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| Source photo – Lisa |
dimanche 25 juillet 2021
Langue de vipère et bienveillance
samedi 10 juillet 2021
Conduite, dyspraxie et autres nouvelles
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| Source – Nubia Navarro |
Depuis l'article où je vous parlais de mon appréhension à conduire et de mes problèmes de conduite, j'ai fini par réaliser que j'étais sans doute simplement incapable de conduire. Ça me demande vraiment beaucoup d'énergie rien que pour changer les vitesses (que je ne visualise toujours pas, donc je dois sans cesse jeter un œil sur le levier pour savoir en combien je suis ou ce que je fais). J'ai appris qu'il y avait des tests psychotechniques pour savoir si on avait le droit de conduire ou pas. Mais dans les articles que j'ai lus, ils parlaient toujours d'une demande faite par un préfet, donc j'ai demandé à Line Mourey, de La Parenthèse Psy, si elle savait si un particulier pouvait en faire la demande. Elle n'a pas du me répondre, mais elle m'a dit que tous mes problèmes lui faisaient penser à de la dyspraxie et que je pouvais voir avec un neuropsy pour un diagnostic.
Du coup, je me suis renseignée et effectivement, le fait que je doive penser au geste pendant que je le fais et que ça me coûte de l'énergie, ma lenteur que ma mère et ma sœur relèvent tout le temps (même si moi je ne me sens pas plus lente que les autres), ma nullité en sport, le fait que j'ai du mal à me repérer dans l'espace (et pour ce qui est de là voiture, à savoir si la voiture "passe" et comment elle bouge quand elle recule), que faire plusieurs choses à fois est difficile (par exemple, en conduite, je me fixe devant, je regarde rarement dans le rétroviseur du milieu, je n'y pense pas, pour moi c'est comme s'il n'y avait personne derrière, en fait), le fait que je sois une mauvaise lectrice, et nulle en math, etc. ; tout ça tend plutôt à me faire me dire que je suis effectivement sans doute dyspraxique (et si je ne le suis pas, eh bien retour à la case départ : je ne pourrais que me qualifier de boulet).
Donc, j'ai sauté le pas. Ce matin, j'ai appelé un neuropsy pour savoir s'il faisait ce genre de diagnostic. Je suis tombée sur la messagerie, ce qui ne me rassure pas trop parce que j'ai tendance à ruminer et j'aurais voulu pouvoir faire avancer les choses vite.
Apparemment, un test coûte deux cents euros, et c'est ce qui m'a fait regimber, puis ensuite je me suis dit que je devrais quand même, mais quand même il ne me reste pas beaucoup d'économies de mon dernier stage… Je crois que j'étais tellement dans tous mes états après mon heure de conduite d'hier que mon insécurité financière a joué un duel contre mon insécurité intérieure.
Entre-temps de tout ça, je suis passée sur boîte automatique après qu'un tour avec la voiture de mon père m'ait beaucoup trop stressée. C'est mieux. J'ai l'impression d'avoir de la place de cerveau disponible maintenant que je ne dois pas gérer les vitesses. Mais du coup, tout ce que je ne faisais pas avant (comme bien regarder autour de moi) je n'arrive pas à le faire parce que je n'en ai pas l'habitude.
Hier, j'ai fait une heure de conduite mais je dois me rendre à l'évidence : je n'y arrive pas. Je ne vois pas la moitié des choses que je suis censée voir. Je m'arrête pour analyser un endroit alors que je devrais juste ralentir ; je frêne sans regarder derrière moi avant et surtout quand de toute façon je suis prioritaire et que ralentir suffirait… Je ne suis juste pas faite pour conduire. Donc quel que soit le résultat du test pour la dyspraxie, j'essaierai d'avoir un rendez-vous pour un test psychotechnique (et je pense qu'il reviendra négatif et que je serais réformée de la conduite haha xP).
Si d'ici-là des entreprises me contactent pour l'alternance (on y croit pas trop, mais bon), je serais transparente sur les tests en cours, pour pas qu'ils me proposent un contrat alors que si ça se trouve je pourrais pas travailler puisque j'aurais pas le droit de conduire (l'écrasante majorité des postes de journalistes sont des postes pour lesquels il faut le permis pour partir en reportage). Et même si je ne suis pas dyspraxique et que je ne suis pas interdite officiellement de conduire, soyons sérieux trente secondes : je suis un danger public et je n'arrive à rien. Ça m'empêche de dormir tellement je rumine. (Déjà que mon sommeil n'est pas des plus paisibles…) Donc j'arrêterai.
Et je ne serai pas journaliste (à moins de trouver un poste avec seulement du studio : interviews, journaux et flashs), et ce ne sera pas grave. Il y a suffisamment de choses qui m'intéressent pour je puisse faire une croix là-dessus.
Mardi, je dirai à ma monitrice que c'est ma dernière heure "au moins jusqu'aux résultats des tests". Je n'annule pas le rendez-vous parce que je trouve ça plus respectueux de lui dire directement plutôt que par SMS. Et je veux quand même me laisser une dernière chance d'y arriver – et aussi ne pas prendre de décisions alors que je suis dans un état émotionnel super instable.
dimanche 4 juillet 2021
"Impose-toi, on dirait que tu t'excuses d'être là !"
