mercredi 2 août 2023

Reconversion

Source photo – Tuur Tisseghem
Les choses bougent et en même temps restent les mêmes, un peu comme une mer toute plate dont on ne voit pas les courants ; tu finis quand même emporté loin de la plage si tu ne fais pas attention, et il y a quand même des marées. C'est un peu ça.

Il s'est passé un truc bizarre, la semaine dernière. Une libraire chez qui j'avais fait une candidature spontanée il y a quelques temps avait répondu qu'elle aimait bien mon profil mais ne cherchait personne. Elle m'a recontactée pour me demander si je cherchais toujours du travail. J'ai eu l'entretien aujourd'hui. Le poste me plaît bien, la dame a l'air sympa, mais je ne sais pas si j'ai vraiment réussi l'entretien. Il y a eu des blancs dans la conversation. Elle a d'autres gens à contacter, et elle me redit à la fin du mois. Les autres personnes sont des personnes comme moi : qui ont fait des candidatures spontanées. Ça sent les étudiants en recherche de stage ou les jeunes diplômés. En gros des gens qui connaissent le métier de libraire ; pas comme moi.

En même temps je suis vraiment enthousiaste et en même temps je préfère ne pas me faire trop d'illusions. Je trouve ça juste incroyable que ça tombe comme ça, maintenant, au dernier moment (ce serait pour une entrée en octobre, du coup), alors que je cherche depuis des mois, sans rien, sans vrai retour. Je remplacerais une fille qui ne se plaît pas vraiment dans ce travail, parce qu'elle a davantage un profil de vendeuse que de libraire, en plus d'un certain temps de trajet à faire, et souhaite donc partir. Et moi, je souhaite partir de mon travail parce que je ne m'y plais pas. Si jamais ça rate, j'ai des pistes – enfin, en quelques sortes.

J'avais contacté un IUT pour intégrer un BUT de métiers du livre et du patrimoine. Le monsieur a été très gentil, a répondu à toutes mes questions, mais n'est pas très optimiste. Je pourrais l'intégrer avec le dispositif Transition Pro, mais Transition Pro n'assure le financement que pour un an, or, même si je rentre en BUT 2, il faudra faire une seconde année (mais c'est possible en alternance). Il m'a demandé de lui envoyer CV et lettre de motivation, pour ensuite me dire que je suis typiquement le genre de profil qui aurait pu faire le DUT en un an, avant que le DUT soit supprimé par une réforme. La direction de l'IUT veut pas trop faire entrer les diplômés en première année (je pense pour réserver les places aux lycéens, ce qui est bien normal), il m'a fait comprendre que ce serait dur d'entrer en deuxième année (mais je n'ai pas compris pourquoi) et que se poserait aussi la question du financement pour moi, et que me faire entrer en BUT 3 ne serait pas très intéressant pour moi, parce que ce ne sont pas les compétences qui m'intéresseraient le plus. Je dois revenir vers lui en janvier. On verra.

La dame de la médiation animale m'a aussi donné le contact de deux dames qui aident les gens en reconversion, avec des bilans de compétences, et tout ça, et qui ont goupillé leur truc de telle sorte que les usagers n'ont rien à payer. Je ne les ai pas encore contactées. Je ne sais pas trop pourquoi. Je crois que d'abord ça me faisait prendre encore des rendez-vous, puis ça fait un peu peur, et puis après je me suis dit que j'allais attendre septembre, et maintenant je vais vraiment attendre septembre parce que je vais attendre la réponse de cette librairie.

Ça paraît quand même trop beau pour être vrai. Je veux dire, au moment où je me disais que ça allait être dur de faire une autre année, où j'avais pas trop de vision (j'aurais mieux vécu la chose si le gars de l'IUT avait été plus encourageant, même si j'ai fait de cet IUT mon objectif, donc même si je n'ai pas le poste en librairie, tant pis : je mettrais toutes mes forces (haha, comme si ça dépendait de moi !) pour intégrer le BUT, parce que j'aime apprendre) de ce que j'allais faire. Et comme c'est trop beau pour être vrai, y a des chances que ça ne se fasse pas – on est d'accord que c'est un raisonnement parfaitement irrationnel mais je préfère ne pas trop m'emballer ; même la fois où j'étais coup de cœur de la recruteuse, j'ai pas eu le poste. Alors je me méfie. Mais ça fait quand même plaisir de savoir que mon profil de personne pas diplômée dans le domaine intéresse quand même des gens.

Sinon, à part ça, je profite de mon été pour faire du sport (après deux mois à rien faire du tout, j'ai à peu près des courbatures partout), et écrire le nouveau roman, même si ce morceau-là est… déstabilisant. C'est pas comme d'habitude. J'aime pas, les choses pas comme d'habitude.

Comment les choses vont de votre côté ?

samedi 15 juillet 2023

Mes 5 derniers livres lu (n°12)

Mon dernier article avec des livres, c'était le 28 décembre, vous vous rendez compte ? Je suis LENTE. Je serais peut-être plus rapide si je n'écrivais pas autant, faut dire. Et si j'étais moins fatiguée tout le temps, aussi. Heureusement que je ne tiens pas un blog littéraire, sinon à ce rythme je ne ferai jamais carrière ! Bref. La pêche de cette fois-ci est plutôt bonne. Je pense faire bientôt un article sur d'autres truc.


La Mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé


Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré et aussi le haïssable roi Tsongor.
Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l'insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s'accomplir, de quelque manière, l'apprentissage de la honte.

Je pense que j'aurais été mieux préparée à cette lecture si j'avais lu le résumé sur le site des éditions Actes Sud plutôt que celui-ci, qui est celui des éditions Livre de Poche. Je pensais suivre plutôt Souba, et avoir à travers ses yeux une sorte de biographie du roi Tsongor. Il n'en est rien. Le roman, très bien écrit, se concentre en fait sur la guerre. Le principe est simple : c'est une tragédie : tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner.

Je le trouve très bien construit, et bien écrit, les personnages ne sont pas décrit en long en large et en travers, en fait on n'est pas tant que ça dans leur tête, mais on les cerne très vite. J'ai pourtant mis du temps à lire ce tout petit livre (219 pages) : deux mois. Je crois que ça tient plus à ma fatigue qu'à autre chose. Je l'ai fini sur une séance de trois heures en soirée. Je crois aussi que j'ai eu un peu de mal au début, avec le style un peu plus haché, beaucoup de phrases avec un ou deux mots seulement. C'est quand l'histoire – la guerre – se lance vraiment et que j'ai compris à peu près ce qui allait être raconté – après toute la partie annoncée par le résumé, en fait, c'est-à-dire à partir de l'après-mort de Tsongor – et que j'ai accéléré un peu le rythme, parce que la lecture m'a parue plus dynamique et le style, plus fluide.

