![]() |
Source photo – Tatiana Syrikova |
jeudi 29 juillet 2021
Journal d'écriture, Roman 2, n°1
dimanche 25 juillet 2021
Langue de vipère et bienveillance
![]() |
Source photo – Lisa |
samedi 10 juillet 2021
Conduite, dyspraxie et autres nouvelles
![]() |
Source – Nubia Navarro |
Depuis l'article où je vous parlais de mon appréhension à conduire et de mes problèmes de conduite, j'ai fini par réaliser que j'étais sans doute simplement incapable de conduire. Ça me demande vraiment beaucoup d'énergie rien que pour changer les vitesses (que je ne visualise toujours pas, donc je dois sans cesse jeter un œil sur le levier pour savoir en combien je suis ou ce que je fais). J'ai appris qu'il y avait des tests psychotechniques pour savoir si on avait le droit de conduire ou pas. Mais dans les articles que j'ai lus, ils parlaient toujours d'une demande faite par un préfet, donc j'ai demandé à Line Mourey, de La Parenthèse Psy, si elle savait si un particulier pouvait en faire la demande. Elle n'a pas du me répondre, mais elle m'a dit que tous mes problèmes lui faisaient penser à de la dyspraxie et que je pouvais voir avec un neuropsy pour un diagnostic.
Du coup, je me suis renseignée et effectivement, le fait que je doive penser au geste pendant que je le fais et que ça me coûte de l'énergie, ma lenteur que ma mère et ma sœur relèvent tout le temps (même si moi je ne me sens pas plus lente que les autres), ma nullité en sport, le fait que j'ai du mal à me repérer dans l'espace (et pour ce qui est de là voiture, à savoir si la voiture "passe" et comment elle bouge quand elle recule), que faire plusieurs choses à fois est difficile (par exemple, en conduite, je me fixe devant, je regarde rarement dans le rétroviseur du milieu, je n'y pense pas, pour moi c'est comme s'il n'y avait personne derrière, en fait), le fait que je sois une mauvaise lectrice, et nulle en math, etc. ; tout ça tend plutôt à me faire me dire que je suis effectivement sans doute dyspraxique (et si je ne le suis pas, eh bien retour à la case départ : je ne pourrais que me qualifier de boulet).
Donc, j'ai sauté le pas. Ce matin, j'ai appelé un neuropsy pour savoir s'il faisait ce genre de diagnostic. Je suis tombée sur la messagerie, ce qui ne me rassure pas trop parce que j'ai tendance à ruminer et j'aurais voulu pouvoir faire avancer les choses vite.
Apparemment, un test coûte deux cents euros, et c'est ce qui m'a fait regimber, puis ensuite je me suis dit que je devrais quand même, mais quand même il ne me reste pas beaucoup d'économies de mon dernier stage… Je crois que j'étais tellement dans tous mes états après mon heure de conduite d'hier que mon insécurité financière a joué un duel contre mon insécurité intérieure.
Entre-temps de tout ça, je suis passée sur boîte automatique après qu'un tour avec la voiture de mon père m'ait beaucoup trop stressée. C'est mieux. J'ai l'impression d'avoir de la place de cerveau disponible maintenant que je ne dois pas gérer les vitesses. Mais du coup, tout ce que je ne faisais pas avant (comme bien regarder autour de moi) je n'arrive pas à le faire parce que je n'en ai pas l'habitude.
Hier, j'ai fait une heure de conduite mais je dois me rendre à l'évidence : je n'y arrive pas. Je ne vois pas la moitié des choses que je suis censée voir. Je m'arrête pour analyser un endroit alors que je devrais juste ralentir ; je frêne sans regarder derrière moi avant et surtout quand de toute façon je suis prioritaire et que ralentir suffirait… Je ne suis juste pas faite pour conduire. Donc quel que soit le résultat du test pour la dyspraxie, j'essaierai d'avoir un rendez-vous pour un test psychotechnique (et je pense qu'il reviendra négatif et que je serais réformée de la conduite haha xP).
Si d'ici-là des entreprises me contactent pour l'alternance (on y croit pas trop, mais bon), je serais transparente sur les tests en cours, pour pas qu'ils me proposent un contrat alors que si ça se trouve je pourrais pas travailler puisque j'aurais pas le droit de conduire (l'écrasante majorité des postes de journalistes sont des postes pour lesquels il faut le permis pour partir en reportage). Et même si je ne suis pas dyspraxique et que je ne suis pas interdite officiellement de conduire, soyons sérieux trente secondes : je suis un danger public et je n'arrive à rien. Ça m'empêche de dormir tellement je rumine. (Déjà que mon sommeil n'est pas des plus paisibles…) Donc j'arrêterai.
Et je ne serai pas journaliste (à moins de trouver un poste avec seulement du studio : interviews, journaux et flashs), et ce ne sera pas grave. Il y a suffisamment de choses qui m'intéressent pour je puisse faire une croix là-dessus.
Mardi, je dirai à ma monitrice que c'est ma dernière heure "au moins jusqu'aux résultats des tests". Je n'annule pas le rendez-vous parce que je trouve ça plus respectueux de lui dire directement plutôt que par SMS. Et je veux quand même me laisser une dernière chance d'y arriver – et aussi ne pas prendre de décisions alors que je suis dans un état émotionnel super instable.
dimanche 4 juillet 2021
"Impose-toi, on dirait que tu t'excuses d'être là !"