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| Source – Gylfi Gylfason |
Vendredi, j'ai perdu un poste en alternance parce que la directrice de la radio a eu peur que je me laisse marcher sur les pieds par le journaliste qui aurait été mon collègue. Elle m'a dit que j'avais été son coup de cœur, qu'elle avait hésité, mais qu'elle ne m'avait pas retenue à cause de ça. Je suis d'autant plus frustrée que, dans la vraie vie, je suis plutôt grande gueule, râleuse et volcanique. Je sais me maîtriser au boulot, hein, je m'amuse pas à gueuler sur les collègues, mais je sais ne pas me laisser marcher sur les pieds, dire quand je ne suis pas d'accord, et hausser le ton plus ou moins quand il faut (c'est un apprentissage, vous savez ; sur le forum d'écriture sur lequel je suis je me pose en médiatrice des embrouilles, mais quand c'est moi qui me retrouve dans une discussion qui part en couille, c'est plus difficile, de suite xP). Je pense que la directrice de la radio a pensé ça parce qu'en entretien d'embauche je me transforme en petite chose fragile : je parle d'une petite voix, je cherche mes mots tous les trois mots, j'hésite, en partie parce que je réfléchis pendant que je parle je bafouille, etc. Du coup, elle a dû se dire que j'étais du genre timide à pas trop m'affirmer. Alors qu'au contraire (et ce n'est guère mieux) mes problèmes d'affirmation de soi prennent plus la forme de la mauvaise humeur.
Line Mourey de La Parenthèse psy m'avait dit en commentaire de l'un de mes articles que l'on sentait une estime de soi un peu fragile. C'est le moins qu'on puisse dire. C'est marrant parce qu'elle m'avait dit aussi que l'estime était le socle de la confiance et de l'affirmation de soi. Or ça fait plusieurs années que l'on me fait régulièrement des remarques sur l'affirmation de soi. La première fois, c'était un prof de fac, en Licence, qui m'avait dit en me rendant ma dissertation d'Histoire, que je devais arrêter avec les "il semblerait", "peut-être" et compagnie, que je ne devais pas faire d'hypothèse mais affirmer. Dans les mêmes années, un formateur de radio quand j'étais bénévole dans une station locale, m'avait lancé : "Impose-toi ! On dirait que tu t'excuses d'être là !". Ma monitrice d'auto-école, qui me donne des heures de perfectionnement à la conduite, m'a elle aussi dit que je devais m'imposer : j'ai tendance à hésiter, je mets mon cligno puis je vois que la personne derrière l'a fait aussi, donc je reste sur ma voie pour le laisser passer au lieu d'y aller.
Ce problème d'affirmation de soi je ne l'ai jamais trop pris à bras le corps. J'aimerais bien le faire avec l'aide d'un psy, mais pour ça il me faut un travail pour pouvoir le payer, et pour le moment tout ce qui ressemble à une opportunité part en cacahuète. D'un côté je me dis que je devrais commencer à chercher des postes de vendeuse quelconque pour assurer mes arrières, et d'un autre côté je suis incapable d'abandonner complètement la recherche d'alternance même face au fiasco que c'est.
Le fait d'avoir perdu une opportunité de job à cause de ce problème – dans une radio pour laquelle j'avais vraiment envie de travailler, en plus, parce que si la directrice a eu un coup de cœur pour moi, faut savoir que le coup de cœur était partagé ; j'avais vraiment super, super envie de bosser avec elle – ça m'a mis un coup, quand même. Jusque-là, je pensais que je pouvais me débrouiller en traînant ce manque d'estime de soi comme un boulet, genre mettre un petit pansement sur les fissures, jouer à, faire genre, faire comme si, et que ça passerait. Mais apparemment, non. D'ailleurs, je suis en train de me demander si les autres postes que j'ai pas eu à la suite d'un entretien, où l'on m'a dit "on a préféré quelqu'un avec plus d'expérience", ce n'était pas aussi un problème d'affirmation de soi : quelqu'un qui manque un peu d'expérience, s'il est sûr de lui et vend bien son affaire, on est plus susceptible de lui faire confiance.
La directrice de la radio m'a proposé de m'aider en passant mon CV au réseau, et m'a donné des noms à qui envoyer une candidature. Elle m'a dit qu'elle était sûre que j'allais trouver. Un autre recruteur, qui ne m'avait pas donné le poste parce que je ne vis pas dans la bonne région et que la politique de leur association est de ne recruter que dans leur coin, m'avait dit que vu mon CV il était sûr que j'allais trouver. C'était il y a à peu près un an. Le truc c'est que, c'est gentil de m'encourager en me disant ça, mais si tout le monde me dit ça on ne va pas aller très loin. Ça ne m'aide pas non plus à avoir un peu plus confiance en mes capacités à trouver mon alternance – ou un travail. En première année de Master, j'ai travaillé quelques jours à McDo (finir à 1h du mat' : plus jamais, c'est vraiment pas mon rythme, je vais me tuer, littéralement !). J'ai fini par réaliser que leur stratégie c'était de dire oui à tout le monde pour remplir leurs effectifs et de virer pendant la période d'essai ceux qui ne convenaient pas. Super, pour l'estime de soi. Bref.