C'est une histoire très triste, je crois que je n'étais pas prête du tout pour lire ça. D'ailleurs, au moment où l'enchaînement des malheurs s'enclenche tout juste, je suis allée chercher un résumé complet pour savoir à quoi m'en tenir sur le devenir des personnages, parce que je sentais que je ne pouvais pas, émotionnellement, garder la surprise. Bien m'en a pris : j'ai compris à quoi j'avais à faire bien plus sûrement qu'avec la quatrième de couverture. Il y a aussi quelques indices, quelques expressions prophétiques, dans le roman.

J'ai apprécié ma lecture !


Les Contes de Terremer – Ursula K. Le Guin


Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

J'avoue, je ne connais pas. Jamais entendu parler. En même temps, je vis un peu dans mon monde, donc les classiques de la fantasy, les grands noms, et même les coqueluches actuelles, je ne les connais pas. J'ai même pas lu Tolkien. Et j'ai même pas envie de le lire. Donc, je suis entrée dans Terremer comme dans un univers neuf, écrit cette année, sans idées, sans a priori.

J'ai adoré. Déjà, j'ai beaucoup aimé Ged, ce qui aide. Ça se lit très bien. Une grande histoire en peu de mots. Certes, cette intégrale compte 1 793 pages, mais pour tout ça vous avez les cinq tomes, des nouvelles, et les postface. Chaque tome est donc en fait assez court. Je pense que, moi qui écrit toujours trop, c'est ce qui m'a le plus impressionnée. Une grande histoire en peu de mots. C'est clair, net, précis.

Je crois que c'est le genre d'histoire qui va dans la profondeur, un peu comme les contes. Il y a un côté philosophique dans le traitement du rapport à la mort, à la vie, à la liberté. Souvent, c'est au point de vue externe, et c'est je crois ce qui m'a perturbée et m'a donné parfois l'impression d'un : "il se passe ça puis ça puis ça". Et pourtant je n'ai jamais décroché.

Je n'ai pas lu les postface, seulement accroché quelques mots ici et là. Ursula K. Le Guin y dit que, quand le quatrième tome, Tehanu, est sorti, des gens l'ont accusé d'avoir trahi Terremer, parce qu'elle ne parlait non pas des hommes puissants de ce monde, mais des gens laissés de côté : les femmes et les faibles, en gros. Je n'ai pas trouvé. C'est toujours Terremer, toujours les personnages, mais avec une autre face. Pourtant, ce tome quatre, Tehanu, est je crois, pour moi, le moins réussi, ou disons celui dans lequel j'ai eu le plus de mal à entrer, parce que pendant la majeure partie de l'histoire je ne comprenais pas où l'autrice voulait nous emmener. Apparemment, elle ne le savait pas elle-même, puisque dans une postface elle dit plus ou moins qu'elle s'est laissée portée. Je me suis laissée porter aussi, j'ai lu, mais je ne voyais pas où on allait, ce qui se dégageait. J'ai aussi trouvé que l'aspect féminisme, revendication, différences sociétales, etc. était un peu trop marqué, un peu trop "rentre-dedans" et, à un certain moment, presque redondant. Je crois que Tehanu est vraiment le tome où j'ai le moins accroché.

Tehanu, c'est la bascule vers la prise en compte de personnages qui ne correspondaient pas au prototype du héros quand le livre est sorti : c'est-à-dire des personnages qui ne soient pas des hommes forts, des rois, des princes, des magiciens. C'est intéressant parce que, au tout début, quand Ged arrive à l'école des magiciens, elle parle d'élèves attablés. Et moi, tout de suite, j'ai vu des garçons et des filles. Raté : il n'y a que des garçons, dans cette école. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est la preuve d'une amélioration des choses sur le plan des discriminations, considérations homme-femme etc., par contre, j'y vois que les cases, le dédoublement de l'écriture inclusive, ne sert à rien : il est parfaitement possible de considérer dans le mot "élèves" des filles et des garçons au premier abord, sans qu'il soit nécessaire de le préciser. Je crois au contraire que plus on met de cases, et plus on crée la distinction ("tiens, elle n'a pas précisé, donc il ne doit y avoir que des garçons"). Bref, je m'égare. J'avoue, quand j'ai lu, je me suis dit quand même que peut-être c'était un petit indice sur l'évolution des choses, que je pense à des filles et des garçons, dans cette école.

J'ai regretté de ne pas savoir exactement combien d'années passent à chaque fois. On en a une idée, des indications, mais j'aime savoir exactement l'âge des personnages, c'est une espèce de lubie, d'obsession.

Comme c'est une histoire de la vie et de la mort, tout tourne un peu autour de la même chose : le muret dans la Contrée Aride, les forces mauvaises, tout ça (moins le tome quatre), et j'ai bien aimé que le dernier tome fasse surgir un autre enjeu (la guerre contre les dragons) même si c'est en fait un enjeu parfaitement relié au premier.

J'ai aimé la manière dont cette histoire est construite. D'abord, on suit Ged, et dans le deuxième tome, c'est Ged aussi, mais on est toujours sur l'épaule de Tenar, et dans le troisième, on est le plus souvent sur l'épaule de Lebannen. J'ai été perturbée par contre par les nombreux points de vue du dernier tome (oui, c'est moi qui dit ça, avec mes sauts intempestifs quand j'écris…), parce que les autres tomes ne sont pas construits comme ça, et aussi parce que ça sautait parfois un peu vite, je crois (une grande histoire en pas beaucoup de mots).

Je ne crois pas que ce soit une histoire qui se relit (enfin, tous les romans peuvent être relus), plutôt une histoire qui se digère, comme un conte.

J'ai aimé.

Mention spéciale au papier : les pages sont super fines et super douces, c'était très agréable !


Elantris – Brandon Sanderson


Il y a dix ans, la sublime cité d'Elantris, capitale de l'Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kaë est devenue la première ville du royaume. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Roaden, l'héritier de la couronne, on lui apprend qu'il vient de mourir. Veuve d'un homme qu'elle n'a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d'Elantris…

C'est un peu faux, que Sarène tente de percer le mystère d'Élantris. Au tout début, elle croit que Raoden a été assassiné, et c'est ça qui la décide à rester. Ensuite, l'histoire suit son cours.

Ce roman m'a été conseillé par une copinaute et j'ai beaucoup-beaucoup aimé ! J'ai eu un peu de mal au début parce que certains noms de personnages se ressemblent, et ne sont pas dit souvent, alors parfois je revenais en arrière, parce que je n'étais pas trop sûre de si l'auteur avait déjà parlé d'Untel ou Untel. Une fois que les personnages très secondaires avec des noms proches des moins secondaires ont un peu disparu, c'était plus facile.

Le roman se construit sur une alternance de points de vues de trois personnages. Si je vous dit les trois, il y a une petite divulgâcherie de ma part, mais en même temps vous ne serez pas trop surpris je pense, et puis le roman s'ouvre sur son point de vue, donc le mystère du résumé ne reste pas mystérieux bien longtemps. Nous avons donc Hrathen, le prêtre étranger, Sarène, la princesse, et Raoden le prince (oui, celui qui est censé être mort). C'est un roman rythmé par cet enchaînement régulier, cette alternance entre les trois héros, et aussi par la plume de l'auteur qui je pense va droit au but.

