mercredi 3 février 2021

Dans 6 mois, j'ai 25 ans

Source – Kristina Paukshtite

Ma sœur trouve que je parle trop de sexe. Difficile de lui donner tort : je ne peux pas nier que ça me travaille. C'est marrant d'ailleurs parce que je me souviens que durant ma Licence je discutais avec une camarade que je connaissais très peu (du genre amie d'amie d'amie) et elle me disait que "les vierges sont gênées quand on parle de sexe". Elle me disait ça alors que j'étais vierge. Et moi, je n'ai pipé mot. Je n'ai pas acquiescé non plus mais je n'ai pas dit que moi, je l'étais. Déjà parce que je pense que j'avais un peu "honte" (dans le sens : les vierges sont sensées être gênées mais moi je le suis pas, c'est un problème ?) et puis surtout je n'avais du tout envie de parler de ça avec quelqu'un que je ne connaissais pas. Bref. Tout ça pour dire que parler de sexe, même au lycée, ne me posait pas trop de problèmes. (J'étais par contre assez irritée qu'une camarade de classe sans aucune pudeur balance au milieu de la classe sa position préférée ou qu'elle s'était fait sautée par son mec le week-end dernier...) Je ne crois pas que ma sœur soit plus gênée que ça non plus d'une manière générale. Mais le truc c'est que je suis assez vulgaire. C'est ce qui choque. Mais je ne peux pas nier que j'en parle. Trop, sans doute.

En fait, en réfléchissant, je dirais que c'est parce qu'il se passe à la fois deux choses assez déroutantes pour moi. D'un côté, je suis dans un processus où je règle mon rapport de culpabilisation à la masturbation (alors que dans mon article d'avril 2019 on en était... loin !) – tout en me demandant parfois si c'est bien de régler ce rapport et si ce n'est pas juste un mécanisme de mon cerveau pour couper la culpabilité (oui, c'est bizarre, mais vous savez, je suis passée par la phase "culpabilisation de pas culpabiliser" donc j'imagine que c'est une réminiscence). Je me suis retrouvée ici et là à lire des articles sur la sexualité. Par exemple les sexologues disent que plus une femme fait l'amour, plus elle en a envie. Plus insolite : vous saviez que l'orgasme est bon pour maintenir des articulations en bonne santé ?! D'ailleurs, l'orgasme c'est assez magique : a priori, des orgasmes réguliers diminuent la douleur et la durée des menstruations. Dingue. (De mon expérience (autant que ça serve) j'aurais tendance à dire que c'est vrai.)

Donc, je me suis pas mal ouverte sur ce sujet et j'apprends à connaître, accepter, et faire du bien à mon corps. (Très clairement, je vous balance ça avec une telle facilité parce qu'on est sur internet et qu'on me connaît pas... même avec mes copines j'aurais du mal !) Mais, en parallèle, j'arrive à la date de péremption.

Dans l'article où je vous disais que je ne suis jamais tombée amoureuse, je vous parlais de cette date limite mise dans ma tête inconsciemment par ma mère : ça serait bien que j'aie fait l'amour avant vingt-cinq ans. Or, mesdames, messieurs, il me reste six mois (à peu près).

Je sais bien que cette date limite est ridicule, et très clairement je ne cours pas après. Je ne vais pas affronter les limites sanitaires actuelles et les gros lourds des sites de rencontre pour me chercher un plan-cul juste pour régler un problème qui n'en ai pas un et "être servie" comme ils disent dans Les Mille et Une Nuits ! Mais si cette date est si profondément ancrée en moi, c'est forcément que l'atteindre va me faire quelque chose. Sauf que je ne sais pas quoi. Est-ce que je vais arrêter de me masturber ? Ou au contraire mettre les bouchée-doubles pour "compenser" ? Ou avoir un déclic et m'en foutre complètement, puisque dépasser la date de péremption de deux mois ou de vingt ans ne change pas grand-chose ? Ou parler encore plus de sexe, là encore comme une sorte de compensation au fait d'être "inactive" ? C'est bête, mais ça me travaille. C'est d'autant plus bête que j'essaye de travailler mon lâcher-prise, mais là c'est un morceau un peu trop gros pour me servir d'expérience !