Donc il va falloir que je trouve des petits trucs à mettre en place. Déjà, travailler sur mon roman ça me fait plaisir et ça me mets le moral. C'est bête à dire, mais sur mon roman, je ne doute jamais. Bien sûr, j'ai des passages, des suites de jours où je me dis que rien ne va, mais ça ne dure jamais, parce que j'ai confiance en mes capacités à corriger le tir si jamais mon texte ne me plaît pas. C'est la preuve que l'estime de soi, en fait, ce n'est qu'une question de point de vue sur soi-même, et qu'il n'y a aucun argument objectif selon lequel on est "nuls". (C'est rare que je termine mes articles sur une note positive, profitez-en ! :P)
Et vous ? Côté estime de soi, comment ça va ?
mardi 29 juin 2021
Journal d'écriture, Roman 2, n°0
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| Source – Vlada Karpovich |
La dernière fois j'avais dit que c'était le dernier journal d'écriture sur Roman 1 mais que j'en ferais sans doute un sur Roman 2. Ben voilà :P En fait, je pense que je serais absolument incapable de ne pas en faire : ça m'aide beaucoup à prendre du recul et déstresser, donc même si jamais vous vous en fichez, je les écrirais quand même haha :P
Ce matin, j'ai envoyé mon manuscrit à Mnémos bien que je n'ai pas encore eu les ultimes retour sur les extraits corrigés de ma bêta-lectrice. En fait, je m'y suis retrouvée obligée pour être tranquille psychologiquement car j'ai prévu de commencer la rédaction de Roman 2 le 1er juillet et j'avais absolument besoin d'avoir fait le premier vrai envoi avant. Surtout que je me sens un peu tendue pour cette rédaction donc je vais éviter de me rajouter des motifs d'anxiété !
En fait, ça me fait carrément peur. Je vous avais déjà parlé de mon appréhension à reprendre une rédaction sérieuse après des mois passés en simples corrections ou à écrire des choses un peu nulles sur mes projets explorations/exutoires ; et cette appréhension n'est pas passée. J'ai repris mon vieux brouillon de 2017 pour voir les différences, ce que je gardais ou pas. Je ne peux pas le reprendre et le corriger, parce que le style est beaucoup trop bancal et que plein de points centraux pour l'intrigue se sont modifiés avec les années passées dans ma tête, donc il vaut mieux carrément tout réécrire. Mais en même temps j'ai peur de ne pas en être capable. Je me dis souvent que si je perdais Roman 1 et que je devais tout réécrire, je ne saurais pas le faire. Là, c'est un peu pareil avec ce début. Alors que la scène d'ouverture est un type de scène que j'ai écrit déjà plusieurs fois, donc je sais que je sais le faire.
Je pensais que commencer Roman 2 serait plus facile parce que je sais où je mets les pieds, puisque je l'ai déjà fait, mais en fait c'est au moins aussi difficile que de me lancer dans Roman 1 ! Pour le coup, l'expression "se jeter à l'eau", trouve parfaite illustration ! Parfois, j'ai envie de repousser le lancement, et tout de suite après je me dis que si je repousse je ne l'écrirais jamais parce que ça sera jamais le bon moment ; et en parallèle je sens bien que j'ai besoin d'écrire cette histoire, qu'elle pousse derrière mon front, et que c'est maintenant ou jamais. Je pense que le problème vient aussi de là : j'ai besoin d'écrire cette histoire. Je vais y mettre beaucoup plus de moi que dans le premier roman.
Quand on écrit, on met forcément un peu de soi, des sentiments, des valeurs, des croyances, des sensations, etc. Mais là, ça va un peu plus loin : mon personnage a mon âge, est à cheval sur les questions d'honneur et a des problèmes de confiance en les autres, d'ailleurs le roman tourne autour de ça. Notre ressemblance s'arrête ici ; mon héroïne est beaucoup plus radicale que moi sur l'honneur et la loyauté, par exemple, ce n'est pas une colérique et elle prend tout avec beaucoup de calme, c'est une guerrière sûre de sa force. Mais, même si elle n'est pas mon double, je l'ai créé avec des points communs suffisamment forts pour que ça me handicape dans mon appréhension de l'histoire. Et c'est normal : à l'origine, cette histoire avait été commencée comme un projet exploratoire/exutoire, et pas comme un roman. Dans mes projets exploratoires, je mets toujours beaucoup de moi, même si je n'en ai pas forcément conscience (d'ailleurs, en 2017 je vous aurais dit que cette histoire tournait autour de la relation à l'argent, et pas de la confiance en les autres). Ce trait-là n'a pas disparu avec les années de maturation. Et je me retrouve un peu embêtée. Parce que si je n'y prends pas garde, je vais me retrouver à partir dans tous les sens sans mesure, pour mon bien à moi et pas celui de mon histoire.