Je me suis beaucoup reconnue dans Sarène, et j'ai beaucoup-beaucoup aimé Raoden. J'ai beaucoup d'affection aussi pour Lukel, qui apparaît au final assez peu mais qui a une espèce de présence "de grand-frère", je ne sais pas trop comment l'exprimer, mais je l'ai adoré aussi.

Le système de magie est sympa, avec ces aons, sorte de sceaux, qui permettent de manipuler la magie. Certains pourront trouver gênant qu'il faille aller voir dans les annexes à la fin à quoi ils ressemblent – ils sont parfois décrits mais j'ai trouvé ces descriptions assez peu claires – ; moi j'ai bien aimé, je me disais avec excitation : "ça ressemble à quoi, ça ressemble à quoi ?". Et puis les aons ouvrent les chapitres, aussi : un aon pour un enchaînement Hrathen/Sarène/Raoden, et donc les aons servent de titres aux chapitres.

J'ai vraiment tout aimé : le style, l'univers, les personnages, le rythme, l'humour dispersé un peu partout, etc. Par contre, je mettrais un gros bémol sur la fin. Je l'ai trouvée un peu précipitée. L'alternance des points de vue s'accélère (non plus une personne par chapitres, mais plusieurs) avec l'intervention de nouveaux points de vue comme Galadon ou Lukel, et parfois un point de vue ne tenait que sur quelques lignes. Ce rythme a créé, en plus de l'accélération intrinsèque à l'histoire, une accélération du récit, que je suis pas sûre d'avoir apprécié.

L'auteur voulait je pense nous montrer tout ce qu'il se passait en même temps, que nous ayons une carte mentale très précise de ce qu'il se passait simultanément, mais j'ai pour ma part trouvé ça trop rapide, parfois précipité. En même temps, les événements se précipitent, et en même temps le récit a comme artificialisé cette accélération et j'ai trouvé la bascule entre : "il va falloir qu'on réfléchisse à ce qu'on fait, maintenant" et "viiiiiiiite on va tous mourir !" trop brusque. Et puis je n'ai pas compris pourquoi à la fin Raoden décide de dormir là où il décide de dormir plutôt qu'à l'endroit logique où il aurait fallu qu'il dorme (si je suis plus explicite, je divulgâche) : l'auteur ne le dit pas, il dit juste que Raoden avait jugé mieux de dormir là, mais pas pourquoi. Du coup, ça paraît un peu gros, avec la suite (parce que là où il était plus logique qu'il dorme, les méchants seraient arrivés moins facilement).

Dans cette fin très rapide, il y a aussi quelques incohérences, et je trouve ça dommage. Raoden était censé être blessé à la joue, mais finalement c'est le cou. Hrathen était censé être blessé au cœur, mais finalement c'est le flanc. Il y en a une troisième que j'ai oubliée. Vous allez me dire que l'on s'en fout et que ce sont des détails. Eh bien, oui, ce sont des détails, mais moi, j'aime les détails, et j'aime quand les auteurs sont précis sur les détails.

Je n'ai pas aimé la fin pour Karata. J'aimais bien ce personnage, donc j'étais triste, j'aurais voulu quelque chose d'autre. Par contre, j'ai aimé la fin d'une manière générale. Dans les Bonus, l'auteur met des scènes coupées, dans lesquelles on apprend que Raoden aurait dû être exécuté. Je suis contente que ça ne finisse pas comme ça.

J'ai quand même apprécié toute ma lecture, les personnages et la plume, l'univers est sympa, et Hrathen, qui aurait pu tomber dans la caricature, est en fait un antagoniste complexe, c'est très appréciable !

J'ai beaucoup aimé ce roman, tous les personnages sont très sympa, Raoden et Sarène sont trou choux, et la plume m'a plu aussi !


Le Phare au bout du monde – Jules Verne


À la dernière pointe de la Terre de Feu, là où entrent en collision les deux océans, l'Atlantique et le Pacifique, existe une île où un phare empêche les voiliers de se briser sur les récifs. Dans cette région inhabitée sévit une bande de naufrageurs, un ramassis de déchets humains qui attirent les navires sur les côtes pour les piller après avoir massacré les survivants. Les gardiens du phare tentent de contrecarrer leurs plans dans ce combat contre les forces du Mal représentées par les bandits et leur chef, le diabolique Kongre...

Ce résumé est un peu exagéré, les "forces du Mal", tout ça. Bon, ça reste Jules Verne, pas une grande épopée de fantasy, hein. Il y a donc les trois gardiens du phare, qui se croient seuls sur l'île et, à l'autre bout, une bande de bandits bloqués là en l'attente d'un bateau duquel s'emparer. Une histoire avec des humains, et rien que des humains. Du Jules Verne, quoi.

Je n'ai trouvé ce roman ni enthousiasmant, ni pénible à lire. C'est du Jules Verne. On suit les personnages, bien caractérisés comme souvent, leurs actes de courage poussés par l'honneur, tout ça. Je l'ai lu facilement, je me suis laissée porter par le courant, en fait, et je voulais bien savoir comment tout cette histoire allait finir, mais je n'ai pas trouvé ce roman particulièrement marquant. C'est l'histoire d'un affrontement entre deux groupes opposés, voilà, avec ce qu'il y a de retournements, de frustrations et d'espoirs pour les membres des deux groupes.

En fait, je n'ai pas grand chose à en dire à part : c'est du Jules Verne.


Les Trois Malla-Moulgars – Walter de La Mare


Voilà bien des années, le sage Souilem a entrepris de retrouver les Vallées de Tishnar, sur lesquelles règne son frère, le prince Assassimon. Ses fils, les trois singes-rois nommés Pousse, Coude et Ned, après avoir perdu leur foyer, n’ont d’autre choix que de partir à sa recherche. Aidés d’une amulette magique, la fameuse Pierreveilleuse, léguée par leur défunte mère, ils vont se lancer dans une quête épique, qui les mènera « loin, très loin, par-delà jungle et rivière, fleuve et marécages, vers les monts Arakkaboa ». Dans cette vaste Munza d’arbres et de lianes, les rencontres seront nombreuses et le chemin semé d’embûches… et le moindre faux-pas risque bien leur coûter cher.

J'ai mis trèèèèès longtemps à lire ce livre mais ça ne tient pas du tout au livre lui-même, ça tient juste à ma fatigue chronique ; c'est en fait un livre qui se lit très bien (même si j'ai eu un peu peur au début, quand il se met à expliquer plein de trucs, mais en fait ça dure pas longtemps).

Nous suivons donc les trois frères moulgars, principalement depuis le point de vue de Nod, qui je trouve s'inscrit dans la droite ligne du petit dernier des contes de fée sur qui tout repose, mais qui fait aussi plein de bêtises. Et c'est ainsi que les trois frères sont contraints d'entamer leur voyage en plein hiver alors qu'ils avaient prévu d'attendre le printemps : ça commence bien.