J'ai un peu peur de ce qu'il va se passer dans mon cerveau le jour de mes vingt-cinq ans. D'ailleurs, j'essaye de relativiser en me disant que... ben... je suis dans ma vingt-cinquième année donc techniquement... techniquement c'est déjà un peu mort x)

D'ailleurs, cette limite des vingt-cinq ans elle est assez intéressante parce que vingt-cinq ans est l'âge auquel on arrête de grandir et on commence à vieillir. Le cerveau est totalement formé, ses centres d'intérêts aussi. Le corps commence à vieillir. Et la fertilité à baisser ! (oui, déjà !) À vrai dire, je ne sais pas trop quelles conclusions tirer de cette remarque, mais je trouvais quand même intéressant de le soulever. Peut-être que ça a à voir avec le fait de grandir, justement. L'âge moyen du premier rapport en France, filles et garçons confondus, c'est dix-sept ans. C'est une vraie moyenne : les jeunes le font autour de dix-sept ans en majorité ; ce n'est pas une moyenne constituées de gens qui le font à douze ans et d'autres à vingt-deux (enfin...).

Du coup, la découverte de l'amour, de son corps, et de celui de l'autre, fait partie de l'adolescence. Comme on devient biologiquement (?) adulte à vingt-cinq ans, la période de découverte est censée être finie. On passe à l'âge adulte où on se construit une vie et des projets (l'âge moyen du premier enfant pour les femmes est entre vingt-huit et vingt-neuf ans). Ça me fait repenser à une prof d'Histoire de l'art, en Licence, qui nous montrait un tableau et nous disait que les jambes des hommes étaient trop longues pour des hommes, que les hommes ont des jambes plus courtes, et que qui a déjà vu un homme nu doit le savoir et qu'elle espérait qu'à notre âge on avait "déjà vu un homme nu, quand même". Donc, peut-être que ça a à voir avec ça. Ou peut-être pas ! Je serais curieuse de lire vos théories ! :P

Tout ça pour dire que oui, sans doute que je parle pas mal de sexe en ce moment. Parce que ça me travaille. Et que le contraire serait étrange, d'ailleurs. Mais évidemment, je ne vais parler de ça en famille, hein, on va pas pousser ! Enfin, il faudrait, sans doute, mais je ne m'ouvre pas à n'importe qui (c'est horrible de dire ça comme ça, mais vue que je ne peux pas avoir confiance...) et encore moins sur ces sujets-là !

Bon, du coup, sur le blog aussi je commence à ne causer que de ça ! xP

10 commentaires:

  1. hé bien hé bien.... que dire suite à ce sujet lol....
    j'ai eu un peu peur en lisant les premières lignes...
    voilà donc une découverte sur toi des plus surprenantes car c'est intime, mais cela fait parti de la vie!!!
    je ne sais que te dire... apparemment je suis dans la moyenne... premier rapport à 17 ans....(tu vois je me surprends à laisser une part d'intimité sur la toile lol) mais premier enfant à 25 ans lol.
    Nous avons 10 ans d'écart... mais je peux te dire que j'ai des connaissances de mon âge qui sont encore vierges... mais on en parle jamais, la personne n'aborde pas le sujet, et moi de mon côté je n'ose pas non plus.
    Moi je te dis juste bravo d'oser aborder le sujet, même derrière ton écran!
    Ps: la réflexion de ta prof de Licence, je ne saurais y répondre... quel drôle de remarque.... pfff, voilà que je vais regarder les jambes de mon homme d'un autre oeil du coup lol

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    1. Haha je pense que c'est à peu près ce que tous les lecteurs ont dû se dire "qu'est-ce qu'on doit répondre à ça ?" x)
      Qu'est-ce qui t'a fait peur dans les premières lignes ? (mode *curiosité* activé)

      C'est vrai, c'est un truc dont on ne parle pas ! D'ailleurs, une fille qui aime le sexe est forcément une salope, alors qu'un mec c'est normal... ce qui est ridicule. Mais du coup, c'est ancré dans les esprits qu'une femme ne fait pas l'amour par plaisir (le cliché des femmes qui simulent pour faire plaisir à leur homme), et ne doivent pas avoir envie, sinon ce sont des salopes. Mais d'un autre côté, la femme qui découvre l'amour sur le tard est une sainte-nitouche. En gros, entre la marche de la marie-couche-toi-là et celle de la farouche biche, il n'y a qu'un infime espace où avoir une sexualité "acceptable". Peut-être que j'exagère... il faudrait regarder les études sur le sujet !