Mon autre problème c'est que j'ai prévu une histoire d'amour. Sauf que comme je ne suis jamais tombée amoureuse, je ne sais pas ce que ça fait. Mes seuls modèles sont dans la littérature, les films, les manga… du coup j'ai un peu peur d'être dans une sorte de caricature et de mal doser mon affaire. Ce qui est un problème vue que l'intrigue sentimentale croise l'intrigue principale et n'est pas juste là pour faire joli. Je pense aussi que ce qui me fait un peu peur là-dedans c'est que ce sera un peu le même genre de roman que Ayesha, d'Ange, et j'ai peur de copier.
J'ai aussi peur d'avoir "perdu mon style" à force de corriger le premier roman et d'écrire des bêtises sur des projets exutoires, mais aussi d'avoir trop lu la même autrice d'un coup. À peu près au milieu du mois je me suis lancée dans le grand Cycle des Anciens de Robin Hobb avec la première époque de L'Assassin royal. Le problème, quand on lit beaucoup un seul auteur, c'est qu'on peut se retrouver avec l'effet éponge, et écrire vaguement "dans le style de". D'ailleurs, quand j'ai eu fini les quatre livres des Mille et Une Nuits, je commençais à penser dans ma tête avec des expressions des contes, et j'avais enchaîné sur des manga pour me "reparamétrer".
Là, c'est ce que j'ai fait : après ma lecture, je n'ai rien lu pendant un jour, puis j'ai lu une petite nouvelle de fantasy et un manga, pour ouvrir mon cerveau à d'autres styles. J'ai choisi le manga pour me reparamétrer parce qu'il n'y a pas de narration à proprement parler, juste les dialogues, donc c'est pas mal quand on a une "musicalité d'écriture" dans la tête, pour la faire partir. Au début, j'ai cru que cinq jours ne serait pas suffisant, mais finalement, ça va. Il me reste encore demain. Je pense que j'aurais réussi à me sortir Robin Hobb de la tête. Mais je me suis filée une sacrée frayeur xP Sans compter que je me suis beaucoup retrouvée dans Fitz (le fait qu'il se sente seul, qu'il ne fasse vraiment confiance à personne, qu'il n'ait pas de souvenirs de sa petite enfance, etc.), je me suis accrochée à lui à tel point qu'il a bien dû remplir une fonction psychologique, et du coup me décoller après ma lecture était un peu plus dur que si ça avait juste été une question de style.
Quand je commence à penser à écrire Roman 2, ou que je travaille dessus (vérifier la carte, chercher la musique avec laquelle je vais écrire, etc.) je suis vraiment trop enthousiaste, c'est aussi comme ça que je sais que c'est le moment. Quand je me dis "demain j'écris" et que mon cerveau complète tout seul "Roman 2" alors que c'est pas encore tout à fait le moment et que ce que j'ai prévu d'écrire c'est un projet exutoire, c'est que je suis prête xP D'ailleurs, ce projet exutoire je l'ai presque fini, j'aimerais bien mettre le point final avant de commencer Roman 2, ça serait quand même vachement cool.
Pour Roman 1, mon objectif était juste de finir, donc je n'avais pas d'objectifs chiffrés de nombres de mots, sauf à la toute fin quand j'en ai eu marre d'avoir l'impression de ne pas avancer. Là, j'aimerais bien finir mon premier jet en trois mois. En partant du principe que je vais écrire la même quantité que la première fois (150 000 mots à la louche) il me faut 50 000 mots par mois, donc 1 600 mots et des brouettes par jour. Je sais que j'écris à peu près 800 mots par heure sur les projets sérieux, donc que j'en ai pour deux heures à deux heures et demi par jour. (C'est là qu'on voit que c'est important de bien se connaître.) C'est faisable. Pour les deux prochains mois, c'est même plus que réalisable. Si je travaille en septembre, ça sera sans doute un peu plus compliqué, mais pour moi l'écriture est une priorité (quand j'ai vu que dans l'une des villes où j'ai candidaté à un travail tout était au centre-ville et que ça réduisait les temps de trajet je me suis dis "chouette ! du temps gagné pour écrire !") donc je devrais pouvoir m'en sortir sans trop de peine, je pense.
Bizarrement, me mettre ce genre d'objectifs et défi ne me stresse pas du tout. Peut-être parce que je raisonne moins en termes d'objectifs que de pronostiques. Si jamais je n'arrive vraiment pas à écrire 1 600 mots par jour de manière satisfaisante (parce qu'à un moment donné on peut écrire très vite des choses pas très qualitatives, mais ensuite c'est beaucoup plus compliqué de corriger parce que ça prend plus la forme d'une réécriture que d'une correction donc ça ne vaut pas le coup), je m'arrêterais, et j'irais à mon rythme.
J'essaye aussi d'apaiser mes petites anxiétés en me disant que, quand je lancerais la musique pour me concentrer, ça partira tout seul ! J'espère, en tout cas. Une habitude se prend en vingt-et-un jours, donc les vingt-et-un premiers jours de juillet seront les plus tendus. J'ai toujours un petit trou dans ma frise chronologique, mais même ça, face à ma peur de "perdre mon style", ça ne fait pas le poids x) J'ai déjà quelques idées pour combler, donc on verra bien !