C'est un roman d'aventure, donc il se passe toujours quelque chose. À peine ils sortent d'une difficulté qu'ils tombent dans une autre, et pourtant ça ne m'a pas paru ennuyeux ou redondant dans le rythme. J'ai trouvé Nod, Pouss et Coudd très bien fait, et leur relation très bien rendue aussi !

J'ai eu par contre souvent du mal à m'imaginer les lieux, surtout dans toute la séquence dans les montagnes, je ne savais pas trop comment étaient les environs, où se trouvaient les personnages par rapport aux parois, au vide, aux pics. C'était assez perturbant, surtout que le lieu a de l'importance pour la scène, la configuration des personnages.


Je note juste deux coquilles dans le dernier-tiers, et deux illustrations, dans le début, qui ont été inversées, et du coup ça révèle l'épisode suivant alors qu'on n'y ait pas encore arrivé, c'est dommage ! Illustrations très, très jolies, au passage, d'ailleurs ! Je note aussi une petite incohérence à la fin. Il est dit que le veston rouge de Coudd se fait déchirer par une pierre, alors que quelques pages avant, il est dit que Pouss et Coudd déchirent les derniers lambeaux de leur veston. Dommage, on était presque arrivés au bout sans problème !


Et voilà ! On se retrouve dans six mois pour les prochains bouquins x)

Comment allez-vous ?
Que lisez-vous en ce moment ?

samedi 17 juin 2023

Gérer les émotions

Source – Ylvers
La psy l'autre fois m'a dit que probablement que les mouvements de colère de mon père, qui jette des trucs et crie etc., m'ont un peu traumatisées et que du coup c'est pour ça que mes mouvements de colère à moi sont vers l'intérieur (je me tape le front, la cuisse une fois au point que je voulais faire un bleu (c'est dur, de faire un bleu)), que je gère mon anxiété vers l'intérieur (en me mordant la joue, et après je mets du sel et ça change la texture et je peux arrêter de me mordre (ça douille sévère)), mon stress vers l'intérieur, et tout vers l'intérieur sur moi. Peut-être même que les démangeaisons que je me traîne depuis neuf ans, c'est ça aussi. Et tout à l'heure, j'ai réalisé que sans doute le désir et la masturbation que je fais alors que j'en ai pas vraiment envie, c'est ça aussi. De la gestion du stress, de l'angoisse, de la peur. J'ai peur que faire redescendre la tension ne fonctionne que comme ça alors je le fais comme ça parce que j'ai peur d'échouer si je tente un autre truc pour faire redescendre la tension. En gros, mon moyen de faire redescendre l'angoisse, le stress, l'anxiété, la colère, la peur, c'est la douleur. Que la douleur. Alors elle m'a demandé ce que je pouvais faire d'autre et j'ai dit parler et elle a dit qu'il n'y avait pas que ça, elle a dit chanter, danser, jouer de la musique, écrire ses pensées, tout ça, ça fait redescendre les émotions, et même faire du sport.

Honnêtement, je ne sais pas si je vais en être capable. Dans ces moments où je me fais mal, le plus souvent je suis dans un état qui fait que je ne peux pas réfléchir à autre chose, à comment faire. Déjà, j'arrive à utiliser le mantra que j'ai crée avec l'aide de la dame de la médiation animale, j'ai réussi le week-end dernier, dans les moments où j'étais pas très fort en colère. C'est un bon début. Mais quand les émotions sont en surcharge, je ne sais pas si je suis capable de faire autre chose, de penser à faire autre chose.

C'est un peu dur de gérer les émotions parce que ça se mord la queue. T'as peur de la colère alors tu repousses, t'as peur de la peur alors tu repousses, t'as peur de l'angoisse alors tu repousses, et t'as peur de te faire à toi-même un truc dont t'as pas envie alors t'y penses encore plus et du coup ça angoisse encore plus et du coup, bien sûr, ça arrive, puisque c'est le seul moyen connu et usité de faire descendre l'émotion que j'ai moi-même créé à force de penser, de ruminer, de craindre. C'est un peu dur de gérer les émotions de manière fonctionnelle. La psy m'a dit qu'on m'avait pas appris. D'ailleurs maintenant que j'y pense elle m'a dit : "on ne vous a pas appris" et pas "vous n'avez pas appris", et la responsabilité et la faute c'est des trucs dont on parle aussi, et elle n'a pas mis la faute sur moi, et c'est agréable, en fait.

Donc on va dire que je suis en apprentissage de la gestion fonctionnelle et non-violente des émotions. Ben y a du boulot, hein. Déjà quand je parle à une amie, que je lui raconte des trucs, après avoir envoyé le message je me trouve ridicule et bête de chercher à être rassurée et soutenue, mais je peux pas supprimer le message parce que nous discutons sur Whatsapp et ça va afficher que le message a été supprimé. Je ferais mieux de réfléchir avant d'envoyer, plutôt. La pauvre, je crois qu'elle s'en fiche, ou plutôt qu'elle va pas assez bien pour me gérer moi en plus du reste. Je suis un gouffre. Faut juste que je me gère toute seule comme une grande.

C'est un peu dur. Et comme je viens de lire un article de Slowin sur l'auto-handicap et que je me suis un peu reconnue, autant vous dire que ce n'est pas gagné. Va falloir que je me confronte à la peur de l'échec, et que je m'efforce, pour une fois. C'est un peu dur. Surtout quand je pense, à peu près dans tous les domaines, que je ne vais pas y arriver. C'est moins dur de se saboter et de dire ensuite : "j'avais raison, je suis nulle et j'y arrive pas de toute façon" que de s'acharner et de pas réussir quand même et de se dire que t'es tellement nulle que même avec des efforts t'y arrive pas. Vaut mieux croire qu'on s'est pas foulé et que si on y mettait du sien on y arriverait (même si bon, du coup, le potentiel non-utilisé, côté estime de soi ça a quand même des limites).

Et comme en ce moment y a rien qui va, avec mon corps, avec mon avenir professionnel, avec mes relations amicales enfin plutôt j'arrive pas à voir les bonnes choses, ben ça empire encore les choses et ça rajoute encore de l'anxiété qu'il va bien falloir que je gère convenablement pas si je ne veux pas encore plus me détester.

C'est un peu dur, tout ça.

Comment vous gérez vos émotions, vous ?

lundi 5 juin 2023

Ça réflexionne

Source – Sheikh Nafis
J'ai envie d'écrire ici mais je ne sais pas par quoi commencer. Ou plutôt, j'aurais plein de trucs à raconter, des réflexions lancées avec la psy et en médiation animale, aussi (d'ailleurs la prochaine séance sera la dernière, je suis trop triste). Je pense que, comme mon cerveau est en train d'emmagasiner des réflexions, est en train de carburer, je n'ai encore rien à dire ici parce que je suis en pleine réflexion plus ou moins inconsciente. Je n'ai toujours pas vraiment parlé sexualité et rapport au corps avec la psy. En ce moment, elle essaye de me faire savoir ce que je ressens quand il est question de ma famille – sacré morceau. J'aimerais pourtant parler sexualité, parce que je sens que je vais avoir du mal à régler toute seule mon rapport à la masturbation. Ce week-end il s'est pourtant passé un truc incroyable : y a eu de mieux ; moins d'angoisses, davantage de respect de moi. Je crois que c'est grâce à la dernière séance de médiation animale. Vendredi, où nous sommes parties à la rencontre de la partie sombre de moi, et de la partie lumineuse, pour harmoniser, les faire pourparler.