      C'est un sujet difficile à aborder parce que ça touche au corps, à l'intimité, et ça touche aussi à la "normalité". Puis bon, c'est tabou aussi parce qu'on vient quand même d'une société judéo-chrétienne, la même qui faisait qu'on couchait en chemise de nuit trouée parce que surtout fallait pas montrer son corps, la même qui disait qu'on fait l'amour que pour avoir des enfants... (ce qui rejoint le fait que les femmes qui aiment le sexe sont des salopes). Donc, c'est compliqué.

      C'est gentil :) Je ne me trouve pas particulièrement courageuse mais si l'article peut aider quelqu'un un jour... ce sera ça de pris !

      Haha x) Ben après y a des hommes avec des grandes jambes mais en principe elles sont plutôt petites, proportionnellement aux femmes !

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  2. bonjour, comment vas tu? je crois que tout le monde parle tout le temps de sexe... c'est juste qu'on fait comme si ce n'était pas vrai car c'est souvent mal vu (notamment pour une fille/femme) bref, je ne vais pas rentrer dans ce débat car ça durerait des heures ;) mais je pense que tu es normale ;) surtout si c 'est un sujet qui te préoccupe.
    personnellement, je suis mal placée pour te conseiller. j'ai commencé à avoir une sexualité tard et elle s'est vite terminée. mon peu d 'expérience n'a pas été réjouissant. donc voilà voilà...
    mais je pense que tu as raison de ne pas te précipiter et surtout d'éviter les sites de rencontre (surtout pour ça!) ils sont remplis de gros nazes et tu as de fortes chances de finir déçue.
    passe un bon jeudi et à bientôt!

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    1. Salut ! :)
      Je ne suis pas sûre pour le tout le monde. Par exemple, ma soeur en parlait assez peu (jusqu'à ce qu'elle ait un cours sur l'appareil génital masculin xD). Mais effectivement, quand le sujet préoccupe, quel que soit ledit sujet, on en parle même sans le faire exprès parce que le cerveau a besoin de se décharger et l'esprit a besoin de partager ces réflexions !

      Oh, je suis désolée de l'apprendre... je pense que c'est important d'avoir une vie sexuelle épanouie tout au long de la vie !

      Après, comme je disais dans un autre article, il y a des gens autour de moi qui ont trouvé avec un site de rencontre (et même Adopte un mec et Tinder, c'est dire !) et aujourd'hui une amie a un enfant et habite avec le mec qu'elle a rencontré donc ça se fait. J'ai aussi un ex-camarade de promo qui a rencontré sa petite-amie grâce à Tinder, donc il y a des histoires qui marchent. Mais pour moi je le vivrais vraiment comme un échec, la dernière extrémité, de devoir aller "me vendre" sur un site de rencontre...

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    2. Coucou ! Je me permets de réagir à ton commentaire :) Je ne pense pas que tu te "vends" en allant sur un site de rencontre, tu vas simplement rencontrer des mecs autrement ! Au lieu d'aller en boîte, dans la rue, chez qqn, ben tu vas sur Internet ^^ mais rien ne t'oblige à répondre à tous les messages ! Je fais partie des personnes qui ont rencontré l'amour sur Internet et 7 ans après, je n'ai toujours pas honte de le dire ! On est en 2021 après tout :)

      Et quant au sujet de l'article, j'ai envie de dire que :
      - est-ce que pour toi c'est grave ?
      - est-ce que tu veux agir
      - ou tu veux attendre que ça arrive
      - tu peux "provoquer" le moment (faire en sorte que ça arrive plus vite) sinon
      - ne rien faire et ne pas accepter ce qui t'arrive
      - ne rien faire et accepter ce qui t'arrive

      Mais je dis toujours "on ne sait pas si ça va marcher tant que l'on a pas essayé !" et "c'est en se plantant que l'on peut pousser" :)

      Bonne soirée à toi ! :)

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    3. Permets-toi, permets-toi, j'adore les échanges ! :D

      Oui, c'est vrai, et j'en suis parfaitement consciente ! Mais entre le "savoir" et le "ressentir" il y a un pas que malheureusement je n'ai pas encore franchi ! Dans ma tête, ça fait quand même annonces genre Leboncoin... alors que par ailleurs, même dans mon entourage, j'ai des exemples de personnes qui se sont rencontrées avec internet et pour qui ça marche (et même un exemple Tinder donc c'est dire !)

