vendredi 29 janvier 2021

Journal d'écriture, mois 11

Source – Dzenina Lukac

Le mois dernier je vous avais dit qu'il ne me restait qu'une relecture avant d'envoyer à mes bêta-lecteurs. Haha... C'était sans compter les imprévus. Arrivée à quelques chapitres de la fin (et donc à la fin de mon programme de corrections), je me rends enfin compte de ce qui coince dans le problème de rythme que j'avais soulevé : les phrases en "qui". "Truc bidule qui cela... puis qui cela... et qui cela...". Pour le rythme, c'est l'Enfer ! Si vous me suivez sur Twitter vous avez peut-être dû voir que j'en avais 1 376 en 158 000 mots de manuscrit soit cinq par page ! Grosse cata ! Et ça, c'est sans compter les "qu'il" et "qu'elle", et toutes leurs déclinaisons. Au final, j'en ai retiré presque 750. Ça m'a pris deux jours. Merci la fonction "rechercher" de Word !

À la suite de quoi je me suis dit que quand même relire vraiment en entier depuis le début ne pourrait pas me faire de mal. Tu m'étonnes ! Je me suis quand même rendue compte que j'avais un problème de chronologie dans mes chapitres et que je devais en couper un pour passer la première partie avant le chapitre précédant... Et ça alors que j'étais à ma cinquième relecture... J'arrive moi-même pas à croire que je suis à cinq relectures. Ça passe tellement vite que je ne m'en suis pas rendue compte ! Un peu comme quand je calcule depuis quand j'ai quitté le lycée et que je me rends compte que ça fait déjà sept ans ! Mais je suis bien à cinq relectures : j'ai relu une fois pour faire le diagnostique, puis ensuite pour corriger les fautes que j'avais relevées, puis j'ai tout relu d'un coup pour plus me concentrer sur la forme, puis j'ai fait un balayage pour retirer mes "qui", et maintenant j'en suis là. Et je trouve encore des fautes, des paragraphes mal placés voire des trucs que je dois totalement reconstruire ! Moi qui n'étais dit que je ne relirais pas douze fois non plus, je me rends compte qu'en fait ça va hyper vite ! Sachant que derrière j'en aurais encore une en retour de bêta-lecture.

D'ailleurs, c'est ce qui me fait le plus peur actuellement. Car même si j'améliore ma plume en relisant (aussi en revenant sur des corrections antérieures, l'emploi d'expressions qui ne sonnent pas bien dans ma voix, etc.), je commence de plus en plus à me dire que je ne suis pas au niveau, que je vais faire perdre du temps à tout le monde... d'autant que j'ai fait perdre du temps à mes interviewés durant un reportage puisque je suis revenue avec du son saturé et que je vais sans doute devoir recommencer l'interview. Certes, ça n'a rien à voir, mais ça ne me rassure pas vraiment sur mon sentiment de compétence et ma capacité à ne pas faire perdre du temps aux autres. Perdre du temps à cause de moi-même ne me dérange pas, faire perdre du temps aux autres me hérisse le poil. Or, je vais avoir quatre bêta-lecteurs et une amie qui lit par curiosité et se transformera en bêta-lectrice si elle se sent. Si mon roman est tout nul je vais donc faire perdre du temps à cinq personnes. Beaucoup de temps.

Le manuscrit est presque à 159 000 mots (si vous me suivez depuis le début de cette aventure, vous savez que j'étais super frustrée de ne pas avoir atteint les 150 000 en premier jet comme j'étais vraiment, vraiment pas loin !) ce qui fait, pour un livre fini vendu en librairie l'équivalent de 530 pages à raison de 300 mots par page. Sachant que de mon côté je lis trente pages par heure, il y en a pour dix-sept heures de lecture. Sachant que tout le monde ne lit pas au même rythme, qu'on lit plus lentement sur écran que sur papier, et qu'un bêta-lecteur ne lit pas un manuscrit comme un lecteur lit un roman, je vais faire perdre vraiment beaucoup, beaucoup de temps à mes bêta-lecteurs si finalement tout ça n'en vaut pas la peine. Je dois dire que ça me bouffe, quand même. Je ne sais pas si c'est à cause de mon déficit d'affirmation de soi, de confiance en soi, ou juste une grande lucidité à l'égard de la qualité de ce que j'ai écrit (on a déjà parlé de cette tendance à ne voir que sous le prisme de ce qui ne va pas) mais c'est problématique...