Je me souviens il y a quelques années, quand je découvrais la chaîne YouTube de Benjamin Lubszynski, il avait fait une vidéo sur la gestion de la colère et il disait que, la colère (comme toutes les émotions, d'ailleurs), quand on la garde, quand on l'étouffe, elle tire sur la laisse comme un chien attaché au fond du jardin, et elle tire, elle tire, et un jour elle mord. Je crois que, harmonier un peu, ou lancer l'harmonisation des deux parties intérieures, permet d'éviter ça. Si la partie sombre et la partie lumineuse discutent, alors la partie lumineuse n'a plus peur d'être mordue et la partie sombre n'a plus peur d'être jugée, punie, et alors les choses vont mieux. Forcément, plus je fais une fixette sur mon rapport à la masturbation et plus j'y pense, et plus j'y pense plus j'angoisse, et plus j'angoisse plus je perds la maîtrise de la pulsion. Donc ce week-end, ça a été mieux. Sensiblement mieux. C'est marrant que du concret soit arrivé si vite parce que, quand j'ai fait la séance vendredi, je me demandais à moitié à quoi ça allait me servir, de mettre ensemble les deux parties. Ben à ça. À mieux me respecter, à repousser les sollicitations intérieures dues à l'habitude ou à l'angoisse. Même, mon cerveau qui part dans tous les sens, tourne sur des fantasmes morbides, a réussi à faire moins morbide et plus apaisé, tout seul (quand j'essaye de maîtriser, de le ramener à plus raisonnable, ça finit toujours par m'échapper). Donc voilà, il y a des choses de lancées, et du coup pas mal de travail intérieur, toujours en cours et qui est un peu dur à aborder, du coup. J'avais pensé faire, après la dernière séance, un bilan de la médiation animale, peut-être, parce que je suis assez impressionnée, en fait, je ne pensais pas que ce serait aussi bien que ça ; je me disais : "au pire, j'aurais vu des animaux donc c'est bien" (pauvre naïve que je suis).

Sinon, côté vie matérielle plutôt que spirituelle, je n'ai, évidemment, toujours pas trouvé de travail. Entre les endroits qui recrutent pas, ceux qui veulent des gens avec de l'expérience, ceux qui m'aiment bien mais qui n'ont pas de sous pour créer un poste, et ceux qui recrutent mais où je ne veux pas aller (comme Paris, Reims, le Sud…) ce n'est quand même pas gagné. Ajouter à cela le nombre d'offres qui a plutôt l'air de décroître, et le fait que je n'ai pas envoyé de candidatures spontanée depuis un moment – et encore moins ce week-end vu que j'étais tellement fatiguée que j'ai passé mon samedi à littéralement rien foutre, et mon dimanche à lire –, ça s'engage assez mal. J'essaye de me dire que je peux peut-être trouver du travail d'ici janvier, mais je n'y crois pas trop. Et je suis plutôt bloquée au niveau de certaines solutions. Par exemple, je suis trop vieille pour l'alternance. Je ne peux clairement pas me permettre de démissionner et me mettre au RSA le temps de trouver ou suivre une formation (et la dernière fois que j'avais calculé il me semblait avoir compris que je n'avais pas le droit au chômage car je n'ai pas travaillé cinq ans d'affilée). Comme je ne peux pas poser mes congés où je veux, je ne peux pas suivre la formation courte de L'École de la librairie, par exemple. Donc je suis assez limitée dans mes mouvements. Je pense que je suis bloquée dans mon boulot pendant encore un certain temps. Le problème, c'est que je passe souvent la plupart de mes journées à faire des truc perso plutôt qu'à travailler (je dis ça à la louche, j'ai jamais fait le calcul, mais il ne serait pas en ma faveur, je pense).

Le week-end prochain je vais à l'Armada de Rouen. Les bateaux espagnols ont l'air incroyable ! Donc je vais me farcir des heures de train pour moins de quarante-huit heures sur place juste pour espérer monter dans ces reproductions de bateaux des XV-XVIIème siècles. J'en profiterai pour retourner à la boutique où j'avais acheté il y a quelques années la bague "AUM" que j'ai perdue il y a un an. J'aimerais bien aussi récupérer mon ballon de volley.

Mon humeur est assez fluctuante. J'essaye de me laisser gagner par le printemps, et de me fixer sur les choses positives. Ça ne marche pas toujours. On va dire que la réussite dépend de mes heures de sommeil, et comme ça aussi, ça fluctue en fonction de mes angoisses, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, au fond.

La dame de la médiation animale m'a donné comme exercice, entre autre, de tenir une grande feuille avec mon objectif et de coller des trucs qui s'y rapportent, qui parlent pour moi, comme une espèce de scrapbooking, on pourrait dire. J'aime bien. Ça me détend. Je ne l'ai pas encore beaucoup remplie, je prends mon temps, mais j'aime bien.

J'essaye aussi de plus suivre mes envies, et de plus être à l'écoute de moi-même, dans l'instant, depuis que la psy m'a fait remarquer que je ne le faisais pas. Hier, m'est apparu que suivre ses envies ce n'est en fait pas compliqué, c'est comme quand on marche dans la rue, qu'on flâne, et qu'on passe devant une petite ruelle qui nous fait bien envie et qu'on se dit : "ah oui, tiens ! je vais passer par-là !" même si ce n'est pas le chemin le plus direct pour arriver à destination, voire que ça nous fait faire le tour, mais qu'on l'emprunte juste pour le plaisir de marcher dedans. Suivre ses envies, c'est sur l'instant, et pas en programmant tout. La médiation animale m'a aidée un peu aussi, pour ça. Les animaux ne se posent pas de questions : le chat veut des papouilles, il vient les demander ; il n'en veut plus, il s'en va. Point.

Comment allez-vous ?

J'ai un "cinq derniers livres lus" en préparation, et je ferais peut-être aussi un article sur comment commencer à écrire un roman, ou pourquoi on ne le fait pas. Je suis en retard dans la lecture de vos blogs, mais ça a déjà été pire ! :P

mercredi 19 avril 2023

Printemps

Source – Vie Studio

Il y a deux semaines deux personnes m'ont dit, presque coup sur coup, qu'elles espéraient que le printemps me mettaient du baume au cœur. Une d'elle à même ajouté, je crois, "comme tout le monde", et moi, ça n'allait pas du tout, alors j'ai pensé : "mais allez vous faire foutre avec votre printemps, je m'en fous". Bon. Même le printemps a eu raison de ma mauvaise humeur – enfin, relativement. Disons que je reconnais que, quand même, l'allongement des jours, les rayons de soleil, la chaleur quand je sors du travail et que je monte dans la voiture, ça fait plaisir. Il y a des jolies choses à voir aussi, des fleurs, tout ça. Alors je crois pouvoir dire que oui, le printemps, mine de rien, me met un peu de baume au cœur. Suffit quand même pas à dégeler mon cœur, pourtant.

