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Source – Min An |
Mon titre est nul mais c'est pas grave.
J'ai rendu les chats. Même pas deux semaines mais je suis en dette de sommeil à un point où ça devient un peu dangereux (en rentrant tout à l'heure j'ai pas vu un feu rouge (heureusement qu'il n'y avait pas grand monde), et j'ai roulé un peu près de la barre de sécurité de l'autoroute l'autre jour). Pourtant, ce sont deux bestioles très gentilles qui font assez peu de bêtises et foutent pas le boxon. Le problème, c'est moi. Je suis lente à m'endormir, mon esprit ne lâche jamais prise, et quand je me réveille au milieu de la nuit je peux mettre entre une demie heure et deux heures (voir plus parfois) à me rendormir. Du coup, ajouté à des chats joueurs, avec vieille maison pas insonorisée, ça fait des nuits très courtes. Or, moi, j'ai besoin de neuf heures pour être vraiment bien. À huit, je tourne ; à sept je me défends ; à six c'est la merde ; en dessous je décède. Du coup, après des crises de larmes et de détestation de moi-même, j'ai rendu les chats.
La psy dit que je ne parle pas assez de mes sentiments. Du coup, je vais essayer de tourner l'article autour de mes sentiments. Ce sera toujours plus facile à l'écrire que face à quelqu'un.
Je culpabilise beaucoup. Parce qu'ils sont trop gentils et qu'ils ont rien fait de mal, que je les ai sorti d'une pièce de peut-être quatre mètres carrés pour les foutre dans mon grand appartement où ils avaient la place de courir, et les ramener finalement dans leur toute petite pièce. J'ai l'impression de les avoir abandonnés. Et en plus, les bénévoles de l'asso les ont remis dans leur petite pièce pendant que j'allais chercher le reste des affaires dans la voiture, du coup j'ai même pas pu les saluer avant de partir et m'excuser. Du coup, j'ai encore plus l'impression de les avoir abandonné.
Je suis épuisée et je me sens trop nulle. Tout ça parce que je sais pas dormir. C'est dingue, quand même, de pas savoir dormir. Les bébés dorment. C'est quand même pas compliqué, de dormir… Et comme je suis fatiguée, j'ai pas bien géré les trucs que j'avais à faire (même si j'ai rattrapé artificiellement le retard en travaillant moins bien). Si je n'arrive pas à récupérer mon sommeil dans les deux jours et demi qui viennent, je vais arriver au travail lundi encore plus fatiguée qu'avant les vacances. Mes prochaines vacances sont en août, ça va faire loin ! Et du coup, pour rattraper ce sommeil, je dois faire une croix sur la deuxième journée de formation sur les contes parce que lever 5h30 et train en gare à 19h alors qu'avec un lever 7h30 je flanche largement à 18h, ça va être compliqué. Sans compter qu'être devant, sortir de sa zone de confort, ça prend une énergie monstre !
Je me sens nulle aussi parce qu'avoir des animaux, c'était mon rêve depuis que je suis gamine. J'en ai toujours voulu. Et en fait, je suis inapte.
J'ai rendu les chats et je suis soulagée. Pour mon sommeil mais pas seulement. Je peux de nouveau fermer les portes quand je quitte une pièce ou après y être entrée. C'est bête, mais ça change beaucoup de choses, parce que les portes entrouvertes, ça m'angoisse. Les portes de placard aussi. Il y a toujours comme cette impression qu'un monstre peut surgir de l'autre côté (c'est stupide, mais que voulez vous). Je l'ai dit à la psy, ça. Ça a dû lui apprendre quelque chose mais elle n'a fait aucune remarque. Ne pas avoir la responsabilité d'une autre vie, ça me soulage aussi. Et en même temps, ils me manquent déjà.
Je crois juste que, finalement, je ne suis pas assez bien avec moi-même pour vivre avec quelqu'un. Les chats, j'avais anticipé le budget, anticipé les dégradations, anticipé la litière, anticipé même le fait que je devais laisser les portes ouvertes tout en sachant que ça me poserait problème. Mais je n'avais pas anticipé le sommeil, ni le fait que leur présence allait être pour moi comme la présence d'autres personnes. Difficile de se ressourcer dans sa solitude quand on considère les chats comme de vrais individus.
La psy m'a fait remarquer que tout est lié, en fait. Savoir être fier de soi permet l'estime de soi qui permet d'avoir confiance en soi ; avoir confiance en soi permet d'être spontané et donc de ne plus avoir à se reposer sur des maniaqueries ou des rigidités. Et donc tant que ma boucle est pas réglée, je ne peux pas être bien avec moi et tant que je peux pas être bien avec moi, je ne peux être bien avec personne.
Juste personne.