Et vous ? Comment avancent vos projets ?
vendredi 11 juin 2021
Mes 5 derniers livres lus (n°7)
Me voilà pour une nouvelle série de chroniques ! :) Il y a du très bon et du moins bon, mais surtout du bon ! :) C'est un peu moins diversifié que les fois précédentes, mais j'espère que vous trouverez tout de même votre bonheur !
Pour ne rien vous cacher, j'avais super hâte de vous partager tout ça !
Dragons et mécanismes – Adrien Tomas
Dague est voleur et espion. Il vit de cambriolages et de petits larcins. Alors qu’il est en mission de surveillance, il assiste à l’agression de Mira, une étrangère qui a fui son pays suite à un coup d’Etat. L’adolescente est archiduchesse, poursuivie par un tyran qui veut l’épouser et s’accaparer ses talents. Car elle fait partie des mécanomages, des sorciers capables de combiner leurs pouvoirs à de savants montages d'ingéniérie mécanique. En sauvant Mira, Dague est blessé, et les deux jeunes gens sont d’abord contraints de se cacher. Mais l’aristocrate est déterminée. Pour échapper à son ennemi et – accessoirement – tenter de récupérer le trône d’Asthénocle auquel elle peut prétendre, elle est résolue à s’enfoncer au cœur de la jungle. Un territoire hostile, quasi inexploré, et peuplé de dragons sanguinaires.
Bon. J'avais dit après Engrenages et sortilèges que j'allai donner une nouvelle chance à cet auteur parce que les deux premiers tiers du livre et les héros étaient sympa mais… si je n'ai pas eu la même impression très dérangeante d'un manichéisme poussé à fond, ça reste un roman… mauvais. Je suis toujours un peu réticente à utiliser les grands mots parce que j'écris moi-même, donc je sais le travail que ça demande, les heures que l'on passe dessus, et je pense que je ne vivrais pas très bien qu'on me dise que l'histoire sur laquelle j'ai passée autant d'heures avec autant d'amour soit mauvaise. Mais là : c'est juste mauvais.
Les deux personnages principaux sont assez sympa, mais pas autant que dans le premier opus, ce qui enlève tout le charme qui sauvait ledit premier opus. Quant au reste… On a un Arlov complètement caricatural et manichéen, qui ressemble à un personnage de manga shônen, mais sans toute la profondeur des méchants de manga.
Un méchant de manga, on sait toujours pourquoi il est méchant et on a toujours une petite prise de sensibilité. Par exemple, dans certains les méchants sont en fait devenus fous à cause d'un traumatisme. Dans d'autres, les méchants agissent mal pour des buts louables. Dans d'autres encore, des immortels s'ennuient ferme de l'éternité et cherchent un peu par tous les moyens à se divertir. Peu importent les raisons : on sait toujours pourquoi le méchant est méchant, pourquoi il se comporte comme un salopard, pourquoi il aime tuer des gens et pourquoi il veut le pouvoir. Les raisons peuvent être clichées ou un peu plus originales, on s'en fiche complètement : on a besoin d'une raison, et on l'a.
Là, avec Arlov, on peut penser à un méchant de manga avec son côté excessif, frappadingue et dégénéré, mais sans le fond derrière. Arlov est terriblement creux et c'est ce trou béant dans sa personnalité qui le rend irrémédiablement manichéen et caricatural. Or, si avec de bons personnages on fait une bonne histoire, avec un bon méchant (on lui préférera même "antagoniste" si on veut souligner le fait qu'il n'est pas forcément du côté des Forces du Mal) on fait une excellente histoire.
Ensuite, je me suis à un moment fait la réflexion que c'était un peu long à démarrer, sans que ce soit justifié derrière par le besoin de mettre des choses en place. En tout cas je n'ai pas eu l'impression de rouages bien agencés où on se dirait à la fin "ah mais oui parce que…!"
Adrien Tomas a aussi voulu traiter trop de choses. Du coup, deux problèmes en découlent : on garde une impression de creux, puisque rien n'est vraiment traité à fond ni même bien traité ; et ça s'empile sans logique avec cette impression de partir dans tous les sens dans l'anarchie la plus totale.
En plus de la poursuite d'Arlov, on a : un autre méchant lancé dans une quête de destruction pas plus convaincante que la celle du premier ; on survole l'amputation de Dague ; on doit traiter son passé, sa vraie famille, son origine ; la question de l'orientation sexuelle, de la transidentité ; une notion d'altérité par les relations avec les dragons ; la réflexion sur les régimes politiques, les tirants, les types qui gouvernent seuls sans écouter les conseillers ; assumer les conséquences de ses décisions ; les choses pas très honnêtes/difficiles que doivent faire les gens du petit peuple pour survivre… C'est juste trop ! Des thèmes sont chassés au profit d'autres, ou apparaissent tout d'un coup au milieu de nulle part. Et dans tout ce fatras Adrien Tomas a décidé de privilégier les questions sociétales (transidentité/genre et régimes politiques) au détriment des questions individuelles, sensibles (l'amputation, la famille).
Sauf que c'est un choix mal assumé. L'amputation est quand même abordée alors qu'elle pourrait tout simplement disparaître du paysage pour ne pas disperser le lecteur : soit on traite bien, soit on ne traite pas, mais le cul entre deux chaises, ça ne fonctionne pas. Comment, en trois jour, un adolescent qui perd son bras peut-il être sur pied, sans les douleurs fantômes, sans la difficulté à se réapproprier son corps…? Caser des handicapés dans les romans ? Formidable ! Mais traiter le sujet n'importe comment fait plus de mal que de bien, à mon humble avis.