C'est marrant parce que, sur la poignée de personne avec laquelle je discute, deux m'ont dit : "tu m'aides tout le temps et moi je ne t'aide jamais", et elles étaient, je crois, un peu désemparées, ou en tout cas souhaitaient réparer ce déséquilibre. Mais moi, j'ai pensé : "normal, je ne me mets pas en position d'être aidée". Je me cache. Je biaise, je cache, je mens, je ne réponds pas, ou je minimise, et au final, hors thérapies, il n'y a sans doute qu'une seule personne qui m'entendra dire que ça ne va pas, qui m'entendra parler même des sujets les plus intimes, et râler, et me plaindre sur mon sort… Je ne sais pas si elle compte : nous ne nous sommes jamais rencontrées, et la psy parle de relation fictive.

Il y a plus d'un mois je parlais de solitude et, le truc très paradoxal avec la solitude, c'est qu'à la fois je cherche à la contrecarrer en parlant à des gens, je suis en demande de discussions, quand les réponses tardent à venir je commence à me poser des questions, à me dire que j'embête tout le monde, tout ça (même si c'est moins pire qu'avant), et en même temps je ne prends même pas rendez-vous chez le coiffeur, je ne veux voir personne, je veux juste lire des livres et écrire des histoires. Rencontrer des gens me fait peur, je crois. Puis je me dis aussi que ça ne sert à rien, vu que j'aurais déménagé dans six mois (je me dirais encore ça dans dix ans, sans doute, bloquée ici avec de faux espoirs). Je crois aussi que les invités qui viennent à la radio et constituent en fait mes seules interactions sociales me saoulent, me remplissent de vrais gens, et après je veux très très fort me cacher avec un livre et plonger dans un autre monde.

Je n'arrive pas à trouver trois points positifs par jour. Ces derniers jours, c'est moins. Ou pas du tout. Je suis fatiguée. Physiquement, et moralement aussi, je crois. Mon humeur fait des vagues, de "vague entrain" à "déprime" et ça va, et ça vient, et ça fait des marées et un petit rien peut me mettre par terre pendant trois jours, ou plus. Pourtant je suis capable d'avoir de la résilience, vu que j'y arrive quand il est question du roman : j'arrive à me relever les manches et à travailler, même quand ça ne va pas comme je veux, et à me dire que tout se terminera bien parce que je maîtrise la situation, que je sais ce que je fais. Même s'il est probable que je fasse en fait n'importe quoi.

Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, hier je me suis remotivée pour les cours de hiéroglyphes, je me dis que je vais rattraper mon retard pendant ma semaine de vacances, les deux semaines sans cours, et reprendre les choses correctement à la rentrée, et que je peux le faire. Je ne sais pas trop d'où ça sort. Le printemps, sans doute. Ou le besoin viscéral de trouver des domaines dans lesquels je suis capable. Tiens, ça me fait penser que l'autre jour la cheffe d'un média associatif m'a dit que j'avais progressé, et je ne l'ai même pas mis dans mes points positifs du jour. Enfin, avoir progressé ce n'est pas être compétent : c'est être moins nul. Pas de nouvelles du podcast depuis, d'ailleurs. Je ne sais pas si je dois réenregistrer une relance ou pas. Je vais écrire le texte de présentation et le soumettre, on verra bien ce que ça donne.

Je me dis que j'ai hâte de partir, mais la vérité c'est que je n'ai aucune vraie piste, que des fantasmes, des projections dans un futur nécessairement faux et imaginaire. Je dis "je vais me barrer de c'trou" comme si j'avais signé un nouveau contrat de travail ailleurs. La blague. Je me demande si je m'investis vraiment dans la recherche d'emploi, ou si je suis un peu en retenue par peur d'être déçue (mais du coup, je serais forcément déçue à la fin).

Au moins, ma pauvre plante verte va mieux depuis que j'ai rempoté (la pauvre ! vous auriez vu ses racines !!) et mis de l'engrais. Cela aussi, c'est le printemps.

J'ai enlevé mon blog de ma description sur Discord. Je ne crois pas que j'ai envie, finalement, que de nouvelles personnes viennent ici, ou plutôt j'ai trop peur que les personnes qui viennent ici veuillent après me parler en privé, devenir amis, tout ça. Y en a trop. Je suis mal à l'aise. J'avais dit que je ne me censurerai pas, mais des fois aujourd'hui j'en ai eu envie, parce que je me cache. Alors que je ne devrais pas me cacher, ici. Je suis mieux comme ça, cachée. Cachée, dans ma petite coquille, dans un trou dans le sable entre deux rochers, là où on ne peut pas trop me voir. Pas trop m'aider non plus, mais surtout pas trop me voir.

Difficile de mesurer le degré de vraie émotion, et le degré d'émotion à cause de mon humeur.

Ce soir, j'ai perdu du temps à faire des trucs basiques, et maintenant, je suis tellement fatiguée que je ne vais même pas pouvoir écrire, alors que c'est mon seul jour de la semaine pour le faire – et encore, seulement parce que je vais pas à l'aïkido.

Au moins, au printemps, il y a un peu de lumière. Des vacances, et des longs week-end, et je vais pouvoir me cacher pour lire, pour écrire, et pour me cacher.

Cet article est un peu fouillis.
On ne dirait pas l'article d'une fille avec du baume au cœur.

mardi 21 mars 2023

Fatiguée

Source – Ihsan Adityawarman
Si je me fie à mon calendrier, ça fait deux mois et demi que je n'ai pas eu vraiment une vraie nuit tranquille (et au lieu d'aller me coucher, j'écris cet article parce que je pense que j'en ai besoin, mais du coup je sais que je vais niquer ma nuit, et je culpabilise, donc il y a vraiment des chances que je nique ma nuit). Je me réveille pour aller aux toilettes au milieu de la nuit, et je ne me lève pas. Mon cerveau s'allume, je le laisse s'allumer parfois, et je réfléchis, et quand je relève la tête dix, vingt, trente minutes sont passées et je me dis je dois me lever pour aller aux toilettes et puis d'autres réflexions se lancent si bien qu'il se passe une demi-heure, une heure, une heure et demie avant que je me lève pour aller aux toilettes. Et ensuite il faut que j'arrive à me rendormir. Mais si je suis trop proche de l'heure du réveil, j'ai peur de mettre trop de temps à me rendormir, et de ne quand même pas assez dormir, d'être surprise par le réveil, éclatée, et donc de traîner après le réveil et d'être en retard. Alors je n'arrive pas à me rendormir, alors je suis éclatée.