![]() |
Source – Gylfi Gylfason |
Vendredi, j'ai perdu un poste en alternance parce que la directrice de la radio a eu peur que je me laisse marcher sur les pieds par le journaliste qui aurait été mon collègue. Elle m'a dit que j'avais été son coup de cœur, qu'elle avait hésité, mais qu'elle ne m'avait pas retenue à cause de ça. Je suis d'autant plus frustrée que, dans la vraie vie, je suis plutôt grande gueule, râleuse et volcanique. Je sais me maîtriser au boulot, hein, je m'amuse pas à gueuler sur les collègues, mais je sais ne pas me laisser marcher sur les pieds, dire quand je ne suis pas d'accord, et hausser le ton plus ou moins quand il faut (c'est un apprentissage, vous savez ; sur le forum d'écriture sur lequel je suis je me pose en médiatrice des embrouilles, mais quand c'est moi qui me retrouve dans une discussion qui part en couille, c'est plus difficile, de suite xP). Je pense que la directrice de la radio a pensé ça parce qu'en entretien d'embauche je me transforme en petite chose fragile : je parle d'une petite voix, je cherche mes mots tous les trois mots, j'hésite, en partie parce que je réfléchis pendant que je parle je bafouille, etc. Du coup, elle a dû se dire que j'étais du genre timide à pas trop m'affirmer. Alors qu'au contraire (et ce n'est guère mieux) mes problèmes d'affirmation de soi prennent plus la forme de la mauvaise humeur.
Line Mourey de La Parenthèse psy m'avait dit en commentaire de l'un de mes articles que l'on sentait une estime de soi un peu fragile. C'est le moins qu'on puisse dire. C'est marrant parce qu'elle m'avait dit aussi que l'estime était le socle de la confiance et de l'affirmation de soi. Or ça fait plusieurs années que l'on me fait régulièrement des remarques sur l'affirmation de soi. La première fois, c'était un prof de fac, en Licence, qui m'avait dit en me rendant ma dissertation d'Histoire, que je devais arrêter avec les "il semblerait", "peut-être" et compagnie, que je ne devais pas faire d'hypothèse mais affirmer. Dans les mêmes années, un formateur de radio quand j'étais bénévole dans une station locale, m'avait lancé : "Impose-toi ! On dirait que tu t'excuses d'être là !". Ma monitrice d'auto-école, qui me donne des heures de perfectionnement à la conduite, m'a elle aussi dit que je devais m'imposer : j'ai tendance à hésiter, je mets mon cligno puis je vois que la personne derrière l'a fait aussi, donc je reste sur ma voie pour le laisser passer au lieu d'y aller.
Ce problème d'affirmation de soi je ne l'ai jamais trop pris à bras le corps. J'aimerais bien le faire avec l'aide d'un psy, mais pour ça il me faut un travail pour pouvoir le payer, et pour le moment tout ce qui ressemble à une opportunité part en cacahuète. D'un côté je me dis que je devrais commencer à chercher des postes de vendeuse quelconque pour assurer mes arrières, et d'un autre côté je suis incapable d'abandonner complètement la recherche d'alternance même face au fiasco que c'est.
Le fait d'avoir perdu une opportunité de job à cause de ce problème – dans une radio pour laquelle j'avais vraiment envie de travailler, en plus, parce que si la directrice a eu un coup de cœur pour moi, faut savoir que le coup de cœur était partagé ; j'avais vraiment super, super envie de bosser avec elle – ça m'a mis un coup, quand même. Jusque-là, je pensais que je pouvais me débrouiller en traînant ce manque d'estime de soi comme un boulet, genre mettre un petit pansement sur les fissures, jouer à, faire genre, faire comme si, et que ça passerait. Mais apparemment, non. D'ailleurs, je suis en train de me demander si les autres postes que j'ai pas eu à la suite d'un entretien, où l'on m'a dit "on a préféré quelqu'un avec plus d'expérience", ce n'était pas aussi un problème d'affirmation de soi : quelqu'un qui manque un peu d'expérience, s'il est sûr de lui et vend bien son affaire, on est plus susceptible de lui faire confiance.
La directrice de la radio m'a proposé de m'aider en passant mon CV au réseau, et m'a donné des noms à qui envoyer une candidature. Elle m'a dit qu'elle était sûre que j'allais trouver. Un autre recruteur, qui ne m'avait pas donné le poste parce que je ne vis pas dans la bonne région et que la politique de leur association est de ne recruter que dans leur coin, m'avait dit que vu mon CV il était sûr que j'allais trouver. C'était il y a à peu près un an. Le truc c'est que, c'est gentil de m'encourager en me disant ça, mais si tout le monde me dit ça on ne va pas aller très loin. Ça ne m'aide pas non plus à avoir un peu plus confiance en mes capacités à trouver mon alternance – ou un travail. En première année de Master, j'ai travaillé quelques jours à McDo (finir à 1h du mat' : plus jamais, c'est vraiment pas mon rythme, je vais me tuer, littéralement !). J'ai fini par réaliser que leur stratégie c'était de dire oui à tout le monde pour remplir leurs effectifs et de virer pendant la période d'essai ceux qui ne convenaient pas. Super, pour l'estime de soi. Bref.
Donc il va falloir que je trouve des petits trucs à mettre en place. Déjà, travailler sur mon roman ça me fait plaisir et ça me mets le moral. C'est bête à dire, mais sur mon roman, je ne doute jamais. Bien sûr, j'ai des passages, des suites de jours où je me dis que rien ne va, mais ça ne dure jamais, parce que j'ai confiance en mes capacités à corriger le tir si jamais mon texte ne me plaît pas. C'est la preuve que l'estime de soi, en fait, ce n'est qu'une question de point de vue sur soi-même, et qu'il n'y a aucun argument objectif selon lequel on est "nuls". (C'est rare que je termine mes articles sur une note positive, profitez-en ! :P)
Et vous ? Côté estime de soi, comment ça va ?