Quant au personnage de Shumbi, c'est un rôle, pas un personnage : il sert uniquement à traiter les questions de genre, du coup il est terriblement creux, lui aussi, et ses sentiments à l'égard de Dague ne sont pas développés (pas plus que ceux de Dague pour Shumbi, d'ailleurs, puisqu'il n'a presque l'air de ne s'intéresser qu'à son corps : pardonnez-moi, mais, même si le coup de foudre existe, je ne pense pas que quand on tombe amoureux on tombe amoureux d'un corps). C'est d'autant plus gênant qu'Adrien Tomas sait mettre des sentiments en place, puisqu'il l'a déjà fait dans d'autres romans. Là, il n'en avait sans doute pas le temps : difficile à placer dans moins d'un tiers de livre et quelques jours à peine de récit. Du coup, il en ressort une "relation-prétexte" mal menée, et d'un aspect moralisateur. J'ajouterais que j'avais deviné que Dague et Shumbi se mettraient ensemble, parce que je me suis dit : "y en a qui reprochent aux romans de jamais permettre aux personnages LGBT de rafler la mise en se mettant en couple, donc vu ce qu'Adrien Tomas veut faire passer comme message, il fera ça". Pour moi, c'est un indice de plus que ce roman a un problème : on ne doit pas pouvoir deviner ce qui va se passer en fonction des idées de l'auteur, mais de la psychologie des personnages.
Et surtout, surtout je n'ai pas eu l'impression de lire le narrateur omniscient me rapportant l'histoire, l'univers, les personnages, mais de lire l'auteur me faisant la morale et faisant passer ses idées. J'ai eu l'impression que l'on ne me parlait plus des personnages et de l'univers, mais qu'on me parlait à moi, directement, lectrice du XXIème siècle, de son monde du XXIème siècle. Bien sûr que, quand je lis un roman, y compris de fantasy, je le lis avec tout mon bagage de Française contemporaine de la sortie du livre. Évidemment. Mais je ne dois pas le sentir. Sinon, je ne lis plus un roman : je lis un essai, un manifeste, et je sors de l'univers créé par l'auteur. Or, il n'y a rien que je déteste plus que d'être sortie de ma lecture quand je lis. D'autant plus quand c'est le livre lui-même qui me sort de ma lecture.
J'avais eu un peu le même problème à certains endroits du Fléau des rois mais, au moins, les thèmes traités ne partaient pas dans tous les sens, ils étaient traités sur l'ensemble du livre, ne tombaient pas comme un cheveu sur la soupe, et, si l'on pouvait se dire "elle nous parle à nous", au moins je n'avais pas cette impression de "morale", et c'était circonscrit à des passages très précis, des dialogues notamment, et non sur l'ensemble du récit !
La fin arrive à fond les ballons, et en paraît presque incohérente : pour libérer le dragon il faut incanter des formules magiques, mais pour l'emprisonner il suffit de mettre la clef dans la châsse sans un mot ? Logique. Là encore, pas le choix : notre héroïne est décrite comme une mauvaise mage, donc elle ne pourrait rien incanter de si puissant… Puis une petite incohérence sur le voyage : Shumbi déclare avoir mis deux jours à l'allée, mais ils mettent le double pour le retour ? Ou bien la flaque d'huile étalée devant la porte dans laquelle les méchants sont censés marcher sauf qu'ils ont défoncé ladite porte qui est tombée vers l'avant sur le sol, donc elle devrait empêcher les méchants, précisément, de marcher dedans. Ou ce passage où Dague n'a qu'un bras mais "se met la tête dans les mains". Aïe. Ce n'est presque rien, mais ça agace quand ça vient couronner un fatras de trucs agglomérés sans liaisons. Surtout que, c'est le genre de trucs qu'on finit par repérer quand on lit son manuscrit pour la douzième fois (je le sais, ça m'est arrivé), donc rien d'insoluble.
Quant à l'épilogue, il clôture à toute vitesse le devenir des personnages, comme attendu, mais précise aussi les buts du second méchant. Buts qui paraissent tellement dérisoires que ça en est ridicule. L'objectif d'Adrien Tomas est bien sûr qu'on se dise "mais ce méchant est vraiment stupide !", mais je me suis plutôt dit "OK, ben, comme le reste, l'auteur a fait n'imp'". Pour moi, c'était une info à mettre dans le corps du récit. Ou alors dans l'épilogue, mais d'une meilleure manière.
Du coup, au contraire du premier opus, au lieu d'avoir les problèmes principaux dans le dernier tiers d'une manière décuplée, on les a un peu partout en plus lancinant, ce qui fait que je n'ai jamais vraiment été emportée dans l'histoire…
Je ne comprends même pas pourquoi des critiques sur Babelio mettent cinq étoiles… Je sais que c'est méchant de dire ça, et je comprends qu'on n'ait pas tous les mêmes goûts. Mais là ça dépasse la question des goûts et des couleurs : l'histoire est mal construite, et les personnages complètement archétypaux.