Quand j'étais ado, au collège, je me réveillais avant le réveil. Je me disais le soir : "j'ai neuf de sommeil" et puis au milieu de la nuit : "il me reste quatre heures" et, généralement, au bout de trois heures cinquante, j'ouvrais les yeux en pleine forme. J'ai perdu mon super-pouvoir. Je m'en suis rendue compte il y a quelques jours – ou semaines ? je perds un peu la notion du temps sur les bords. Ça m'a fait bizarre.

Je suis fatiguée. Le problème, c'est que du coup, la sieste avant d'aller à l'aïkido ne me repose pas forcément assez, du coup je ne vais pas à l'aïkido, et il peut se passer un mois complet sans que j'y aille. J'ai des cours de moyen-égyptien le mardi soir, de dix-neuf à vingt-et-une heures, et la semaine dernière j'ai failli m'endormir sur mon bureau. Tout à l'heure, devant mon écran, j'écoutais mais je ne comprenais rien. Le prof parlait de trucs de la semaine dernière, je ne savais même pas de quoi on parlait. Le week-end, j'ai toute la fatigue de la semaine, et je trouve ça dur de faire mes exercices de traduction. Je sens bien, pourtant, que les phrases ne sont pas très compliquées, que je pourrais y arriver, je sais qu'en remontant dans le manuel je trouverais les réponses, les règles grammaticales, mais ça m'écrase, ça me paraît insurmontable, incompréhensible. Alors je ne les fait pas ou mal, alors je me trouve nulle, nulle aussi de ne rien comprendre en cours, de ne pas réussir à suivre, à me concentrer. Et comme je me trouve nulle, j'ai du mal à dormir, et comme j'ai du mal à dormir, je me trouve nulle.

C'est ça aussi le problème quand je ne dors pas : je me trouve nulle. Les émotions désagréables me noient. Mes rêves deviennent glauques (bon, ils le sont un peu toujours), et mes fantasmes conscients aussi, avec des ruptures, des accidents, des viols, des agressions, des catastrophes, et ça nourrie mon mal-être et donc mon insomnie et je broie du noir encore et encore. Rien qu'aujourd'hui, j'avais passé une bonne journée, pourtant, mais, arrivée au rond-point d'entrée dans la commune, des putains de manifestants à la con bloquaient la route pour la réforme des retraites (les gars, si vous avez toujours pas compris que ça changera rien, y a un problème, hein, puis façon ils nous pondront une autre réforme dans dix ans, enfin bref, je m'énerve parce qu'en fait je crois que je m'en fous, je ne m'informe plus, je m'en fous, puis manifester en cortège, OK, mais venir faire chier les gens qui rentrent du boulot, vraiment, non) et moi j'avais cours, j'avais peur d'être en retard, comme je suis toujours sur le fil comme je termine le travail à dix-huit heures. J'aurais été en retard pour de bon si une ambulance qu'ils devaient laisser passer n'avait pas permis de faire passer plein de voitures à la fois. J'ai passé ma tête par la vitre, j'ai demandé rudement combien de temps ils allaient me garder parce que j'avais cours, la dame m'a répondu, et j'ai cru voir qu'ils s'échangeaient un sourire narquois. Mais les gars, mon temps est aussi précieux que le vôtre en fait, donc merci de ne pas me péter les couilles. Bref. Au final j'ai pu assister à mon cours, mais ça m'a fauchée ma journée. Ensuite, j'ai broyé du noir. Je ne trouverai pas de travail, je ne comprends rien en cours, tout le monde est occupé par sa vie donc personne sur les réseaux pour discuter… Pas la ressource de passer à autre chose, de me dire que j'avais eu mon cours quand même… pas l'énergie.

La thérapeute en médiation animale m'a demandée de faire les trois points positifs par jour. Je m'y astreints. J'en écris souvent plus, parce que je sens que trois c'est pas assez pour me faire remonter la pente. Je vais essayer de vous faire un article positif un de ces jours, ça changera un peu…

J'ai essayé de reprendre le contrôle, la maîtrise de mes nuits, mais pour le moment ça ne fonctionne pas trop – ça ne fait que quelques jours, c'est un peu normal, je pense – et clairement le fait de prendre du temps pour écrire cet article au lieu d'aller me coucher ne va pas aider. Déjà, j'ai mis mes méditations les plus usuelles sur mon iPod pour éteindre mon téléphone et ne pas être tentée de regarder si une amie dans une situation de merde m'a répondu sur Whatsapp (en plus, elle est au Canada, donc quand j'envoie des messages à 22h, elle n'est pas du tout couchée, elle !) et arriver davantage à couper mes pensées et mes ruminations (mais pour ce soir j'ai repéré une méditation que je veux mettre sur YouTube). J'ai aussi recommencé à jouer au kalimba avant de dormir, même si ce n'est pas longtemps. J'avais arrêté – de lire aussi – parce que comme je suis crevée je me disais que j'avais pas le temps, que je devais dormir tout de suite, mais au final c'est une bonne soupape pour moi. Je joue le numéro de téléphone de mon amie, je pense que ça me permet sur un plan inconscient de traiter des trucs aussi, de traiter le sujet, un peu. Puis j'aime bien, ça me détend, même si je ne sais pas trop encore si c'est la musique en elle-même ou les vibrations dans le bois, au bout des doigts. Quand je termine tôt, que je peux me coucher tôt, je me remets à lire, aussi, même si ça fait trois semaines que j'ai interrompu le roman en cours pour corriger le mien. Je suis à vingt pages de la fin, frustration… (vingt pages, pour moi, fatiguée, c'est une heure de lecture… autant dire qu'au bout de trois pages je lâche déjà l'affaire).

Je sens du mieux, je fais des périodes de sommeil d'un seul tenant plus longues. Mais les rêves restent glauques, et j'ai toujours du mal à me lever pour aller aux toilettes. Des fois, les méditations ne suffisent pas, et mon esprit passe par-dessus et mouline et mouline et mouline.

J'aimerais bien dormir. J'aimerais bien être reposée. J'aimerais bien être reposée pour avoir la motivation de faire des trucs. Parce que là, clairement, j'ai aucun courage ni aucune énergie. Même la rencontre prévue le 8 avril avec des filles d'un Discord je pense que je vais passer mon tour. Ça fait trop peur, ça coûte un peu cher, et je vais revenir claquée d'avoir passé la journée à Paris avec du monde autour, des filles que je n'ai jamais vues en vrai. Trop de monde d'un coup, rupture trop violente avec la solitude dont je parlais la dernière fois, et donc trop d'énergie dépensée pour une fille claquée. Et en même temps voir du monde me ferait peut-être du bien. Mais ça fait peur. Et comme je broie du noir j'ai bien sûr l'intime conviction que ça va mal se passer.

