation avec quelqu'un, amoureuse ou amicale, il faut s'ouvrir à l'autre (personne ne s'ouvre à quelqu'un qui se s'ouvre pas à son tour ; on ne se montre pas vulnérable à quelqu'un qui ne fait pas part de ses faiblesses). Comme je ne m'ouvre à personne, personne ne s'ouvre à moi, ce qui signifie zéro relation forte avec qui que ce soit, ce qui amène (nécessairement ?) à la détresse affective...
Tout ça est un sac de nœuds...