Vous l'aurez donc compris, c'était ma dernière tentative sur Adrien Tomas. Je jette l'éponge. Pour moi, ce n'est "pas au niveau". Je sais que c'est super dur de dire ça, et que si on me disait ça à moi je le vivrais vraiment mal, mais c'est mon ressenti. C'est un roman raté, encore. Donc je passe mon tour. D'autant qu'apparemment, les méchants d'un autre de ses romans Jeunesse sont aussi manichéens, du coup c'est un problème qui a l'air de revenir dans tous ses livres et moi ça me pose un vrai problème du point de vue de mes valeurs les plus ancrées : on n'est jamais tout Blanc ou tout Noir, une crème ou un abject personnage.
Je passe donc mon tour sur cet auteur.
Le Jeu de la Trame – Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne
Trente-neuf, c’est le nombre de cartes du Jeu de la Trame que Keido, fils du seigneur du Roseau, doit réunir afin de ressusciter sa sœur, morte de l’avoir trop aimé. Et il ne laissera rien n’y personne le distraire de son but. Des guerres sauvages du pays des Mille Nuages aux combats contre les pirates sans merci du fleuve Salé en passant par la bataille contre le terrible Ordre des Ananke, Keido ira même jusqu’à franchir la Muraille de Pierre pour se livrer aux brûlures inconnues des Terres de Cendre et affronter les légendaires créatures de feu. Mais que trouvera-t-il au bout du chemin ?
J'ai beaucoup aimé, mais c'est une histoire très triste, qui m'a mise par terre (à moins que je sois trop sensible ?). Le style des auteurs est à la fois précis et poétique, j'ai beaucoup aimé les comparaisons et les métaphores et la manière dont étaient tournées les choses. L'atmosphère est assez gluante. On n'est pas dans la dark fantasy, mais il y a un côté lourd, pesant.
À la fin de chaque arc, Keido reçoit un indice sur où se rendre ensuite, mais sans que ça fasse trop "bah oui, comme par hasard !" ; c'est plus que c'est comme ça et puis c'est tout, comme si on passait à l'étape suivante de sa quête après avoir battu le "grand méchant" du niveau.
Les femmes se succèdent aux côtés de Keido. Je ne sais pas trop quoi penser des scènes de sexe. Elles sont crues. On pourrait se demander ce qu'elles font là et en même temps si elles n'y étaient pas l'histoire ne serait pas tout à fait la même, la personnalité de Keido ne ressortirait peut-être pas autant, et l'atmosphère du livre serait tout à fait différente. Par ailleurs, il y en a moins dans les deux dernières parties (c'est un intégral, donc je devrais plutôt dire les deux derniers tomes). Peut-être que je ne sais pas trop quoi en penser parce que j'ai trop de questionnements autour de la sexualité.
Keido pourrait être qualifié d'anti-héros. Il est impatient, agressif, et sème la mort derrière lui sans se poser de questions, complètement obnubilé par sa quête dans laquelle il s'enferme jusqu'à l'obsession. Comme l'on suit son point de vue, son côté un peu dérangé, ou fou ne ressort que par touches par les yeux des personnages qui l'accompagnent. La fin est intelligemment amenée, tout fonctionne très bien !
Pendant un moment – à peu près tout le roman, en fait – je ne savais pas trop si j'aimais bien Keido. C'est un personnage ambivalent. Mais comme à la fin j'ai versé ma petite larme, je pense qu'au final je me suis plutôt attachée à lui ;) Il faut dire que, malgré ses défauts, son côté un peu détaché du monde dans lequel il est, tout entier dévoué à sa quête, est contrebalancé par le fait qu'il sursaute souvent, a peur, est rusé, mais lâche : bref, il est humain. Ce n'est pas une espèce de grand fort invincible qui bat tout le monde à coups de cartes magiques. C'est pour ça que ça fonctionne.
La fin de chaque tome, bien que rapide, tombe avec précision et n'est pas précipitée. Tout est logique au regard de la psychologie des personnages.
En revanche, j'ai regretté quelques fautes de frappe dans l'édition : des espaces absents, ou des phrases dont il manquait un mot (trois, dans mon souvenir). Mais aussi une petite incohérence : Keido tue son père et la servante avec laquelle il dort (rassurez-vous, je ne divulgâche rien : c'est le point de départ ! :P) mais plus tard il est dit que c'était l'épouse de son père. À un autre moment, je ne sais pas si c'était une incohérence ou un mensonge de la part de l'un ou l'autre des personnages, mais l'histoire de la jeune Ananke diverge. Comme les personnages ont tendance à mentir, la thèse du mensonge d'un personnage se tient.
L'histoire se déroule sur plusieurs années et, comme dans dans Ki et Vandien, j'aurais bien aimé pouvoir savoir avec un peu plus de précision le défilement des années.
En fin de compte, j'ai beaucoup aimé cette lecture assez troublante.