Je sais qu'on conseille de se lever la nuit quand on n'arrive pas à dormir : si on ne dort pas, on quitte le lit. J'y arrive pas. C'est un peu dur de me dire que je dois me mettre debout à trois heures du matin, prendre un livre ou marcher dans l'appart' ou quoi. Surtout que si je commence à permettre à mon cerveau de mouliner, je ne vais pas me rendormir !

J'aimerais bien passer de bonnes nuits et retrouver mon super-pouvoir. Ça va avec le sentiment de sécurité. En ce moment, j'ai une hypnose sur les ruminations, et une méditation sur la sécurité intérieure, c'est ce qui marche le mieux.

mardi 7 mars 2023

Seule

Source – Masha Raymers
J'avais déjà parlé de solitude ici, quand j'ai parlé de l'insécurité intérieure, je crois (je ne sais plus trop, je n'aime pas relire les anciens articles, parce que quand je les écris j'ai l'impression d'être très pragmatique et d'avoir les idées bien claires, et quand je les relis plus tard, j'ai l'impression souvent de relire une fille différente, complètement perdue et pas très censée, donc j'évite de me frotter à la moi-du-passé), mais ces derniers jours (semaines ? je suis un peu perdue dans le temps, aussi, il se resserre ou se dilate, c'est bizarre) je me rends compte à quel point ça me pèse.

En fait, j'ai réalisé qu'aujourd'hui je parle seulement à des "relations fictives", des êtres numériques avec lesquels une discussion du tac au tac est presque impossible, où il faut régulièrement des heures, des jours, des semaines, parfois, pour avoir une réponse. Ça ne me gêne pas, dans le sens où les personnes donnent ce qu'elles peuvent donner, et je m'emploie à ne pas demander plus que ce qu'elles peuvent donner, mais je me rends compte que de n'avoir que ce genre de discussions en décalé me pèse, en fait.

J'ai toujours parlé à des gens sur internet, via les blogs, les réseaux sociaux que j'ai eu puis abandonné, mais j'ai toujours eu aussi des personnes à qui parler "en vrai", qui répondent quand on parle, depuis les amitiés chaotiques de la primaire jusqu'à celles plus solides de la fac, ou même ma collègue en Service Civique l'année dernière avec laquelle nous parlions parfois, souvent, presque tous les jours, de choses plus personnelles que le travail. Mais cette année, plus de Service Civique. Je ne parle pas beaucoup aux personnes de l'aïkido (et comme je suis fatiguée en ce moment, ça fait un mois que je n'y suis pas allée, j'espère pouvoir demain, puisque a priori je ne ferai pas la technique de l'émission spéciale jusqu'à vingt heures), et je ne me suis pas fait d'amis, ici – et maintenant que je cherche à partir, je me dis que ça ne sert à rien de me faire des amis en chair et en os, pour les numériser une fois que j'aurais changé de travail.

Parler au téléphone avec une copine de fac l'autre jour m'a fait du bien, je crois, mais malgré ses démentis j'ai quand même eu l'impression qu'elle ne voulait pas vraiment parler, ou pas à moi, en tout cas.

Je dors mal, en ce moment. Je me réveille, je dois aller aux toilettes, et je tourne une heure – ou plus – dans mon lit avant de me décider à me lever, alors que j'arrive assez bien à me rendormir ensuite. Il y a ce truc très étrange, aussi, c'est que je sais que j'ai besoin de voir du monde et de parler à du monde mais quand ça devient possible, j'ai peur. Quand ma copine de fac m'a proposé une date proche, je me suis dit : "mince, je voulais écrire". Je me sens piégée quand je ne peux pas lire ou écrire ou corriger parce que c'est ma soupape, ma liberté, et quand les circonstances font que c'est impossible, je me sens acculée. C'est désagréable. Bon, de toute façon j'étais trop fatiguée ce jour-là pour faire quoi que ce soit d'autre. Pour téléphoner, je me suis carrément allongée dans le lit. Le sommeil s'est un peu amélioré, mais j'ai traversé quelques nuits pénibles, faites de plusieurs réveils et rêves glauques, culpabilisants et d'atmosphère pesante.

Le fait de ne parler qu'à des gens numériques qui ont "d'autres choses à faire" que de parler "à une fille comme moi" (quoi que je n'utilise plus trop cette expression dans cette circonstance en ce moment ; je me contente d'un très neutre "avec moi") me donne une drôle impression de solitude, comme si je parlais à des gens qui n'existent pas, ou que j'étais dans un autre monde, séparée, comme dans une petite cage et on me regarde quand on daigne le faire, enfin je ne sais pas comment dire.

Je vous avais raconté quand j'ai touché avec mon pied à travers le drap la petite chatte écaille de tortue que j'avais en famille d'accueil. Je me suis sentie reliée. Ben là c'est un peu pareil, mais dans l'autre sens : je me sens perdue au milieu de nulle part, esseulée. Et comme je n'aime pas mon travail (je commence les candidatures, j'en ai fait quelques unes dans des librairies, mais je n'ai pas les diplômes, alors on verra bien) je ne peux même pas me jeter dedans. Quand je suis au travail, ça m'arrive de recharger la page Discord toutes les dix minutes pour être sûre qu'il n'y a pas de nouveaux messages, que je ne peux parler à personne. Ça m'arrive de songer lancer une discussion juste pour avoir une réponse, juste pour avoir une conversation, et je me trouve plutôt très conne.

Et en même temps je ne voudrais pas d'une bande d'amis qui passerait son temps à vouloir m'inviter à des trucs et m'empêcherait d'écrire, m'empêcherait d'avoir la haute dose de solitude dont j'ai besoin. Je crois qu'il y a une espèce de cercle vicieux : moins je suis entourée, moins j'ai envie de voir du monde. Je veux en voir plus et en même temps je crains de souffrir de ces rencontres, de perdre ma liberté, de ne pas savoir m'affirmer.

Mais j'ai quand même envie de parler à quelqu'un.

L'idée d'appeler SOS Amitié m'a déjà traversé l'esprit, mais le standard est tellement saturé par des gens qui ont des problèmes bien plus importants que les miens que je crois que je m'en voudrais si j'avais une personne pour décrocher au bout du fil alors que d'autres appellent plusieurs fois dans la journée sans avoir personne. Je sais aussi que je suis capable de me gérer, je n'ai pas besoin d'avoir recourt à ce genre de dispositif, je pense.

Je me demande aussi à quel point le travail avec la psy a son rôle à jouer, dans le sens où peut-être qu'avant ça ne m'aurait pas dérangée, ou peut-être je ne l'aurais pas consciemment ressenti, ce besoin de voir du monde, de parler à quelqu'un qui répond. Je ne sais pas.

Du coup, j'essaye de me réfugier dans les romans, ceux que j'écris et ceux que je lis. Et puis dans les fantasmes, aussi. Ceux dans lesquels je rencontre des gens qui respectent aussi mon besoin de solitude. Le problème, c'est que j'ai l'impression que beaucoup de personnes le prennent mal quand vous dites que vous ne voulez pas sortir (avec eux).

Du coup, j'écris sur mon blog, où la réponse ne sera pas immédiate non plus.