J'ai super peur que mes bêta-lecteurs me disent que c'est trop nul, que le problème de rythme que je subodore (j'avais envie de caser ce mot, je cherche à le caser dans le roman (oui, je commence à m'amuser à essayer de caser des mots, comme si c'était le moment ! (mais j'ai réussi à caser "sabouler", vous savez :P))) est effectif est abyssal, que les personnages ne vont pas, que la fin tombe comme un cheveu sur la soupe... Mon épilogue est trop ouvert pour un one-shot, je pense que je devrais le remanier. Ma plus grande peur étant que mes bêta-lecteurs me disent qu'ils n'ont pas fini le manuscrit tellement ça leur tombe des mains. Ou qu'ils se sont forcés à finir pour ne pas rompre l'engagement qu'ils avaient pris.

Du coup, j'essaye de ne pas y penser et de me concentrer sur ma dernière relecture. J'avance à à peu près huit pages par heure alors que mes autres relectures étaient plutôt à cinq. J'essaye de me dire que c'est parce que l'écriture s'est améliorée et que donc c'est plus facile à lire. On y croit !

Je pense que j'aurais fini au pire dimanche. Ce qui tombe très bien car ce sera le dernier jour de janvier et moi qui aime quand les périodes sont bien coupées et bien logiques je suis aux anges ! (Je ne supporterais pas de finir genre un mercredi 12 (le 15, passe encore, c'est le milieu du mois), par exemple (névroses, bonjour)).

Quand j'ai fait mes demandes à mes bêta-lecteurs j'avais dit mars. Du coup, je suis un peu en avance et j'aimerais beaucoup qu'ils soient dispo pour prendre le manuscrit en avance parce que ça me donnerait peut-être une chance de faire mes premiers envois en maison d'édition en mars, soit après un an de travail puis que j'ai commencé le premier jet début mars de l'année dernière ! (déjà ! huhu ToT)

Après ça, je pense que je me lancerais dans la préparation du deuxième. J'ai plus ou moins la carte de mon univers (qui est plus à titre indicatif/de travail que véritablement à prendre au pied de la lettre) mais il me manque les fiches de personnages (pour ce que je m'en sers...) et la chronologie (le morceau le plus dur). Je dois aussi avouer que même si j'ai les grandes lignes j'ai encore du mal à raisonner en terme de péripéties donc... il y a des trous dans ma tête et j'ai peur de pas réussir à les remplir pour faire un vrai roman qui tient debout. Je pense que je vais aussi chiper un truc à la méthode flocon : écrire un synopsis du point de vue de chaque personnage principal pour mieux faire sortir comment il vit la situation. D'un côté, je me dis aussi que si j'ai des trous dans la tête c'est parce que la pelle chargée de les boucher est occupée avec la cinquième relecture d'un certain manuscrit...

Sinon, ça n'a rien à voir, mais pour la première fois depuis que j'écris je pense être capable de terminer l'une des histoires "juste comme ça", commencée juste comme exutoire et remplies de mièvreries romantiques x) J'admets que ça me rendrait trop fière ! J'en ai quand même commencé... au moins cinq ! En finir une me ferait plaisir !

Est-ce que ça vous intéresserait que je continue mes journaux d'écriture pour le deuxième roman ? (il est de toute façon fort à parier que je le fasse puisque ça m'aide à réfléchir, mais je serais contente de savoir si ça vous intéresse ou pas :P) (vous avez le droit de dire non).

Et vous ? Où en êtes-vous dans vos projets ?

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