De la Terre à la Lune et Autour de la Lune – Jules Verne
À la fin de la guerre fédérale des états-Unis, les fanatiques artilleurs du Gun-Club (Club-Canon) de Baltimore sont bien désœuvrés. Un beau jour, le président, Impey Barbicane, leur fait une proposition qui, le premier moment de stupeur passé, est accueillie avec un enthousiasme délirant. Il s'agit de se mettre en communication avec la Lune en lui envoyant un boulet, un énorme projectile qui serait lancé par un gigantesque canon !
Tandis que ce projet inouï est en voie d'exécution, un Parisien, Michel Ardan, un de ces originaux que le Créateur invente dans un moment de fantaisie, et dont il brise aussitôt le moule, télégraphie à Barbicane : "Remplacez obus sphérique par projectile cylindroconique. Partirai dedans..."
Avec ses personnages parfaitement campés, son humour toujours présent, De la Terre à la Lune est une des grandes œuvres de Jules Verne, une de ses plus audacieuses anticipations.
Ça commence avec une idée un peu folle ! Envoyer un boulet sur la lune quand même…! Mais j'ai adoré ! Je suis entrée tout de suite dedans ! J'ai eu plus de mal, peut-être, à bien m'immerger dans la partie autour de la lune parce qu'avec nos connaissances scientifiques actuelles on sait que ce n'est pas trop possible de procéder comme ça pour aller sur la lune, donc c'était un petit peu plus dur. En revanche, j'ai adoré la fin !
C'est souvent drôle, surtout grâce au personnage de Michel Ardan (qui, ma foi, a finalement bien fait d'emporter avec lui des jeux de société !), qui ne comprend rien aux maths (un peu comme moi) et se retrouve enfermé dans un boulet avec deux scientifiques pour qui l'algèbre se lit comme le journal !
J'ai pas tout compris aux questions scientifiques (que voulez-vous, je suis une L, on n'ce refait pas), mais ce que j'ai compris m'a intéressée ; c'est toujours bien écrit et agréable à lire. C'est chouette !
Par contre, je veux pas critiquer Jules Verne, mais il a oublié un truc dans la super organisation de sa capsule : des toilettes. Je sais bien que, dans les romans, on évite de parler de ce genre de choses triviales, mais là les mecs ils partent pour plusieurs jours dans l'espace, dans une petite boîte en aluminium, et y en a pas un qui se demande comment on va évacuer les déchets ? Je veux bien qu'on ouvre une porte pour larguer les trucs inutiles, mais je ne les imagine pas accroupis devant ladite porte, m'voyez. Et comme je suis plutôt stressée pour ce genre de questions, le fait de ne pas avoir de réponse m'a perturbée x)
Le Fort intérieur et la sorcière de l'île Moufle – Stella Benson
Le regard sans cesse accroché au ciel constellé de bombes allemandes, Sarah Brown n’a pour toute richesse que sa valise, baptisée Humphrey, de bonnes intentions et une bienveillante inefficacité… Mais lorsqu’elle croise la route du fidèle Harold, un balai égaré par une sorcière londonienne, c’est pourtant bien à elle qu’il incombe de le restituer à sa propriétaire. Avec son chien David, Miss Brown découvre alors l’île Moufle, nichée entre la Forêt Enchantée et la Commune de la Faërie, où se dresse une petite maison curieusement nommée « le Fort Intérieur »…
J'ai beaucoup aimé, même si je ne suis pas sûre d'avoir saisi entièrement la conclusion. Peut-être un truc tout bête : on peut être bien en vivant seul. Ou peut-être que j'extrapole pour que ça colle à mes préoccupations actuelles. Quoi qu'il en soit, c'était une lecture très sympa !
J'avais découvert les éditions Callidor lors d'une vente de livres d'une bibliothèques de ma ville, où j'avais trouvé Lud-en-Brume sur un rayonnage. Comme j'avis beaucoup aimé, j'étais allée voir ce que les éditions avaient publié d'autres. Dès que j'ai mis le nez sur le résumé du Fort intérieur, j'ai su que ça allait me plaire !
C'est parfaitement farfelu ! Les personnages sont tous un peu archétypaux et frappadingues, déconnectés, mais les magiciens sont pires que les autres ! Ils sont parfaitement inaptes à vivre en société, un peu à l'Ouest, et en même temps ils donnent parfois l'impression de comprendre plus de choses qu'ils n'en ont l'air. L'écriture sert parfaitement ce côté décalé, de part les comparaisons, par exemple.
L'intrigue est assez diffuse, et même si Stella Benson décrit parfois les sons, j'avais du mal à les "entendre", un peu de manière étouffée et, ajouté aux scènes farfelues, ça donne un peu l'impression d'être dans un rêve, où on sauterait d'une action à une autre de manière à la fois étrange et étrangement logique. La fin est rapide, mais pas précipitée.
Je me suis parfois retrouvée dans les caractéristiques des êtres magiques. De là à penser que je suis une sorcière, il n'y a qu'un pas ;) (ou alors c'est que je suis moi-même parfaitement farfelue, ce qui fort possible !)
Le Cloître des vanités – Manon Ségur
1231, Occitanie…
mercredi 9 juin 2021
Surmonter la peur de conduire
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| Source – Kelly Lacy |
mercredi 2 juin 2021
Démence
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| Source – Mariana Montrazi |