      Pour le sujet : non, je ne trouve pas ça grave, et je n'ai aucune intention de pousser des choses pour que ça arrive plus vite, je pense que je finirai par le regretter. Donc je vais juste attendre que les choses se fassent. Même si j'ai très envie de "savoir ce que ça fait" et que dans mes jours de déprime je me dis qu'à 50 ans j'aurais toujours connu personne...

      Bonne soirée à toi aussi ! :D Merci d'être passée par-ici !

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  3. Je ne pense pas qu'on puisse regretter des choses qui nous font du bien, si c'est fait dans le consentement et dans le respect... :) après ce n'est que mon avis ;)

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    1. Je vois ce que tu veux dire, mais psychologiquement je pense que ça me ferait pas du bien de "pousser" pour que les choses aillent plus vite et avoir une relation sexuelle. Une amie d'amie était vierge, a rencontré un mec en Blablacar, il est devenu son plan Q et ça se passe très bien et c'est super ! Si ça m'arrive ça m'arrivera. Mais je ne serais pas à l'aise psychologiquement avec le fait de pousser pour accélérer les choses, même si je prends mon pied sexuellement. D'autant que je sais pas mais je serais un peu mal à l'aise même vis à vis du garçon, je veux dire... ça donnerait un peu l'impression de choisir n'importe qui juste pour plus être vierge... je trouve ça pas top.

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  4. C'est bien je trouve de pouvoir parler librement de ce sujet somme toute très important et qui fait partie de nos vies à tous!!
    Ca me rappelle un temps, ce fameux temps des 25 ans...Mes amies vivaient aussi avec cette envie de et ce désir de. Certaines ont pris le premier qui passait mais les souvenirs ne sont pas forcément bons. D'autres ont attendu un peu, un peu trop et la peur a pris le dessus.
    Je ne sais pas ce qui est le mieux, s'écouter avant tout je pense.
    J'ai toujours essayé de le faire pour ma part, même si parfois je me suis plantée.
    Quant aux sites de rencontre, le prendre peut-être comme une expérience et voir si ça fonctionne.
    J'étais anti site de rencontre et puis à 37 ans après une séparation, un divorce je me suis lancée, pas vraiment conquise non plus, j'avais besoin de ré-évaluer ma relation aux hommes!!!

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    1. Oui, c'est bien, mais c'est pas facile ! Très clairement je le fais parce que ma tête n'est nulle part sur le blog et que je blogue avec un pseudo ! Mais d'un autre côté je ne pourrais pas écrire dans un journal intime, j'ai jamais su faire...

      Je redoute beaucoup que la peur prenne le dessus ! Je me dis par exemple que si je suis toujours vierge à 40 ans, je n'oserais jamais prendre un plan Q et expliquer ça au pauvre homme... qui risquerait de me prendre pour une croyante trop fervente, ou une sainte-nitouche ou que sais-je encore...

      S'écouter n'est pas toujours facile ! Parfois l'instinct n'arrive pas à s'imposer face à tous les espoirs, les attentes et les rêves ! Ou parfois on refuse de l'écouter pour X raison.

      Je ne suis pas contre les sites de rencontre en soi, mais je pense que ce n'est pas le bon moment pour moi... Je pense que j'ai pas mal de trucs à régler du point de vue psychologique, avant de remplir ma petite annonce comme sur Leboncoin et de me "mettre sur le marché". Une amie m'a dit que "me connaissait" (ahem) elle pensait que je me dirais que personne ne serait assez bien pour moi ni ne trouverait grâce à mes yeux. Ma peur est plutôt tout l'inverse ! Si jamais personne ne veut de moi, ou alors que des mecs chelous qui font des fautes d'orthographe à mort en mode kikou lol et ne s'intéressent qu'au cul... ça renforcera mon "je ne suis pas assez bien" donc c'est trop risqué...
      Mais clairement les sites de rencontre ont beaucoup d'avantages, notamment comme tu le soulèves pour "tâter le terrain" !

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